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Le nombre de médecins en activité continue de baisser

Posté par Les Blogueurs Associés le 12 octobre 2017

Les médecins

Au 1er janvier 2017, la France comptait 290 974 médecins, un chiffre en hausse de 1,8% par rapport à 2016. Mais cette légère progression n’est qu’apparente. En réalité, on observe une baisse de l’activité régulière.

Alors que le Premier Ministre et la ministre de la Santé Agnès Buzyn doivent dévoiler vendredi matin leur plan de lutte contre les déserts médicaux, il y a urgence. Car le nombre de médecins continue de baisser, et la tendance devrait se poursuivre au moins jusqu’en 2025, selon l’atlas de la démographie médicale publié hier par le Conseil national de l’ordre des médecins (CNOM).

Or, dans le même temps, la population devrait continuer à croître et, surtout, à vieillir. Sans compter qu’elle souffre de plus en plus de maladies chroniques, nécessitant des consultations plus fréquentes. Au 1er janvier 2017, la France comptait 290 974 médecins, un chiffre en hausse de 1,8% par rapport à 2016, et de 15% sur 10 ans.

Une légère progression qui n’est qu’apparente ! Et cela pour trois raisons. D’une part, elle est quasi exclusivement liée à la hausse des médecins retraités, qui ont augmenté de 93,6% en 10 ans tandis que les actifs n’ont progressé que de 0,9%. D’autre part, l’exercice de la médecine a changé, la profession se féminise, le temps partiel se développe, les jeunes générations ne veulent plus travailler 80 heures par semaine.

Résultat, un jeune médecin ne remplace pas quantitativement un médecin partant en retraite. «Ce n’est pas un pour un. Si le nombre de médecins semble se maintenir, en réalité il y a une baisse de 10% de l’activité régulière, qui est une vraie préoccupation», note le Dr. Patrick Bouet, président du CNOM.

Enfin, cette hausse moyenne cache des disparités territoriales importantes: le nombre de médecins a baissé dans les Ardennes et la Haute-Marne (-5%), dans la Nièvre ( -3%) et en Seine-Saint-Denis (-2%) tandis qu’il a fortement augmenté dans le Morbihan (+33%), en Haute-Savoie (+29%) et en Loire-Atlantique (+28%). «On ne mesure aucun impact significatif des précédents plans de lutte contre les déserts médicaux.

Au contraire, il y a plutôt une prime négative aux départements en difficulté qui s’enfoncent», note le Dr. Patrick Bouet. «C’est la confirmation, pour les mesures à venir, qu’il faut élaborer non pas un plan unique au niveau national mais définir localement des projets de santé dans les territoires», poursuit-il.

Médecins étrangers en hausse de 90% sur 10 ans

Autre fausse solution, pointée par le CNOM: les médecins diplômés à l’étranger qui s’installent en France – leur nombre a augmenté de 90% en 10 ans ! – alors que de nombreux étudiants français sont refoulés par le «numerus clausus» en première année de médecine (PACES).

Aujourd’hui, plus d’un médecin sur 10 en exercice (11,8%) a obtenu son diplôme à l’étranger, avec une prédominance de médecins roumains. «Une fuite des médecins qui pose un vrai problème d’organisation des soins à la Roumanie», déplore le Dr Bouet «et qui n’a pas réglé notre problème de déserts médicaux, comme certains l’avaient espéré, car ces médecins étrangers n’ont pas plus d’appétance que les autres pour les territoires en difficultés».

La baisse du nombre de médecins touche particulièrement les généralistes (88 137 en activité régulière): leur nombre a baissé de 9,1% en dix ans dans toutes les régions, à l’exception des Pays-de-la-Loire et des DOM. Un vrai problème alors que les pouvoirs publics veulent accélérer la mise en place du virage ambulatoire, où le médecin traitant est un maillon central du parcours de soins.

Or, la baisse devrait se poursuivre jusqu’en 2025, date où le nombre de généralistes tomberait à 79 262. La Bretagne a ainsi perdu 30% de ses «médecins de famille» en dix ans, suivie par l’Occitanie (-18,3%) et l’Ile-de-France (-15,5%).

Et même Paris qui est même le deuxième département affichant la plus forte baisse (-25%). En revanche, Mayotte comptabilise la plus forte hausse de généralistes en dix ans (+26,4%), suivi par La Guyane (+20,2%) et la Guadeloupe (+9,6%).

À l’inverse, les spécialistes (84 862 en activité régulière) ont vu leurs effectifs augmenter de 7,2% sur dix ans. La hausse devrait se confirmer jusqu’en 2025 pour atteindre 90 572 spécialistes. «La réforme du 3e cycle des études de médecine, qui crée de nouvelles spécialités, ponctionne des postes sur la médecine générale pour les affecter à ces nouvelles spécialités», regrette le Dr.Bouet.

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