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Frères «Trois points »

Posté par Les Blogueurs Associés le 1 janvier 2017

La Franc- Maçonnerie (2)

Frères «Trois points »

J’ai cru en ma mission, j’ai donné tous mon êtres et bien longtemps j’ai cru qu’il me suffirait d’être celui que j’ai été sans chercher au-dedans. J’ai jugé, j’ai menti, agi brutalement, versé sur mon orgueil des larmes de vengeance, détourné mon regard de ma pauvre ignorance, savoir que je savais suffisait amplement.

Ainsi j’ai cheminé sur des routes désertes, dans des chemins perdus et des vallées sans fond. Je buvais chaque jour un peu de ce poison, élixir d’une vie sans but ni découverte. J’allais comme un aveugle mais j’étais sur de voir, certain d’avoir choisi, certain d’être moi-même, certain d’avoir vaincu, d’avoir rompu mes chaînes. J’étais un homme libre aucun doute permis.

Un beau jour un hasard en maître séculaire avait guidé mes pas tous proche d’un chantier sur lequel s’affairait Mr Lionel Calvet. Mes yeux furent attirés par ce tailleur de pierre. Je m’approchais de Liot et lui dit doucement. Ce travail est bien dur et peu payé sans doute, à voir tes mains calleuses, je vois ce qu’il en coûte, ce travail à mon goût est pour peu salissant.

Lionel se retourne esquissant un sourire, me fixe gravement et me dit sans tarder. Sache, mon cher Stéphane que l’esprit lui c’est lire ce que tes yeux ont manqué. Sache aussi Stéphane que la main qui façonne, qui taille, qui martèle, qui polit le rocher, qui tire d’un gravat une pierre taillée ou qui d’un fût de marbre fait naître une colonne.

Cette main-là Stéphane, c’est l’outil de l’esprit qui a construit le plan que ma main réalise du jour jusqu’à la nuit. La matière est taillée, les angles sont bien droits. Pour le vérifier j’ai appliqué l’équerre et pour la verticale la perpendiculaire.

Constate bien toi-même l’harmonie est bien là. La pierre, le torrent, l’homme sont identiques, chacun d’eux est construit de la même façon, la loi régit le tout et ce fait en son nom, l’univers est soumis aux lois géométriques. Ceci peut de paraître pour le moins curieux, mais je crois qu’un cœur pur peut découvrir le reste si celui qui le veut ose faire le geste, de repousser l’orgueil et puis d’ouvrir ses yeux. 

Quelle joie mon cher Steph de sentir dans mes veines couler le sang vermeil de notre tradition, de joindre nos mains ensemble, en oubliant nos peines. Le travail ennoblit celui qui si oblige, comme la pierre l’homme peut se modifier. Le ciseau de l’esprit habilement guidé triomphe de l’erreur, voilà le vrai prodige.

Tandis que le maillet tenu d’une main forte frappera le ciseau de coups bien mesurés, ce mot de volonté que l’on a oublié, de ton cœur un jour viendra ouvrir la porte.

La sagesse conçoit et la force exécute, la beauté sous tes yeux étale ses rayons. Le cœur, la main, l’esprit ont remporté la lutte, oui c’est ainsi Stéphaneque l’on devient maçon.

Quand tu auras admis que l’ombre et la lumière, que le plus et le moins, que le chaud et le froid ne sont que des nuances, pas forcément contraire, quand tu auras compris notre règle de trois, quand tu auras fait fuir la peur qui te bâillonne, quand tu rejetteras la gloire et les honneurs, lorsque tu penseras loin des discours charmeurs, en trois mots pour tous dire, quand tu seras un homme.

Alors tu quitteras tes vêtements de soie, pour ceindre ce tablier qui pend à ma ceinture, quand tes mains saigneront contre la pierre dure, tes yeux verront peut-être s’allumer le delta.

Ému par tous ses mots, je quittais le chantier gardant au fond du cœur un vague sentiment. Pour la première fois au sein d’un cœur de pierre, glissait silencieux le doute obsédant.

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Frères «Trois points » dans Article D'opinion

 

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