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Indépendance de la Catalogne : ce mardi, à 18 heures, l’heure du choix

Posté par Les Blogueurs Associés le 10 octobre 2017

Barcelone

Carles Puigdemont, le président séparatiste de la région, prononce un discours crucial sur le choix ou non de l’indépendance, ce mardi soir, devant le parlement catalan. Après d’importantes manifestations des partisans mais aussi des opposants à l’indépendance de la Catalogne, une seule question demeure.

Carles Puigdemont, le président séparatiste de cette région de 7,5 millions d’habitants, l’une des plus riches du pays, va-t-il déclarer unilatéralement l’indépendance de la région dans son discours devant le parlement catalan, ce mardi à 18 heures ? Les autorités s’attendent à une journée de fortes tensions.

Les Mossos, la police locale, annoncaient ce mardi matin que le parc qui entoure le parlement sera fermé au public toute la journée. Entre les surenchères politiques et les intérêts économiques, les camps qui s’opposent semblent irréconciliables. Les questions de fond demeurent, à tel point que les catalans sont partagés presque à parts égales sur cette sécession.

Carles Puigdemont avait demandé à l’issue du référendum une médiation de l’Union Européenne pour pouvoir se donner un peu de temps. Il se retrouve dans une sorte d’impasse depuis l’absence de réponse de Bruxelles. Ne pas déclarer l’indépendance de la Catalogne serait aller contre la rue, les résultats du référendum…Une solution inenvisageable.

Mais en déclarant «Visca Catalunya lliure !» (Vive la Catalogne libre !), l’ancien journaliste de 54 ans, indépendantiste depuis son plus jeune âge, sait aussi qu’il jouerait très gros. Cette rupture annoncée face au pouvoir central de Madrid pourrait en effet se retourner contre lui.

L’indépendance déclarée, entraînerait une rupture non seulement avec Madrid mais aussi avec des financements de l’Union Européenne. Même s’il s’agit d’une région riche, c’est aussi l’une des plus endettées, avec une dette publique pesant 35,2% de son PIB (75,4 milliards d’euros fin mars), qui l’oblige à puiser régulièrement des liquidités dans un fonds spécial de l’Etat espagnol. L’indépendance aurait aussi des conséquences financières au quotidien: écoles, santé, police.

Le risque d’une mise sous tutelle

En outre, en optant pour la déclaration d’indépendance, Carles Puigdemont risque la prison. La réplique de Madrid pourrait entraîner une situation inverse à celle recherchée. Le gouvernement pourrait placer la Catalogne sous tutelle grâce à des mesures figurant dans la constitution. En déclarant un état d’urgence partiel, Madrid pourrait alors agir par décrets.

Depuis quelques jours, des voix se sont élevées, y compris en Catalogne, pour renoncer à cette déclaration d’indépendance. Elles viennent notamment des milieux économiques, certaines institutions bancaires ayant déjà fait leurs valises, mais aussi du leader socialiste Pedro Sanchez, opposant à Mariano Rajoy, ou encore de la maire de Barcelone, Ada Colau, véritable figure politique catalane.

Dans ces conditions, Carles Puigdemont, pourrait s’en tenir à une déclaration d’indépendance purement symbolique ou à un simple appel à de nouvelles élections régionales. Un bras de fer pourrait tourner à l’avantage du gouvernement de Mariano Rajoy, et les partisans de l’indépendance se démobiliser.

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