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« Le premier oublié » de Cyril Massarotto

Posté par Les Blogueurs Associés le 1 janvier 2017

Le premier oublié

Ce roman confirme cette tendance où l’auteur de « Dieu est un pote à moi », plus connu pour ses pitchs audacieux, abandonne ce type de gimmick pour approcher la vérité de ses personnages. En effet, « Le premier oublié » est un roman où l’intrigue n’a que finalement peu d’importance, ce qui risque de contrarier les fans de la première heure.

Dès le début du roman, le lecteur connait la fin de l’histoire et pas question, ici, de se retrancher derrière des artifices fantastiques.

Cyril Massarotto veut nous parler d’émotion, de douleur, mais aussi de la maladie et de son côté inéluctable. Pour cela, il utilise l’un des liens les plus forts qui puisse exister : l’amour mère-enfants. Alors, certes, le sujet est tout sauf drôle, voir tragique, mais l’auteur arrive quand même à faire percer des petites pointes d’humour et d’amour pour soulager toute cette pesanteur.

Au délà de la maladie, Cyril Massarotto évoque l’une des plus dures étapes de la vie : la perte de ses parents. Quand ce deuil renvoie à notre propre solitude dans ce monde où quand le lien, si évident pourtant, d’amour infini se retrouve brisé. Mais l’auteur ne se trompe pas de deuil, car même si la mort des parents renvoie obligatoirement à sa propre mort, il s’agit bien du deuil de la perte des parents qui est évoqué ici.

L’auteur de « Cent pages blanches » réussit là où des auteurs comme Marc Levy et Guillaume Musso ont échoués à savoir, parler de choses complexes simplement sans jamais devenir mièvre. Un vrai tour de force où seulement quelques mots vont vous faire comme un déclic dans le ventre qui va se propager jusqu’au cou, créer des frissons sur votre cuir chevelu avant de vous faire ressentir comme une chaleur sur votre visage : la chaleur de l’émotion à l’état brut.

Comme je l’ai dit précédemment, l’intrigue n’est sûrement pas le fort de ce livre mais ce n’est absolument pas sa volonté même si l’auteur utilise un petit artifice qui n’est pas sans rappeler Des fleurs pour Algernon de Daniel Keyes afin de mieux nous faire comprendre la maladie et surtout rentrer dans la tête de Madeleine.

C’est l’une des forces de ce roman de mettre en parallèle ce qui se passe à l’intérieur de l’esprit de Madeleine avec les événements à l’extérieur du corps de la mère de Thomas. Ce parallèle, tantôt cocasse, souvent tragique et toujours poignant, apporte une véracité et une force incontestable au roman.

Il est difficile de ne pas voir en Thomas une projection de l’auteur même s’il faut toujours se méfier du « Je » en littérature. Mais il ne s’agit nullement d’un autre roman égocentrique où l’auteur ne déblatère qu’à travers sa vision de la vie. L’auteur, ici, nous renvoie, comme lui-même, vers nos propres interrogations ou souvenirs. Il parle à ce qu’il y a de plus intime en nous tout en ne se cachant pas derrière une fausse pudeur ou une posture d’apparat.

Le lecteur pourra facilement deviner que ce revirement dans le style de l’auteur est dû à l’accueil plus que frais de son troisième roman « L’homme le plus beau du monde ». L’auteur a su repérer les failles de ce roman et les corriger avec brio.

Maintenant, si le lecteur se veut plus exigeant (et il doit l’être), l’idéal serait de garder l’intensité des personnages de ces deux derniers romans pour les marier à une intrigue originale-fantastique qui a fait connaître Cyril Massarotto.

De l’émotion à grand spectacle sans aucune trace de voyeurisme ou d’émotion au rabais. Je sais que l’on demande beaucoup mais Cyril Massarotto nous a démontré qu’il est capable de franchir des paliers dans son écriture et rien ne dit qu’il est sur le point de s’arrêter.

Il ne fait aucun doute que Cyril Massarotto nous a livré un roman absolument magnifique d’amour et d’émotion. Une petite merveille qui, bien que triste, se lit avec plaisir tellement son style emporte le lecteur avec lui…(…)

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