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Sortie de l’euro : dissonnances stratégiques entre Marine Le Pen et Florian Philippot

Posté par Les Blogueurs Associés le 7 juillet 2017

Florian Philippot

Le FN est-il en passe de retirer la sortie de l’euro de son programme économique ? La question agite le parti dans un contexte de «transformation profonde» du mouvement, après son échec à la présidentielle.

Enjoints à répondre aux voix contre cette proposition qui s’élèvent en interne, dont Le Figaro se fait l’écho ce jeudi, Marine Le Pen et son bras-droit ont réaffirmé défendre le même principe de «souveraineté monétaire». Mais s’ils partagent la même conviction, les deux dirigeants ne défendent pas la même stratégie pour le parti.

Florian Philippot est catégorique: «La sortie de l’euro ne sera pas abandonnée», a-t-il estimé ce jeudi sur LCI.

«On ne le fera pas, car cela a été rappelé par Marine Le Pen lors de notre dernier bureau politique, il y a une semaine. Elle a rappelé que nous étions tous favorables à la souveraineté monétaire, tous contre l’euro et tous pour une monnaie nationale, je la cite précisément», a-t-il déclaré.

Marine Le Pen attend «que les adhérents du FN aient pris position»

Une heure après, sur Europe 1, Marine Le Pen s’est pourtant montrée prête à renoncer à cette proposition si les adhérents le décident. Moins inflexible que son bras-droit, la présidente du FN attend «que les adhérents du FN aient pris position». Leur consultation est prévue «probablement en septembre», sur un questionnaire établi par les dirigeants du FN réunis en séminaire les 21 et 22 juillet.

Marine Le Pen a déjà mis en cause, ce mardi, le «caractère anxiogène» de la sortie de l’euro pour les électeurs. «C’est un obstacle auquel nous devons réfléchir», a-t-elle estimé sur France Info.

«On peut réfléchir à la manière d’être mieux compris sur le sujet», abonde dans ce sens Florian Philippot, sans s’épancher. Le vice-président du Front national considère en effet que cette mesure est la pierre angulaire du programme du parti, à tel point qu’il s’est déjà dit prêt à quitter le parti qu’il a rejoint en 2009 si la mesure est abandonnée.

«Les choses ne se découpent pas (…). Si nous abandonnons la souveraineté monétaire, nous abandonnons la souveraineté nationale», juge-t-il, plaidant pour un travail de pédagogie de son parti auprès des Français. L’ancien chevènementiste ne veut cependant pas mettre ce sujet au centre des débats du parti.«

Notre refondation doit être beaucoup large que cela… Nous devons être entendus sur les questions de santé, de services publics [...] Sur la question de l’image du mouvement, du nom du parti. Si on se limite à la seule question de la sortie de l’euro, on passera à côté du sujet», explique-t-il.

Philippot minimise les contestations des économistes du FN

Les critiques sur l’euro viennent pourtant des artisans du programme du FN en personne, à l’instar de Bernard Monot.

«Deux Français sur trois n’ont pas validé nos solutions, ni en 2012, ni en 2017. C’est une impasse politique. Même si nous avions raison économiquement, nous devons mettre ce projet dans un carton et proposer autre chose», explique le responsable de la cellule économique du Front national dans les colonnes duFigaro.

Même son de cloche du côté de l’économiste frontiste Jean-Richard Sulzer: «La sortie de l’euro et le Frexit ont donné une vision trop angoissante. Il faut penser à l’ADN du Front avant de penser aux cellules périphériques». «Le FN ne se résume pas à trois ou quatre responsables qui sont interrogés partout», réplique Florian Philippot.

«Je suis toujours assez amusé d’entendre des gens qui défendaient strictement l’inverse avec une grande fougue et une grande conviction, et qui disent l’inverse juste après», ironise-t-il. Marine Le Pen, elle, cherche l’équilibre: «Nous allons essayer de concilier cette nécessité d’être libre chez nous, souverains chez nous, nous Français, et rassurer les Français sur cette question monétaire», indique-t-elle.

«Ça va être un petit peu, certes, la quadrature du cercle, mais je suis convaincue que nous allons y arriver». Les différences de stratégie entre la patronne du FN et son bras-droit, qui le conseille depuis 2009, s’ajoutent au sentiment de disgrâce qui s’empare de l’entourage de Florian Philippot, après l’éviction de Sophie Montel, principale lieutenante du vice-président du FN.

Frontiste historique et députée européenne, Sophie Montel a été destituée vendredi 30 juin de la présidence du groupe FN en région Bourgogne-Franche-Comté, quelques jours après avoir déclaré vouloir revoir le discours du FN sur l’immigration.

«J’attends que Marine redevienne elle-même, elle a besoin de vacances. Qu’est-ce que c’est que cette histoire de se couper de son aile la plus moderne ?» s’est interrogé Florian Philippot récemment en privé, quelques jours après un coup de fil qu’il a qualifié de «rude» avec la présidente du FN, selon des informations de l’AFP. «Quadrature du cercle» ou équation difficile, la refondation qui s’ouvre pour le FN devra réconcilier les lignes mais aussi les hommes.

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