• Le principe de la liberté d’information doit s’opposer à toute censure. Elle est libre quand elle ne dépend des puissances d’argent, mais de la seule conscience des journalistes et des lecteurs. Ils peuvent aussi penser que s’ils veulent remplir leur mission, qui est de rendre intelligible le présent pour maîtriser l’avenir, il leur faut bien visiter les coulisses du spectacle. Sinon ils ne seront plus que les portes voix des apparences, otages d’une communication qui est l’ennemie de l’information.

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Frères «Trois points »

Posté par Les Blogueurs Associés le 1 janvier 2017

La Franc- Maçonnerie (2)

Frères «Trois points »

J’ai cru en ma mission, j’ai donné tous mon êtres et bien longtemps j’ai cru qu’il me suffirait d’être celui que j’ai été sans chercher au-dedans. J’ai jugé, j’ai menti, agi brutalement, versé sur mon orgueil des larmes de vengeance, détourné mon regard de ma pauvre ignorance, savoir que je savais suffisait amplement.

Ainsi j’ai cheminé sur des routes désertes, dans des chemins perdus et des vallées sans fond. Je buvais chaque jour un peu de ce poison, élixir d’une vie sans but ni découverte. J’allais comme un aveugle mais j’étais sur de voir, certain d’avoir choisi, certain d’être moi-même, certain d’avoir vaincu, d’avoir rompu mes chaînes. J’étais un homme libre aucun doute permis.

Un beau jour un hasard en maître séculaire avait guidé mes pas tous proche d’un chantier sur lequel s’affairait Mr Lionel Calvet. Mes yeux furent attirés par ce tailleur de pierre. Je m’approchais de Liot et lui dit doucement. Ce travail est bien dur et peu payé sans doute, à voir tes mains calleuses, je vois ce qu’il en coûte, ce travail à mon goût est pour peu salissant.

Lionel se retourne esquissant un sourire, me fixe gravement et me dit sans tarder. Sache, mon cher Stéphane que l’esprit lui c’est lire ce que tes yeux ont manqué. Sache aussi Stéphane que la main qui façonne, qui taille, qui martèle, qui polit le rocher, qui tire d’un gravat une pierre taillée ou qui d’un fût de marbre fait naître une colonne.

Cette main-là Stéphane, c’est l’outil de l’esprit qui a construit le plan que ma main réalise du jour jusqu’à la nuit. La matière est taillée, les angles sont bien droits. Pour le vérifier j’ai appliqué l’équerre et pour la verticale la perpendiculaire.

Constate bien toi-même l’harmonie est bien là. La pierre, le torrent, l’homme sont identiques, chacun d’eux est construit de la même façon, la loi régit le tout et ce fait en son nom, l’univers est soumis aux lois géométriques. Ceci peut de paraître pour le moins curieux, mais je crois qu’un cœur pur peut découvrir le reste si celui qui le veut ose faire le geste, de repousser l’orgueil et puis d’ouvrir ses yeux. 

Quelle joie mon cher Steph de sentir dans mes veines couler le sang vermeil de notre tradition, de joindre nos mains ensemble, en oubliant nos peines. Le travail ennoblit celui qui si oblige, comme la pierre l’homme peut se modifier. Le ciseau de l’esprit habilement guidé triomphe de l’erreur, voilà le vrai prodige.

Tandis que le maillet tenu d’une main forte frappera le ciseau de coups bien mesurés, ce mot de volonté que l’on a oublié, de ton cœur un jour viendra ouvrir la porte.

La sagesse conçoit et la force exécute, la beauté sous tes yeux étale ses rayons. Le cœur, la main, l’esprit ont remporté la lutte, oui c’est ainsi Stéphaneque l’on devient maçon.

Quand tu auras admis que l’ombre et la lumière, que le plus et le moins, que le chaud et le froid ne sont que des nuances, pas forcément contraire, quand tu auras compris notre règle de trois, quand tu auras fait fuir la peur qui te bâillonne, quand tu rejetteras la gloire et les honneurs, lorsque tu penseras loin des discours charmeurs, en trois mots pour tous dire, quand tu seras un homme.

Alors tu quitteras tes vêtements de soie, pour ceindre ce tablier qui pend à ma ceinture, quand tes mains saigneront contre la pierre dure, tes yeux verront peut-être s’allumer le delta.

Ému par tous ses mots, je quittais le chantier gardant au fond du cœur un vague sentiment. Pour la première fois au sein d’un cœur de pierre, glissait silencieux le doute obsédant.

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Frères «Trois points » dans Article D'opinion

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Quand le drapeau noir flotte sur la marmite

Posté par Les Blogueurs Associés le 1 janvier 2017

Saint Tropez

Ah, Saint-Trop ! Ses milliardaires russes en goguette, ses peoples à paillettes, ses yachts opulents qui gâchent la vue, ses bimbos en microshort insolent, ses soirées au luxe indécent…La crise ? Ici, on ne connaît pas !

Qu’y a-t-il de si merveilleux à étouffer sur une terrasse que le store rouge écarlate transforme en véritable étuve quand le soleil tape ? Attablé au fameux café Sénéquier, c’est bien la question que le néophyte peut se poser.

Dans le village le plus célèbre de France, le va-et-vient des Ferrari et des 4 x 4 aux vitres teintées rend l’atmosphère difficilement respirable, et le prix des consommations (16 € le demi de bière) n’est pas un réconfort. 

Il paraît que le paysage est charmant, qu’il a inspiré le peintre Paul Signac et bien d’autres artistes à sa suite. Simone Duckstein, la patronne de l’Hôtel de la Ponche, un quatre-étoiles qui était autrefois un bar de pêcheurs, l’affirme sans ciller : « Le village est toujours le même. »

« Les gens sont en quête de la même beauté et du même bonheur, et ils le trouvent. Karl Lagerfeld vous dirait la même chose que moi. » Si Karl Lagerfeld le dit, c’est que cela doit être vrai. Seulement voilà : en été, on n’y voit plus rien.

Les yachts qui dépensent entre 2 500 et 3 400 € par jour pour mouiller à Saint-Trop érigent un mur d’opulence clinquante entre le quidam et la mer. Ils n’ont le droit de rester que trois nuits, mais il faut croire qu’ils sont nombreux, car le roulement est assuré sans problème.

Le soir venu, ils offrent au bas peuple le spectacle de quelques bimbos siliconées qui se trémoussent sur le pont au rythme d’une soupe dance que l’on croyait disparue avec les années 90. 

Sur le port, la mode est au microshort pour les femmes, quel que soit l’âge des jambes qu’elle dévoile, et au microchien, qui ne foule jamais le sol de ses pattes. Il se porte sous le bras de Monsieur ou de Madame ; s’il souffre trop de la chaleur, on peut aussi trimbaler Toutou à l’ombre d’une poussette spécialement conçue pour lui.

Chez les hommes, la nuque longue blond décoloré est très prisée, et les lunettes fumées font fureur. Déception de taille : aucune célébrité pour venir satisfaire la curiosité des clients assis en rang d’oignons face au quai. Var-Matin annonce bien la présence de quelques footballeurs, dont le Brésilien Ronaldo, mais il batifole à l’abri des regards. 

Les grands patrons, Bernard Arnault, Vincent Bolloré, Martin Bouygues ou encore François Pinault, restent perchés dans leurs villas, tout comme le producteur de télévision Stéphane Courbit ou le couturier Daniel Hechter.

Ce n’est pas demain la veille qu’on verra les têtes couronnées habituées du coin, comme la famille Casiraghi, prendre un café sur le port. «On n’a plus les grandes stars, affirme une commerçante née à Saint-Tropez; Il peut y avoir quelques mannequins, des sportifs, des gens de la télé-réalité, mais les vrais talents, c’est terminé.»

Saint-Tropez

Pour se consoler, on peut s’adonner au jeu des «presque people» : ici, cela pourrait être Miou-Miou avec dix ans de plus. Un peu plus loin, Gilbert Montagné, en plus grand et sans piano, et, à côté, Patti Smith qui se serait endormie sur la plage. Et là-bas, le présentateur Arthur, en un peu plus empâté qu’à la télé. Ah non, lui, c’est le vrai ! C’est ça, Saint-Tropez ? Vraiment ?

Le menu posé sur la table se charge de remettre les points sur les i : «Sénéquier a 128 ans», lit-on sur la couverture. Cent vingt-huit ans au cours desquels nous ont précédés Colette, Juliette Gréco, Marcello Mastroianni, Johnny Hallyday, Romy Schneider, et même Carlos !

Seize euros et du gaz d’échappement pour un morceau de légende, ce n’est pas si cher payé. Inutile de se fatiguer à se faire une opinion : Saint-Tropez, c’est un «mythe», un point, c’est tout.

A chaque instant, la ville multiplie les signes qui rappellent son prestige d’antan. Les mots «légendaire» et «historique» reviennent sans arrêt, comme pour forcer le respect du visiteur circonspect. 

Impossible de faire dix pas dans Saint-Tropez sans croiser l’icône des icônes : Brigitte Bardot.

Ou plutôt son image figée sur des photos datant de l’époque où la bombe anatomique était la plus belle femme du monde. Les bars, restaurants et échoppes en tous genres qui affichent sa moue boudeuse pour attirer le chaland doivent être reconnaissants que la version 2015 ait décidé de vivre recluse dans sa maison.

Une quasi-octogénaire amie des bêtes autant que du Front national risquerait de brouiller le souvenir consciencieusement entretenu de la femme-enfant déambulant pieds nus dans les ruelles.

«Mon Saint-Tropez est mort, et moi, je ne vais pas tarder, confiait-elle à Paris Match il y a cinq ans. Cette ville que j’ai aimée est devenue une gigantesque boutique de luxe pour milliardaires.»

Peu importe que la vraie Bardot porte aujourd’hui un regard très sévère sur le village : les images ont l’avantage d’être muettes, et BB continue malgré elle à façonner celle de Saint-Tropez.

Même l’office de tourisme s’est laissé aller à mettre un portrait d’elle datant de janvier 1968 en couverture de son magazine.

Parfum des années yé-yé 

Le peintre local, le bien nommé Sasha de Saint-Tropez, en a tout simplement fait son fonds de commerce. Il vend des toiles où s’étale le visage de Brigitte sous tous les angles : Brigitte regarde à gauche, à droite, Brigitte avec une cigarette aux lèvres et une mèche de cheveux qui lui vole dans les yeux, Brigitte avec un chapeau…(…)

Elle se décline dans toutes les couleurs et dans tous les formats, pour un résultat à mi-chemin entre Roy Lichtenstein et Andy Warhol (mais encore très loin de l’un comme de l’autre).

C’est aussi un ersatz de Bardot que l’on retrouve dans la dernière publicité Dior. Avec pour toile de fond un Saint-Tropez idéalisé au parfum des années yé-yé, une jeune femme à la longue chevelure blonde ensorcelle les hommes en dansant sur les tables.

Aucun doute, la nostalgie fonctionne à plein tube. Le problème, c’est que toutes ces images d’Epinal commencent à dater. Même Eddie Barclay, qui chaque année organisait une fastueuse «soirée blanche» dans sa villa du Cap, est mort il y a déjà dix ans.

Du coup, on arrange un tournoi de pétanque sur la place des Lices en hommage au producteur de musique, on habille quelques filles à la mode sixties, avec fichus dans les cheveux et jupes aux genoux.

L’humoriste Stéphane Collaro et le présentateur télé Patrice Laffont ont fait le déplacement pour l’occasion, et l’organisatrice du concours a promis de faire un don à la Maison des platanes, la maison de retraite où résident désormais pas mal des anciens boulistes qui jouaient avec Eddie.

Partout, on trouve des références au bon vieux temps

Un joyeux drille grimé en Louis de Funès dans le Flic de Saint-Tropez amuse les passants en les interpellant avec son sifflet. Ceux qui se souviennent du film expliquent la référence à leurs enfants dubitatifs, occupés à s’étaler de la crème glacée du front au menton.

Même les photos de Daniel Angeli, le paparazzi qui restait en planque pendant des heures pour voler quelques clichés de Bardot barbotant devant chez elle, sont aujourd’hui adoubées par l’office de tourisme qui a inauguré début juillet une exposition gratuite dans l’enceinte de l’hôtel Byblos.

Le photographe lui-même ne vient plus à Saint-Tropez depuis au moins neuf ans, mais il s’est tout de même déplacé pour le vernissage. L’objectif est clair, il s’agit de rappeler que le village a une histoire, qu’il a attiré de grands noms de la littérature, du cinéma et de la musique.

Bref : Saint-Tropez, ce n’est pas seulement «ça», comme le souffle une Tropézienne en désignant avec dédain les yachts, les frimeurs et la foule, qui peut atteindre 100 000 personnes par jour en haute saison. «Ça» ?

Le changement auquel les habitants assistent, impuissants, depuis que le petit port est victime de son succès. Les enseignes de luxe ont colonisé les rues du village : en sortant du Monoprix, on tombe désormais sur Chanel.

La célèbre maison de macarons Ladurée vient de terminer ses travaux. Gucci, Fendi, Dolce & Gabbana, Mauboussin, Breitling : la liste des boutiques faisant désormais partie du paysage est aussi longue que l’embouteillage à l’entrée de la ville.

Une vitrine pour les marques 

Un peu plus loin, c’est Dior qui a investi une maison de plusieurs étages et son jardin, où se tiennent de somptueux dîners réservés aux meilleurs clients. «LVMH est en train de faire du village une vitrine de ses marques», accuse un commerçant.

En dehors de l’incontournable Louis Vuitton, Sephora vient en effet d’ouvrir une boutique, de même que la marque de maquillage Make Up For Ever, qui appartient également au groupe. Depuis quelque temps, LVMH est aussi l’heureux propriétaire de l’hôtel White 1921, situé place des Lices.

«Le problème, c’est qu’il y a de moins en moins de commerces de bouche, explique un médecin vivant à Saint-Tropez depuis trente-cinq ans. La dernière droguerie est en passe d’être vendue. L’année prochaine, il ne restera plus qu’une seule boucherie.»

«Si Bernard Arnault rachète tout, comment va-t-on faire ?» Manger du cuir tanné, peut-être ?

Une esthéticienne dans un hôtel de luxe à Saint-Tropez empoche en tout 3 000 € par mois, deux fois et demie le salaire d’une consoeur «de la ville». Il faut parfois avoir le coeur bien accroché, comme le raconte une jeune masseuse.

«L’année dernière, je travaillais au Spa d’un grand hôtel. Il y a des clients qui demandent facilement une petite turlute à la fin du massage. Le problème, c’est quand une fille accepte de le faire et que le management ferme les yeux…»

Dans les vrais hôtels de luxe, normalement, on veille à la bienséance.

Un saisonnier raconte par exemple comment un animateur vedette du service public a été «blacklisté» pour avoir joué au petit bonhomme en mousse avec sa compagne sur le balcon de sa chambre, offrant une vue imprenable à un autre public : les clients installés au bord de la piscine.

Pour ce genre de frasques, c’est sur les plages de Pampelonne qu’il faut aller

Là-bas, à peine 5 km plus loin que le centre de Saint-Tropez, pas de problème, tous les excès sont tolérés. S’y retrouvent ceux qui aiment étaler leur réussite financière… jusqu’à l’outrance.

Tout le monde a encore en tête cette fameuse soirée de 2009, soit un an après le début de la crise, où 1,2 million d’euros ont été dépensés dans la boîte de nuit de Jean Roch, le VIP. Il s’agissait d’une «battle» entre deux milliardaires, l’un pakistanais, l’autre malaisien.

On entend par là le concours de celui qui paiera la facture de champagne la plus lourde : le jeu est très répandu à Saint-Tropez, et il se pratique à toute heure. La nuit, aux Caves du roy et au VIP, et le jour, sur la côte, les pieds dans le sable.

Les jet-setters

La Voile rouge n’a pas ouvert cette année (lire l’encadré ci-dessous), mais les riches peuvent se consoler au Nikki Beach ou à la plage des Palmiers. A 13 heures, les clients sont encore sagement assis autour des tables.

Mais déjà la musique assourdissante rend les conversations superflues ; c’est plutôt l’alcool qui crée du lien, les bouteilles défilent les unes après les autres. Une jeune brindille aux cheveux blonds passe entre les tables en tenue très légère, souriante : elle présente les vêtements qui sont vendus à la boutique de la plage.

De temps en temps, la musique s’interrompt pour laisser retentir celle du film Star Wars : des serveurs accourent vers une table en brandissant une bouteille, des feux de Bengale crépitent pour attirer l’attention de tous.

Cela signifie qu’un client vient de dépenser 20 000 € en champagne. Quand la bouteille est remise à l’heureux commanditaire, les habituées protègent leur Brushing en s’éloignant de quelques mètres, au cas où il déciderait de doucher ses invités.

Au cours d’un après-midi banal, le cérémonial intervient une dizaine de fois.

Mais le déjeuner n’est vraiment réussi que lorsqu’une femme en short à paillettes, bien faite de préférence, monte sur la table, dégageant d’un coup de talon aiguille les plats de homards auxquels personne n’a touché, et se met à danser comme si sa vie en dépendait.

Luxe et bienséance 

En ce jour de juillet 2015, le client le plus riche «pèse» 20 milliards d’euros : un autre monde. Un monde dans lequel on n’aime ni la presse ni les Français ; la clientèle vient surtout des pays de l’Est, Russes et Bulgares en tête. Il paraît qu’ils sont moins pinailleurs et plus dépensiers.

« J’ai essayé l’Espagne, la Sardaigne, chaque fois c’est ici que j’ai envie de revenir, explique une ancienne mannequin bulgare, marié à un nabab industriel. Les meilleurs vins sont ici, les plus beaux paysages aussi, la gastronomie est la meilleure au monde… Pourquoi voulez-vous qu’on aille ailleurs ? »

Cet engouement de la clientèle de l’Est pour Saint-Tropez n’est pas sans déclencher quelques élans discriminatoires. «Dès qu’il y a plus de dix Russes autour de la piscine, les autres clients commencent à râler», confirme un plagiste.

«Nous, on vient tous les ans, dit un garçon de 12 ans croisé sur le port. Mais, maintenant, il y a vraiment trop de Russes.»

Certains restaurants se permettent aussi quelques fantaisies. Un couple flamand raconte par exemple qu’un serveur leur a apporté une carte aux prix outrageusement élevés, avant de s’excuser en s’apercevant de sa méprise : «J’ai cru que vous étiez russes ! Je vous ai apporté leur menu !»

Les intéressés commencent à comprendre qu’ils sont pris pour des pigeons un peu plus souvent que les autres. «C’est agaçant de payer 250 000 € par mois pour une villa, et de s’apercevoir en arrivant que la clim est cassée».

«J’ai dû la réparer à mes frais», raconte l’un d’eux, chemise blanche ouverte sur un torse glabre, barreau de chaise dans la bouche. Même s’il s’inquiète de «l’arrivée au pouvoir des socialistes en France», ces broutilles ne l’ont pas découragé : il cherche désormais à acquérir une propriété dans la région.

Car la force et la faiblesse de Saint-Tropez, c’est qu’il reste, malgré tout, l’un des plus beaux lieux au monde ; il suffit de s’éloigner un peu du tumulte du port pour se retrouver dans des ruelles encore pittoresques.

Un petit effort de plus, une marche d’une trentaine de minutes sur le sentier littoral : le paysage est à couper le souffle et les odeurs de pins chauffés par le soleil sont enivrantes.

Le défi de Saint-Tropez, c’est évidemment de préserver ces instants-là. Le maire, Jean-Pierre Tuveri, s’est donné pour mission de soigner les infrastructures et de revoir l’événementiel.

Deux musée ouvert en 2013, dont l’un dans la citadelle offre une vue imprenable sur le golfe. Une autre initiative, Les Nuits du château de la Moutte, propose des concerts de musique classique et de jazz sur la plage à des tarifs accessibles à un très large public.

Ironie symptomatique de l’air du temps : les habitués appellent ce festival où les spectateurs sont assis côte à côte sur la même plage «l’anti-Saint-Tropez».

Inexorablement, le quotidien des Tropéziens se complique

Les infrastructures dédiées aux enfants sont rares, et une classe de maternelle sautera encore à la rentrée. Résultat, le village peine à retenir ses habitants.

Ceux qui héritent d’un toit n’ont pas toujours les moyens de s’acquitter des droits de succession, d’autres succombent à des petits mots laissés dans leur boîte aux lettres leur proposant 30 millions d’euros pour leur appartement.

Le dernier recensement décomptait 5 400 habitants. Un chiffre qui n’est pas crédible, selon Alain Spada, conseiller général du Var et ancien maire de Saint-Tropez : «Tous ceux qui n’ont pas envie de faire de la figuration quand le village est mort vont travailler ailleurs. Il ne doit pas y avoir plus de 2 500 personnes en hiver.»

«Dès le lendemain de la braderie [qui a lieu en octobre et qui permet aux commerçants d'écouler leurs stocks], toutes les boutiques ferment, sauf Hermès ! explique une locale. C’est un peu triste, on peut être huit en tout et pour tout aux terrasses des cafés qui sont bondées en été.»

Charlotte Angeli tient l’une des dernières boutiques originales de Saint-Tropez, où l’on trouve notamment des grenouillères pour adultes et des chaussures en carton. «Quand j’étais petite, on pouvait rapporter de Saint-Tropez des créations qu’on ne trouvait nulle part ailleurs, c’est pour ça que j’ai voulu faire ce concept-store un peu fou-fou, explique la jeune femme.

Mais c’est comme ça désormais, il n’y a plus que le luxe qui marche ! On est à un changement d’époque, Il n’y a plus de classes moyennes.» Plus de classes moyennes en effet, mais des très riches d’un côté et, de l’autre, des pas riches du tout qui viennent passer l’après-midi à les reluquer.

Et il y a de quoi faire, entre le défilé hallucinant de Maserati, de Porsche et de Lamborghini, le ballet des hélicoptères au-dessus de la baie des Canebiers et les yachts à plusieurs millions d’euros.

Des navettes proposent pour 14 € en moyenne une sortie en mer pour apercevoir de loin les villas des célébrités. On y va en famille : on tartine papy de crème solaire avant le départ, on recommande à la petite Chanel (si, si) qui court sur le pont d’être prudente, et la joyeuse excursion voyeuriste peut commencer.

On admire la villa de Mohamed al-Fayed «où Lady Di a passé ses dernières vacances». Celle de l’homme d’affaires Tony Murray, qui a fait fortune dans les extincteurs. La voix du haut-parleur commente : il possède 21 villas comme celle-là, et pas moins de cinq yachts.

On passe devant la résidence de la famille Opel, puis devant la bicoque de 2 000 m2 d’Olivier Mitterrand, neveu de François. On explique qu’il a dû détruire une extension de 600 m2 qu’il avait fait construire sans permis : les passagers du bateau se marrent, tout en réglant le zoom de leur appareil photo au maximum.

Viennent ensuite les lieux des tournages avec Alain Delon et l’éternelle Brigitte, dont on aperçoit la maison. Et enfin les studios de «Sous le soleil», la série française la plus vendue à l’étranger, dont la découverte provoque quelques piaillements d’adolescentes à l’arrière, suivis d’une interprétation très personnelle du générique.

Si c’est le film de Roger Vadim, Et Dieu… créa la femme, qui a fait exploser la notoriété du lieu en 1956, il faut imaginer qu’aujourd’hui la ville accueille entre 190 et 240 équipes de production par an. Forcément, ça attire du monde.

Les salaires y passent

Mais une chose est sûre : chacun reste à sa place. Les fêtes brassant toutes les catégories sociales qui avaient fait la réputation de Saint-Trop sont bel et bien révolues. Pour Simone Duckstein, de l’Hôtel de la Ponche, elles n’ont même jamais existé.

« Mais ce n’est pas vrai ! C’est un mythe ! dit-elle, en tapant ses bagues en or sur la table avec vigueur. »

« On ne rentrait pas comme ça dans les soirées privées ! On disait même que les dîners de Barclay étaient payants. C’est du délire ! Autour du piano mécanique chez Palmyre, c’est vrai qu’il y avait des pêcheurs, mais enfin il y avait déjà des soirées privées auxquelles ils n’allaient pas ! »

Un habitué des lieux, propriétaire d’une magnifique villa sur les hauteurs de Ramatuelle depuis une trentaine d’années, reconnaît volontiers que ses fastueuses réceptions étaient beaucoup plus accessibles il y a une quinzaine d’années.

« J’invitais tout le monde, des gens rencontrés il y a cinq minutes, des riches, des pas riches…(…) Plus personne ne fait ça maintenant, on a peur…Du jugement, des vols…» Pourtant, vingt-quatre caméras surveillent le centre-ville depuis cinq ans, et les incidents sont rares.

Si les propriétaires des villas des collines alentour ont tendance au repli, c’est sans doute parce qu’ils sentent que leur opulence attise des jalousies, surtout à une époque où, ont-ils entendu dire, sévit une crise économique d’une certaine ampleur.

L’ambiance s’est tendue, et, du côté des saisonniers, le mélange des populations est un lointain souvenir. « Les riches restent entre eux, dans leurs villas ou dans des endroits très sélect, explique Célia, qui travaille dans un grand hôtel. »

« On peut y aller, aux Caves du roy, mais il faut se déguiser en riches ! Une fois j’ai essayé de rentrer en jupe, en jean, c’est impossible. Il m’arrive de croiser des clients, mais la différence, c’est qu’ils paient 7 000 € pour une table, alors qu’on ne peut se payer qu’un ou deux verres, maximum. »

« Ceux qui veulent flamber avec eux dépensent tout leur argent en trois jours, c’est super dangereux. » « Avant, les saisonniers étaient invités dans les fiestas, c’était bon enfant », se souvient le concierge d’un palace.

« Ensuite, ils se sont mis à dépenser leurs pourboires. Maintenant, ce sont leurs salaires qui y passent. » Car un plagiste gagne environ 1 400 € par mois, soit moins de un dixième du prix de la bouteille de Cristal de Roederer qui fait fureur à l’hôtel Byblos.

«Il ne faut pas y penser, sinon tu deviens fou», dit un serveur. Avec les pourboires, et le black parfois, les saisons restent très lucratives pour ceux qui gardent la tête sur les épaules.

Saint Tropez(1)

LES COMMANDEMENTS POUR SURVIVRE À SAINT-TROPEZ

Aux alentours, tu t’échapperas

La star, c’est elle, mais ses voisines Ramatuelle et Gassin – plus cachées – ont des atours tout aussi beaux. Parmi les pépites de ces villages, le Festival de Ramatuelle (du 31 juillet au 11 août), shoot de culture dans un océan de superficialité, vaut le détour.

D’erreur d’achat, tu ne feras pas

Le touriste doit se méfier. Comme la blonde, la tropézienne peut être vraie ou fausse. Cette sandale de cuir réalisée à la main devra s’acheter impérativement chez Rondini, un artisan installé depuis 1927, et non chez K Jacques. Idem pour la tarte qui a reçu son brevet d’authenticité en 1953 : on la goûte à la Tarte tropézienne, et pas ailleurs.

La baie de Pampelonne, tu délaisseras

Véritable alignement de plages privées lancées dans une surenchère du transat le plus onéreux, la «mythique» baie est à fuir par tout amoureux de la plage. On lui préférera les Salins ou l’Escalet en passant par quelque sentier littoral. Les espaces préservés se méritent.

Les commerçants locaux, tu enrichiras

Chaque année, le tissu de commerces locaux se réduit comme peau de chagrin. L’artère centrale – dénommée place de la Garonne – est devenue la petite soeur de la parisienne avenue Montaigne. En dehors de la saison estivale, ces boutiques de luxe ferment et le village ressemble rapidement à un cimetière de vitrines.

Par militantisme (ou par goût), on peut donc s’échapper chez les petits commerçants de la place aux Herbes, un îlot de résistance. Jusqu’à quand ?

Ta voiture, tu abandonneras

Files interminables, parking au prix de l’or…Même en voiture française, Saint-Tropez peut rapidement devenir un enfer.

Aux mois de juillet et d’août, tu n’iras pas

Si l’on ne devait suivre qu’un seul commandement, ce serait celui-là. Afin d’éviter de voir un si joli lieu abîmé. Saint-Tropez ne se supporte qu’à «l’envers» des autres.

LA FÊTE EST FINIE POUR LA VOILE ROUGE

Depuis plus de quarante ans, c’était l’un des piliers de Saint-Trop ; La Voile rouge n’accueillera plus les adeptes des douches au champagne.

La paillote était devenue le symbole des débauches estivales des milliardaires en virée, comme ces richissimes princes saoudiens, dont un habitué des lieux se souvient : «Ils sont difficiles à rater, car ils arrivent avec trois gros bateaux, un service de sécurité, il n’y a pas une seule femme, et en fin d’après-midi ils embarquent des groupies prostituées qui ne demandent pas mieux.»

Visée depuis 2000 par une longue procédure judiciaire, La Voile rouge avait continué, depuis dix ans, d’ouvrir chaque année durant la saison touristique, en dehors de tout cadre légal.

Près de 72 actions en justice ont été engagées entre la ville de Ramatuelle et le clan Tomaselli, qui gère l’endroit depuis 1960. En 2011, la préfecture du Var a mis fin à l’aventure en rasant les lieux.

Musique techno et riches braillards indisposent fortement le voisinage, qui ne peut guère goûter au calme de la plage de Pampelonne, l’un des plus beaux paysages de France – techniquement préservé depuis son classement comme «espace naturel d’exception» en 2002.

C’est officiellement la raison pour laquelle le conseil municipal de Ramatuelle, qui gère l’utilisation privée de la plage, avait décidé de retirer sa licence à La Voile rouge.

La décision serait moins surprenante si les plaintes n’avaient pas mystérieusement épargné les 27 établissements concurrents de la plage – dont le Nikki Beach ou Les Palmiers – qui ne sont pas connus pour être des havres de calme.

Du côté de la famille Tomaselli, on incrimine une vieille histoire entre Paul, le fondateur de La Voile, et Albert Raphaël, maire socialiste de Ramatuelle pendant trente ans.

Bruno Quivy, responsable de la communication à la mairie, dément : «Cette histoire est montée en épingle par La Voile, c’est de bonne guerre ; mais il ne faut pas exagérer : La Voile rouge est loin d’être le seul établissement à avoir dû fermer ses portes.»

En 1990, on avait déjà eu La Havana, et deux ou trois autres dans le même genre. Paul se croyait trop grand, trop important, avec toutes ses stars, pour tomber.

Raté…En revanche, pas de problème pour les autres établissements, qui peuvent dégager jusqu’à 40 millions d’euros de bénéfices en une seule saison. Une aubaine pour l’économie locale que la mairie entend bien préserver…(…)

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« Le premier oublié » de Cyril Massarotto

Posté par Les Blogueurs Associés le 1 janvier 2017

Le premier oublié

Ce roman confirme cette tendance où l’auteur de « Dieu est un pote à moi », plus connu pour ses pitchs audacieux, abandonne ce type de gimmick pour approcher la vérité de ses personnages. En effet, « Le premier oublié » est un roman où l’intrigue n’a que finalement peu d’importance, ce qui risque de contrarier les fans de la première heure.

Dès le début du roman, le lecteur connait la fin de l’histoire et pas question, ici, de se retrancher derrière des artifices fantastiques.

Cyril Massarotto veut nous parler d’émotion, de douleur, mais aussi de la maladie et de son côté inéluctable. Pour cela, il utilise l’un des liens les plus forts qui puisse exister : l’amour mère-enfants. Alors, certes, le sujet est tout sauf drôle, voir tragique, mais l’auteur arrive quand même à faire percer des petites pointes d’humour et d’amour pour soulager toute cette pesanteur.

Au délà de la maladie, Cyril Massarotto évoque l’une des plus dures étapes de la vie : la perte de ses parents. Quand ce deuil renvoie à notre propre solitude dans ce monde où quand le lien, si évident pourtant, d’amour infini se retrouve brisé. Mais l’auteur ne se trompe pas de deuil, car même si la mort des parents renvoie obligatoirement à sa propre mort, il s’agit bien du deuil de la perte des parents qui est évoqué ici.

L’auteur de « Cent pages blanches » réussit là où des auteurs comme Marc Levy et Guillaume Musso ont échoués à savoir, parler de choses complexes simplement sans jamais devenir mièvre. Un vrai tour de force où seulement quelques mots vont vous faire comme un déclic dans le ventre qui va se propager jusqu’au cou, créer des frissons sur votre cuir chevelu avant de vous faire ressentir comme une chaleur sur votre visage : la chaleur de l’émotion à l’état brut.

Comme je l’ai dit précédemment, l’intrigue n’est sûrement pas le fort de ce livre mais ce n’est absolument pas sa volonté même si l’auteur utilise un petit artifice qui n’est pas sans rappeler Des fleurs pour Algernon de Daniel Keyes afin de mieux nous faire comprendre la maladie et surtout rentrer dans la tête de Madeleine.

C’est l’une des forces de ce roman de mettre en parallèle ce qui se passe à l’intérieur de l’esprit de Madeleine avec les événements à l’extérieur du corps de la mère de Thomas. Ce parallèle, tantôt cocasse, souvent tragique et toujours poignant, apporte une véracité et une force incontestable au roman.

Il est difficile de ne pas voir en Thomas une projection de l’auteur même s’il faut toujours se méfier du « Je » en littérature. Mais il ne s’agit nullement d’un autre roman égocentrique où l’auteur ne déblatère qu’à travers sa vision de la vie. L’auteur, ici, nous renvoie, comme lui-même, vers nos propres interrogations ou souvenirs. Il parle à ce qu’il y a de plus intime en nous tout en ne se cachant pas derrière une fausse pudeur ou une posture d’apparat.

Le lecteur pourra facilement deviner que ce revirement dans le style de l’auteur est dû à l’accueil plus que frais de son troisième roman « L’homme le plus beau du monde ». L’auteur a su repérer les failles de ce roman et les corriger avec brio.

Maintenant, si le lecteur se veut plus exigeant (et il doit l’être), l’idéal serait de garder l’intensité des personnages de ces deux derniers romans pour les marier à une intrigue originale-fantastique qui a fait connaître Cyril Massarotto.

De l’émotion à grand spectacle sans aucune trace de voyeurisme ou d’émotion au rabais. Je sais que l’on demande beaucoup mais Cyril Massarotto nous a démontré qu’il est capable de franchir des paliers dans son écriture et rien ne dit qu’il est sur le point de s’arrêter.

Il ne fait aucun doute que Cyril Massarotto nous a livré un roman absolument magnifique d’amour et d’émotion. Une petite merveille qui, bien que triste, se lit avec plaisir tellement son style emporte le lecteur avec lui…(…)

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Le journalisme d’aujourd’hui, propagande et désinformation

Posté par Les Blogueurs Associés le 1 janvier 2017

 

Le Journalisme (2)

Le journalisme a subi une profonde mutation, passant de l’information à la désinformation, en passant par la propagande. Ce n’est pas nouveau, l’information est une arme. Celui qui la contrôle s’octroie tous les pouvoirs.

Le problème aujourd’hui est que l’information passe forcément par la case profit, ce qui souvent transforme voir détruit le message à transmettre.

L’argent impose un ordre de priorité

La presse est une sorte d’immense république qui s’étend de tous les côtés, où l’on trouve de tous, où l’on peut tout faire. Le principe de la liberté d’information doit s’opposer à toute censure.

Elle est libre quand elle ne dépend ni de la puissance gouvernementale ni des puissances d’argent, mais de la seule conscience des journalistes et des lecteurs.

Ce qui n’est, pour un grand nombre de journalistes, plus le cas de nos jours.

Ce métier est par essence corrupteur

Notre célèbre PPDA en est une preuve bien vivante, ayant été mis en examen pour abus de bien sociaux, sans oublier les très respectueux  Pierre Luc Séguillon, Jean Pierre Elkabbach et la liste est longue pour ceux qui ne respectent pas cette déontologie journalistique qui leurs a attribué cette carte qui est devenue un passe-droit.

Les tentations y sont légion, les réussites parfois faciles, les fréquentations multiformes, les pièges innombrables.

Dans les démocraties, la corruption s’exerce plutôt sur les gouvernants, et dans les aristocraties, sur les gouvernés. Dans l’une on corrompt les fonctionnaires publics, dans l’autre le peuple lui-même.

La vie publique tombe à la rubrique des chiens écrasés, le débat d’idées cède la place à la chronique des prévarications, les grandes ambitions affichées dévoilent des secrets de fabrication peu honorable.

Cette réalité encombre et dérange ceux qui font profession de journaliste. Ils peuvent choisir de faire l’autruche, de refuser de se salir les mains et de prendre des coups.

Ils peuvent aussi penser que s’ils veulent remplir leur mission, qui est de rendre intelligible le présent pour maîtriser l’avenir, il leur faut bien visiter les coulisse du spectacle.

Sinon ils ne seront plus que les portes voix des apparences, otages d’une communication qui est l’ennemie de l’information, reflet docile des pouvoirs en place, de leurs discours maîtrisés et de leurs mensonges calculés.

Quand la république se résigne à être scandaleuse, quand la démocratie ne se veut plus vertueuse, quand l’éthique laisse place au cynisme, quand la marchandise dicte la loi, on ne peut prétendre à la neutralité. Le journaliste ne peut tous à la fois revendiquer son droit de regard et refuser de l’exercer sur lui-même.

S’il se dérobe, si il se laisse glisser sur la pente savonné qui s’offre à lui, il ne lui restera plus alors que le silence pour réfléchir. L’ascension marchande de la communication est à terme, le tombeau de l’information.

J’en resterai à cette phrase du regretté Pierre Viansson-Ponté « Connu de tous, familier de beaucoup, le journaliste ne peut, ne doit être l’amis d’aucun. »

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