Iran: pour un soutien international à la révolte populaire

Posté par Les Blogueurs Associés le 18 janvier 2018

La révolte populaire

Mouvement de lutte pour la défense des minorités et des classes populaires appauvries, les manifestations de ces dernières semaines doivent être soutenues par la communauté internationale, estime un collectif d’universitaires.

Pendant plusieurs jours, des manifestations contre le gouvernement iranien et la situation économique ont eu lieu dans plus de 60 villes du pays, où toute démonstration politique dans la rue coûte très cher, puisqu’elle risque d’être réprimée par des coups de bâton, de couteau, des fusillades, et jusqu’à l’assassinat pur et simple.

Selon les statistiques, au cours de la dernière décennie, 15% de la population iranienne s’est appauvrie. La néolibéralisation de l’économie avait commencé avec le gouvernement de Hachemi Rafsandjani, après la guerre Iran-Irak.

Cependant, le gouvernement actuel du «modéré» Hassan Rohani a accéléré le processus de telle manière qu’il est devenu presque impossible pour la plus grande partie de la classe populaire de gagner sa vie. Ce soulèvement semblera inattendu et incompréhensible à tous ceux qui, ces dernières années, ont négligé les protestations des syndicats d’ouvriers, d’enseignants et d’étudiants dont le niveau de vie ne finit plus de baisser.

Les mobilisations ont aussi concerné la question des retraites et le problème des sociétés financières de crédit, qui ont quitté le pays avec l’argent qu’elles avaient blanchi. De plus, lors du tremblement de terre de novembre 2017 à Kermanshah, le manque d’attention de l’État face aux besoins des victimes a ajouté à l’indignation, en dépit d’une solidarité populaire remarquable.

Le monde politique indifférent

Ainsi, depuis plus d’un an, les habitants des petites villes manifestent devant mairies et banques. Selon les chiffres officiels, au cours des 6 derniers mois, il y a eu plus de 900 rassemblements de travailleurs dans 50 villes différentes. Mais ces manifestations ont été dispersées et sont restées ignorées par les médias.

Pourtant, elles expriment une colère et un désespoir généralisé qui est le contrecoup des attentes suscitées par les accords nucléaires. Comme on pouvait le prévoir, ils n’ont profité qu’aux privilégiés, qui se sont alliés à l’Etat après l’élection de Rohani en 2013.

L’insurrection en cours, clairement distincte des rivalités politiques internes au régime, est donc restée ignorée jusque-là. D’un côté, les conservateurs insistent sur les causes économiques du mouvement pour mieux attaquer le président; de l’autre, les réformistes et les membres du gouvernement le présentent comme un «mouvement des médiocres» ambigu et sans racine, manipulé par les puissances étrangères.

Les positions politiques étrangères, telles que le soutien de Trump à ce soulèvement, ont renforcé cette illusion complotiste. Mais il est clair que cette insurrection n’a rien à voir avec les intérêts étrangers. Jusqu’à présent, le conflit politique principal a été réduit à une sorte d’antagonisme entre le guide suprême, leader du camp conservateur, et le président, représentant du réformisme gouvernemental.

Aujourd’hui, le mouvement naît des revendications sociales qui conduisent à des protestations contre le système religieux et étatique, ce qui est très différent du mouvement de 2009. Depuis cette date, la poursuite des revendications par des moyens réformistes ou légaux n’a pas satisfait la plupart des Iraniens. Le souhait d’un renversement du régime est donc de plus en plus partagé.

Femmes, minorités et étudiants en tête

La nouvelle génération en Iran appelle, pour des motifs de classe, politiques et laïques, à la transformation des conditions générales d’existence. Contrairement à 2009 (date des manifestations qui ont fait suite à l’élection de Mahmoud Ahmadinejad, ndlr), il n’y a aucun slogan d’ordre religieux (comme «Allah Akbar»), tandis que des slogans tels que «Pain, travail, liberté» et «A bas le dictateur» sont plus souvent clamés.

Nous voyons que ce mouvement profondément populaire est socialement, politiquement, et donc géographiquement, décentralisé et libéré des différentes fractions du pouvoir installé. Par leur composition de classe, leurs revenus et leurs actions, les personnes qui sont descendues dans la rue alimentent une révolte des classes inférieures et opprimées.

Les femmes, qui avaient activement participé aux précédentes mobilisations, jouent également un rôle important dans les révoltes en cours. Cette présence est pourtant restée invisible. Or, ces dernières années, la question du hijab obligatoire et l’arrestation des femmes dans les rues en raison de leur manière de s’habiller ont donné lieu à de nombreuses protestations.

Une vidéo diffusée, la veille du soulèvement, sur les réseaux sociaux, montre une jeune femme téhéranaise enlevant son foulard toute seule sur la place Enqelab (Révolution) afin de contester le voile obligatoire. Cette image a bouleversé les médias et les observateurs iraniens, ce qui a amené plusieurs commentateurs à l’appeler «Statue de la liberté en Iran».

Les minorités ont aussi été la cible d’une oppression, depuis la révolution de 1979. Dans la propagande et dans la pratique, le régime privilégie la triple identité homme-chiite-perse et réintroduit donc le clivage sunnite-arabe / chiite-perse. Il a ainsi instauré un certain nationalisme religieux qui lui permet de justifier ses interventions militaires dans la région, bien qu’elles soient de plus en plus critiquées par la population iranienne.

En même temps, ce discours d’État crée un sentiment d’injustice qui renvoie les gens à un passé perdu; une nostalgie pour l’époque du Shah, perçu comme moins corrompu, mais qui en réalité représente un autre nationalisme.

Enfin, les étudiants de gauche, et en particulier les membres des conseils étudiants qui avaient été très actifs l’année dernière, paient un lourd tribut: au moins 102 d’entre eux ont été arrêtés et, comme d’habitude, l’État essaiera de les forcer à s’accuser devant les caméras de télévision, pour pouvoir leur imposer des peines lourdes.

Selon les seuls rapports officiels du gouvernement, plus de 20 personnes ont été tuées, des milliers ont été blessées et plus de 2000 étudiants, travailleurs, femmes et jeunes contestataires ont été arrêtés. Ces prisonnières font face à des tortures brutales qui sont monnaie courante dans les prisons de la République islamique.

Ils ont besoin d’un soutien international :

Leur libération immédiate et inconditionnelle doit être réclamée par toutes celles et ceux qui luttent partout dans le monde contre toutes sortes d’oppressions et d’injustices. Ainsi, nous appelons à la solidarité internationale avec cette juste révolte de la population iranienne qui peut inspirer toutes les luttes populaires dans la région.

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France: mesures pour lever les freins à l’éolien terrestre

Posté par Les Blogueurs Associés le 18 janvier 2018

L'éolien terrestre

Après plusieurs mois de consultations, le gouvernement a dévoilé jeudi des mesures pour accélérer le déploiement de l’éolien terrestre en France, alors que le pays est en retard sur ses objectifs d’après les industriels du secteur, globalement satisfaits de ces annonces.

L’objectif est « de gagner du temps » et d’ »apaiser les relations entre les porteurs de projets, les collectivités locales et les riverains », a défendu Nicolas Hulot, cité dans un communiqué du ministère de la Transition écologique et solidaire. La France prévoit d’installer d’ici 2023 entre 21,8 et 25 gigawatts (GW) de capacités de production d’électricité à partir d’éolien, contre un peu plus de 13,7 gigawatts installés fin 2017, une année record avec 1,6 GW nouveaux, selon le bilan publié jeudi par l’organisation professionnelle France énergie éolienne.

Mais les projets se heurtent à un problème d’acceptabilité, avec de nombreux recours d’associations ou de riverains hostiles, ainsi qu’à des difficultés de cohabitation avec des installations militaires ou le patrimoine architectural. Résultat, les projets mettent entre 7 et 9 ans pour se concrétiser, contre 3 à 4 ans en Allemagne.

En octobre, le ministère de la Transition écologique a donc lancé un groupe de travail pour définir des mesures qui permettraient de réduire ces contraintes. Pour améliorer l’acceptabilité de l’éolien dans les territoires, le gouvernement prévoit notamment de modifier la répartition des retombées fiscales, en augmentant la part qui revient aux communes accueillant des éoliennes.

« Cela fera une retombée directement sur le territoire où l’éolienne sera placée alors qu’aujourd’hui, c’était plutôt recentré sur celui qui est propriétaire du terrain », s’est félicité Charles-Antoine Gautier de la FNNCR, fédération de collectivités gérant les services publics d’énergie et d’eau.

Les bonus accordés aux projets qui ont recours au financement participatif seront aussi systématisés dans les appels d’offres, et l’éclairage dont sont équipées les éoliennes pour permettre aux avions de les repérer sera fixe, et non plus clignotant (c’est la principale source de gêne pour les riverains). Ces mesures vont « lever les freins », alors qu’ »un certain nombre de collectivités veulent s’engager sérieusement dans la transition énergétique », selon M. Gautier.

- « gagner 18 mois à 2 ans » -

Autre mesure réclamée de longue date par les porteurs de projets, la suppression d’un niveau de juridiction pour les recours qui seront directement traités par les cours administratives d’appel. « On va gagner facilement 18 mois, voire 2 ans », s’est félicitée Marion Lettry, du Syndicat des énergies renouvelables, jugeant l’ensemble des mesures « clairement de nature à accélérer » les projets.

Selon les professionnels, la France devrait installer environ 2 GW par an pour atteindre les objectifs fixés, contre environ 1,4 GW réalisés annuellement en 2015 et 2016. « Pour un développeur cela veut dire aussi une meilleure visibilité et des frais juridiques, des coûts administratifs moins élevés », a noté Pierre-Antoine Chazal, analyste chez Bryan Garnier.

« C’est une régression majeure du droit », conséquence d’ »un lobby industriel qui impose ses volontés », s’est en revanche insurgé Jean-Louis Butré, président de la Fédération environnement durable, opposée à l’éolien. Pour tenter de limiter le veto de l’armée ou de l’aviation civile quand les projets entrent en conflit avec des zones d’entraînement ou des radars, le gouvernement a réduit le pouvoir de la Direction générale de l’aviation civile.

Le ministère de la Défense s’est lui simplement engagé à réexaminer quatre zones d’entraînement aérien propices à l’éolien. C’est une « déception » pour Marion Lettry, qui « espérait plus sur ces sujets potentiellement très pénalisants ».

Enfin, le gouvernement va clarifier les règles sur le remplacement des vieilles éoliennes par des turbines plus récentes. Ces propositions « ont vocation à toutes être mises en oeuvre par des voies réglementaires ou législatives », a indiqué le ministère à l’AFP.

Pour Alexis Gazzo, expert du cabinet EY, ces mesures et le bilan éolien de 2017 permettent de penser « qu’on peut être plutôt sur la tendance haute » de l’objectif en 2023. La filière pousse d’ailleurs à revoir à la hausse ces objectifs dans le cadre de la révision en cours de la feuille de route énergétique de la France.

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Lunettes: l’UFC-Que Choisir pointe des écarts de prix « faramineux »

Posté par Les Blogueurs Associés le 18 janvier 2018

UFC-Que Choisir

L’association de consommateurs UFC-Que Choisir a pointé jeudi des écarts « faramineux » entre les tarifs dans l’optique en France, qui peuvent varier « du simple au double » dans les verres en fonction des opticiens, pour une correction identique.

Une même paire de verres simples pour un enfant peut ainsi coûter « de 126 à 257 euros » hors montures, et de 399 à 711 euros pour des verres progressifs haut de gamme pour un adulte, toujours à correction similaire, selon l’étude de l’UFC, basée sur 215.000 devis optiques entre 2016 et 2017 auprès de 34 organismes de complémentaires santé.

« Malgré l’apparition de la vente en ligne ou de chaînes d’optique réputées à bas coûts, le budget lunettes des Français reste le plus élevé des pays riches, avec un prix moyen de 316 euros pour une monture équipée de verres simples, et de 613 euros avec des verres progressifs », note l’association dans un communiqué.

D’où un reste à charge pour « 90% des consommateurs », malgré les remboursements des complémentaires santé, ajoute l’UFC.
Pendant la campagne présidentielle l’an dernier, Emmanuel Macron avait promis, d’ici à 2022, un reste à charge zéro pour les lunettes, les audioprothèses et les prothèses dentaires, mal pris en charge par la sécurité sociale.

Le reste à charge zéro ne concernera pas tous les produits de ces trois segments, mais seulement certains paniers de soins, a précisé par la suite le gouvernement, qui travaille avec les assureurs santé au sens large, la sécurité sociale et les fabricants pour y parvenir.

Cet objectif est « naturellement louable », mais ne doit « pas pour autant conduire à une augmentation des primes de complémentaire santé, déjà en hausse de 43% depuis 2006″, a rappelé jeudi l’UFC-Que Choisir, espérant aussi que les offres remboursées à 100% seront « de qualité » et largement proposées par les professionnels, « sans quoi la mesure serait vidée de son sens ».

L’association juge aussi « urgent » de favoriser en parallèle une politique de « réelle concurrence » sur le marché de l’optique, et a déploré le report d’un an de l’entrée en vigueur du nouveau devis normalisé. L’UFC vient de lancer en ligne son nouveau comparateur de devis dans l’optique.

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«Offrons aux migrants un accueil digne de ce nom, le monde culturel a le devoir d’agir»

Posté par Les Blogueurs Associés le 18 janvier 2018

Françoise Nyssen

Ce mercredi à Nantes, dans le cadre de Bis, aux Biennales internationales du spectacle, la ministre de la Culture Françoise Nyssen, a présenté ses vœux aux professionnels à l’orée d’une année 2018 dont elle «attend beaucoup».

Une année 2018 qui est déjà marquée par des interrogations de longue haleine, notamment sur la problématique des interpénétrations public privé dans le secteur du spectacle vivant. Ayant «entendu certaines inquiétudes à l’égard notamment du processus de transformation gouvernementale « Action publique 2022″», la ministre a avant tout tenu à rassurer. «Il n’y aura pas d’économie entre nous», a-t-elle d’emblée prévenu, ni sur les moyens, ni sur les projets.»

«Les collectivités territoriales, notamment, sont sollicitées pour lutter contre la ségrégation culturelle, dans un nouveau cadre de contractualisation «plus souple, plus dynamique et plus solidaire» qui paraîtra prochainement et qu’ont déjà signé toutes les associations d’élus du Conseil des collectivités territoriales pour le développement culturel (CCTDC).

«Le rêve existe»

La ministre a ensuite mis en avant les initiatives allant à la rencontre des publics empêchés (hôpitaux, prisons, maisons de retraite…) de même que celles associant le public ou les scolaires. Elle lancera d’ailleurs prochainement un «grand plan de soutien à l’itinérance».

«Je demande à toutes les Drac, dès cette année, de libérer une partie de leur budget pour favoriser ces projets, donner « carte blanche » à des artistes et à des créateurs pour conduire des projets auprès de territoires ou de public oubliés.»

Françoise Nyssen a aussi lancé un appel en faveur de l’accueil culturel des migrants : «Offrons aux migrants un accueil digne de ce nom. Le monde culturel a le devoir d’agir.» Et la ministre d’inciter les acteurs du milieu à «rappeler à ces personnes que le rêve existe […] en leur réservant une place pour assister à vos spectacles […] en leur proposant un atelier de théâtre, de cirque, de danse. En mettant entre leurs mains un micro ou un instrument de musique».

Puis la ministre est entrée dans le dur. «Pour réussir à accompagner la création et l’émergence, nous devons changer nos façons de faire. […] Briser certains tabous, lever certains carcans.». Crispation.

Se gardant de vouloir opposer une politique de la création à une politique des publics, elle a insisté sur la nécessité de développer les résidences d’artistes, et, surtout, sur celle de moderniser le système d’aides publiques. Là chacun reprend son souffle.

«Soutenir l’emploi pérenne dans le spectacle»

«Aujourd’hui, trop souvent, les demandes d’aide sont un parcours du combattant. […] La part qui revient in fine au projet artistique est insuffisante. Et, aux yeux de beaucoup, le ministère de la Culture apparaît en censeur plus qu’en facilitateur. Tout cela doit changer.»

Et la ministre de vanter un système d’aides «plus simple, plus fluide, plus juste, qui fait de la place pour la nouvelle création, pour les propositions inédites, inclassables, pour les expérimentations» et qui «évalue chaque projet pour son intérêt artistique, territorial, social, avant de regarder s’il coche tel ou tel critère».

Formidable. Mais comment faire ? «Nous avons besoin de votre diagnostic et de vos suggestions. C’est le sens de la concertation actuellement menée par la Direction générale de la création artistique du ministère.» Un poil plus concrètement, pour répondre à la paupérisation des métiers de la culture, la ministre veut «soutenir l’emploi pérenne dans le spectacle».

«C’est l’objet du FONPEPS», le Fonds national pour l’emploi pérenne dans le spectacle, actif depuis décembre 2016, que les entreprises du spectacle sont invitées à «mobiliser dès que possible». Et sur le délicat sujet du statut des intermittents, que le candidat Macron avait préservé durant sa campagne ?

«Je veux ici vous réaffirmer solennellement cet engagement. L’accord signé en 2016 est un bon accord, juste et équilibré.» Tout le monde respire, et la ministre de rappeler, concernant le pouvoir d’achat des artistes, la compensation qu’elle a demandée dans le cadre de la réforme de la CSG. C’est tout ? Non, bien sûr. Concernant la brûlante opposition public privé, et notamment la plus grande ouverture des infrastructures publiques au secteur privé – demandée par ce dernier -, la ministre s’est montrée ferme.

«Je me bats contre l’idée qu’il y aurait d’un côté une culture «légitime» – celle que l’Etat reconnaît et soutient ; et de l’autre côté, qu’il y aurait une culture dont l’Etat se désintéresse ou qu’il déconsidère – ce n’est pas le cas. Je ne suis pas dans une approche binaire.» Pas d’ouverture alors ? «C’est un sujet important, qui est devant nous, et sur lequel je veux réfléchir.» Attendons donc.

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