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Le courage le Nicolas Hulot et la défaite des écologistes

Posté par Les Blogueurs Associés le 8 novembre 2017

Nicolas Hulot

La reculade de Nicolas Hulot sur le nucléaire montre à quel point le numéro 3 du gouvernement est isolé. Son absence de relais et d’appuis l’empêchent d’emporter des arbitrages décisifs. Nicolas Hulot a sans doute du courage. Et plus que beaucoup de ceux qui le bastonnent.

Il a un estomac d’acier aussi, pour avaler ce qui n’est pas une couleuvre cette fois, mais un boa constrictor : le renvoi de la réduction du nucléaire de 75 à 50 % à l’après 2025, contrairement à ce que prévoyait la loi de 2015. Pour un écologiste authentique, ce qu’il est sans conteste, ce pragmatisme « obligé », puisque rien n’avait été prévu pour atteindre cet objectif Royal-Hollande de 2015, est un crève cœur.

Le ministre de la Transition énergétique ne s’y est pas résolu facilement, et sa résignation aurait mérité d’être habillée de plus de force et de perspective pour ne pas achever de désespérer complètement les écologistes déjà dans les choux, et qui vont finir par les manger, avec les pissenlits, par les racines.

Mais justement, ce que montre cette affaire encore une fois, c’est la déroute de l’écologie, contrainte de plier trop souvent devant les lobbys ou la coalition des forces de l’immobilisme. Le hulotiste de choc et député vert européen Pascal Durand l’a parfaitement résumé, et en 140 signes sur twitter.

« la question n’est pas celle de Nicolas Hulot, mais de notre incapacité à peser dans le débat, dans les décisions finales et de gagner les arbitrages ». Le ministre de l’Ecologie bénéficie certes de son excellente côte de popularité, même si elle est en baisse. Ca lui a valu des sourires, des avances et un pont d’or vert pour qu’il accepte de venir au gouvernement, ce qu’a obtenu Emmanuel Macron, après que tous ses prédécesseurs ont échoué.

Mais une fois installé, en bonne place d’ailleurs- numéro 3 du gouvernement !- ca ne suffit pas pour peser et l’emporter face « au mur des intérêts économiques en place », comme le dit l’ un de ses proches. Un mur qu’il prend en pleine tête. Parfois Hulot gagne, et parvient même à imposer sa loi, par exemple sur les hydrocarbures. Mais parfois il perd, pris en étau, car il ne dispose ni de relais ni d’appuis puissants.

Pour Hulot, il n’y a pas pire que les écologistes

L’écologie en effet n’est pas au gouvernement. Ce n’est pas la culture du Président, ni celle du Premier ministre qui travailla pour Areva, ni encore de la majorité écrasante de l’équipe gouvernementale. Sans parler des médias que l’infantilisme gauchiste des Verts a dégouté pour longtemps de l’écologie politique.

Laquelle a échoué au plan électoral, mais aussi intellectuel, puisqu’en période de crise elle n’est pas parvenue à convaincre de la nécessité impérative d’en sortir et de gagner en croissance par la transition écologiste. Si l’on excepte la COP 23, les combats gagnés l’ont été souvent trop tard.

Par exemple sur le diesel, dont chacun sait depuis des années qu’il faudra y renoncer. Idem pour les énergies de substitution.

Alors, il est vrai qu’on aurait aimé que Nicolas Hulot passe à l’énergie supérieure, qu’il se branche sur une marémotrice, qu’il se mette une éolienne sur la tête. Qu’il arrête de marmonner son demi malaise de ministre pas très heureux d’être contraint de composer dans des situations difficiles.

On aurait rêvé qu’il débarque avec son kitsurf au conseil des ministres, et qu’il fasse souffler un vent de révolte contre les « impossible » de tous ordres, surtout ceux de Bercy. Mais encore eut-il fallu qu’il fut porté, qu’il y eut une vague verte, un zéphyr écolo favorable, plutôt que ces souffles contraires qui le contrarient de toutes parts.

Il n’a pas ouvert la bouche, que ceux qui devraient être ses soutiens le soupçonnent déjà d’abandon. Il bouge un cil, ceux-là l’accusent de reniement. Il bouge un doigt, ils crient à la « trahison ». Pour Hulot, il n’y a pas pire que les écologistes.

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Publié dans Ecologie, Politique | Commentaires fermés

Et si les pesticides se révélaient pires que l’amiante ?

Posté par Les Blogueurs Associés le 8 novembre 2017

Les pesticides

Un film choc pointe les étranges similitudes entre ces deux batailles sanitaires et judiciaires, alors que l’Europe se prononce sur l’utilisation du glyphosate, l’herbicide le plus utilisé dans le monde.

Paul François était un « agriculteur manager » qui gagnait bien sa vie. A la tête de ses 500 hectares de céréales dans le Poitou-Charentes, il employait jusqu’à 50 saisonniers, en appliquant les préceptes de l’agriculture intensive: mécanisation et pesticides. En avril 2004, sa vie a basculé.

En inspectant l’une de ses cuves, il inhale du Lasso, un herbicide vendu par la firme américaine Monsanto, qui a depuis été interdit. Il va passer plusieurs jours dans le coma et près d’un an à l’hôpital. Les analyses sont formelles: il est intoxiqué aux pesticides, avec des séquelles encore importantes aujourd’hui.

Paul François s’est alors lancé à l’assaut du géant de l’agrochimie, qu’il a traîné devant les tribunaux. Le 10 septembre 2015, Monsanto a été reconnu responsable par la Cour d’appel de Lyon, en ayant failli à ses obligations d’information. Une première. Mais la bataille judiciaire n’est pas terminée.

La Cour de cassation ayant cassé le jugement, l’affaire va à nouveau être jugée en appel. « C’est épuisant. J’ai eu envie de tout abandonner. Mais ce n’est plus seulement mon combat, nous confie Paul François. C’est celui de tous les agriculteurs empoisonnés par les pesticides. »

Ce paysan charentais est l’un des personnages clés du documentaire Les Sentinelles de Pierre Pézerat, en salles le 8 novembre. Sans artifice, par une succession de témoignages édifiants des victimes, le réalisateur fait le parallèle entre les dégâts des pesticides et ceux de l’amiante, un scandale sanitaire responsable de « 61.000 à 118.000 morts » entre 1995 et 2009, selon l’Institut de veille sanitaire, qui ne prévoit pas moins de 100 000 décès supplémentaires d’ici à 2050 !

Des études camouflées

Son fil rouge, c’est Henri Pézerat, son père, directeur de recherche au CNRS : dès les années 1970, ce toxicologue s’est battu contre l’amiante dont il avait démontré la nocivité, jusqu’à son interdiction en 1997. Chercheur militant, allant sur le terrain à la rencontre des victimes, Henri Pézerat va, jusqu’à son décès en 2009, sonner l’alerte sur « le » prochain scandale sanitaire.

« Il m’avait confié que les pesticides seraient pires que l’amiante, témoigne Paul François. Car ils ne touchent pas seulement les agriculteurs, mais toute la chaîne alimentaire et donc tous les consommateurs. » Un diagnostic à méditer, alors que la Commission européenne doit décider de la prolongation de l’utilisation du très controversé glyphosate, l’herbicide le plus vendu dans le monde.

« On n’y voyait pas à un mètre. C’était comme de la neige », se souvient Josette Roudaire, l’une des Sentinelles. Ouvrière à l’usine de filage d’amiante Amisol de Clermont-Ferrand, elle raconte, dans le film, les conditions de travail épouvantables de l’époque. De son côté, Jean-Marie Birbès, de l’usine Eternit, dans le Tarn, qui produisait de l’amiante-ciment, se souvient des assurances données par ses employeurs malgré les alertes sur la dangerosité du produit.

« Des experts et des médecins nous avaient présenté une nouvelle façon de travailler, avec un système d’aspiration. Pour eux, il n’y avait plus de danger. » C’était au début des années 1980, la période de « l’usage contrôlé de l’amiante », une vaste supercherie qui n’empêchera pas de nombreux ouvriers d’Eternit de mourir. « Je ne leur pardonnerai jamais », lâche la veuve de Raymond Cabrit, un ouvrier décédé d’un cancer.

Et pourtant. Les preuves des ravages de l’amiante sur la santé existaient depuis bien longtemps. « Dans les années 1930, les industriels ont commandé des études qui ont révélé l’impact très négatif sur la santé, déplore Annie Thébaud-Mony, sociologue, spécialiste de la santé au travail, autre personnage important du documentaire.

Mais ils ont ordonné aux scientifiques, qui avaient réalisé les enquêtes, de se taire. » Au début des années 1980, les entreprises du secteur, rassemblées dans le « Comité permanent amiante », vont tout faire pour dénigrer les études alertant sur la nocivité du produit et les projets d’interdiction, notamment aux Etats-Unis.

Une étrange similitude. Ce lobbying, puissant et efficace, des industriels de l’amiante ressemble beaucoup à celui des fabricants de pesticides. Dès les années 1960, des scientifiques, comme la biologiste américaine Rachel Carson, dans son livre Le Printemps silencieux, ont mis en garde contre les dégâts des produits phytosanitaires.

Mais les industriels ont réagi vivement : « L’histoire se répète. Comme pour l’amiante, ils ont multiplié les attaques contre les scientifiques qui dénonçaient la dangerosité des pesticides, critique Annie Thébaud-Mony. Et ils ont réalisé de pseudo-études scientifiques qui visaient uniquement à semer le doute chez les décideurs. »

A la tête de ce lobbying agressif, Monsanto a notamment fait pression sur les experts du Centre international de recherche sur le Cancer, une instance reconnue de l’OMS, qui a classé le glyphosate dans les substances « probablement cancérogènes » pour l’homme.

De la junk science (science pourrie) a dénoncé le groupe, racheté récemment par l’allemand Bayer. Surtout, des documents internes, révélés par la justice américaine, montrent comment la firme a téléguidé les experts d’agences européennes qui, elles, jugent le glyphosate inoffensif.

Patrons et ouvriers ensemble

Certes, les industriels mettent en avant le faible nombre de victimes répertoriées des pesticides. C’est vrai. « Mais c’est la partie immergée de l’iceberg, assène l’agriculteur Paul François. Chez les agriculteurs entre 50 et 60 ans, c’est l’hécatombe. Et il n’y a aucune étude sérieuse sur ces décès. »

En 2011, François a créé une association de défense des paysans, « Phyto Victimes », qui a déjà reçu 400 dossiers : « Beaucoup hésitent à aller en justice mais, peu à peu, la parole se libère, constate l’avocat François Lafforgue, spécialisé dans ces dossiers. Toutefois, il est très difficile de prouver le lien entre la maladie et les nombreux produits chimiques auxquels les agriculteurs ont été exposés. »

D’ailleurs, la reconnaissance de cette pollution aux pesticides comme maladie professionnelle est, la plupart du temps, une galère de plusieurs années de procédures, devant le tribunal des affaires de Sécurité sociale. C’est la « convergence des luttes ».

Le côté un peu cocasse du film Les Sentinelles, c’est la rencontre de victimes venues de deux mondes totalement différents : d’un côté, les ouvriers cégétistes des usines d’amiante et, de l’autre, l’agriculteur, gros employeur, qui militent ensemble, aujourd’hui, dans l’association « Henri Pézerat ».

« Au début, j’étais mal à l’aise avec ces cégétistes qui cassaient du patron toute la journée, confie Paul François. Moi aussi je suis un entrepreneur. Mais on a appris à se connaître et on s’est retrouvés. Car, en tant que patron, j’ai subi les mêmes méfaits qu’eux. » Les ouvriers de l’amiante ont obtenu d’importantes indemnisations, avec 5,2 milliards d’euros versés, en France, par le fonds d’indemnisation des victimes depuis 2002 mais aucun responsable (employeur ou politique) n’a été con­damné pénalement.

Pour le monde agricole, la (longue) bagarre ne fait que commencer.

Le casse-tête explosif du glyphosate

« Ma conviction profonde, c’est que ce produit est dangereux pour la santé. » Brune Poirson, la jeune secrétaire d’Etat à la Transition écologique, ne mâche pas ses mots sur le glyphosate, le pesticide le plus utilisé. Pour elle, la France a pris le leadership des pays les plus écolos d’Europe en poussant la Commission de Bruxelles, qui devait se prononcer le 9 novembre, à prolonger son autorisation de quatre ans maximum.

« Il faut une date butoir rapprochée et mettre la pression sur les industriels pour qu’ils trouvent une alternative. » Pour le gouvernement, le glyphosate est un dossier empoisonné. Il doit faire face à la pression des ONG écologistes, qui veulent une interdiction immédiate. Et à celle des syndicats agricoles, qui dénoncent « une réponse idéologique ».

« Ce produit est extrêmement efficace. Et il n’a pas d’équivalent », avance Eric Thirouin, le secrétaire général de la FNSEA. Les industriels des pesticides ont quant à eux créé une plateforme européenne exposant les « raisons pour renouveler l’autorisation » d’un pesticide qui « ne pose pas de problème pour la santé humaine ».

Ils mettent en avant les avis récents des agences européennes de sécurité des aliments (EFSA) et des produits chimiques (ECHA), concluant que le glyphosate n’est pas cancérogène, à l’inverse du Centre international de recherche sur le cancer, une agence créée par l’OMS.

Mais l’angle d’attaque des industriels est affaibli depuis les Monsanto Papers, ces nombreuses communications internes du géant de l’agrochimie révélées par la justice américaine. Elles montrent une stratégie d’influence très efficace sur les experts internationaux, dont les articles sont souvent co-écrits, en secret, par des salariés de Monsanto, comme l’a détaillé le journal Le Monde.

Et avec les agences européennes, c’est un expert très lié à la firme, l’Américain Jess Rowland, qui aurait eu un rôle déterminant pour écarter une étude sur les rats, révélant des effets nocifs du glyphosate sur leur santé.

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Publié dans Ecologie, Industrie, Justice, Santé | Commentaires fermés

Hongkong se noie sous les déchets électroniques

Posté par Les Blogueurs Associés le 11 juin 2017

Hongkong

Territoire asiatique qui génère le plus de rebuts technologiques, la région est aussi submergée par des tonnes d’équipements venus de l’étranger. Les centres de recyclage illégaux s’y multiplient, véritables décharges à ciel ouvert.

«Levez les yeux de vos téléphones». La consigne tourne en boucle dans les escalators du métro, sans grands effets. Hongkong est à l’image de ses passants accaparés par leurs écrans : électrisée par les technologies, ultra-connectées. Mais la modernité pèse lourd.

En 2015, l’ex-colonie britannique est le territoire d’Asie qui, per capita, a généré le plus de déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE) : 21,7 kg par habitant, selon l’université des Nations unies.

Au regard des 6,7 millions de tonnes de DEEE produites par la Chine, Hongkong et ses 156 000 tonnes pourraient sembler anecdotiques. Sauf que la ville croule sous les déchets. Faute d’infrastructures adaptées, elle se débarrasse à l’étranger d’une grande partie de ses vieux équipements électriques alors que 40 tonnes sont tout de même déversées chaque jour dans ses propres décharges, quasi saturées.

Plus inquiétant encore, Hongkong, devenu «centre mondial d’importation des DEEE» selon l’ONG américaine Basel Action Network (BAN), étouffe aussi sous les rebuts des autres. L’ONG estime qu’environ 830 conteneurs d’équipements usagers entrent chaque mois à Hongkong.

Ils sont souvent transportés illégalement depuis les États-Unis, sous le couvert d’appareils d’occasion. Longtemps, Hongkong et son port franc ont incarné une simple station de transit vers la Chine. Mais Pékin a récemment fermé ses frontières aux transporteurs de rebuts électroniques dangereux, et le rôle de dépotoir a donc incombé à Hongkong, devenue le «nouveau paradis des pollueurs», selon les termes de l’ONG.

Négocier des disques durs

BAN a placé des traceurs sur plusieurs centaines d’ordinateurs aux États-Unis. Et plus de la moitié ont terminé leur parcours dans le nord de Hongkong, à une heure de route de la «Manhattan asiatique». Là, plus de 1 000 hectares d’anciens terrains industriels abandonnés émaillent la partie continentale de Hongkong, frontalière avec la Chine.

Cette zone est appelée les «nouveaux territoires». C’est un «no man’s land qui abrite en gros tout ce qui se fait d’illégal à Hongkong. Le problème des déchets se conjugue avec celui de l’urbanisme et de la législation complexe de cette zone», résume Benita Chick de l’Earthwatch Institute, une ONG américaine.

Les autorités dénombrent 150 sites de recyclage de DEEE à ciel ouvert, souvent barricadés derrière de hautes tôles. «Leur nombre et leurs activités varient en fonction des cours du marché», nous explique-t-on. Rares sont ceux habilités à traiter des déchets toxiques.

«C’est peu cher de louer ces terrains vagues dans les nouveaux territoires, et les autorités sont plutôt laxistes aux frontières, ce qui facilite la venue de main-d’œuvre bon marché, explique l’élu local Paul Zimmerman. Ils font le gros du tri manuellement, en cachette dans des arrière-cours.»

«Puis c’est réexpédié en Chine. Quand j’y suis allé, des personnes négociaient des unités centrales, des disques durs, des câbles. La plupart parlaient mandarin.» L’ONG BAN décrit des centaines de tubes cathodiques jonchant le sol, des imprimantes éventrées, des circuits électriques désossés.

Quant aux effets du mercure, phosphore, cuivre, métaux lourds ou autres substances dangereuses libérées lors de ces opérations sauvages, «les torts pour l’environnement et la population ont déjà commencé», comme l’affirme BAN sur la base d’analyses menées par une université locale. L’eau est «toxique».

Faire le ménage

La chasse aux recycleurs clandestins est lancée : contrôles et mesures coercitives vont s’intensifier, assurent les autorités qui, en 2016, ont mené trente-trois poursuites judiciaires assorties de faibles amendes (36 600 euros au total).

L’ouverture officielle à la rentrée d’un centre de traitement financé par l’État devrait aussi permettre au gouvernement de faire le ménage à grande échelle – alors que jusqu’à présent la gestion des DEEE reposait plus sur des initiatives ponctuelles que sur la législation.

L’opérateur allemand Alba IWS collecte déjà des déchets électroniques et a commencé au printemps à démonter ordinateurs, réfrigérateurs, imprimantes et téléviseurs. Les composants chimiques doivent être traités à Hongkong, les circuits imprimés envoyés entre autres au Japon, les batteries de lithium en Belgique, le cuivre en Allemagne.

Aluminium, inox, plastique et verre seront vendus comme matière première. Plus de 80% de matériaux seront recyclés en «toute transparence», garantit son directeur, Nigel Mattravers. Mais le processus sera lent au démarrage, admet-il. Cinq ans pour atteindre les 30 000 tonnes traitées par an.

Le temps de la montée en puissance d’une nouvelle législation plus contraignante pour les producteurs, distributeurs et recycleurs d’équipements électriques. Le temps aussi d’éduquer la population. «Le souci à Hongkong est qu’il n’y a pas d’incitation au recyclage.

Il n’y a que des micros systèmes où les gens reçoivent des nouilles en échange d’un vieux frigo ou des fringues», remarque Benita Chick. Alors, même le jour où la nouvelle usine tournera à plein régime (56 000 tonnes prévues par an), Hongkong restera encombrée par des montagnes d’appareils usagers.

En particulier les petits équipements et les millions de smartphones trop légers pour les gros industriels du recyclage, qui négocient les prix au tonnage. Les téléphones alimenteront donc encore longtemps les circuits parallèles, toujours très opaques.

On les retrouve aujourd’hui vendus à même le trottoir parmi des ordinateurs ou des enceintes, ou dans les chariots débordants de ces femmes de ménage qui les monnaient avec des entreprises souvent peu scrupuleuses des normes environnementales.

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