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Un pâtissier français détenu en Chine depuis cinq mois pour de la farine périmée

Posté par Les Blogueurs Associés le 17 août 2017

Laurent Fortin

Cet employé d’une chaîne de boulangeries française à Shanghai a été arrêté après un contrôle sanitaire. Le Quai d’Orsay s’est saisi de l’affaire après que la famille a lancé une pétition. Des négociations entre les autorités françaises et chinoises sont prévues jeudi.

Le sort de Laurent Fortin, ce Français emprisonné depuis cinq mois en Chine pour de la farine périmée, pourrait basculer dans les prochains jours. Selon le frère du détenu, en contact régulier avec l’ambassade de France en Chine, un rendez-vous entre le consulat et les autorités chinoises est prévu à 10h30, heure locale, jeudi. Cela fait donc bientôt cinq mois que le pâtissier est en «détention administrative» dans des conditions difficiles.

Originaire de l’Eure, Laurent Fortin, 48 ans, était parti en décembre 2016 à Shanghai pour travailler dans un centre de production d’un petit groupe français, Farine Bakery. Stéphane Dhuit, un de ses meilleurs amis, qui le connaît depuis dix ans, raconte que Laurent Fortin avait été approché par le gérant du groupe via le réseau professionnel LinkedIn, vers septembre 2016.

«À l’époque, il était directeur de la production à La Fournée d’Augustine, à Rungis, et avait envie d’un renouveau professionnel», raconte ce proche au Figaro. Après quelques rencontres avec le gérant de Farine Bakery, Laurent Fortin avait accepté de s’expatrier pour deux ans.

Pendant les premiers mois, ce père divorcé de deux enfants, est en contact assez régulier avec sa famille et son ami Stéphane Dhuit. Il leur parle avec enthousiasme de son rôle dans l’entreprise mais avoue avoir des diffcultés à manager son équipe. Il ne maîtrise pas bien l’anglais et pas du tout le mandarin et doit donc être accompagné d’un traducteur.

Sa mission consistait à lancer le centre de production du groupe Farine Bakery (quatre restaurants, un bistrot, une glacerie et quatre boulangeries) et Laurent Fortin devait faire face aux normes d’hygiène drastiques imposées par les autorités chinoises. «Il avait besoin d’un agrément pour ouvrir le centre, explique Stéphane Dhuit au Figaro, et il me disait que les autorités trouvaient à chaque fois quelque chose qui n’allait pas.»

Arrêté à la place de son patron

Les dernières nouvelles que Stéphane Dhuit reçoit de son ami arrivent quelques jours avant son interpellation. Laurent Fortin lui disait alors qu’il aurait bientôt son agrément. Le centre n’avait pas commencé à produire. L’expatrié confessait également qu’il ne savait pas s’il resterait deux ans dans l’entreprise.

Le pâtissier a été interpellé le 23 mars avec sept autres employés de Farine Bakery, après un contrôle des autorités de régulation locales ayant mis à jour des stocks de farine «périmés», selon la presse d’Etat chinoise.

Le patron et fondateur de Farine Bakery, en revanche, ne se trouvait pas en Chine lors de ces interpellations. Interviewé par Paris Normandie, David Fortin, le frère du détenu, expliquait que, la veille, le propriétaire était interrogé par les autorités «mais le lendemain, en prétextant un rendez-vous important à Londres, ce dernier disparaît».

Quatre boulangeries gérées par Farine Bakery ont été fermées suite au contrôle sanitaire, ces établissements ayant «contrevenu aux réglementations chinoises interdisant d’utiliser des produits au-delà de la date d’expiration», selon le responsable d’une autorité sanitaire cité par le quotidien shanghaïen.

Déclenchée par une vidéo tournée par un ex-employé, l’affaire avait causé un vif émoi parmi les internautes chinois, la chaîne de boulangeries vantant précisément la qualité de ses farines pour justifier des prix de vente élevés. Farine Bakery avait reconnu en mars, dans un communiqué en mandarin, avoir «de toute évidence commis une erreur», expliquant s’être référé aux «dates limites de consommation optimale» mais «sans réaliser que les normes chinoises étaient plus strictes».

Des conditions de détentions difficiles

Cela fait donc bientôt cinq mois que Laurent Fortin est en «détention administrative» dans des conditions difficiles, et ne disposait au début de sa détention ni d’un lit ni d’une chaise dans sa cellule, affirme son frère. Ce dernier précise que le Français a de gros problèmes de dos et fait de l’hypertention.

«Il est contraint d’utiliser les médicaments qu’on lui propose», insiste-t-il. Son meilleur ami ajoute que ses proches n’ont le droit à «aucune communications, aucuns coups de téléphone, les lettres lui sont lues et il ne peut pas les garder».

Une pétition a été lancée, et adressée au président de la République, Emmanuel Macron, et au ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian. Elle se conclut en ces termes: «Nous réclamons la libération immédiate de Laurent ainsi qu’une réelle implication de notre gouvernement.»

Suite à la médiatisation de la pétition ce mercredi, l’Elysée a envoyé un mail à David Fortin en fin d’après-midi, l’assurant que «tout le monde est sur l’affaire» selon ses termes. «Ça fait quatre mois que j’essaie de les faire contacter et il faut que ce soit médiatisé pour avoir une réponse», précise David Fortin.

Le Quai d’Orsay a assuré que «les autorités françaises suivent avec la plus grande attention la situation de notre compatriote détenu à Shanghaï depuis mars 2017. (…) Des agents consulaires ont pu rencontrer notre compatriote à cinq reprises depuis son incarcération, pour la dernière fois le 26 juillet (…) Nos services, à Paris comme à Shanghaï, sont en relation étroite avec sa famille, afin de la tenir régulièrement informée».

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États-Unis: la Chine met en garde contre une «guerre commerciale»

Posté par Les Blogueurs Associés le 14 août 2017

Robert Lighthizer

Pékin a averti lundi que personne ne sortirait vainqueur d’une « guerre commerciale » avec les États-Unis, alors que le président américain Donald Trump devait lancer ce même jour une procédure sur les pratiques chinoises en matière de propriété intellectuelle.

M. Trump va demander dans un mémorandum au représentant pour le commerce américain (USTR) Robert Lighthizer d’étudier s’il y a lieu d’ouvrir une enquête sur les transferts de propriété intellectuelle imposés par les autorités chinoises aux entreprises américaines, ont indiqué samedi des responsables de l’administration américaine, sous couvert d’anonymat.

Une telle enquête pourrait prendre jusqu’à un an et déboucher sur des sanctions ou des mesures de rétorsion prises dans le cadre de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Interrogée au sujet de cette initiative, la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères Hua Chunying a déclaré que tout membre de l’OMC se devait de respecter les règles de l’organisation.

« Il n’y a pas d’avenir possible dans le déclenchement d’une guerre commerciale. Personne n’en sortirait vainqueur, elle ne ferait que des perdants », a souligné Mme Hua lors d’une conférence de presse régulière. Les États-Unis constituent le deuxième partenaire commercial de la Chine après l’Union européenne (UE), mais les frictions se multiplient entre les deux puissances.

La nouvelle procédure vient ainsi s’ajouter aux nombreuses enquêtes déjà ouvertes contre la Chine dans le domaine commercial, notamment sur l’acier. Washington a également pris des sanctions préliminaires mardi dernier contre les importations de feuilles d’aluminium chinoises, soupçonnées de bénéficier de subventions étatiques.

« Je crois que Chine et États-Unis doivent continuer de travailler ensemble pour le développement stable et solide des relations économiques et commerciales bilatérales (…), sur la base du respect mutuel », a souligné Hua Chunying. Selon les responsables de l’administration américaine, « la politique commerciale de la Chine a pour but principal d’acquérir et d’absorber la propriété intellectuelle des États-Unis et d’autres pays autour du monde ».

« La Chine force les entreprises américaines qui ont des activités en Chine à transférer cette propriété intellectuelle », ajoutait-on de même source. Washington vise notamment les coentreprises que les firmes américaines se voient contraintes d’établir en Chine avec des partenaires locaux.

Elles seraient obligées de partager avec ces derniers une partie de leur savoir-faire technologique. Le lancement de cette procédure intervient en pleine escalade verbale entre les États-Unis et la Corée du Nord, et alors que Donald Trump exhorte la Chine à agir davantage pour faire pression sur Pyongyang.

Mais les responsables américains interrogés par l’AFP ont pris soin de souligner samedi que le dossier concernant la propriété intellectuelle et celui de la Corée du Nord n’étaient pas liés. « Le problème de la péninsule coréenne et le commerce sino-américain n’ont absolument rien à voir, et il ne serait pas approprié d’utiliser l’un de ces sujets pour exercer une pression sur le second », a réagi Hua Chunying.

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