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Contrats aidés: une nouvelle attaque qui préfigure un coup de rabot

Posté par Les Blogueurs Associés le 17 août 2017

Aurore Bergé

Après Muriel Pénicaud, c’est au tour de la porte-parole des députés LREM de laisser entendre que leur nombre doit être réduit drastiquement. Force Ouvrière s’inquiète. Muriel Pénicaud avait exprimé sans ménagement ses doutes sur l’intérêt des « contrats aidés », début août.

S’appuyant sur des chiffres de la Dares, la ministre du Travail les avait alors qualifiés d’ « extrêmement coûteux pour la nation » et d’ »inefficaces dans la lutte contre le chômage ». Elle estimait par ailleurs qu’ils ne constituaient pas « un tremplin pour l’insertion professionnelle ».

Ce 17 août, Aurore Bergé, porte-parole des députés LREM, a défendu une révision du nombre de ces contrats aidés, estimant que le rôle de l’État était davantage « d’accompagner la formation professionnelle », plutôt que de « subventionner l’emploi ».

« Il faut avoir une vision politique de ce qu’on veut: est-ce que vraiment les contrats aidés, ça permet d’acquérir des compétences, d’acquérir une formation ? Vraisemblablement non« , a déclaré la députée des Yvelines sur RMC.

Parmi « ceux qui embauchent en contrat aidé, les deux tiers d’entre-eux disent qu’ils l’auraient fait sans contrats aidés. Est-ce que c’est du coup le rôle de l’État de continuer à subventionner de l’emploi ? Je n’en suis pas certaine« , a-t-elle renchéri.

« C’est une manière aussi surtout de dire (…) que l’État, plutôt que de subventionner l’emploi, devrait accompagner la formation. On doit lancer un grand plan sur la formation professionnelle », a-t-elle lancé.

« Un véritable tremplin »

« On voit bien que le gouvernement a fait le choix d’abord de câliner la finance, et dans le même temps, de s’en prendre et aux collectivités territoriales avec les treize milliards d’économies sur le dos des communes sur cinq ans (…) et de s’en prendre à la vie associative qui va subir la double peine avec cette remise en cause de ces contrats aidés », a regretté pour sa part le député communiste Sébastien Jumel sur RTL.

« Je fais partie de ceux qui pensent qu’il vaut mieux soutenir l’économie réelle, favoriser le renouveau industriel, structurer des filières pour que les emplois soient durables », a-t-il assuré.

« Mais il est un fait que pour la vie associative et pour les publics les plus fragilisés, les plus loin de l’emploi, ces emplois aidés étaient un véritable tremplin », a-t-il défendu.

Des financements « gelés », selon FO

Force ouvrière a réclamé hier le maintien des contrats aidés, qui ont « des effets favorables sur l’emploi et le chômage », jugeant « inquiétante » la volonté du gouvernement de réduire ses effectifs au profit de la formation.

« En période de crise, (les contrats aidés sont) une nécessité pour l’insertion dans l’emploi de qualité », a écrit le syndicat dans un communiqué, tout en demandant « une pleine mobilisation des crédits alloués pour (leur) financement ».

« Ces contrats doivent être maintenus, et d’une durée suffisamment longue avec une accentuation de l’accompagnement individuel renforcé des bénéficiaires », réclame FO. La centrale s’inquiète que « plusieurs directions d’agence Pôle emploi ont déjà reçu des instructions pour geler leur financement ».

« FO n’oppose pas formation et aide à l’insertion dans l’emploi, qui recouvrent des dispositifs et objectifs complémentaires », ajoute le syndicat. Selon lui, « accroître le nombre de contrats aidés en période de ralentissement économique a des effets favorables sur l’emploi et le chômage ».

Le budget 2017 prévoyait 280 000 nouveaux contrats aidés, mais le gouvernement de Bernard Cazeneuve en avait déjà programmé les deux tiers au seul premier semestre. Une rallonge de 13 000 contrats aidés supplémentaires a donc été annoncée mi-juillet, portant le total pour l’année à 293 000 contrats.

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Aléna: le bras de fer commence!

Posté par Les Blogueurs Associés le 14 août 2017

Donald Trump

C’était une promesse électorale de Donald Trump. La renégociation de l’accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA) s’ouvre mercredi à Washington. Les débats s’annoncent épineux entre les trois pays signataires.

Longtemps l’administration Trump aura fait planer le spectre de la rétractation pure et simple de l’accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA). Finalement, c’est la voie des négociations qui a été privilégiée. Les représentants des signataires, le Canada, les États-Unis et le Mexique, se réuniront dans la capitale américaine de mercredi à dimanche pour un premier round de discussions à Washington. Les débats promettent d’être houleux.

Qu’est-ce que l’ALÉNA ?

L’ALÉNA est une vaste zone de libre-échange qui réunit les 478 millions d’habitants des États-Unis, du Canada et du Mexique. Créée en 1994, l’entente est controversée. Elle a progressivement éliminé la plupart des barrières douanières et financières entre les trois pays.

Les flux commerciaux sont facilités, de même que la mobilité des entreprises et des capitaux au sein de la zone. Ce n’est qu’en 2008 que les derniers droits de douane sont tombés, même si des exceptions, comme celle du bois de construction, subsistent.

Pourquoi le renégocier ?

Malgré cette coopération apparente, de nombreux conflits demeurent. Les détracteurs du traité lui reprochent de détruire des emplois et d’être inéquitable, chacun prétendant que son voisin ne joue pas selon les règles de la concurrence. Ses défenseurs, quant à eux, mettent en avant l’augmentation du volume des échanges et l’accélération de croissance qui en découle.

Donald Trump en avait fait une de ses cibles favorites lorsqu’il était candidat à la présidence des États-Unis. Il avait qualifié l’accord de «désastre» et tapé à bras raccourcis sur ses partenaires. Selon lui, l’ALÉNA détruit des milliers d’emplois américains au profit du Mexique, et le Canada use de pratiques commerciales «injustes».

À l’heure où le président américain peine à tenir ses promesses électorales, cette renégociation est l’occasion pour son administration d’envoyer un signal politique fort.

Combien d’échanges, combien d’emplois ?

L’ALÉNA aurait créé près de 40 millions d’emplois en tout, dont 25 millions aux États-Unis seuls. Comme prévu, la suppression des tarifs douaniers a fait exploser le volume des échanges commerciaux. Ils ont, par exemple, doublé entre les États-Unis et le Canada, atteignant aujourd’hui 635 milliards de dollars par an.

Les Canadiens consomment massivement les biens américains et, en retour, les entreprises américaines investissement massivement au Canada (50% des investissements en 2015). Selon une étude, près de 9 millions d’emplois américains dépendraient des relations commerciales et financières avec Ottawa.

Un autre chiffre irrite cependant le gouvernement américain: le solde commercial avec le Mexique. En quinze ans, il est passé d’un excédent de 1,6 milliard de dollars à un déficit de plus de 64 milliards de dollars, selon les données officielles. Aujourd’hui 80% des exportations mexicaines sont destinés au marché américain. D’où l’importance de cette renégociation pour le Mexique.

Quelles sont les revendications des États-Unis ?

Le principal objectif de l’administration Trump est clair: réduire le déficit commercial en améliorant l’accès des produits américains aux marchés de ses voisins. Un document envoyé aux représentants dans le courant du mois de juillet estimait qu’«avec le Canada, il y a des problèmes sur les produits laitiers, le vin, les céréales et d’autres produits».

De plus le gouvernement américain compte bien s’attaquer à ce qu’il dénonce comme des pratiques déloyales, comme la manipulation de devises (une première pour un traité américain), ou les subventions.

Enfin, Donald Trump aimerait mettre en avant son slogan, «America First», sur lequel il s’est fait élire en «incitant» à consommer Américain. Un son de cloche qui risque de fortement déplaire à ses partenaires.

Que veut le Canada ?

Chrystia Freeland, la ministre canadienne des Affaires Étrangères, donne un discours ce lundi afin de préciser les priorités de son pays. Les revendications les plus fortes du Canada tourneront autour de clauses sur le travail et sur l’environnement.

Le gouvernement juge nécessaire d’augmenter les salaires des travailleurs mexicains, afin de réduire les écarts de revenus et de rendre l’investissement dans les usines canadiennes comparativement plus attractif.

La ministre compte aussi souligner lors des négociations la pertinence de certains éléments de l’accord européano-canadien, récemment signé.

Que peut le Mexique ?

De toutes les parties, c’est le Mexique qui semble le plus faible. Avec une économie fortement dépendante au traité et après les déclarations agressives de Donald Trump, les négociations s’annoncent serrées. Pourtant, le Mexique possède quelques atouts.

En effet, le marché mexicain est devenu essentiel pour certains secteurs américains, comme l’agriculture. Sans compter que la taxation brusque des nombreux produits mexicains entrainerait probablement une hausse des prix à court et moyen terme pour les Américains.

Dans un communiqué, le ministère mexicain de l’Économie avait annoncé sa volonté de «consolider la coopération et l’intégration économique en vue de renforcer la compétitivité nord-américaine». Mais le traité fait débat au sein du pays: 5000 agriculteurs mexicains ont ainsi manifesté la semaine dernière pour demander la sortie pure et simple de la zone de libre-échange, alors même que le gouvernement avait cité l’agriculture comme un secteur «exemple» des bienfaits de l’ALÉNA.

Quels débouchés pour la réunion de mercredi ?

Malgré les velléités américaines, les spécialistes ne s’attendent pas à une issue rapide de la renégociation. Ce premier round de discussions devrait simplement faire un large tour d’horizon avant le second déjà annoncé pour le 5 septembre au Mexique.

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