La finance peut-elle se racheter une conduite en étant verte et durable ?

Posté par Les Blogueurs Associés le 12 décembre 2017

La finance

Conviés au Climate Finance Day, à Bercy, les ténors de la finance ont fait feu de tout bois en multipliant les annonces et engagements en faveur de la lutte contre le réchauffement climatique. Payant en termes d’image ? Cécilia de Pierrebourg, vice-présidente de Reputation Institute France, cabinet expert en marque et réputation des entreprises, livre son analyse.

Branle-bas le combat ! Alors que le gratin de la finance mondiale s’est réuni lundi 11 décembre pour le Climate Finance Day, troisième du genre, à Bercy, les grands acteurs multiplient les initiatives pour une industrie financière plus verte: 100 milliards d’euros de contribution sur quatre ans pour la transition énergétique annoncée par la Société Générale.

Abandon des investissements dans les sables bitumineux dans le monde et du pétrole dans l’Arctique par Natixis, fonds dédié chez Amundi…Emmanuel Macron le répète à l’envi : il veut faire de Paris « la capitale de la finance verte et durable ».

L’occasion rêvée pour la finance mondiale de faire feu de tout bois et redorer (enfin) son blason aux yeux du grand public ? Pas gagné, si l’on en croit l’analyse de Cecilia de Pierrebourg, vice-présidente et directrice du conseil au sein de Reputation Institute France. Expert en image et des marques, le cabinet publie chaque année le palmarès Reptrack des meilleures réputations du Cac 40.

L’environnement, la transition énergétique, le climat…Euréka, la finance mondiale a trouvé une nouvelle martingale pour se racheter une conduite auprès de l’opinion ? Evidemment, pour la finance, comme pour tous les secteurs, le climat c’est la bonne affaire pour l’image.

Donc oui, il y a forcément un brin d’opportunisme chez ces acteurs qui se raccrochent aujourd’hui à ce thème. Mais il y a aussi de vraies démarches et c’est plutôt une bonne chose que les ténors de l’industrie financière endossent enfin leur responsabilité en dirigeant leurs investissements vers la finance durable.

Ils ont compris qu’ils devaient être des acteurs, un moteur du changement. Reste à savoir si, en termes d’image, cette industrie est vraiment attendue sur le sujet et si leurs engagements sont un élément porteur pour leur réputation. Vous voulez dire que l’opinion n’attend pas forcément la finance sur le terrain de l’engagement climatique ?

Pas autant qu’on pourrait le croire. On le constate dans notre étude : sur près de 25 critères pour jauger les acteurs de la finance, l’engagement et un comportement responsable en matière d’environnement n’arrivent qu’en douzième position, bien loin derrière la qualité des produits et des services, et le fait de répondre aux besoins du consommateur !

Il en va de même aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, où le comportement environnemental se perd aussi dans les limbes des critères (respectivement dans les 14ème et en 16ème rangs). Sans doute la facture du passé et de la crise financière : dans la finance, c’est encore et toujours les sujets d’éthique et de gouvernance qui priment dans la réputation.

Quand les éléments qui composent l’image citoyenne – l’engagement pour le climat, le soutien aux grandes causes ou encore l’influence positive sur la société – arrivent en dernier dans l’esprit des gens. On attend d’abord des banques et des assureurs qu’ils aient un comportement éthique. Dans la finance, comme dans toute l’économie, l’éthique prend d’ailleurs une part croissante dans l’image des entreprises.

Alors, beaucoup de bruit… pour rien ?

Non car, encore une fois, la finance est tenue de donner le tempo. Si ces acteurs ne revoient pas leurs investissements, comment voulez-vous que les choses bougent dans les autres industries ? Et, même si on ne les attend pas forcément sur ce terrain, l’opinion publique est tout de même de plus en plus exigeante sur le sujet.

Pour leur image sur le long terme, ils ne peuvent pas passer à côté. Pour l’instant d’ailleurs, aucune marque financière en France ne se distingue réellement en la matière. BNP Paribas, Société Générale, BPCE…elles sont toutes dans un mouchoir de poche dans notre palmarès et relativement mal classées, au regard de secteurs comme l’énergie ou l’industrie lourde très BtoB, réputés polluants.

En somme, leur image est tellement faible sur le sujet – moins d’une personne interrogée sur cinq estime que les acteurs de la finance ont un rôle à jouer sur les sujets environnementaux – que ces marques ne peuvent que s’améliorer !

Et la moindre initiative aura un effet booster. Il sera d’ailleurs intéressant, après la ribambelle d’initiatives annoncées ces jours-ci, de constater dans le palmarès des réputations du Cac 40 de l’an prochain, si la réputation de la finance progresse sur ce terrain. Ou pas.

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Goldman Sachs, la banque des puissants, en plein trou d’air

Posté par Les Blogueurs Associés le 10 septembre 2017

Goldman Sachs

Goldman Sachs, icône de la finance américaine, connaît un trou d’air marqué par la plus mauvaise performance trimestrielle de l’histoire de ses traders, soulevant des interrogations sur sa puissance au moment où les algorithmes bouleversent la finance.

Elle est « à bout de souffle », estime Richard Bove, expert chez Vertical Research. « Elle a besoin d’inspiration, d’une nouvelle équipe dirigeante, de nouvelles activités », tandis que Gregori Volokhine chez Meeschaert estime que la firme « doit se réinventer ».

Signe des difficultés actuelles, l’unité regroupant le courtage du pétrole, du gaz naturel, des devises, des métaux et autres matières premières (FICC) a accusé un plongeon de 40% de ses recettes au deuxième trimestre, du jamais-vu en 148 ans d’existence.

Cette division a été, pendant de nombreuses années, la locomotive des bénéfices et pourvoyeuse des futurs dirigeants. Le PDG Lloyd Blankfein, le numéro 2 Harvey Schwartz et le directeur financier Martin Chavez y ont fait leurs classes.

Mais depuis la crise financière le rôle des intermédiaires financiers n’a cessé de diminuer face à l’explosion des fonds de placement cotés (ETF) permettant de minimiser les risques et aussi des algorithmes permettant de passer des milliers d’ordres de ventes et d’achats en millièmes de secondes.

Environ 70% des volumes d’échanges sur le New York Stock-Exchange (NYSE) sont automatisés, d’après Gregori Volokhine.
A ceci se sont ajoutés un durcissement de la règlementation, notamment la règle Volcker limitant la capacité des banques à spéculer pour leur compte propre, et le fait que de plus en plus d’entreprises vont directement voir des fonds d’investissement pour financer leur développement.

- « Quelque chose à prouver » -

Dans ce contexte, l’intervention prévue mardi 12 septembre de M. Schwartz, lors d’un grand raout de la finance, sera suivie de près par les milieux d’affaires. D’après une source proche du dossier, le numéro 2 de l’établissement pourrait lever les doutes naissants. Contactée par l’AFP, Goldman Sachs n’a pas souhaité commenter.

Simple coïncidence ou signal avant-coureur ? Gregory Agran, patron des matières premières, quittera la firme fin novembre après 26 ans, selon un document interne consulté vendredi par l’AFP. « Goldman Sachs a quelque chose à prouver », indique Gregori Volokhine.

Banque des nantis et des puissants, Goldman Sachs a bâti sa réputation sur des paris audacieux mais payants et en concevant des produits financiers complexes souvent controversés. Elle a l’un des réseaux les plus influents au monde avec des anciens salariés quasiment dans toutes les sphères du pouvoir à travers le globe.

Deux de ses anciens dirigeants, Gary Cohn, actuellement conseiller économique à la Maison Blanche, et Steven Mnuchin, le secrétaire au Trésor, pilotent la très attendue réforme fiscale promise par Donald Trump.

« Je ne peux pas dire que nous avons raison tout le temps parce qu’évidemment ce n’est pas le cas mais je peux dire que nous avons la réputation d’être résilient et d’avoir une bonne capacité d’adaptation », a déclaré récemment Lloyd Blankfein à l’agence financière Bloomberg.

Goldman Sachs est persuadée que le courtage a encore de beaux jours et que ses difficultés conjoncturelles vont se dissiper avec le retour de la volatilité sur les marchés financiers et la dérégulation promise par l’administration Trump.

- Prêts -

En attendant, l’établissement va démarcher les grandes entreprises, qui souhaitent, d’après lui, se couvrir contre les fluctuations des devises et des prix des matières premières.

Le modèle économique de Goldman Sachs « n’est pas cassé », veut croire Kian Abouhossein, analyste chez JPMorgan, alors que d’autres font valoir que Morgan Stanley, une rivale, a, elle, réduit de 25% la taille de sa salle de marchés réservée aux matières premières, en y supprimant 1.200 emplois fin 2015.

Ce faisant Morgan Stanley s’est consacrée à la gestion de grosses fortunes, activité moins risquée. Conséquence: la rentabilité a suivi car le +ROE+ — ce que gagne un actionnaire pour chaque dollar investi — est passé de 6,2% début 2016 à 9,1% fin juillet.

S’il ne conseille pas à Goldman Sachs d’emprunter le même chemin, M. Bove estime que l’avenir passe par un développement dans l’activité classique de prêts. La firme a lancé il y a peu GS Bank, qui permet d’ouvrir en ligne un compte d’épargne, et Marcus, une plateforme de crédits.

Elle ne dispose toutefois d’aucune agence et ne propose ni comptes courants ni prêts étudiants.

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