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Moments de disgrâce pour NKM

Posté par Les Blogueurs Associés le 29 juin 2017

Nathalie Kosciusko-Morizet

Battue dans un territoire considéré comme imperdable pour la droite, Nathalie Kosciusko-Morizet lâche la tête de l’opposition parisienne. Et entame sa traversée du désert.

« Je sais que dans dix jours ma voix peut s’éteindre », mettait en garde le 6 juin dans Le Parisien Nathalie Kosciusko-Morizet (NKM), alors candidate dans la 2e circonscription de Paris. Deux tours de législatives, une agression et une hospitalisation plus tard, sa voix s’est éteinte.

Depuis sa défaite, dans un contexte singulier de violence, l’ancienne députée de l’Essonne a simplement envoyé deux communiqués succincts. L’un pour dire qu’elle ne solliciterait pas de nouveau mandat de présidente du groupe LR au conseil de Paris, le dernier poste à responsabilité qui lui restait.

L’autre pour se féliciter du lancement, très opportun, par Pierre Auriacombe, l’un de ses proches, d’un groupe distinct de celui de la « vieille droite parisienne ». Un terme cinglant, à la hauteur des haines recuites dont cette famille a le secret.

« Je suis témoin de l’acharnement d’une violence inouïe de certains barons à son encontre. Je comprends qu’elle soit dégoûtée des méthodes de certains », lâche un conseiller (LR) de Paris. Elles ont éclaté au grand jour avec la candidature dissidente de Jean-Pierre Lecoq, le maire du 6e arrondissement, qui a considérablement affaibli NKM aux législatives.

La défaite a un goût d’autant plus amer qu’elle intervient dans une circonscription imperdable pour la droite et au moment où son rival Pierre-Yves Bournazel triomphe dans une circonscription réputée, elle, ingagnable. Mais lui s’est mis en marche rapidement, là où NKM a traîné des pieds.

« Elle voulait préserver son identité politique »

« Dans le discours de Macron, il y a évidemment des thématiques proches des miennes, comme le travail indépendant. Mais son programme est attrape-tout et flou, notamment sur les économies à faire et sur la Défense, confiait fin février NKM, hésitante. Je ne vois pas sa capacité de projection. »

« Elle a eu dix fois l’occasion de claquer la porte de chez Fillon mais elle ne l’a pas fait. Elle voulait préserver son identité politique », décrypte une figure de la NKMie. « S’il y a bien une personne à droite qui portait une ligne proche de Macron, c’était elle. Mais elle est restée fidèle à Fillon », vante un collaborateur.

Nombre de ses fidèles ont pourtant quitté le bateau Fillon en pleine tempête. « Elle a été loyale, trop loyale. Et je ne suis pas la seule à le penser », confie à L’Express l’une de ses amies. « Elle n’exprime aucun regret aujourd’hui. Mais elle réfléchit forcément à ce qui se serait passé si elle avait fait un autre choix durant la campagne. »

Le 16 mai, son nom figurait bien sur la liste des ministrables possibles envoyée par l’exécutif à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) en vue de la constitution du gouvernement. Dans son entourage, on assure même qu’Emmanuel Macron lui aurait envoyé un mot pour se dire désolé qu’En Marche a investi quelqu’un face à elle.

« Je ne comprends plus cette trajectoire personnelle »

« Elle a essayé de se rapprocher de Macron tout en gardant une option Fillon, au cas où. Elle a voulu jouer sur les deux tableaux, pirouette cacahuète. Mais ça ne pouvait pas marcher », observe une conseillère (LR) de Paris qui ne l’apprécie pas.

« C’est une erreur de vouloir aller à la fois à la primaire, donc prétendre aux plus hautes fonctions, et à la mairie de Paris. Elle a payé cela », complète la maire (LR) du 5e arrondissement, Florence Berthout. « Je ne comprends plus cette trajectoire personnelle, sans jamais être capable d’être collectif. »

Le choc de la défaite a été amorti par son anticipation. « Dès le soir du premier tour de la présidentielle, on avait compris que ça serait difficile », confie un collaborateur. A son domicile, au cours de la soirée du second tour des législatives, alors qu’une chaîne d’infos en continu la donne par erreur gagnante, elle lâche: « Détendez-vous, ça ne va pas passer… », rapporte un témoin. « Son sentiment, c’est bien sûr de la peine et de la tristesse. Mais c’est aussi un soulagement de ne plus voir les élus de Paris », glisse un proche.

« Prendre le temps de réfléchir »

« Ça va vous paraître bizarre mais je la trouve libérée » depuis sa défaite, abonde une intime. « Elle va prendre le temps de réfléchir sur son avenir. » Lequel devrait passer par une expérience dans le privé. Dans le Landerneau, chacun y va de sa rumeur: « Elle va partir aux Etats-Unis », « elle va créer sa boîte », « elle va prendre la tête de la RATP ».

« La vérité, c’est qu’elle ne le sait pas elle-même, elle n’a aucune piste », assure une amie. « Elle va d’abord prendre des vacances et trouvera un travail en septembre-octobre », abonde un autre proche. « Elle ne va pas se contenter de ses indemnités de conseillère de Paris », persifle l’un de ses nombreux détracteurs LR.

Mais personne ne doute un instant qu’elle ne finira pas par revenir au premier plan en politique. « Personne ne sait ni quand ni dans quelles conditions. Mais j’en ai la conviction », martèle l’un de ses plus proches. « Si elle avait décidé d’arrêter, elle aurait quitté le conseil de Paris. Ce n’est pas le cas », observe un fidèle, Jean-Didier Berthault.

Le lancement annoncé d’un groupe dissident de droite et du centre « donne une indication de son état d’esprit », complète l’un de ses lieutenants. Lundi soir, elle a réuni une petite dizaine de proches au caffé Vitto, dans le Marais.

C’est là que l’idée d’un groupe dissident avec une présidence tournante a été formulée. « C’est pour éviter de retomber dans le syndrome de la guerre des chefs », défend l’un des participants.

« Maintenant, elle doit se faire oublier »

« C’est pour empêcher quelqu’un d’autre qu’elle d’émerger », rectifie un autre qui évoque un « dîner-catastrophe » au cours duquel plusieurs fidèles ont pris du champ. « Elle vit hyper mal la victoire de Bournazel. Mais on ne va pas le punir d’avoir gagné un siège de député ! Qu’elle oeuvre en coulisses OK. Mais pas pour régler des trucs perso.

« Conséquence de la défaite, même des proches ont désormais la dent dure: «  »Elle se garde la possibilité de revenir dans le jeu aux municipales de 2020. Mais elle n’a plus aucune chance. Elle le sait mais ne veut pas l’admettre. Maintenant, elle doit se faire oublier. »

« La droite ne pourra jamais gagner Paris. Mais une coalition droite libérée-En Marche! oui. Ça, elle pourra l’incarner », espère au contraire un autre proche. Mais avec Pierre-Yves Bournazel ou Benjamin Griveaux dans le paysage, « ça n’a rien d’évident », admet-il. « Et puis, on ne sait jamais, dans un moment d’inadvertance, Macron lui proposera peut-être un jour quelque chose. »

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Publié dans Politique | Commentaires fermés

 

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