• Le principe de la liberté d’information doit s’opposer à toute censure. Elle est libre quand elle ne dépend des puissances d’argent, mais de la seule conscience des journalistes et des lecteurs. Ils peuvent aussi penser que s’ils veulent remplir leur mission, qui est de rendre intelligible le présent pour maîtriser l’avenir, il leur faut bien visiter les coulisses du spectacle. Sinon ils ne seront plus que les portes voix des apparences, otages d’une communication qui est l’ennemie de l’information.

  • Calendrier

    juin 2017
    L Ma Me J V S D
    « mai    
     1234
    567891011
    12131415161718
    19202122232425
    2627282930  
  • Catégories d’Articles

  • Archives

Législatives: l’enjeu pour les partis, former un groupe, sinon rien !

Posté par Les Blogueurs Associés le 17 juin 2017

En Marche

C’est un raz de marée En Marche ! qui s’annonce dimanche. A droite comme à gauche, l’opposition aura du mal à émerger, et même à former un groupe pour la plupart des partis.

S’opposer, c’est exprimer haut et fort ses désaccords. Pour de tels effets de tribune, une figure, une voix, une stature suffisent. Mais pour remplir ses missions de contre-pouvoir et jouer son rôle de contrôle et de proposition, l’opposition a besoin d’être en nombre.

D’au moins quinze députés pour disposer d’un groupe, déclaré officiellement d’opposition, seul viatique pour accéder à certains postes stratégiques du travail législatif. Comme la présidence de la commission des Finances, obligatoirement attribuée à l’opposition.

Ou encore un accès au temps de parole égal à celui de la majorité pour les principaux débats mais aussi un droit de tirage permettant, une fois par an, au président d’un groupe de l’opposition de réclamer la mise en place d’une commission d’enquête.

Plus l’opposition est forte et plus ses prérogatives seront amples : il faut 58 députés pour déposer une motion de censure, destinée à renverser le gouvernement, ou encore 60 députés pour pouvoir saisir le Conseil constitutionnel. Des contraintes qui, dans la future Assemblée, pourraient réduire la «force de frappe» de plusieurs partis d’opposition.

Une qualification qui, d’ailleurs, risque d’être inopérante en raison du brouillage des lignes politiques qui traversent certains partis comme le PS ou LR. Le vote de confiance qui conclura le discours de politique générale d’Edouard Philippe, le 4 juillet, enverra sans doute un signal important.

Mélenchon veut être l’opposant de gauche

Il l’a dit et répété : Jean-Luc Mélenchon veut «remplacer le PS» et incarner la «vraie» opposition de gauche face à Emmanuel Macron.

«La France insoumise est aujourd’hui le premier bloc d’opposition !» assénait le quatrième homme de la présidentielle il y a encore quelques jours, expliquant que «quand vous élisez un député PS ou LR, vous ne savez pas s’il sera avec Macron ou pas».

Et s’il se fait élire demain dans la 4e circonscription des Bouches-du-Rhône — les conditions lui sont plutôt favorables —, Mélenchon incarnera lui-même ce rempart à la politique d’Emmanuel Macron à l’Assemblée nationale. Mais il sera à la tête d’une opposition de taille réduite.

Il est peu probable que les députés LFI puissent former un groupe parlementaire (15 élus) seuls. Mais pour Mélenchon, les députés seront le «groupe d’appui» de la contestation, qu’il imagine animée, plus largement, par le mouvement LFI dans son ensemble.

Le PS, trop petit pour peser

Quelle sera l’attitude du groupe PS durant la prochaine mandature, à supposer que les socialistes parviennent à atteindre le nombre requis de 15 députés pour se constituer en groupe ?

Une certitude: l’image de Benoît Hamon éliminé dès le premier tour dans les Yvelines, les ex-frondeurs socialistes, qui avaient tant perturbé le quinquennat Hollande, seront quasiment absents de la nouvelle Assemblée.

Si la quasi-totalité des députés PS rescapés affichent une attitude «constructive» vis-à-vis d’Emmanuel Macron, des sensibilités différentes seront pourtant notables.

Ceux qui auront été élus parce que la République en marche ne leur aura pas opposé d’adversaire, comme Manuel Valls, seront forcément plus conciliants que les (rares) députés qui auront dû ferrailler contre un candidat macroniste pour se faire élire.

Mais globalement, le groupe PS, réduit comme peau de chagrin, ne pèsera plus.

La droite, opposition ou coopération ?

Il y a quelques semaines, les Républicains et l’UDI espéraient encore l’emporter aux législatives. Aujourd’hui, la désillusion est grande. Certes, la droite deviendra la principale voix de l’opposition dans l’hémicycle, mais les projections réalisées en interne ne sont guère optimistes : entre 50 et 110 députés au mieux.

Une douche froide…D’autant que les divisions internes risquent de semer la zizanie. Certains élus, à l’image du député des Hauts-de-Seine Thierry Solère ou encore de l’ex-Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, plaident pour la constitution d’un groupe LR Macron-compatible, les «constructifs», prêts à voter la confiance au gouvernement.

Laurent Wauquiez ou encore Eric Ciotti ne veulent pas en entendre parler et prônent une opposition frontale à En Marche ! Les familles de la droite vont-elles devenir irréconciliables ? Tout dépendra du résultat de demain soir et du rapport de forces qui en découlera. A droite aussi, l’heure est à la recomposition.

Marine Le Pen donnera de la voix

Marine Le Pen le martèle sur tous les tons. Selon elle, le FN constitue la «seule vraie force d’opposition» face à la déferlante En Marche ! à l’Assemblée nationale. Avec son score de 13,2 % au premier tour des législatives et ses quatre millions d’électeurs perdus par rapport au second tour de la présidentielle, le FN a pourtant vu ses chances de constituer un groupe à l’Assemblée s’envoler.

Pis, Marine Le Pen, qui semble en bonne posture pour l’emporter à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais) dimanche, pourrait même être la seule élue frontiste au Palais-Bourbon. Un scénario catastrophe qui n’a toutefois pas l’air d’inquiéter la présidente du FN :

«Moi, j’en vaux plusieurs [députés] !» assurait-elle lundi lors d’une visite au marché de Rouvray (Pas-de-Calais).

Avant d’enchaîner : «Un député FN en vaut dix. Ça vaut peut-être même vingt d’En Marche ! si j’en crois les profils.» Une certitude : si elle est élue députée, Le Pen ne manquera pas de profiter de la tribune de l’Assemblée nationale pour faire entendre sa voix.

Les Blogueurs associés

 

Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus