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Macron croit en l’apprentissage, les Français aussi

Posté par Les Blogueurs Associés le 10 octobre 2017

L'apprentissage

Le gouvernement souhaite recentrer l’apprentissage sur les jeunes moins qualifiés et redonner du pouvoir aux branches professionnelles. Plus de quatre citoyens sur cinq considèrent l’alternance comme un remède efficace contre le chômage.

Faire de la France un pays d’apprentis où le travail manuel ne serait plus une voie faute de mieux…Plus qu’un rêve, c’est en tout cas l’ambition d’Emmanuel Macron. Il l’a rappelé lors de son déplacement sur les terres de Jacques Chirac, en Corrèze, mercredi. Comme le dévoile le sondage Elabe pour l’Institut Montaigne et le JDD, la population ne demande pas mieux.

74% des Français interrogés ont une bonne image de ce dispositif mêlant école et travail. Plus de la moitié des 15-24 ans seraient prêts à intégrer une telle filière et sept parents sur dix y sont favorables pour leurs enfants. Un changement surprenant après des années de relégation en bas de tableau.

Sécuriser le parcours

Nicolas Sarkozy, François Hollande…Tous les prédécesseurs du président Macron ont caressé la même idée : redorer le blason de l’apprentissage. Persuadés qu’il pouvait être un remède au chômage des moins qualifiés, ils n’ont eu de cesse d’alléger les charges patronales, créer des crédits d’impôt et autres primes au pouvoir d’achat des jeunes, pour doper sa cote de popularité.

Las, l’objectif de 500.000 apprentis brandi comme un totem n’a jamais été atteint (402.900 en 2015). Pis, le nombre annuel d’entrées de seconde à la terminale a chuté de 24% depuis 2008. Dans le même temps, les inscriptions en apprentissage dans les formations post-bac flambaient (+ 48 %).

Et pourtant, alterner les cours et l’entreprise, ça marche. Les chances d’insertion professionnelle sont 10 à 15 points supérieures à un parcours classique. Ce tableau, noir, fait consensus. Le Président l’évoquera avec les partenaires sociaux lors de ses rencontres des 12 et 13 octobre.

Dans son rêve de salariés mobiles tout au long de leur vie, le gouvernement réfléchit aux passerelles et outils permettant de sécuriser les parcours, après les avoir flexibilisés davantage via les ordonnances. Pour les plus jeunes et les décrocheurs scolaires, il mise sur une relance de l’apprentissage.

Un texte sera présenté au Parlement au printemps, qui abordera également la formation professionnelle. Seront impliqués dans les travaux préparatoires, le ministère du Travail, celui de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur, mais aussi les chambres de commerce, d’industrie et d’agriculture, les Régions qui participent au financement, voire les centres de formation d’apprentissage.

Le gouvernement sait déjà où il souhaite placer le curseur. Le projet du candidat Macron avait amorcé quelques pistes. L’entreprise sera remise au centre du jeu. Ce qui n’est pas pour déplaire au Medef. Et tant pis si les syndicats tiquent un peu.

Le ministère du Travail réfléchit aux moyens d’associer davantage les branches professionnelles aux décisions d’ouverture de nouvelles formations. Actuellement, le mille-feuille administratif est tel qu’il empêche la réactivité. Florence Poivey, présidente de la Fédération de la plasturgie, se souvient encore de ce veto de la Région à un nouveau cursus alors qu’entreprises, élèves, plateau technique et rectorat étaient partants.

Motif ? Il fallait combler avant des places ailleurs. « Nous sommes dans une logique de moyens et pas de besoins », regrette-t-elle. Un même diplôme peut être préparé dans un lycée professionnel et un centre de formation d’apprentis. Une mise en concurrence illisible pour les familles.

Des subventions modulables

L’exécutif aimerait tendre vers un pilotage unique pour éviter ces doublons. A une certaine échéance, les lycées professionnels pourraient se voir imposer la mise en place de filières mixtes afin de doper les entrées dans les niveaux inférieurs au bac.

Et offrir ainsi des portes de sortie aux plus en difficulté. Concrètement, un lycéen devrait avoir plus souvent le choix de suivre un cursus en alternance. Le gouvernement en est convaincu : la valeur ajoutée de l’apprentissage est d’autant plus forte que le niveau de qualification est bas.

A l’étude, selon nos informations, une modulation des subventions en fonction des qualifications : cela veut dire plus d’argent pour les filières les moins diplômantes. Selon un principe très macronien, les moyens seraient réalloués à ceux qui en ont le plus besoin.

Des dispositifs de préapprentissage, à la fin du collège, seraient également mis en place pour « acculturer » les jeunes, auxquels on reproche de ne pas en maîtriser les codes, au monde de l’entreprise. Des idées, qui une fois encore, font voler en éclats les frontières de l’ »ancien monde ».

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Publié dans Chômage, Emploi, Politique, Travail | Commentaires fermés

 

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