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Nicolas Hulot au gouvernement : et si les ONG écologistes devenaient son pire cauchemar ?

Posté par Les Blogueurs Associés le 18 mai 2017

Nicolas Hulot

Nicolas Hulot, militant écologiste le plus populaire de France, est à coup sûr une belle prise pour Emmanuel Macron. Mais à peine nommé ministre de la Transition écologique et solidaire, beaucoup parient déjà sur son espérance de vie au gouvernement.

Il va en effet très vite être confronté à des dossiers chauds, comme l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Et il devra gérer la question épineuse du nucléaire, alors que le Premier ministre Edouard Philippe est un pro-nucléaire.

Si Europe Écologie-Les Verts se félicite de cette entrée au gouvernement, le parti espère qu’il aura les mains libres, car dans le cas contraire, il pourrait décevoir les associations écologistes. Voire, étant donné son caractère, très vite menacer de claquer la porte.

Lui qui vient du sérail associatif l’a dit mercredi 17 mai, lors de la passation de pouvoir avec Ségolène Royal : il sait que la tâche sera difficile. « J’ai été souvent du côté de ceux qui exigeaient, je vais découvrir que c’est sans doute bien plus facile que d’être du côté de ceux qui réalisent. »

France Nature Environnement, WWF, la fondation Brigitte Bardot, l’ensemble des associations environnementales ont salué sa nomination et en ont profité pour rappeler leurs doléances et réclamer une attention particulière face aux lobbies économiques.

Une liste de doléances impossible à respecter

D’un côté, le combat des anti-viandes et la défense des animaux, de l’autre, ceux qui défendent l’agriculture paysanne et les éleveurs de montagne…Il y a de grands écarts entre les revendications et, forcément, au moment du choix, certaines associations pourront se sentir lésées.

Chaque association met en avant ses priorités et elles ne sont pas toujours compatibles.

Les éoliennes, par exemple, ont l’avantage de produire de l’électricité sans faire de déchets nucléaires, tout en préservant le climat. Mais elles détériorent le paysage et mettent en danger certaines espèces d’oiseaux, que défend Allain Bougrain-Dubourg, président de la Ligue de protection des oiseaux (LPO).

« Ce n’est pas simplement le ministre de la Transition écologique qui est en difficulté dans ce genre de situations, mais bien toute la société. Nous-mêmes, à la LPO, on est bien sûr favorable au développement de toutes les énergies renouvelables, mais pas n’importe où, pas n’importe quand et pas n’importe comment. »

Les associations lui mettent déjà la pression

Pour l’Observatoire du nucléaire, Nicolas Hulot n’a pas retenu les leçons du Grenelle de l’Environnement. Selon le militant Stéphane Lhomme, il n’aurait jamais dû entrer dans le gouvernement. La question de la baisse de la part du nucléaire est donc un dossier brûlant pour Nicolas Hulot.

Pour Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace, il faudrait aller plus vite.

« On a des positions plus fermes et plus radicales que lui sur la transition énergétique et sur la sortie rapide du nucléaire. Nicolas Hulot a fait évoluer sa position au fil des ans. Il est aujourd’hui convaincu qu’on doit se passer du nucléaire, mais il n’est pas encore sur un discours qui consiste à dire qu’il faut y aller très vite. »

Trouver le compromis, sans se compromettre, c’est donc ce qu’attend le monde associatif environnemental, qui n’est pas un parti politique et qui n’a donc pas un chef auquel il obéit. La partie ne fait que commencer.

Les Blogueurs associés

Publié dans Ecologie, Politique | Commentaires fermés

Muriel Penicaud: une ancienne DRH au Ministère du Travail

Posté par Les Blogueurs Associés le 18 mai 2017

Muriel Pénicaud

Emmanuel Macron, le chef de l’État, est un libéral ; il l’a démontré avec la loi adoptée en juillet 2015, qui porte son nom. Libéral et social peut-être, mais libéral quand même. Edouard Philippe, son Premier ministre, est un homme de droite: il l’a revendiqué à la passation de pouvoir, le 15 mai dans la cour de Matignon.

Au diable les étiquettes puisque la République en marche, le mouvement du Président, veut débloquer la vie politique en s’affranchissant des vieux clivages. Malgré tout, à la tête de l’exécutif, le social-libéralisme porte à droite. Pour réformer sans délai, contrairement à son prédécesseur, il compte agir par ordonnances, comme l’autorise la Constitution de la Ve République.

Certes, «la situation est unique», a commenté son Premier ministre au lendemain de sa nomination, pour justifier les décisions politiques qui trancheront avec les pratiques passées. Mais l’innovation ne doit pas virer à l’improvisation, encore moins à la provocation.

Vers une loi Travail bis

Parmi les sujets sur lesquels le nouveau Président compte agir sans délai, figure une nouvelle réforme du Code du travail avec pour objectif une décentralisation plus poussée des négociations sociales. C’est la première tâche qui incombera à Muriel Penicaud, qui, dès son arrivée au gouvernement comme ministre du Travail, hérite d’un dossier dégoupillé qui ne demande qu’à exploser.

Ancienne DRH de Danone, la «VRP de la France auprès des investisseurs étrangers» à l’agence publique Business France, Murielle Penicaud doit suivre la feuille de route clairement affichée.

Elle consiste à faire ces fameuses ordonnances à l’été, pour aller plus loin que la loi Travail adoptée l’an dernier, afin que le droit favorise une plus grande flexibilité dans les entreprises, notamment dans l’inversion de la hiérarchie des normes introduite par cette loi.

C’est-à-dire en permettant aux accords d’entreprise de déroger à la loi.

Myriam El Khomri, ministre du Travail du gouvernement de Manuel Valls, déclencha une explosion de colère il n’y a pas plus d’un an lorsqu’elle porta cette loi, obligeant ce-dernier à passer en force à l’Assemblée nationale par le recours à l’article 49.3 de la Constitution.

C’est cette loi qui fut à l’origine du phénomène Nuit debout. Toutefois, le champ couvert par ce texte est limité au temps de travail. Mais Emmanuel Macron n’en a cure: il veut aller plus loin. Son projet vise à étendre cette inversion de la hiérarchie à d’autres aspects de la vie en entreprise, comme les salaires. Provocation ?

Cette loi Travail induit déjà une véritable révolution pour les syndicats. Dans un pays où seulement un peu plus de 8,5% des salariés du secteur privé adhèrent à un syndicat (et 19,4% dans le secteur public), renvoyer la négociation sociale au niveau du terrain implique, pour les syndicats, de développer leur action au sein des entreprises et notamment des PME.

Alors qu’ils sont surtout présents aujourd’hui dans les grandes entreprises, l’administration et au niveau des branches professionnelles. C’est pourquoi cette loi avait déclenché une virulente levée de boucliers syndicale, surtout à la CGT et FO, mais pas à la CFDT qui avait joué le jeu de la décentralisation.

Vers une réduction du chômage ?

Or, cette loi a été promulguée le 9 août 2016, il y a seulement neuf mois. Autant dire que les syndicats n’ont pas eu encore le temps de s’adapter à la nouvelle donne. Et voilà que le nouvel exécutif veut ressortir le même chiffon rouge, en plus grand, avant même que la précédente réforme soit digérée et assimilée.

Cette précipitation pour approfondir la flexibilité pourrait relancer les manifestations et ouvrir un nouveau conflit entre le nouveau gouvernement et les syndicats. Surtout si le dialogue social devait tourner court. D’autant que les avis divergent sur les dispositions à prendre.

Voulant évaluer les effets des leviers réglementaires pour favoriser l’emploi dans le cadre de ses missions d’anticipation pour la période 2017-2027, le comité de réflexion France Stratégie pose surtout des questions sur les conséquences d’une modification du temps de travail, du contrat de travail ou du dialogue social.

Ses travaux furent pourtant orchestrés par Jean-Pisani-Ferry, commissaire général jusqu’en janvier dernier et proche d’Emmanuel Macron au sein d’En marche!. Quant aux économistes en général, ils s’affrontent pour déterminer si l’actuelle loi Travail est de nature ou non à réduire le chômage.

Pas d’unanimité sur le sujet. En outre, les avancées en matière de flexibilité n’ont pas fait preuve jusqu’à présent de beaucoup d’efficacité pour mettre fin aux licenciements et relancer les embauches, comme le démontre la progression du nombre de demandeurs d’emploi pendant le quinquennat de François Hollande.

Certes, dans le projet du candidat Macron, certaines règles fondamentales du droit du travail français, comme le salaire minimum et la durée légale du travail demeureraient du domaine de la loi. Malgré tout, même la CFDT qui avait accompagné la deuxième mouture de la loi Travail, met en garde.

«Nous croyons au renforcement du dialogue social dans l’entreprise, mais pas dans n’importe quelle conditions. (…) Si Emmanuel Macron veut passer à la hussarde, ça ne marchera pas», prévient Laurent Berger à la tête de la centrale, appelant à la concertation pour regarder sujet par sujet ce qui relève de la négociation d’entreprise.

Cerise sur le gâteau, le projet prêté à la réforme de donner aux chefs d’entreprise la possibilité de consulter directement les salariés par référendum –ce qui consisterait à contourner les syndicats– ne peut qu’attiser les tensions.

Le parapluie des acquis sociaux se referme

«Il faut assumer davantage de flexibilité, je n’ai pas peur du mot, pour adapter notre droit du travail aux mutations en cours», avait déclaré Emmanuel Macron au journal Les Echos avant d’accéder à l’Elysée.

Mais, gare à l’atterrissage, si en refermant le parapluie des acquis sociaux, on n’élargit pas en même temps le parachute pour les salariés qui seront poussés hors de l’entreprise par cette nouvelle flexibilité. Or, les propositions semblent assez déséquilibrées.

D’un côté, en plus de la flexibilité, Emmanuel Macron promet une réforme de l’assurance chômage qui sera étendue mais plus contraignante. Il souhaite aussi réintroduire le plafonnement des dommages et intérêts accordés par les prud’hommes en cas de licenciement.

De l’autre, il promet un accès plus large à la formation pour que les demandeurs d’emploi puissent actualiser leurs connaissances et retrouver plus facilement un emploi, en consacrant 15 milliards d’euros supplémentaires (notamment pour les jeunes et les chômeurs de longue durée) afin d’améliorer l’employabilité de chacun.

On aimerait mieux pouvoir évaluer cet équilibre entre flexibilité et employabilité. Car, en ce qui concerne la formation dont personne ne conteste le caractère prioritaire, la problématique n’est pas seulement une question de moyens.

Quel parachute ?

La dépense nationale pour la formation professionnelle continue et l’apprentissage atteint déjà 32 milliards d’euros, relève le ministère du Travail. Mais le système actuel est jugé «excessivement complexe, opaque, impossible à piloter, et ne donne pas aux acteurs les bonnes incitations à développer l’apprentissage là où il est le plus utile socialement», analyse le Conseil d’analyse économique dans une étude de décembre 2014.

Il «aboutit à détourner une partie importante des ressources qui devraient être dévolues à des formations en alternance pour des jeunes peu ou pas diplômés, au profit de formations de l’enseignement supérieur qui se déroulent parfois hors alternance».

Trop d’intervenants, pas assez de coordination, des taxes d’apprentissage affectées à d’autres financements…tous les gouvernements depuis une trentaine d’années, de gauche comme de droite, ont voulu réorganiser et simplifier la formation professionnelle pour une plus grande efficacité.

François Hollande a apporté sa pierre. Mais même si les effets de sa réforme sont jugés plutôt positifs dans un rapport parlementaire de mars 2016, celle-ci n’a pas permis d’enrayer la croissance du nombre de demandeurs d’emploi sur le quinquennat.

Pour les salariés qui sont confrontés à la perte d’un emploi, le parachute n’est pas assez large et ne s’ouvre pas assez vite. L’évaluation, bien sûr, devra être faite sur le long terme. En outre, le nouveau président Macron ne dit pas encore comment il compte améliorer l’efficacité de la formation pour créer un nécessaire équilibre avec la flexibilité du marché du travail.

Or, cet équilibre est un impératif qui ne fut pas respecté lors de la présentation de la loi El Khomri, comme l’a analysé Jacques Attali, un des mentors d’Emmanuel Macron, dans Libération.

Mais, sans cet équilibre, impossible de demander aux salariés d’adhérer à une évolution dont ils seraient les seuls perdants, condamnés avec les licenciements à subir les conséquences de choix stratégiques et économiques dont ils ne sont pas responsables.

Pour Edouard Philippe et l’ancienne DRH Muriel Penicaud dans son dialogue avec une nouvelle génération de leaders syndicaux, telle sera l’erreur à ne pas commettre à nouveau.

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Economie: ce que proposait le candidat Le Maire, ce que devra faire le ministre

Posté par Les Blogueurs Associés le 18 mai 2017

Bruno Le Maire

Bruno Le Maire s’est finalement recyclé auprès d’En Marche. Plus à droite que le président, le nouveau ministre de l’Economie devra défendre des propositions bien plus modérées que ce qu’il avait proposé lors de sa campagne de la primaire à droite.

Baisse des dépenses publiques, réduction du nombre de fonctionnaires, réforme du Code du travail, hausse de la CSG…Le Maire avait axé sa campagne sur plusieurs mesures économiques fortes. Il risque de finir fort frustré, sous les ordres d’un Macron dont le programme, en comparaison, pourrait presque passer pour de gauche.

Sur la CSG, point majeur du programme macronien pour renforcer le pouvoir d’achat, Le Maire devra ainsi faire l’exact inverse de ce qu’il proposait cet automne. Lui qui prônait une «baisse générale de la CSG […] par souci de justice» devra, à l’inverse, mettre en œuvre une hausse de 1,7 point de la contribution sociale généralisée.

Sur la réduction des dépenses publiques, le ministre alors candidat prévoyait une baisse de 80 à 90 milliards d’euros. La tâche sera moins ardue avec Emmanuel Macron, qui reste dans la continuité de ce qui a été proposé sous Hollande, à savoir une diète de 60 milliards en cinq ans. Soit 30% de moins.

Sur la baisse du nombre de fonctionnaires, Le Maire risque là aussi d’être déçu. Alors qu’il voulait supprimer 500 000 postes, il devra finalement se satisfaire de la suppression de 120 000 emplois.

Celui qui assurait mettre en place une réforme par ordonnance pour repousser à 65 ans l’âge de départ à la retraite devra finalement se contenter du statu quo: son président a prévu de le maintenir à 62 ans. Ils se rejoignent toutefois sur la fin des régimes spéciaux: Macron a prévu d’aligner le public sur le privé.

Concernant l’assurance chômage, Bruno Le Maire voulait carrément privatiser Pôle emploi. Le nouveau président de la République, lui, n’a rien proposé de moins que d’étatiser l’Unédic. Il prévoit aussi d’étendre les droits à l’assurance chômage, mais en suspendant les allocations si le demandeur refuse deux offres d’emploi. Les deux s’accordaient sur les dysfonctionnements du système…pas vraiment sur les moyens d’y remédier.

Ils se rejoignent un peu, en revanche, sur la réforme du travail, puisque Le Maire comptait lui aussi libéraliser le marché du travail grâce à une ordonnance sur le dialogue social, dans laquelle il souhaitait «consacrer la primauté de l’accord d’entreprise sur l’accord de branche».

Mais sur les 35 heures, Le Maire prévoyait «d’adapter le temps de travail à la compétitivité des entreprises, en sortant du dogme des 35 heures», alors que Macron a promis qu’il ne toucherait pas à la durée légale du temps de travail. Ils pourront toutefois peut-être trouver un terrain d’entente, puisque le président a expliqué que «les horaires effectifs ou l’organisation du travail seront négociés au plus près du terrain», par des accords d’entreprises.

Sur la fiscalité, et alors qu’il souhaitait supprimer l’impôt sur la fortune (ISF), Le Maire devra faire avec la «réforme en profondeur» proposée par Macron. C’est-à-dire avec un ISF réduit à l’impôt sur la fortune immobilière (IFI), qui ne s’appliquera pas aux investissements «dans l’économie réelle», mais continuera d’exister malgré tout.

Macron va plus loin et se droitise par rapport à Le Maire sur un point: la défiscalisation des heures supplémentaires (mise en place sous Sarkozy et supprimée par Hollande), non évoquée par le ministre de l’Economie lors de sa campagne pour la primaire. Les deux pourront toutefois trouver un terrain d’entente sur quelques sujets.

Ils se rejoignent tous les deux sur le Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE), qu’ils veulent remplacer par une baisse de cotisations patronales, et sur le Régime social des indépendants (RSI), qu’ils comptent supprimer.

Les Blogueurs associés

Publié dans Economie, Emploi, Finance | Commentaires fermés

 

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