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Marine Le Pen seule contre tous

Posté par Les Blogueurs Associés le 18 juin 2017

Henin-Beaumont

Favorite dans le Pas-de-Calais, Marine Le Pen entend être la première opposante à l’Assemblée. Mais elle sera entravée par sa solitude, les règlements de comptes à l’intérieur du parti et ses déboires judiciaires.

Le 7 mai, au soir de son échec au second tour de la présidentielle, Marine Le Pen avait prévenu ses proches : non et trois fois non, elle ne briguerait pas un mandat de député. Arrivée en deuxième position, présidente d’un grand parti, l’épreuve n’était plus de son niveau.

Jeudi, pourtant, elle terminait sa campagne législative dans le bassin minier. Distribution de tracts sur le marché désert de Libercourt, stop au bar du Brazza à Henin-Beaumont où un ancien du 2e régiment étranger de parachutistes, passablement éméché, lui met ses tatouages sous le nez.

Quelques semaines plus tôt, la même débattait devant 16,5 millions de téléspectateurs face à Emmanuel Macron…Ses efforts, cette fois, ne devraient pas être vains. Avec 46% des voix au premier tour de son élection législative dans le Pas-de-Calais, Marine Le Pen devrait enfin faire son entrée à l’Assemblée.

En 2012, ce mandat lui avait échappé à 114 voix près. Mais cette victoire pourrait avoir un goût amer.

La présidente du Front national va se sentir bien seule au Palais-Bourbon. À part elle, sur les 122 candidats qualifiés, seuls 5 ont plus de 10 points d’avance sur leur adversaire, dont 3 dans le Pas-de-Calais (Bruno Bilde, Philippe Olivier et Laurent Pajot), Sébastien Chenu dans le département voisin du Nord et Emmanuelle Ménard, l’épouse du maire de Béziers.

Mais sans triangulaire. La plupart des ténors du parti – tel le vice-président Florian Philippot à Forbach ou le député sortant Gilbert Collard dans le Gard – sont en mauvaise posture, quand ils n’ont pas été carrément éliminés au premier tour, à l’instar du secrétaire général Nicolas Bay.

Aussi l’hypothèse d’une Marine Le Pen seule sur les bancs de l’Hémicycle n’est-elle pas à exclure. « Je crois à un sursaut de nos électeurs qui n’ont pas été votés au premier tour », balaye l’intéressée. Ce qui est sûr, c’est que, faute de pouvoir constituer un groupe – ce qui requiert au moins 15 députés –, elle subira le sort peu enviable des non inscrits.

Interdite de la Conférence des présidents, elle n’aura aucune influence sur le calendrier et son temps de parole sera limité. « Si je suis élue, rétorque-t-elle, je vais commencer par déposer les amendements qu’il faudra pour tenter de limiter les dégâts. » Entre 1986 et 1988, son père avait rédigé des kyrielles d’amendements pour bloquer le travail parlementaire. Mais il avait à ses côtés 34 députés.

Ce mandat va toutefois offrir à Marine Le Pen une belle tribune d’opposante en attendant les prochaines élections européennes dans un an et demi. Déjà dans le costume, elle déclare au JDD :

« La France n’est ni ultralibérale, ni européiste. Macron, c’est notre Obama, une vision déjà dépassée de la société. Il a développé une idée cynique selon laquelle si vous ne vous en sortez pas, c’est de votre faute. Un abominable mensonge car c’est le système qui enferme les gens dans la misère. »

Elle espère poursuivre son débat raté avec Macron et être son adversaire numéro un. Mais son calendrier personnel risque de l’entraver. À chaque prise de parole, elle va devoir s’expliquer sur les crises internes à son propre parti. Quid de Florian Philippot ? Son vice-président suscite une hostilité solide chez de nombreux militants et cadres.

Si la création de son association, les Patriotes, lui a profondément déplu, elle continue de partager ses convictions : « La sortie de l’euro n’est pas une ligne idéologique, élude-t-elle, c’est un outil politique. La ferveur quasi religieuse qui l’entoure est irrationnelle. C’est une monnaie qui ne profite qu’à 1% des gens ».

« S’il faut la laisser mourir plutôt que de la supprimer, eh bien, soit…Cela n’entame aucunement notre hostilité à l’Europe ». Philippot n’est pas le seul de ses soucis. L’affaire de ses assistants parlementaires qui sont soupçonnés d’avoir occupé un emploi fictif au Parlement européen s’étoffe.

Pendant la campagne législative, le bureau bruxellois de son conseiller spéciale pour les affaires internationales, Ludovic de Danne, candidat dans le département du Nord, a été perquisitionné.

Enfin, dès le prochain bureau politique du FN, Marine Le Pen devra affronter son père. Rétabli dans ses droits de président d’honneur du parti qu’il a fondé, ce dernier a annoncé son intention de participer à la réunion de ce mardi. « Il ne rentrera pas », nous assure sa fille.

« Je préfère payer des amendes que de l’avoir assis en face de moi, poursuit-elle, c’est un adversaire politique. Il a présenté des candidats contre nous aux élections… » Ça promet.

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