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Pas de groupe pour le FN ? «Un problème démocratique» selon Le Pen

Posté par Les Blogueurs Associés le 9 juin 2017

Le Front national

La présidente du Front national tenait meeting jeudi à Calais. Elle a dénoncé le «système inique» qui pourrait priver son parti de groupe à l’Assemblée. Le Front national a certes renoncé à produire un discours intelligible en matière européenne.

Il lui reste heureusement une autre ressource : la question migratoire, principal sujet du meeting tenu jeudi soir par Marine Le Pen à Calais — le seul de sa part avant le premier tour des législatives. Dans une petite salle à l’étage d’un bowling, la présidente du FN est venue soutenir Philippe Olivier, son beau-frère et conseiller.

Un candidat bien placé, dans ce territoire où la crise migratoire s’ajoute aux difficultés sociales, et qui a accordé 55% des voix à Marine Le Pen au second tour de la présidentielle.

«Comment voulez-vous qu’un chef d’entreprise veuille s’installer sur un territoire dont la notoriété médiatique vient de l’attaque de camions sur les routes ?», a questionné Philippe Olivier devant 200 personnes.

Une tonalité reprise par Marine Le Pen qui a évoqué des «statistiques tenues secrètes», une situation «bien plus grave que ce que les dirigeants admettent», ces «neuf à dix millions de migrants qui attendent de traverser la Méditerranée», ou encore ceux qui, déjà là, «errent dans vos rues, vos champs, vos jardins».

L’eurodéputée a aussi dénoncé la réforme du travail promise par Emmanuel Macron, et après laquelle, juge-t-elle, «votre contrat de travail ne vaudra pas plus qu’un Kleenex.»

Querelles

Marine Le Pen conclut ainsi une drôle de campagne, sans grande dynamique, rythmée seulement par les rodomontades des porte-paroles frontistes présentant leur mouvement comme «la seule opposition» à Emmanuel Macron.

Campagne conforme à l’état général du mouvement, mal remis de sa large défaite à la présidentielle et où, malgré les lénifiantes déclarations des mêmes orateurs, beaucoup anticipent un règlement de comptes dans les prochains mois.

«Plutôt que de chercher des poux à Florian [Philippot], certains feraient mieux de se concentrer sur l’organisation de la campagne, a grincé auprès de Marianne la candidate Sophie Montel, une proche du contesté vice-président. Ici [dans le Doubs], j’attends toujours les affiches des candidats, la direction ne s’est pas très bien organisée».

Une pique dirigée vers le secrétaire général Nicolas Bay, directeur de la campagne et critique de Florian Philippot. L’ampleur de la querelle dépendra certes du résultat des législatives. Les dernières enquêtes d’opinion attribuent au FN un peu moins de 20% des voix au niveau national.

Score honorable, mais bien inférieur à celui de Marine Le Pen le 7 mai dernier. Surtout, la plus grande incertitude entoure le nombre des futurs députés frontistes. Les traditionnelles difficultés du FN au second tour et la qualification massive de candidats En Marche se prêtant à tous les reports de voix pourraient compliquer la tâche du parti d’extrême droite.

En interne, ils sont fort peu à partager l’avis du candidat et porte-parole Jérôme Rivière, qui a récemment dit attendre «entre une trentaine et une quarantaine de parlementaires». Pour beaucoup, faire élire les quinze députés nécessaires à la constitution d’un groupe serait déjà satisfaisant — et il s’en trouve même certains pour douter de ce résultat.

Jeudi soir, Marine Le Pen elle-même a évoqué cette hypothèse : «Si nous n’avions pas de groupe parlementaire, par le jeu d’un système électoral, ce ne serait pas le problème du Front national. Cela posera le problème de la représentativité des députés, de la démocratie dans notre pays.»

Le Pen députée ?

La voie personnelle de Marine Le Pen peut sembler plus dégagée. Un sondage Ifop publiée mercredi par la Voix du Nord place la candidate largement en tête dans la 11ème circonscription du Pas-de-Calais, qui comprend notamment la commune FN d’Hénin-Beaumont.

Elle y obtiendrait 44% des voix dès le premier tour, très loin devant la candidate de la République en Marche Anne Roquet, créditée de 15,5%, ou le sortant socialiste Philippe Kemel, 14,5% seulement. Aucun résultat n’a toutefois été publié concernant le second tour.

En 2012, Marine Le Pen avait obtenu 42,4% des bulletins au premier round, avant d’échouer d’une centaine de voix face à Philippe Kemel. Mercredi soir, la frontiste s’est attiré les critiques de ses adversaires en s’invitant au dernier moment dans un débat télévisé sur France 3, qu’elle avait d’abord décidé de boycotter.

De quoi prêter le flanc à un nouveau procès en désinvolture ; mais aussi laisser penser que la candidate n’est pas forcément aussi sereine qu’on l’imagine.

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