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Marion Maréchal-Le Pen: partir pour mieux revenir ?

Posté par Les Blogueurs Associés le 10 mai 2017

Marion Maréchal-Le Pen

La star montante du FN quitte la politique pour partir travailler dans le privé. « Je reviendrai peut-être un jour », dit-elle alors que le parti de Marine Le Pen perd une carte maîtresse avant les législatives.

La plus jeune députée de l’Assemblée Nationale, élue à 22 ans en 2012, ne se représentera pas dans sa circonscription de Carpentras lors des législatives de juin. Elle quitte toutes ses fonctions, du Conseil régional de PACA où elle dirigeait le groupe FN au bureau exécutif du parti. Elle a annoncé sa décision à Marine Le Pen le matin-même et son désir de partir travailler dans le privé.

Deux Le Pen dans le groupe parlementaire que le FN espère avoir au Palais Bourbon, c’est une de trop. « Elle n’a pas envie d’affronter sa tante, il y a eu trop de déchirements dans sa famille. Elle a toujours mal vécu les tensions », glisse un cadre du FN dans le sud.

Elle a grandi dans l’ambiance dantesque de Montretout, faite de fatwa lancée par son grand-père contre sa fille ainée, Marie-Caroline, et son époux, Philippe Olivier, et de ruptures orageuses, comme celle de son père adoptif, Samuel Maréchal, avec le fondateur du FN qu’il a longtemps servi.

Avec Marine Le Pen, l’affrontement était inévitable tant leurs différences d’appréciation sur la stratégie à suivre ont déjà nourri le feuilleton d’une guerre familiale. La moindre nuance entre elles, la plus petite mimique dubitative de la nièce ou la noirceur d’un regard de la tante à son égard auraient été analysées comme le choc de leurs ambitions.

Depuis son élection comme députée du Vaucluse, la star montante des frontistes fait de l’ombre à la présidente du FN. Leurs agacements réciproques sont connus de tous. Mettant à l’épreuve un lien qui les unit depuis la naissance de Marion. A la clinique où elle a vu la jour, c’est Marine Le Pen qui est venue chercher sa sœur, Yann, et son bébé. C’est elle qui épaulera sa sœur pendant les deux premières années.

Le père de Marion, l’ancien journaliste Roger Auque, une aventure de quelques jours, a depuis longtemps pris la poudre d’escampette. La petite fille sera reconnue par Samuel Maréchal, ancien Président du FNJ, qui viendra partager la vie de la cadette des Le Pen.

Des divergences nombreuses

Ce départ est une mauvaise nouvelle pour Marine Le Pen. Les frontistes vont lui en tenir rigueur. Ils sont déjà abattus, voire furieux pour beaucoup, depuis la prestation télévisée désastreuse de leur candidate face à Emmanuel Macron avant le second tour.

Elle a ruiné les efforts de dédiabolisation, déçu par sa méconnaissance des dossiers économiques et offert un spectacle délirant dont ils ne sont toujours pas revenus. Dans le sud, c’est leur locomotive que les cadres du FN perdent au plus mauvais moment, avec les élections législatives qui s’engagent.

Nul n’ignore que Marion Maréchal-Le Pen ne supportait plus le caporalisme de sa tante. Au lieu de faire de sa nièce un atout majeur dans la campagne, Marine Le Pen n’a cessé de l’ignorer, voire de la mortifier. Bien décidée à remettre la jeune ambitieuse à sa place.

A l’automne, elle lui a interdit d’aller à « l’Emission Politique », programme phare du début de campagne. Sur scène à la fin de son grand meeting parisien, la candidate, saluant ses supporters et se congratulant avec des membres de son équipe, a ignoré le regard que lui adressait sa nièce.

Cette dernière n’a pas eu droit à un signe de complicité. Plus vachard encore, Marine Le Pen, dans une interview à « Femme Actuelle », a jugé que la députée du Vaucluse n’était pas au niveau pour entrer dans un gouvernement, évoquant la raideur de son caractère et son « inexpérience ». Venant de la dirigeante du FN qui, jusqu’à présent, n’a pas réussi à se faire élire députée, cela ne manquait pas de sel.

C’est en novembre dernier, confie un de ses amis, que Marion Maréchal-Le Pen a pris sa décision. Seul, son cercle restreint en a été informé. Les divergences sur la stratégie à suivre pour la présidentielle entre la candidate et la députée sont nettes. Marine le Pen campe sur le « ni gauche-ni droite » qui fait grincer les plus droitards du parti qui lui reprochent ses accents « à la Marchais ».

Marion Maréchal-Le Pen, elle, ne croit pas un instant que cette ligne pourrait permettre d’élargir le socle électoral. Elle plaide pour une « union des droites » qu’elle a commencé à mettre en œuvre dans sa région, en débauchant d’anciens élus UMP ou Républicains.

Elle n’arrive pas à se faire entendre de la candidate, ne supporte plus le pouvoir sans partage de Florian Philippot. Plus libérale que souverainiste, la députée du Vaucluse trouve, en outre, le couplet sur le Frexit contre-productif et s’oppose aussi sur les sujets de société à la présidente du FN.

Profondément identitaire, elle est contre le remboursement de l’IVG et n’a pas hésité à manifester dans les rangs de la Manif pour tous. A chaque fois, elle récolte des remontrances de la candidate ou de ses affidés.

« Tu ne vas quand même pas aller chez Carglass ? »

La jeune femme n’est pas entrée en politique de son plein gré. Quand son grand-père faisait le forcing pour qu’elle se présente à Carpentras, elle avait d’abord refusé de souscrire à son projet, écrivant au fondateur du FN une lettre pour lui expliquer les raisons de son refus.

Mais on ne tient pas tête à Jean-Marie Le Pen. A ses amis, Marion Maréchal-Le Pen a souvent fait part de son ambivalence face au sacerdoce politique. Cet engagement lui a, pour partie, coûté son mariage et elle a le sentiment qu’elle ne voit jamais Olympe, sa fille de bientôt trois ans.

Mais Marion Maréchal-Le Pen n’est pas un perdreau de l’année. Affutée et au fait de ses dossiers, elle a donné du fil à retordre à sa tante. Elle sait manœuvrer et n’a jamais eu l’intention d’en rabattre. « Marion, c’est une Le Pen. Elle fait ce qu’elle veut », dit Philippe Ollivier, son oncle, conseiller influent de la campagne présidentielle de Marine Le Pen.

Fine mouche, elle sait aussi qu’elle n’a rien à gagner dans les cinq années à venir. Marine Le Pen a déjà laissé dire qu’après 2017, elle pensait déjà à 2022, alors à quoi bon s’user dans son sillage ? Jouer les deuxièmes couteaux, ce n’est pas son style. Et ce « Je revendrai peut-être… » indique que Marion Maréchal-Le Pen voit loin.

A 27 ans, elle a tout son temps. La députée du Vaucluse n’a pas manqué de relever que les hommes politiques à l’ancienne, ceux qui ont fait toute leur carrière entre parti et cumul des mandats, se font aujourd’hui dégager. Et qu’Emmanuel Macron qui accède à l’Elysée, a déjà connu plusieurs vies.

Etre passé par le privé, avoir exercé une profession, est aujourd’hui un plus. « Le Canard Enchaîné » raconte que pour préparer la suite, elle s’est entretenue avec « un chasseur de têtes » et s’est rendue « à des entretiens d’embauche ». Philippe de Villiers, au parfum de ses projets, lui aurait alors lancé :

« Tu ne vas quand même pas aller travailler chez Carglass ? »

Avec son départ, la droite hors les murs perd son égérie. Et Marine Le Pen, à l’heure où elle annonce la dissolution du Front National pour faire place à une formation ouverte à de nouveaux hommes et de nouvelles alliances, ne cesse, depuis le 7 mai dernier, de verrouiller son parti.

Un parti, désormais privé d’une carte maîtresse…(…)

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Emmanuel Macron a des privatisations dans ses cartons

Posté par Les Blogueurs Associés le 10 mai 2017

Emmanuel Macron

S’il y a un domaine qu’Emmanuel Macron connaît bien ce sont les participations de l’État dans les entreprises. Le futur président de la République les avait scrutées comme banquier chez Rothschild avant de les gérer lorsqu’il était ministre de l’Économie.

Lors de son arrivée à Bercy, à l’automne 2014, il avait annoncé la cession de 10 milliards d’euros d’actifs publics. Il a notamment privatisé les aéroports de Toulouse, Lyon et Nice pour 2 milliards et vendu ses 13% dans Peugeot à la Banque publique d’investissement (BPI) pour près de 2 milliards.

Enfin, il a vendu pour 2 milliards d’euros d’actions Safran et s’est également allégé dans Engie et Orange.

Mais surtout, Emmanuel Macron a validé les investissements de 7,5 milliards d’euros pour recapitaliser EDF et Areva. Il avait aussi investi 1 milliard d’euros pour monter au capital de Renault. Une participation de 4,9% qu’il avait promis de revendre, ce qui n’a toujours pas été fait.

Les privatisations

Des privatisations, il y a en aura peu car l’État contrôle peu d’entreprises publiques. Exit les tabous comme La Poste, SNCF, la RATP, EDF ou Areva. En revanche, après avoir privatisé les aéroports de province, nul doute que le président de la République engagera la privatisation de Paris Aéroport dont l’État détient 51%.

Selon plusieurs sources, il avait déjà étudié ce projet en 2015. Il avait tenté de l’introduire dans la « loi Macron » car l’opération nécessite un changement d’ordre législatif. Finalement, le Premier ministre Manuel Valls s’y était opposé. Au sein du groupe qui gère Roissy et Orly, on s’attend sans nul doute à ce que cette opération soit menée durant le quinquennat.

Autre sujet qui arrivera vite : DCNS. L’État contrôle 63% du constructeur naval aux côtés de Thales. Son patron Hervé Guillou milite depuis un an pour un rapprochement avec l’italien Fincantieri, avec qui il vient d’entrer au capital des chantiers de Saint-Nazaire.

Selon nos informations, Emmanuel Macron était favorable à cette opération qui pourrait permettre à l’État de descendre au capital, peut-être sous le seuil majoritaire de 50%. Bercy avait d’ailleurs étudié cette option en fin d’année dernière. Le patron de DCNS remettra le sujet sur la table dans les prochains mois.

Enfin, la privatisation de la FDJ (Française des Jeux) est un serpent de mer qui reviendra nécessairement. Cette opération est régulièrement évoquée depuis près de dix ans ! Emmanuel Macron et son administration, l’Agence des participations de l’État (APE) l’avaient envisagée fin 2014, lorsqu’il était ministre de l’Économie. Mais il s’était heurté à un blocage sévère de Christian Eckert, le secrétaire d’État au Budget. En tant que percepteur de taxes, la FDJ est en effet sous sa tutelle.

Ventes de participations

Ministre, Emmanuel Macron prévoyait aussi d’utiliser la loi Florange pour vendre des participations de l’État tout en maintenant son influence dans les entreprises grâce aux droits de vote double. C’est notamment le cas chez Engie dont l’État détient 29%. Il pourrait descendre jusqu’à 20% du capital tout en conservant ses pouvoirs actuels.

Emmanuel Macron a toujours déclaré qu’il considérait que l’État était trop investi dans le secteur de l’énergie, d’autant plus depuis les sauvetages d’EDF et d’Areva. La participation dans Engie diminuera donc inévitablement durant le quinquennat.

Il envisageait aussi de le faire chez Orange où l’État et la Banque Publique d’Investissement (BPI) détiennent ensemble 23%. Il pourrait vendre jusqu’à 3% du capital sans perdre la minorité de blocage en assemblée générale. La perspective d’un rapprochement avec Bouygues, envisagé à deux reprises en deux ans, pourrait le pousser à attendre.

Même si Emmanuel Macron a toujours compté sur le rôle de l’État en tant que régulateur pour peser sur le secteur des télécoms. Ce qui pourrait lui permettre de vendre encore un peu plus d’actions détenu par l’État.

Dans les secteurs réglementés comme l’énergie, les télécoms, ou dans les infrastructures, la doctrine « macronienne » est claire : l’État n’a pas besoin de conserver d’importantes participations dans les entreprises. Il peut y exercer son influence à travers la régulation et la règlementation. C’était notamment dans cette optique qu’il avait mis en place l’autorité de régulation des activités ferroviaires et routières (Arafer).

Arbitrages politiques

Alstom est le premier dossier industriel qu’Emmanuel Macron devra trancher. Suite au rachat par General Electric de la division énergie en 2014, l’État a emprunté 20% du capital d’Alstom détenu par Bouygues. En octobre prochain, il devra décider s’il rachète ses titres ou s’il les rend à son actionnaire historique.

Lorsqu’il était à Bercy, Emmanuel Macron ne faisait pas mystère que cette situation avait été décidée par son prédécesseur Arnaud Montebourg et qu’il n’y était pas favorable. Peu de chance qu’il choisisse de dépenser 1,3 milliard d’euros pour rester dans une entreprise qui se porte bien.

Pas sûr pour autant qu’il acte d’une sortie totale d’un fleuron industriel qui risquerait d’être racheté par un groupe étranger. Peut-être mettra-t-il en œuvre sa doctrine favorite, la loi Florange ? Elle permet l’attribution de droits de vote double pour les actionnaires de long terme, donc l’État. Emmanuel Macron avait imposé au groupe Bouygues d’appliquer cette disposition chez Alstom.

Surement pour en profiter plus tard. L’État pourrait ainsi racheter seulement 10% du groupe pour maintenir son représentant au conseil d’administration. Si ses promesses de ministre l’engagent à l’Élysée, Emmanuel Macron devrait aussi revendre La participation de l’État dans Renault.

Bercy promet que ce sera fait comme il l’a promis à Nissan, l’autre grand actionnaire du constructeur français. Pourtant, cela traîne depuis un an et demi. Seul problème : les titres ont été acquis à un cours élevé, en avril 2015: autour de 90 euros. « Nous avons eu trois fois l’occasion de revendre avec une plus-value, nous confiait récemment une source à Bercy ».

« Mais comme l’État siège au conseil d’administration, nous ne pouvons pas vendre quand nous le souhaitons. C’est très réglementé ». Ces trois « fenêtres » correspondaient à des périodes précédant des conseil d’administration pendant lesquelles l’État ne pouvaient pas vendre ses titres. Et quand il le pouvait, le cours de Bourse de Renault avait à nouveau baissé.

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Le FN rattrapé par ses mauvaises fréquentations

Posté par Les Blogueurs Associés le 6 mai 2017

Philippe Péninque

Accusé de révisionnisme, Jean-François Jalkh a dû renoncer à la direction du FN. De son côté, Philippe Péninque, ancien du GUD, organise de discrets dîners dans ses appartements pour Marine Le Pen.

Choisi mardi pour remplacer Marine Le Pen à la tête du parti pendant la campagne électorale, Jean-François Jalkh aura tenu deux jours. Vendredi matin, Louis Aliot annonçait que ce serait le maire d’Hénin-Beaumont, Steeve Briois, qui assurerait finalement l’intérim.

La polémique autour de propos révisionnistes que le premier vice-président aurait tenus en 2000 sur les chambres à gaz et l’évocation dans Le Monde de sa présence en 1991 pour les quarante ans de la mort de Pétain l’ont mis définitivement hors jeu.

Ses vives dénégations et une plainte en diffamation n’y ont rien fait. Marine Le Pen redoutait avant tout que l’affaire fasse capoter son alliance avec Nicolas Dupont-Aignan. Le malaise ne porte pas cette fois sur le tweet nauséabond d’un anonyme collaborateur d’élu local.

C’est un homme clé du système mis en place par Marine Le Pen qui est rattrapé par le passé sulfureux du Front national. Entré au FN en 1974 à 17 ans, membre du bureau politique depuis 1982, Jean-François Jalkh est un mariniste.

Elu député en 1986 au côté de Jean-Marie Le Pen, il a organisé en 2012 le congrès qui a porté Marine Le Pen au pouvoir. En août 2015, il a présidé à sa demande le bureau exécutif qui a exclu son diable de père en raison de ses propos sur les chambres à gaz. Un comble.

Un mariniste au cœur du système

Président de l’association de financement pour la campagne présidentielle de 2017 et expert du droit électoral, Jalkh est allé, mardi soir à 22 heures, défendre devant la Commission nationale de contrôle de la campagne électorale la validité de la profession de foi de Marine Le Pen pour le second tour.

Ces quatre pages étant libellées à la manière d’un argumentaire anti-Macron, cette commission a exigé des preuves. Sans quoi le document – déjà en cours d’impression – aurait été retoqué. 

C’est peu dire que Jalkh, renvoyé devant le tribunal pour escroquerie en qualité de secrétaire général du micro parti de Marine Le Pen dans l’affaire des kits électoraux, est au cœur du système FN.

Depuis le début de la campagne, c’est la deuxième fois que le vernis de la dédiabolisation craque. En mars, le secrétaire général du parti, Nicolas Bay, avait dû suspendre en catastrophe Benoît Loeuillet, qui avait été filmé à son insu proposant des livres d’Adolf Hitler et de l’historien révisionniste Robert Faurisson, tout en relativisant le nombre de juifs exterminés pendant la Seconde Guerre mondiale.

Viré rapidement et exclu du conseil régional, le ­patron du FN à Nice est un proche de Philippe Vardon, salarié au QG de la candidate, chargé des clips de campagne. Les deux hommes ont fait leurs classes ensemble chez les identitaires. Ils ne sont pas les seuls à avoir atterri au FN.

Autre groupe sulfureux, les anciens « gudards », les copains de Marine Le Pen, tous passés par l’ancien mouvement étudiant d’extrême droite. Dans le livre Marine est au courant de tout… (Flammarion), les auteurs, Mathias Destal et Marine Turchi, ont recueilli de nombreux témoignages qui accusent Frédéric Chatillon, ex-prestataire du parti et actuel salarié de la campagne, ainsi que son associé et ami Axel Lousteau, élu régional en Île-de-France, de flirter avec l’antisémitisme.

A Hénin-Beaumont, le soir des résultats électoraux, Philippe ­Péninque, qui fait figure de chef de la bande, était là. Il s’est enfermé dans un bureau pour analyser les chiffres avec les principaux stratèges du mouvement : Bruno Bilde, conseiller régional des Hauts-de-France, expert de la carte électorale.

Philippe Olivier, le beau-frère de la présidente, patron de la cellule « idées-images », rédacteur des principaux discours de campagne. Florian Philippot était sur les plateaux mais son frère Damien, spécialiste des enquêtes d’opinion, était également présent.

Un chef de bande passé par Occident et Ordre nouveau

Péninque, 63 ans, avocat omis du barreau, conseiller fiscaliste, n’a jamais pris sa carte au FN mais il est fidèle à Marine Le Pen depuis le début des années 1990. Ancien patron du GUD canal historique, il a fait ses classes à Occident et à Ordre nouveau.

Aujourd’hui, il se revendique « national-républicain » mais ne renie pas son passé violent. « Oui, je me suis battu, reconnaît-il au JDD, mais c’est parce qu’il y avait du monde en face, à l’extrême gauche. Que faisait Cambadélis ? Pourquoi ce deux poids deux mesures ? » Il ne dément pas davantage ses amitiés sulfureuses.

« Alain Soral est un ami », rétorque-t-il à l’évocation de ce dernier, proche de Dieudonné, condamné à de multiples reprises pour injures, incitation à la haine raciale, pour des propos relayés sur son site… « J’ai discuté pendant des heures avec lui, poursuit-il. Il n’est pas antisémite. Il a juste un problème avec certains communautarismes. »

Si Péninque n’a pratiquement jamais mis les pieds au QG de campagne, il fait des notes, prodigue ses conseils par téléphone à Marine Le Pen ou lui rend visite à son domicile. Fils d’un couple d’instituteurs de gauche, il a bien réussi dans ses affaires.

Depuis des mois, il met à disposition de la candidate un de ses appartements de réception dans le 16e arrondissement parisien, à deux pas du palais d’Iéna, pour lui permettre de rencontrer des chefs d’entreprise et des hommes politiques.

En toute discrétion. Le parking souterrain est accessible depuis plusieurs artères et un ascenseur permet d’accéder directement à l’appartement. Le goût de la clandestinité…(…)

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Le programme du FN: rendre les pauvres plus pauvres

Posté par Les Blogueurs Associés le 6 mai 2017

Le Front national

Le parti d’extrême droite, autoproclamé proche du peuple, ne cherche en aucun cas à réduire les inégalités. Son projet, en matière d’éducation, de fiscalité, de politique familiale, etc. aura pour conséquence de favoriser les classes aisées.

Alors que, depuis sa fondation, la stigmatisation de l’étranger constitue le principal ressort du Front national, le parti d’extrême droite cherche désormais à se présenter comme «la voix du peuple» et le défenseur des plus faibles en investissant les questions économiques et sociales.

L’incapacité des gouvernements successifs à apporter des réponses convaincantes à la montée des inégalités, à l’absence de mobilité sociale et aux effets de la mondialisation sur l’emploi et les qualifications a indéniablement contribué à faire progresser le vote frontiste parmi les classes populaires.

Pourtant, le programme de Marine Le Pen ne défend pas les plus défavorisés. Un grand nombre de ses propositions économiques et sociales vont même directement à l’encontre de leurs intérêts. La légèreté de ses propositions, voire son silence presque total, sur plusieurs sujets incontournables dans la lutte contre les inégalités…

…notamment l’éducation et la formation, la fiscalité, les questions environnementales, les droits des femmes, l’accès à la santé ou encore les conséquences de la sortie de l’euro, fait douter sérieusement de sa réelle volonté et de sa capacité à agir en faveur des plus démunis.

Suppression du collège unique

La sortie de l’euro et de l’Union européenne, pierre angulaire du projet du FN, aurait, on le sait, des effets très défavorables sur le pouvoir d’achat des classes populaires. Tant l’inflation que l’augmentation des taxes et droits de douane pénaliseraient le pouvoir d’achat des revenus modestes.

Une part importante est consacrée à l’achat de produits importés de première nécessité (énergie, produits alimentaires, vêtements). La mise en avant par les médias de la sortie de l’euro occulte, en outre, d’autres points essentiels de son programme qu’il nous semble important de souligner ici.

Ainsi d’autres propositions du FN ou le quasi-vide programmatique sur des sujets majeurs révèlent que la réduction des inégalités n’est pas réellement sa priorité. L’éducation en est un bon exemple.

Sur ce sujet, le programme du Front national est réduit à la portion congrue, et les seules mesures précises envisagées, comme la suppression du collège unique et le rétablissement de l’apprentissage à 14 ans, auront tendance à renforcer la reproduction sociale en faveur des familles dont le capital culturel et financier est plus élevé.

Une politique ambitieuse supposerait au contraire un investissement massif dès la petite enfance pour réduire les inégalités sociales.

Défiscalisation de la donation

Sa position sur la défiscalisation de la donation en est un autre exemple : le FN propose d’augmenter le montant des donations non imposées de 50 000 à 100 000 euros tous les cinq ans par parent et par enfant, mesure qui ne profite pas aux plus démunis.

Le rehaussement du plafond du quotient familial inscrit dans le programme va dans le même sens, puisque cette mesure accorde une réduction fiscale d’autant plus grande que les familles sont nombreuses et disposent d’un revenu élevé.

S’agissant de la santé, de la famille et des droits des femmes, les propositions du FN ne sont pas plus favorables aux plus modestes. Le FN prétend lutter contre les déserts médicaux, mais la hausse du numerus clausus envisagée ne règle en rien ce problème, car même en plus grand nombre, les médecins pourront toujours s’installer dans la région de leur choix (et donc dans les régions les plus attractives).

Si le FN a mis en sourdine pendant la campagne ses positions habituelles sur la famille et les droits des femmes, il demeure un parti extrêmement conservateur et les mesures qu’il défend (salaire maternel, aucun développement des politiques de garde, suppression du partage du congé parental entre les deux parents) impliquent un retour des femmes à la maison et seraient particulièrement préjudiciables aux femmes des milieux modestes.

Quant à l’IVG, même si Marine Le Pen défend maintenant son maintien, les divergences au sein du parti laissent supposer que la question de son déremboursement, qui induirait une terrible inégalité d’accès selon le milieu social, peut resurgir. Quelle serait donc la politique effective du FN si celui-ci accédait à la présidence de la République ?

Recettes miraculeuses

Autant de sujets disparates, donc, qui illustrent à quel point le FN recourt à des arguments populistes en proposant des mesures qui contribueront à renforcer la reproduction sociale. En outre, un point d’inquiétude supplémentaire vient du prétendu chiffrage du programme du FN.

Si le parti frontiste vantait sans vraiment l’assumer en 2012 les mérites des budgets équilibrés (via la très critiquable règle d’or), le programme de 2017 n’a aucun bouclage budgétaire clair.

Il ne fait qu’invoquer des recettes miraculeuses comme par exemple celle liée au coût supposé de l’immigration pour les finances publiques, qu’il estime à des dizaines de milliards d’euros, montant totalement décorrélé de tous les chiffrages sérieux existants.

D’autres recettes, tout aussi fantasques, seraient tirées de la mise en place de droits de douanes, de la sortie de l’euro et de l’Europe, de l’exclusion de l’accès à la santé, à l’éducation et aux minima sociaux des étrangers résidents en France, et à une lutte contre une fraude «sociale» d’une ampleur très largement fantasmée.

Comment peut-on encore croire, à la lecture de ce qui précède, que le parti de Marine Le Pen serait comme elle le prétend au service des plus démunis ?

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