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Qui soutient qui ? Le grand bazar des législatives

Posté par Les Blogueurs Associés le 16 juin 2017

Le grand bazar

Philippe et Castaner qui s’opposent dans la même circonscription en soutenant deux candidats rivaux, des socialistes écartelés, des frontistes ralliant la France Insoumise « sans hésiter ». Ces législatives en sont la preuve : Y a plus de saisons !

Des ministres du gouvernement qui soutiennent des candidats rivaux dans la même circonscription. Des socialistes tendance réformiste qui lèvent le poing avec la France Insoumise. Des communistes qui rejoignent le milliardaire Serge Dassault dans la défense de Manuel Valls.

Des frontistes de province appelant à voter pour les camarades de Jean-Luc Mélenchon, cet homme qui les traite de « fascistes ». On a beaucoup dit que l’élection de Macron brouillait les repères. L’écrasante victoire d’En marche qui se profile au second tour des législatives provoque depuis dimanche d’impensables consignes de vote. Florilège.

A chaque ministre son poulain

La situation est cocasse dans la 4e circonscription du Finistère. Le Premier ministre Edouard Philippe y défend son ami Maël De Calan, avec qui il prêchait hier la parole juppéiste. Mais Christophe Castaner, le porte-parole de son jeune gouvernement, ex-socialiste passé à En Marche l’an dernier y soutient pour sa part la candidate En Marche Sandrine Le Feur.

Où est la cohérence peut se demander l’électeur ? Castaner s’est même fendu d’une vidéo pour que les choses soient bien claires. Au mépris de cette sacro-sainte « solidarité gouvernementale » érigée par le Premier ministre comme un pilier de sa méthode de travail ?

Un imbroglio du même tonneau a pour théâtre la 18e circonscription de Paris. En mauvaise posture depuis qu’elle est arrivée deuxième, Myriam El Khomri assure qu’elle dispose du soutien officiel du président Emmanuel Macron, qui n’a pas démenti. Son rival, le LR Pierre-Yves Bournazel, a lui publié une vidéo de soutien du Premier ministre Edouard Philippe. Message de l’exécutif : que mon meilleur gagne !

Dassault et les trois petits coco avec Manuel Valls

Manuel Valls ratisse large. Pour une fois. Toujours membre de ce Parti socialiste qu’il a enterré avant tout le monde le mois dernier, l’ex-Premier ministre de François Hollande est soutenu dans sa circonscription de l’Essonne à la fois par Serge Dassault et par trois communistes membres du conseil municipal de la ville d’Evry.

La fédération communiste de l’Essonne regrette une démarche très personnelle… On note que Valls a affiché sur Twitter les trombines des trois communistes ralliés. Mais pas celle du fabricants d’armes milliardaire. Dérive gauchiste ?

Benoît Hamon, son ancien rival de la primaire socialiste, qui aimerait bien le voir tomber, soutient lui Farida Amrani, la candidate de la France Insoumise, ce mouvement de Jean-Luc Mélenchon dont il ne disait pas le plus grand bien il y a encore quelques semaines.

« C’est une candidate de gauche et Valls est aujourd’hui sur un projet politique qui s’est éloigné de la gauche, progressivement », lâche Hamon. Qui s’éloigne toujours plus du PS. Progressivement.

En marche ! ou FI ? Les socialistes écartelés

C’est à eux que l’écrasante victoire de la République en marche coûte sans doute le plus. Les consignes de vote des socialistes éliminés dès le premier tour varient en fonction des duels. Mais elles ont parfois de quoi surprendre. Face au FN, l’ex-ministre de l’Intérieur Matthias Fekl, laminé dans dans la 2e circo du Lot-et-Garonne, votera pour le candidat d’En marche ! Mais dans les autres cas, les positions divergent.

Dans les Deux-Sèvres, l’ex-ministre et toujours socialiste Ségolène Royal se refuse à aider l’ex-ministre Delphine Batho qui lui avait succédé mais avec qui s’est brouillée, pourtant l’une des rares socialistes survivantes du naufrage du 11 juin 2017. Elle a voté en Marche ! au premier tour, fera pareil au second. Et y éprouve une forme de bravitude !

A Marseille, Patrick Mennucci n’a pas voulu dire son choix entre la marcheuse Corinne Versini et le « touriste » Mélenchon. Alors sa suppléante Nasséra Benmarnia a montré la voix en préférant le boss des Insoumis. Plus surprenant, Christian Eckert, l’ex-ministre du Budget, longtemps collègue de Macron au gouvernement, a lui aussi appelé à voter pour le candidat Insoumis contre celui d’En marche !

Dans le même style, l’ex-ministre Pascale Boistard, un temps proche de Valls, a choisi de soutenir le journaliste césarisé François Ruffin, contempteur s’il en est des trahisons solfériniennes.

Le parti de Marine Le Pen n’est évidemment pas en reste. Et certains candidats malheureux révèlent peut-être mieux que des grands discours la stratégie attrape-tout et le tiraillement idéologique du parti d’extrême droite. A Lille, le chef de l’opposition au conseil municipal a appelé à voter pour le Adrien Quatennens, le candidat de la France insoumise, pour former un « barrage » contre le candidat macroniste. De quoi gêner l’intéressé.

Sans cracher non plus sur le possible report de voix : « L’électorat du FN n’est pas sa propriété. Nous tentons de convaincre tout le monde et le seul bulletin pour faire battre le projet extrême finance d’Emmanuel Macron, c’est le nôtre. »

Il s’en est allé quasiment de même dans la 8e circonscription de Loire-Atlantique. Le frontiste malheureux Gauthier Bouchet a d’abord tweeté qu’il voterait « sans hésitation » pour l’insoumis Lionel Debraye, opposé au second tour à un candidat En marche ! Et puis cet historien a revu ses classiques et supprimé son tweet pour ne donner le lendemain in fine « aucune consigne ».

« J’étais un peu dépité par mon score, je n’avais pas conscience de ce que je disais », jure-t-il à France Info. Sans dire qui de la nuit ou des patrons lui ont porté conseil.

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Publié dans Législatives, Politique | Commentaires fermés

 

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