• Le principe de la liberté d’information doit s’opposer à toute censure. Elle est libre quand elle ne dépend des puissances d’argent, mais de la seule conscience des journalistes et des lecteurs. Ils peuvent aussi penser que s’ils veulent remplir leur mission, qui est de rendre intelligible le présent pour maîtriser l’avenir, il leur faut bien visiter les coulisses du spectacle. Sinon ils ne seront plus que les portes voix des apparences, otages d’une communication qui est l’ennemie de l’information.

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Le numérique ne va pas que détruire des emplois, il va aussi en créer

Posté par Les Blogueurs Associés le 23 juin 2017

Le numérique

Les entreprises veulent mieux décrypter les transformations en cours, identifier les bonnes pratiques ainsi que les «compétences de demain», selon une étude du Medef. Extrêmement difficile à appréhender, source d’inquiétudes, la transition numérique est néanmoins perçue comme une véritable opportunité par plus de 80% des entreprises françaises.

Les PME et le TPE, en particulier, veulent mieux comprendre les transformations en cours sur leurs activités, identifier les bonnes pratiques et cerner les compétences adéquates pour relever cet important défi, explique le Medef dans une étude sur l’impact des transitions verte et numérique sur les entreprises, publiée jeudi.

«Aujourd’hui, on parle beaucoup des métiers du futur. Mais il faudrait surtout parler du futur des métiers», résume ainsi Christophe Catoir, président France de The Adecco Group et responsable de la «task force Apprentissage» du Medef.

La transition numérique, ce n’est pas seulement l’automatisation des chaînes de production ou encore la digitalisation des plateformes dans les services qui mènent à la destruction d’emplois.

C’est tout un nouvel écosystème qui pousse les entreprises à se transformer pour survivre. Mais aussi, parce qu’il offre de nouvelles opportunités de développement. Par exemple, qui englobent toutes les données récoltées sur internet et deviennent progressivement le nouvel or noir: «elles permettent de comprendre des marchés différents et de faire du sur-mesure, de remettre de la valeur dans les prestations», explique Christophe Catoir.

Cette transformation implique de penser autrement les besoins en compétences

Le constat est désormais connu: cette transition nécessite de revoir les besoins en compétences dans de nombreux secteurs. La transformation dans le secteur bancaire, au niveau des agences, en est une illustration. Avec le développement des services en ligne, les banques cherchent moins à embaucher des techniciens et davantage des personnes accueillantes et à l’écoute.

«Une grande banque a même décidé de recruter dans le monde de la restauration», confie Christophe Catoir.

Autre exemple, le secteur du recrutement. Avec la digitalisation des plateformes et l’essor des réseaux sociaux, «si j’organise seulement des rencontres pour les clients et que je joue donc le simple rôle d’intermédiaire, je n’ai plus vraiment de valeur ajoutée aujourd’hui, indique le président France de The Adecco Group. Mon travail consiste de plus en plus à fournir des qualifications professionnelles, à former. C’était inimaginable il y a encore cinq ans».

Un coût financier impossible à chiffrer

Ce sujet, le Medef en fait l’une de ses priorités:

Un plan d’action vient d’être lancé pour sensibiliser, accompagner et déployer des offres aux «compétences de demain» tant pour les dirigeants que leurs collaborateurs. Il reste que le coût de cette transition numérique reste aujourd’hui impossible à chiffrer.

«Nous appelons de nos vœux à un plan de formation massif», insiste Florence Poivey, présidente de la commission éducation, formation et insertion du Medef. Et la chef d’entreprise d’insister: «les entreprises aussi doivent faire des investissements».

Le message est en tout cas envoyé au gouvernement qui entend justement lancer à l’automne un grand plan d’investissement de 15 milliards d’euros sur cinq ans en vue de renforcer «efficacement» les dispositifs de formation professionnelle et les «compétences» des salariés et chômeurs.

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L’affaire qui empoisonne le MoDem

Posté par Les Blogueurs Associés le 21 juin 2017

François Bayrou

Sylvie Goulard, ministre des Armées, a annoncé ce mardi qu’elle ne ferait pas partie du prochain gouvernement. Ce départ est lié à l’affaire dans laquelle le MoDem est soupçonné d’avoir fait payer par le Parlement européen des collaborateurs travaillant en fait pour le seul compte du parti. Celui-ci dément.

Le 7 juin dernier, la justice a recueilli un élément décisif dans l’affaire qui a motivé Sylvie Goulard, ministre des Armées, à annoncer ce mardi son départ du gouvernement pour « démontrer sa bonne foi ». Ce jour-là, un homme présenté comme un ancien collaborateur parlementaire européen de Jean-Luc Bennahmias, à l’époque où celui-ci était un eurodéputé du MoDem, l’accuse de l’avoir rémunéré, avec l’argent du Parlement européen, pour un emploi fictif déclaré auprès de cette institution alors qu’il était un salarié de la formation politique française.

Les faits remontent à l’année 2011. Jean-Luc Bennahmias a démenti cette assertion et a assuré que son détracteur avait bien été son collaborateur parlementaire au sein de l’organisation communautaire, où il aurait eu la charge de sa communication.

Une enquête préliminaire pour « abus de confiance et recel »

Le Parquet de Paris a lancé une enquête préliminaire pour « abus de confiance et recel » pour établir la vérité dans une affaire où désormais une dizaine d’assistants parlementaires européens du MoDem sont cités. Ces personnes sont soupçonnées d’avoir été payées en tant qu’assistants parlementaires européens alors même qu’ils étaient des employés travaillant pour le seul compte du MoDem, au siège du parti.

Plusieurs personnalités du MoDem sont citées dans cette affaire, dont Marielle de Sarnez, récemment élue députée à Paris, numéro deux du mouvement de François Bayrou dont elle est très proche et ministre des Affaires européennes, un poste qu’elle n’est pas certaine de pouvoir conserver à l’issue du remaniement qui doit intervenir ce mercredi.

La justice a aussi été alertée par un autre biais. A la fin du mois de mai, on apprenait ainsi qu’une députée européenne du Front national, Sophie Montel, avait envoyé le 14 mars dernier au procureur de la République de Paris une lettre où elle inscrivait les noms de 19 eurodéputés français et d’une trentaine de collaborateurs européens.

« Je suis contrainte de porter à votre connaissance des éléments attestant que plusieurs élus français au Parlement européen ont à leur service des assistants ayant par ailleurs des fonctions au sein de leur formation politique respective », avait-elle expliqué dans sa missive.

Dans celle-ci, le nom de Marielle de Sarnez, qui avait dans la foulée annoncé qu’elle portait plainte, figurait déjà.

Marielle de Sarnez dans le tourbillon médiatique

Mercredi dernier, le Canard Enchaîné livrait des détails concernant le cas de l’actuelle ministre. Selon l’hebdomadaire, en 2010, elle a embauché comme assistante parlementaire au Parlement européen la secrétaire particulière de François Bayrou. Cette collaboratrice, selon ces mêmes révélations, se serait contentée pourtant de tenir « de temps en temps » l’agenda de Marielle de Sarnez, sans « jamais travailler pour l’Europe ».

Le double emploi de l’ancien collaborateur de Sylvie Goulard pose question

Mais c’est une autre ancienne députée européenne qui a dominé l’actualité ce mardi, en annonçant qu’elle ne reprendrait pas son poste de ministre des Armées, ni aucun autre, au sein du prochain gouvernement. Sylvie Goulard a en effet surpris ses collaborateurs en publiant un communiqué où était notamment consigné.

« Dans l’hypothèse où l’enquête préliminaire visant le MoDem conduirait à vérifier les conditions d’emploi de mes assistants au Parlement européen, je souhaite être en mesure de démontrer librement ma bonne foi et tout le travail que j’y ai accompli ».

Selon des informations de Franceinfo ce mardi, entre 2009 et 2015, Sylvie Goulard a employé, sous la forme d’un trois-quarts temps, Stéphane Thérou comme assistant parlementaire européen. Ce très proche de François Bayrou était pourtant dans le même temps le responsable de la formation des élus. Plusieurs témoins ont avancé que ces deux fonctions étaient peu compatibles.

La ligne du MoDem

Corinne Lepage, ancienne vice-présidente du Modem et députée européenne de cette formation, avait déjà voulu dénoncer la pratique présumée d’une mise à disposition du parti de collaborateurs parlementaires par ses élus européens dans un livre publié en 2014.

Invitée ce mardi sur notre antenne, elle est revenue sur cette période: « J’avais dit que j’avais personnellement refusé de mettre à disposition du MoDem un assistant parlementaire et j’avais dit que je pensais que mes collègues n’avaient pas pu ou pas voulu refuser ».

Corinne Lepage, qui a été entendue comme témoin ce mardi matin par l’office anti-corruption à Nanterre, n’a pas cherché à accabler Sylvie Goulard ce mardi sur BFMTV: « Quand on lui a demandé (de mettre à la disposition du parti un assistant parlementaire) je suppose qu’elle n’a même pas vu le mal ».

De son côté, le MoDem de François Bayrou, garde des Sceaux qui a par ailleurs été épinglé pour s’être emporté au téléphone avec le chef de la cellule d’investigations de Radio France pour une enquête journalistique qui n’avait pas encore été diffusée, a déjà cherché à opposer des arguments au scandale.

Le MoDem, comme le cite Le Parisien, a déclaré avoir respecté « toutes les règles » s’imposant à un employeur, tout en reconnaissant que certains salariés aient pu cumuler un emploi à temps partiel au sein du parti et autre emploi à temps partiel au sein du Parlement européen.

« Rien n’est plus normal et plus légal qu’un tel partage d’activité », a assuré le mouvement.

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Muriel Penicaud: une ancienne DRH au Ministère du Travail

Posté par Les Blogueurs Associés le 18 mai 2017

Muriel Pénicaud

Emmanuel Macron, le chef de l’État, est un libéral ; il l’a démontré avec la loi adoptée en juillet 2015, qui porte son nom. Libéral et social peut-être, mais libéral quand même. Edouard Philippe, son Premier ministre, est un homme de droite: il l’a revendiqué à la passation de pouvoir, le 15 mai dans la cour de Matignon.

Au diable les étiquettes puisque la République en marche, le mouvement du Président, veut débloquer la vie politique en s’affranchissant des vieux clivages. Malgré tout, à la tête de l’exécutif, le social-libéralisme porte à droite. Pour réformer sans délai, contrairement à son prédécesseur, il compte agir par ordonnances, comme l’autorise la Constitution de la Ve République.

Certes, «la situation est unique», a commenté son Premier ministre au lendemain de sa nomination, pour justifier les décisions politiques qui trancheront avec les pratiques passées. Mais l’innovation ne doit pas virer à l’improvisation, encore moins à la provocation.

Vers une loi Travail bis

Parmi les sujets sur lesquels le nouveau Président compte agir sans délai, figure une nouvelle réforme du Code du travail avec pour objectif une décentralisation plus poussée des négociations sociales. C’est la première tâche qui incombera à Muriel Penicaud, qui, dès son arrivée au gouvernement comme ministre du Travail, hérite d’un dossier dégoupillé qui ne demande qu’à exploser.

Ancienne DRH de Danone, la «VRP de la France auprès des investisseurs étrangers» à l’agence publique Business France, Murielle Penicaud doit suivre la feuille de route clairement affichée.

Elle consiste à faire ces fameuses ordonnances à l’été, pour aller plus loin que la loi Travail adoptée l’an dernier, afin que le droit favorise une plus grande flexibilité dans les entreprises, notamment dans l’inversion de la hiérarchie des normes introduite par cette loi.

C’est-à-dire en permettant aux accords d’entreprise de déroger à la loi.

Myriam El Khomri, ministre du Travail du gouvernement de Manuel Valls, déclencha une explosion de colère il n’y a pas plus d’un an lorsqu’elle porta cette loi, obligeant ce-dernier à passer en force à l’Assemblée nationale par le recours à l’article 49.3 de la Constitution.

C’est cette loi qui fut à l’origine du phénomène Nuit debout. Toutefois, le champ couvert par ce texte est limité au temps de travail. Mais Emmanuel Macron n’en a cure: il veut aller plus loin. Son projet vise à étendre cette inversion de la hiérarchie à d’autres aspects de la vie en entreprise, comme les salaires. Provocation ?

Cette loi Travail induit déjà une véritable révolution pour les syndicats. Dans un pays où seulement un peu plus de 8,5% des salariés du secteur privé adhèrent à un syndicat (et 19,4% dans le secteur public), renvoyer la négociation sociale au niveau du terrain implique, pour les syndicats, de développer leur action au sein des entreprises et notamment des PME.

Alors qu’ils sont surtout présents aujourd’hui dans les grandes entreprises, l’administration et au niveau des branches professionnelles. C’est pourquoi cette loi avait déclenché une virulente levée de boucliers syndicale, surtout à la CGT et FO, mais pas à la CFDT qui avait joué le jeu de la décentralisation.

Vers une réduction du chômage ?

Or, cette loi a été promulguée le 9 août 2016, il y a seulement neuf mois. Autant dire que les syndicats n’ont pas eu encore le temps de s’adapter à la nouvelle donne. Et voilà que le nouvel exécutif veut ressortir le même chiffon rouge, en plus grand, avant même que la précédente réforme soit digérée et assimilée.

Cette précipitation pour approfondir la flexibilité pourrait relancer les manifestations et ouvrir un nouveau conflit entre le nouveau gouvernement et les syndicats. Surtout si le dialogue social devait tourner court. D’autant que les avis divergent sur les dispositions à prendre.

Voulant évaluer les effets des leviers réglementaires pour favoriser l’emploi dans le cadre de ses missions d’anticipation pour la période 2017-2027, le comité de réflexion France Stratégie pose surtout des questions sur les conséquences d’une modification du temps de travail, du contrat de travail ou du dialogue social.

Ses travaux furent pourtant orchestrés par Jean-Pisani-Ferry, commissaire général jusqu’en janvier dernier et proche d’Emmanuel Macron au sein d’En marche!. Quant aux économistes en général, ils s’affrontent pour déterminer si l’actuelle loi Travail est de nature ou non à réduire le chômage.

Pas d’unanimité sur le sujet. En outre, les avancées en matière de flexibilité n’ont pas fait preuve jusqu’à présent de beaucoup d’efficacité pour mettre fin aux licenciements et relancer les embauches, comme le démontre la progression du nombre de demandeurs d’emploi pendant le quinquennat de François Hollande.

Certes, dans le projet du candidat Macron, certaines règles fondamentales du droit du travail français, comme le salaire minimum et la durée légale du travail demeureraient du domaine de la loi. Malgré tout, même la CFDT qui avait accompagné la deuxième mouture de la loi Travail, met en garde.

«Nous croyons au renforcement du dialogue social dans l’entreprise, mais pas dans n’importe quelle conditions. (…) Si Emmanuel Macron veut passer à la hussarde, ça ne marchera pas», prévient Laurent Berger à la tête de la centrale, appelant à la concertation pour regarder sujet par sujet ce qui relève de la négociation d’entreprise.

Cerise sur le gâteau, le projet prêté à la réforme de donner aux chefs d’entreprise la possibilité de consulter directement les salariés par référendum –ce qui consisterait à contourner les syndicats– ne peut qu’attiser les tensions.

Le parapluie des acquis sociaux se referme

«Il faut assumer davantage de flexibilité, je n’ai pas peur du mot, pour adapter notre droit du travail aux mutations en cours», avait déclaré Emmanuel Macron au journal Les Echos avant d’accéder à l’Elysée.

Mais, gare à l’atterrissage, si en refermant le parapluie des acquis sociaux, on n’élargit pas en même temps le parachute pour les salariés qui seront poussés hors de l’entreprise par cette nouvelle flexibilité. Or, les propositions semblent assez déséquilibrées.

D’un côté, en plus de la flexibilité, Emmanuel Macron promet une réforme de l’assurance chômage qui sera étendue mais plus contraignante. Il souhaite aussi réintroduire le plafonnement des dommages et intérêts accordés par les prud’hommes en cas de licenciement.

De l’autre, il promet un accès plus large à la formation pour que les demandeurs d’emploi puissent actualiser leurs connaissances et retrouver plus facilement un emploi, en consacrant 15 milliards d’euros supplémentaires (notamment pour les jeunes et les chômeurs de longue durée) afin d’améliorer l’employabilité de chacun.

On aimerait mieux pouvoir évaluer cet équilibre entre flexibilité et employabilité. Car, en ce qui concerne la formation dont personne ne conteste le caractère prioritaire, la problématique n’est pas seulement une question de moyens.

Quel parachute ?

La dépense nationale pour la formation professionnelle continue et l’apprentissage atteint déjà 32 milliards d’euros, relève le ministère du Travail. Mais le système actuel est jugé «excessivement complexe, opaque, impossible à piloter, et ne donne pas aux acteurs les bonnes incitations à développer l’apprentissage là où il est le plus utile socialement», analyse le Conseil d’analyse économique dans une étude de décembre 2014.

Il «aboutit à détourner une partie importante des ressources qui devraient être dévolues à des formations en alternance pour des jeunes peu ou pas diplômés, au profit de formations de l’enseignement supérieur qui se déroulent parfois hors alternance».

Trop d’intervenants, pas assez de coordination, des taxes d’apprentissage affectées à d’autres financements…tous les gouvernements depuis une trentaine d’années, de gauche comme de droite, ont voulu réorganiser et simplifier la formation professionnelle pour une plus grande efficacité.

François Hollande a apporté sa pierre. Mais même si les effets de sa réforme sont jugés plutôt positifs dans un rapport parlementaire de mars 2016, celle-ci n’a pas permis d’enrayer la croissance du nombre de demandeurs d’emploi sur le quinquennat.

Pour les salariés qui sont confrontés à la perte d’un emploi, le parachute n’est pas assez large et ne s’ouvre pas assez vite. L’évaluation, bien sûr, devra être faite sur le long terme. En outre, le nouveau président Macron ne dit pas encore comment il compte améliorer l’efficacité de la formation pour créer un nécessaire équilibre avec la flexibilité du marché du travail.

Or, cet équilibre est un impératif qui ne fut pas respecté lors de la présentation de la loi El Khomri, comme l’a analysé Jacques Attali, un des mentors d’Emmanuel Macron, dans Libération.

Mais, sans cet équilibre, impossible de demander aux salariés d’adhérer à une évolution dont ils seraient les seuls perdants, condamnés avec les licenciements à subir les conséquences de choix stratégiques et économiques dont ils ne sont pas responsables.

Pour Edouard Philippe et l’ancienne DRH Muriel Penicaud dans son dialogue avec une nouvelle génération de leaders syndicaux, telle sera l’erreur à ne pas commettre à nouveau.

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Economie: ce que proposait le candidat Le Maire, ce que devra faire le ministre

Posté par Les Blogueurs Associés le 18 mai 2017

Bruno Le Maire

Bruno Le Maire s’est finalement recyclé auprès d’En Marche. Plus à droite que le président, le nouveau ministre de l’Economie devra défendre des propositions bien plus modérées que ce qu’il avait proposé lors de sa campagne de la primaire à droite.

Baisse des dépenses publiques, réduction du nombre de fonctionnaires, réforme du Code du travail, hausse de la CSG…Le Maire avait axé sa campagne sur plusieurs mesures économiques fortes. Il risque de finir fort frustré, sous les ordres d’un Macron dont le programme, en comparaison, pourrait presque passer pour de gauche.

Sur la CSG, point majeur du programme macronien pour renforcer le pouvoir d’achat, Le Maire devra ainsi faire l’exact inverse de ce qu’il proposait cet automne. Lui qui prônait une «baisse générale de la CSG […] par souci de justice» devra, à l’inverse, mettre en œuvre une hausse de 1,7 point de la contribution sociale généralisée.

Sur la réduction des dépenses publiques, le ministre alors candidat prévoyait une baisse de 80 à 90 milliards d’euros. La tâche sera moins ardue avec Emmanuel Macron, qui reste dans la continuité de ce qui a été proposé sous Hollande, à savoir une diète de 60 milliards en cinq ans. Soit 30% de moins.

Sur la baisse du nombre de fonctionnaires, Le Maire risque là aussi d’être déçu. Alors qu’il voulait supprimer 500 000 postes, il devra finalement se satisfaire de la suppression de 120 000 emplois.

Celui qui assurait mettre en place une réforme par ordonnance pour repousser à 65 ans l’âge de départ à la retraite devra finalement se contenter du statu quo: son président a prévu de le maintenir à 62 ans. Ils se rejoignent toutefois sur la fin des régimes spéciaux: Macron a prévu d’aligner le public sur le privé.

Concernant l’assurance chômage, Bruno Le Maire voulait carrément privatiser Pôle emploi. Le nouveau président de la République, lui, n’a rien proposé de moins que d’étatiser l’Unédic. Il prévoit aussi d’étendre les droits à l’assurance chômage, mais en suspendant les allocations si le demandeur refuse deux offres d’emploi. Les deux s’accordaient sur les dysfonctionnements du système…pas vraiment sur les moyens d’y remédier.

Ils se rejoignent un peu, en revanche, sur la réforme du travail, puisque Le Maire comptait lui aussi libéraliser le marché du travail grâce à une ordonnance sur le dialogue social, dans laquelle il souhaitait «consacrer la primauté de l’accord d’entreprise sur l’accord de branche».

Mais sur les 35 heures, Le Maire prévoyait «d’adapter le temps de travail à la compétitivité des entreprises, en sortant du dogme des 35 heures», alors que Macron a promis qu’il ne toucherait pas à la durée légale du temps de travail. Ils pourront toutefois peut-être trouver un terrain d’entente, puisque le président a expliqué que «les horaires effectifs ou l’organisation du travail seront négociés au plus près du terrain», par des accords d’entreprises.

Sur la fiscalité, et alors qu’il souhaitait supprimer l’impôt sur la fortune (ISF), Le Maire devra faire avec la «réforme en profondeur» proposée par Macron. C’est-à-dire avec un ISF réduit à l’impôt sur la fortune immobilière (IFI), qui ne s’appliquera pas aux investissements «dans l’économie réelle», mais continuera d’exister malgré tout.

Macron va plus loin et se droitise par rapport à Le Maire sur un point: la défiscalisation des heures supplémentaires (mise en place sous Sarkozy et supprimée par Hollande), non évoquée par le ministre de l’Economie lors de sa campagne pour la primaire. Les deux pourront toutefois trouver un terrain d’entente sur quelques sujets.

Ils se rejoignent tous les deux sur le Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE), qu’ils veulent remplacer par une baisse de cotisations patronales, et sur le Régime social des indépendants (RSI), qu’ils comptent supprimer.

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