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Le FN rattrapé par ses mauvaises fréquentations

Posté par Les Blogueurs Associés le 6 mai 2017

Philippe Péninque

Accusé de révisionnisme, Jean-François Jalkh a dû renoncer à la direction du FN. De son côté, Philippe Péninque, ancien du GUD, organise de discrets dîners dans ses appartements pour Marine Le Pen.

Choisi mardi pour remplacer Marine Le Pen à la tête du parti pendant la campagne électorale, Jean-François Jalkh aura tenu deux jours. Vendredi matin, Louis Aliot annonçait que ce serait le maire d’Hénin-Beaumont, Steeve Briois, qui assurerait finalement l’intérim.

La polémique autour de propos révisionnistes que le premier vice-président aurait tenus en 2000 sur les chambres à gaz et l’évocation dans Le Monde de sa présence en 1991 pour les quarante ans de la mort de Pétain l’ont mis définitivement hors jeu.

Ses vives dénégations et une plainte en diffamation n’y ont rien fait. Marine Le Pen redoutait avant tout que l’affaire fasse capoter son alliance avec Nicolas Dupont-Aignan. Le malaise ne porte pas cette fois sur le tweet nauséabond d’un anonyme collaborateur d’élu local.

C’est un homme clé du système mis en place par Marine Le Pen qui est rattrapé par le passé sulfureux du Front national. Entré au FN en 1974 à 17 ans, membre du bureau politique depuis 1982, Jean-François Jalkh est un mariniste.

Elu député en 1986 au côté de Jean-Marie Le Pen, il a organisé en 2012 le congrès qui a porté Marine Le Pen au pouvoir. En août 2015, il a présidé à sa demande le bureau exécutif qui a exclu son diable de père en raison de ses propos sur les chambres à gaz. Un comble.

Un mariniste au cœur du système

Président de l’association de financement pour la campagne présidentielle de 2017 et expert du droit électoral, Jalkh est allé, mardi soir à 22 heures, défendre devant la Commission nationale de contrôle de la campagne électorale la validité de la profession de foi de Marine Le Pen pour le second tour.

Ces quatre pages étant libellées à la manière d’un argumentaire anti-Macron, cette commission a exigé des preuves. Sans quoi le document – déjà en cours d’impression – aurait été retoqué. 

C’est peu dire que Jalkh, renvoyé devant le tribunal pour escroquerie en qualité de secrétaire général du micro parti de Marine Le Pen dans l’affaire des kits électoraux, est au cœur du système FN.

Depuis le début de la campagne, c’est la deuxième fois que le vernis de la dédiabolisation craque. En mars, le secrétaire général du parti, Nicolas Bay, avait dû suspendre en catastrophe Benoît Loeuillet, qui avait été filmé à son insu proposant des livres d’Adolf Hitler et de l’historien révisionniste Robert Faurisson, tout en relativisant le nombre de juifs exterminés pendant la Seconde Guerre mondiale.

Viré rapidement et exclu du conseil régional, le ­patron du FN à Nice est un proche de Philippe Vardon, salarié au QG de la candidate, chargé des clips de campagne. Les deux hommes ont fait leurs classes ensemble chez les identitaires. Ils ne sont pas les seuls à avoir atterri au FN.

Autre groupe sulfureux, les anciens « gudards », les copains de Marine Le Pen, tous passés par l’ancien mouvement étudiant d’extrême droite. Dans le livre Marine est au courant de tout… (Flammarion), les auteurs, Mathias Destal et Marine Turchi, ont recueilli de nombreux témoignages qui accusent Frédéric Chatillon, ex-prestataire du parti et actuel salarié de la campagne, ainsi que son associé et ami Axel Lousteau, élu régional en Île-de-France, de flirter avec l’antisémitisme.

A Hénin-Beaumont, le soir des résultats électoraux, Philippe ­Péninque, qui fait figure de chef de la bande, était là. Il s’est enfermé dans un bureau pour analyser les chiffres avec les principaux stratèges du mouvement : Bruno Bilde, conseiller régional des Hauts-de-France, expert de la carte électorale.

Philippe Olivier, le beau-frère de la présidente, patron de la cellule « idées-images », rédacteur des principaux discours de campagne. Florian Philippot était sur les plateaux mais son frère Damien, spécialiste des enquêtes d’opinion, était également présent.

Un chef de bande passé par Occident et Ordre nouveau

Péninque, 63 ans, avocat omis du barreau, conseiller fiscaliste, n’a jamais pris sa carte au FN mais il est fidèle à Marine Le Pen depuis le début des années 1990. Ancien patron du GUD canal historique, il a fait ses classes à Occident et à Ordre nouveau.

Aujourd’hui, il se revendique « national-républicain » mais ne renie pas son passé violent. « Oui, je me suis battu, reconnaît-il au JDD, mais c’est parce qu’il y avait du monde en face, à l’extrême gauche. Que faisait Cambadélis ? Pourquoi ce deux poids deux mesures ? » Il ne dément pas davantage ses amitiés sulfureuses.

« Alain Soral est un ami », rétorque-t-il à l’évocation de ce dernier, proche de Dieudonné, condamné à de multiples reprises pour injures, incitation à la haine raciale, pour des propos relayés sur son site… « J’ai discuté pendant des heures avec lui, poursuit-il. Il n’est pas antisémite. Il a juste un problème avec certains communautarismes. »

Si Péninque n’a pratiquement jamais mis les pieds au QG de campagne, il fait des notes, prodigue ses conseils par téléphone à Marine Le Pen ou lui rend visite à son domicile. Fils d’un couple d’instituteurs de gauche, il a bien réussi dans ses affaires.

Depuis des mois, il met à disposition de la candidate un de ses appartements de réception dans le 16e arrondissement parisien, à deux pas du palais d’Iéna, pour lui permettre de rencontrer des chefs d’entreprise et des hommes politiques.

En toute discrétion. Le parking souterrain est accessible depuis plusieurs artères et un ascenseur permet d’accéder directement à l’appartement. Le goût de la clandestinité…(…)

Les Blogueurs associés

Publié dans Justice, Politique | Commentaires fermés

Le programme du FN: rendre les pauvres plus pauvres

Posté par Les Blogueurs Associés le 6 mai 2017

Le Front national

Le parti d’extrême droite, autoproclamé proche du peuple, ne cherche en aucun cas à réduire les inégalités. Son projet, en matière d’éducation, de fiscalité, de politique familiale, etc. aura pour conséquence de favoriser les classes aisées.

Alors que, depuis sa fondation, la stigmatisation de l’étranger constitue le principal ressort du Front national, le parti d’extrême droite cherche désormais à se présenter comme «la voix du peuple» et le défenseur des plus faibles en investissant les questions économiques et sociales.

L’incapacité des gouvernements successifs à apporter des réponses convaincantes à la montée des inégalités, à l’absence de mobilité sociale et aux effets de la mondialisation sur l’emploi et les qualifications a indéniablement contribué à faire progresser le vote frontiste parmi les classes populaires.

Pourtant, le programme de Marine Le Pen ne défend pas les plus défavorisés. Un grand nombre de ses propositions économiques et sociales vont même directement à l’encontre de leurs intérêts. La légèreté de ses propositions, voire son silence presque total, sur plusieurs sujets incontournables dans la lutte contre les inégalités…

…notamment l’éducation et la formation, la fiscalité, les questions environnementales, les droits des femmes, l’accès à la santé ou encore les conséquences de la sortie de l’euro, fait douter sérieusement de sa réelle volonté et de sa capacité à agir en faveur des plus démunis.

Suppression du collège unique

La sortie de l’euro et de l’Union européenne, pierre angulaire du projet du FN, aurait, on le sait, des effets très défavorables sur le pouvoir d’achat des classes populaires. Tant l’inflation que l’augmentation des taxes et droits de douane pénaliseraient le pouvoir d’achat des revenus modestes.

Une part importante est consacrée à l’achat de produits importés de première nécessité (énergie, produits alimentaires, vêtements). La mise en avant par les médias de la sortie de l’euro occulte, en outre, d’autres points essentiels de son programme qu’il nous semble important de souligner ici.

Ainsi d’autres propositions du FN ou le quasi-vide programmatique sur des sujets majeurs révèlent que la réduction des inégalités n’est pas réellement sa priorité. L’éducation en est un bon exemple.

Sur ce sujet, le programme du Front national est réduit à la portion congrue, et les seules mesures précises envisagées, comme la suppression du collège unique et le rétablissement de l’apprentissage à 14 ans, auront tendance à renforcer la reproduction sociale en faveur des familles dont le capital culturel et financier est plus élevé.

Une politique ambitieuse supposerait au contraire un investissement massif dès la petite enfance pour réduire les inégalités sociales.

Défiscalisation de la donation

Sa position sur la défiscalisation de la donation en est un autre exemple : le FN propose d’augmenter le montant des donations non imposées de 50 000 à 100 000 euros tous les cinq ans par parent et par enfant, mesure qui ne profite pas aux plus démunis.

Le rehaussement du plafond du quotient familial inscrit dans le programme va dans le même sens, puisque cette mesure accorde une réduction fiscale d’autant plus grande que les familles sont nombreuses et disposent d’un revenu élevé.

S’agissant de la santé, de la famille et des droits des femmes, les propositions du FN ne sont pas plus favorables aux plus modestes. Le FN prétend lutter contre les déserts médicaux, mais la hausse du numerus clausus envisagée ne règle en rien ce problème, car même en plus grand nombre, les médecins pourront toujours s’installer dans la région de leur choix (et donc dans les régions les plus attractives).

Si le FN a mis en sourdine pendant la campagne ses positions habituelles sur la famille et les droits des femmes, il demeure un parti extrêmement conservateur et les mesures qu’il défend (salaire maternel, aucun développement des politiques de garde, suppression du partage du congé parental entre les deux parents) impliquent un retour des femmes à la maison et seraient particulièrement préjudiciables aux femmes des milieux modestes.

Quant à l’IVG, même si Marine Le Pen défend maintenant son maintien, les divergences au sein du parti laissent supposer que la question de son déremboursement, qui induirait une terrible inégalité d’accès selon le milieu social, peut resurgir. Quelle serait donc la politique effective du FN si celui-ci accédait à la présidence de la République ?

Recettes miraculeuses

Autant de sujets disparates, donc, qui illustrent à quel point le FN recourt à des arguments populistes en proposant des mesures qui contribueront à renforcer la reproduction sociale. En outre, un point d’inquiétude supplémentaire vient du prétendu chiffrage du programme du FN.

Si le parti frontiste vantait sans vraiment l’assumer en 2012 les mérites des budgets équilibrés (via la très critiquable règle d’or), le programme de 2017 n’a aucun bouclage budgétaire clair.

Il ne fait qu’invoquer des recettes miraculeuses comme par exemple celle liée au coût supposé de l’immigration pour les finances publiques, qu’il estime à des dizaines de milliards d’euros, montant totalement décorrélé de tous les chiffrages sérieux existants.

D’autres recettes, tout aussi fantasques, seraient tirées de la mise en place de droits de douanes, de la sortie de l’euro et de l’Europe, de l’exclusion de l’accès à la santé, à l’éducation et aux minima sociaux des étrangers résidents en France, et à une lutte contre une fraude «sociale» d’une ampleur très largement fantasmée.

Comment peut-on encore croire, à la lecture de ce qui précède, que le parti de Marine Le Pen serait comme elle le prétend au service des plus démunis ?

Les Blogueurs associés

Publié dans Economie, Europe, Finance, Industrie, Politique | Commentaires fermés

 

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