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Marion Maréchal-Le Pen: partir pour mieux revenir ?

Posté par Les Blogueurs Associés le 10 mai 2017

Marion Maréchal-Le Pen

La star montante du FN quitte la politique pour partir travailler dans le privé. « Je reviendrai peut-être un jour », dit-elle alors que le parti de Marine Le Pen perd une carte maîtresse avant les législatives.

La plus jeune députée de l’Assemblée Nationale, élue à 22 ans en 2012, ne se représentera pas dans sa circonscription de Carpentras lors des législatives de juin. Elle quitte toutes ses fonctions, du Conseil régional de PACA où elle dirigeait le groupe FN au bureau exécutif du parti. Elle a annoncé sa décision à Marine Le Pen le matin-même et son désir de partir travailler dans le privé.

Deux Le Pen dans le groupe parlementaire que le FN espère avoir au Palais Bourbon, c’est une de trop. « Elle n’a pas envie d’affronter sa tante, il y a eu trop de déchirements dans sa famille. Elle a toujours mal vécu les tensions », glisse un cadre du FN dans le sud.

Elle a grandi dans l’ambiance dantesque de Montretout, faite de fatwa lancée par son grand-père contre sa fille ainée, Marie-Caroline, et son époux, Philippe Olivier, et de ruptures orageuses, comme celle de son père adoptif, Samuel Maréchal, avec le fondateur du FN qu’il a longtemps servi.

Avec Marine Le Pen, l’affrontement était inévitable tant leurs différences d’appréciation sur la stratégie à suivre ont déjà nourri le feuilleton d’une guerre familiale. La moindre nuance entre elles, la plus petite mimique dubitative de la nièce ou la noirceur d’un regard de la tante à son égard auraient été analysées comme le choc de leurs ambitions.

Depuis son élection comme députée du Vaucluse, la star montante des frontistes fait de l’ombre à la présidente du FN. Leurs agacements réciproques sont connus de tous. Mettant à l’épreuve un lien qui les unit depuis la naissance de Marion. A la clinique où elle a vu la jour, c’est Marine Le Pen qui est venue chercher sa sœur, Yann, et son bébé. C’est elle qui épaulera sa sœur pendant les deux premières années.

Le père de Marion, l’ancien journaliste Roger Auque, une aventure de quelques jours, a depuis longtemps pris la poudre d’escampette. La petite fille sera reconnue par Samuel Maréchal, ancien Président du FNJ, qui viendra partager la vie de la cadette des Le Pen.

Des divergences nombreuses

Ce départ est une mauvaise nouvelle pour Marine Le Pen. Les frontistes vont lui en tenir rigueur. Ils sont déjà abattus, voire furieux pour beaucoup, depuis la prestation télévisée désastreuse de leur candidate face à Emmanuel Macron avant le second tour.

Elle a ruiné les efforts de dédiabolisation, déçu par sa méconnaissance des dossiers économiques et offert un spectacle délirant dont ils ne sont toujours pas revenus. Dans le sud, c’est leur locomotive que les cadres du FN perdent au plus mauvais moment, avec les élections législatives qui s’engagent.

Nul n’ignore que Marion Maréchal-Le Pen ne supportait plus le caporalisme de sa tante. Au lieu de faire de sa nièce un atout majeur dans la campagne, Marine Le Pen n’a cessé de l’ignorer, voire de la mortifier. Bien décidée à remettre la jeune ambitieuse à sa place.

A l’automne, elle lui a interdit d’aller à « l’Emission Politique », programme phare du début de campagne. Sur scène à la fin de son grand meeting parisien, la candidate, saluant ses supporters et se congratulant avec des membres de son équipe, a ignoré le regard que lui adressait sa nièce.

Cette dernière n’a pas eu droit à un signe de complicité. Plus vachard encore, Marine Le Pen, dans une interview à « Femme Actuelle », a jugé que la députée du Vaucluse n’était pas au niveau pour entrer dans un gouvernement, évoquant la raideur de son caractère et son « inexpérience ». Venant de la dirigeante du FN qui, jusqu’à présent, n’a pas réussi à se faire élire députée, cela ne manquait pas de sel.

C’est en novembre dernier, confie un de ses amis, que Marion Maréchal-Le Pen a pris sa décision. Seul, son cercle restreint en a été informé. Les divergences sur la stratégie à suivre pour la présidentielle entre la candidate et la députée sont nettes. Marine le Pen campe sur le « ni gauche-ni droite » qui fait grincer les plus droitards du parti qui lui reprochent ses accents « à la Marchais ».

Marion Maréchal-Le Pen, elle, ne croit pas un instant que cette ligne pourrait permettre d’élargir le socle électoral. Elle plaide pour une « union des droites » qu’elle a commencé à mettre en œuvre dans sa région, en débauchant d’anciens élus UMP ou Républicains.

Elle n’arrive pas à se faire entendre de la candidate, ne supporte plus le pouvoir sans partage de Florian Philippot. Plus libérale que souverainiste, la députée du Vaucluse trouve, en outre, le couplet sur le Frexit contre-productif et s’oppose aussi sur les sujets de société à la présidente du FN.

Profondément identitaire, elle est contre le remboursement de l’IVG et n’a pas hésité à manifester dans les rangs de la Manif pour tous. A chaque fois, elle récolte des remontrances de la candidate ou de ses affidés.

« Tu ne vas quand même pas aller chez Carglass ? »

La jeune femme n’est pas entrée en politique de son plein gré. Quand son grand-père faisait le forcing pour qu’elle se présente à Carpentras, elle avait d’abord refusé de souscrire à son projet, écrivant au fondateur du FN une lettre pour lui expliquer les raisons de son refus.

Mais on ne tient pas tête à Jean-Marie Le Pen. A ses amis, Marion Maréchal-Le Pen a souvent fait part de son ambivalence face au sacerdoce politique. Cet engagement lui a, pour partie, coûté son mariage et elle a le sentiment qu’elle ne voit jamais Olympe, sa fille de bientôt trois ans.

Mais Marion Maréchal-Le Pen n’est pas un perdreau de l’année. Affutée et au fait de ses dossiers, elle a donné du fil à retordre à sa tante. Elle sait manœuvrer et n’a jamais eu l’intention d’en rabattre. « Marion, c’est une Le Pen. Elle fait ce qu’elle veut », dit Philippe Ollivier, son oncle, conseiller influent de la campagne présidentielle de Marine Le Pen.

Fine mouche, elle sait aussi qu’elle n’a rien à gagner dans les cinq années à venir. Marine Le Pen a déjà laissé dire qu’après 2017, elle pensait déjà à 2022, alors à quoi bon s’user dans son sillage ? Jouer les deuxièmes couteaux, ce n’est pas son style. Et ce « Je revendrai peut-être… » indique que Marion Maréchal-Le Pen voit loin.

A 27 ans, elle a tout son temps. La députée du Vaucluse n’a pas manqué de relever que les hommes politiques à l’ancienne, ceux qui ont fait toute leur carrière entre parti et cumul des mandats, se font aujourd’hui dégager. Et qu’Emmanuel Macron qui accède à l’Elysée, a déjà connu plusieurs vies.

Etre passé par le privé, avoir exercé une profession, est aujourd’hui un plus. « Le Canard Enchaîné » raconte que pour préparer la suite, elle s’est entretenue avec « un chasseur de têtes » et s’est rendue « à des entretiens d’embauche ». Philippe de Villiers, au parfum de ses projets, lui aurait alors lancé :

« Tu ne vas quand même pas aller travailler chez Carglass ? »

Avec son départ, la droite hors les murs perd son égérie. Et Marine Le Pen, à l’heure où elle annonce la dissolution du Front National pour faire place à une formation ouverte à de nouveaux hommes et de nouvelles alliances, ne cesse, depuis le 7 mai dernier, de verrouiller son parti.

Un parti, désormais privé d’une carte maîtresse…(…)

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Emmanuel Macron a des privatisations dans ses cartons

Posté par Les Blogueurs Associés le 10 mai 2017

Emmanuel Macron

S’il y a un domaine qu’Emmanuel Macron connaît bien ce sont les participations de l’État dans les entreprises. Le futur président de la République les avait scrutées comme banquier chez Rothschild avant de les gérer lorsqu’il était ministre de l’Économie.

Lors de son arrivée à Bercy, à l’automne 2014, il avait annoncé la cession de 10 milliards d’euros d’actifs publics. Il a notamment privatisé les aéroports de Toulouse, Lyon et Nice pour 2 milliards et vendu ses 13% dans Peugeot à la Banque publique d’investissement (BPI) pour près de 2 milliards.

Enfin, il a vendu pour 2 milliards d’euros d’actions Safran et s’est également allégé dans Engie et Orange.

Mais surtout, Emmanuel Macron a validé les investissements de 7,5 milliards d’euros pour recapitaliser EDF et Areva. Il avait aussi investi 1 milliard d’euros pour monter au capital de Renault. Une participation de 4,9% qu’il avait promis de revendre, ce qui n’a toujours pas été fait.

Les privatisations

Des privatisations, il y a en aura peu car l’État contrôle peu d’entreprises publiques. Exit les tabous comme La Poste, SNCF, la RATP, EDF ou Areva. En revanche, après avoir privatisé les aéroports de province, nul doute que le président de la République engagera la privatisation de Paris Aéroport dont l’État détient 51%.

Selon plusieurs sources, il avait déjà étudié ce projet en 2015. Il avait tenté de l’introduire dans la « loi Macron » car l’opération nécessite un changement d’ordre législatif. Finalement, le Premier ministre Manuel Valls s’y était opposé. Au sein du groupe qui gère Roissy et Orly, on s’attend sans nul doute à ce que cette opération soit menée durant le quinquennat.

Autre sujet qui arrivera vite : DCNS. L’État contrôle 63% du constructeur naval aux côtés de Thales. Son patron Hervé Guillou milite depuis un an pour un rapprochement avec l’italien Fincantieri, avec qui il vient d’entrer au capital des chantiers de Saint-Nazaire.

Selon nos informations, Emmanuel Macron était favorable à cette opération qui pourrait permettre à l’État de descendre au capital, peut-être sous le seuil majoritaire de 50%. Bercy avait d’ailleurs étudié cette option en fin d’année dernière. Le patron de DCNS remettra le sujet sur la table dans les prochains mois.

Enfin, la privatisation de la FDJ (Française des Jeux) est un serpent de mer qui reviendra nécessairement. Cette opération est régulièrement évoquée depuis près de dix ans ! Emmanuel Macron et son administration, l’Agence des participations de l’État (APE) l’avaient envisagée fin 2014, lorsqu’il était ministre de l’Économie. Mais il s’était heurté à un blocage sévère de Christian Eckert, le secrétaire d’État au Budget. En tant que percepteur de taxes, la FDJ est en effet sous sa tutelle.

Ventes de participations

Ministre, Emmanuel Macron prévoyait aussi d’utiliser la loi Florange pour vendre des participations de l’État tout en maintenant son influence dans les entreprises grâce aux droits de vote double. C’est notamment le cas chez Engie dont l’État détient 29%. Il pourrait descendre jusqu’à 20% du capital tout en conservant ses pouvoirs actuels.

Emmanuel Macron a toujours déclaré qu’il considérait que l’État était trop investi dans le secteur de l’énergie, d’autant plus depuis les sauvetages d’EDF et d’Areva. La participation dans Engie diminuera donc inévitablement durant le quinquennat.

Il envisageait aussi de le faire chez Orange où l’État et la Banque Publique d’Investissement (BPI) détiennent ensemble 23%. Il pourrait vendre jusqu’à 3% du capital sans perdre la minorité de blocage en assemblée générale. La perspective d’un rapprochement avec Bouygues, envisagé à deux reprises en deux ans, pourrait le pousser à attendre.

Même si Emmanuel Macron a toujours compté sur le rôle de l’État en tant que régulateur pour peser sur le secteur des télécoms. Ce qui pourrait lui permettre de vendre encore un peu plus d’actions détenu par l’État.

Dans les secteurs réglementés comme l’énergie, les télécoms, ou dans les infrastructures, la doctrine « macronienne » est claire : l’État n’a pas besoin de conserver d’importantes participations dans les entreprises. Il peut y exercer son influence à travers la régulation et la règlementation. C’était notamment dans cette optique qu’il avait mis en place l’autorité de régulation des activités ferroviaires et routières (Arafer).

Arbitrages politiques

Alstom est le premier dossier industriel qu’Emmanuel Macron devra trancher. Suite au rachat par General Electric de la division énergie en 2014, l’État a emprunté 20% du capital d’Alstom détenu par Bouygues. En octobre prochain, il devra décider s’il rachète ses titres ou s’il les rend à son actionnaire historique.

Lorsqu’il était à Bercy, Emmanuel Macron ne faisait pas mystère que cette situation avait été décidée par son prédécesseur Arnaud Montebourg et qu’il n’y était pas favorable. Peu de chance qu’il choisisse de dépenser 1,3 milliard d’euros pour rester dans une entreprise qui se porte bien.

Pas sûr pour autant qu’il acte d’une sortie totale d’un fleuron industriel qui risquerait d’être racheté par un groupe étranger. Peut-être mettra-t-il en œuvre sa doctrine favorite, la loi Florange ? Elle permet l’attribution de droits de vote double pour les actionnaires de long terme, donc l’État. Emmanuel Macron avait imposé au groupe Bouygues d’appliquer cette disposition chez Alstom.

Surement pour en profiter plus tard. L’État pourrait ainsi racheter seulement 10% du groupe pour maintenir son représentant au conseil d’administration. Si ses promesses de ministre l’engagent à l’Élysée, Emmanuel Macron devrait aussi revendre La participation de l’État dans Renault.

Bercy promet que ce sera fait comme il l’a promis à Nissan, l’autre grand actionnaire du constructeur français. Pourtant, cela traîne depuis un an et demi. Seul problème : les titres ont été acquis à un cours élevé, en avril 2015: autour de 90 euros. « Nous avons eu trois fois l’occasion de revendre avec une plus-value, nous confiait récemment une source à Bercy ».

« Mais comme l’État siège au conseil d’administration, nous ne pouvons pas vendre quand nous le souhaitons. C’est très réglementé ». Ces trois « fenêtres » correspondaient à des périodes précédant des conseil d’administration pendant lesquelles l’État ne pouvaient pas vendre ses titres. Et quand il le pouvait, le cours de Bourse de Renault avait à nouveau baissé.

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