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Réformes Macron: les patrons, aussi, sont sur leurs gardes

Posté par Les Blogueurs Associés le 17 mai 2017

Réformes Macron

Les syndicats s’inquiètent d’un passage à la hussarde de la part du gouvernement, pour réformer le droit du travail notamment. Pendant ce temps-là, que font les patrons ? Ils se frottent les mains ? Eh bien non.

Car si la nouvelle figure aux commandes de l’Etat n’est pas pour leur déplaire – Emmanuel Macron est quand même le premier président de la République à avoir dit dans son discours d’investiture qu’il entendait libérer l’entreprise -, ils savent que la partie est loin d’être gagnée. Par ailleurs, tout ne leur convient pas, dans ce qui se profile.

« Que le ministre du Travail organise des consultations, demain, avec les partenaires sociaux, avant que des ordonnances soient prises pour réformer le marché du travail, c’est bien, mais si c’est pour s’engager dans une voie de négociations qui n’aboutit à rien, comme on l’a vu avec la loi Travail, cela ne sert à rien. »

Les PME ont peur d’être encore une fois oubliées

La CPME reste globalement amère en ce qui concerne la loi El Khomri. Elle a toujours estimé que les petites entreprises avaient été oubliées. Elle rappelle souvent qu’il est bien beau d’encourager la négociation d’entreprise…quand dans les TPE et PME, dépourvues de représentants du personnel, il est impossible de passer des accords, sauf à passer par le mandatement syndical.

« Les petites entreprises ne sont pas des grandes entreprises en modèle réduit », a-t-elle tenu à rappeler, dans la foulée de la nomination d’Edouard Philippe, attendant dans le gouvernement en formation des profils connectés au terrain. La CPME espère une réglementation en phase avec la taille de ses entreprises.

Elle milite aussi de longue date sur quelques mesures rassurantes, au-delà du plafonnement des indemnités dues par l’employeur en cas de licenciement abusif prévu au programme de Macron. Comme la réduction des délais pendant lesquels un salarié licencié peut se pourvoir aux prud’hommes, ou encore la fin des condamnations de l’employeur pour vice de procédure, quand le licenciement est, sur le fond, de bon droit.

L’U2P n’est pas du tout certaine non plus que son cahier de doléances sera respecté en matière de droit du travail. L’organisation d’artisans et de professions libérales rappelle elle aussi que le plus important sur ce sujet est de « décomplexifier » la norme pour les toutes petites entreprises.

« Il faut créer des règles de base très simples applicables par celles-ci, et ajouter, par-dessus, des spécificités pour les plus grandes entreprises, et non l’inverse », implore Alain Griset, son président.

Assurance chômage: la crainte de ne plus être aux manettes

Du côté du Medef, même si les mots sont doux envers Emmanuel Macron – selon Pierre Gattaz, il aurait jusqu’ici fait « un sans-faute » – pas question de se laisser aller à un enthousiasme béat. « Nous sommes dans une bienveillance mais très vigilants et très exigeants », a indiqué le patron de Radiall le 16 mai.

La méfiance est notamment de mise concernant la réforme de l’assurance-chômage. Certes, après avoir parlé de nationalisation de l’Unedic, les équipes d’Emmanuel Macron ont adouci leur discours, employant plutôt le terme de tripartisme, avec un pilotage du régime par l’Etat.

Reste que le mot laisse place à tous les fantasmes, avec un rôle dévolu aux partenaires sociaux plus ou moins mineur. A ce sujet de la gouvernance s’ajoute celui du financement du régime et même, de sa philosophie générale.

L’universalisation évoquée, avec l’ouverture des droits aux indépendants et aux démissionnaires, ne va-t-elle pas se faire au détriment des salariés perdant leur poste ? Le système est-il voué à embrasser totalement une logique universelle ou va-t-il conserver une part de logique assurantielle ?

Autant de questionnements qui agitent le Medef, lequel ne trouve pas très cohérent que seules les cotisations côté salarié soient supprimées pour être remplacées par l’impôt, tandis que les cotisations patronales demeurent.

Des mesures et un chiffrage qui coincent

Le Medef est par ailleurs toujours radicalement opposé au système de bonus-malus défendu par Emmanuel Macron dans le but de décourager la signature de contrats très courts. Il estime que cela pourrait pénaliser fortement des secteurs comme l’hôtellerie-restauration, où les salariés ne seraient d’ailleurs pas demandeurs de contrats plus longs comme des CDI à temps partiel, satisfaits de percevoir des allocations chômage dans les périodes creuses entre leurs contrats courts.

A la CPME, c’est l’instauration d’une assurance chômage obligatoire pour les indépendants qui coince. « Nous ne sommes pas demandeurs !, s’insurge François Asselin. Les dirigeants ont déjà la faculté de se protéger s’ils le souhaitent, via la GSC. »

A l’U2P, aussi, on s’inquiète du financement de ce nouveau risque chômage. « Si on nous fournit une prestation qui ne nous coûte rien, on est preneurs, résume Alain Griset, le président de l’Union, mais je ne crois pas à l’instauration de ce droit sans hausse de cotisations. Je ne vois pas comment on pourrait financer cette protection avec seulement 1,7 point de CSG. Il manque une donnée dans l’équation. »

Toutes les organisations patronales, sans exception, émettent des doutes sur le chiffrage des équipes Macron. Et réclament rapidement des éclaircissements.

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Publié dans Economie, Emploi, Finance, Industrie | Commentaires fermés

Emmanuel Macron a des privatisations dans ses cartons

Posté par Les Blogueurs Associés le 10 mai 2017

Emmanuel Macron

S’il y a un domaine qu’Emmanuel Macron connaît bien ce sont les participations de l’État dans les entreprises. Le futur président de la République les avait scrutées comme banquier chez Rothschild avant de les gérer lorsqu’il était ministre de l’Économie.

Lors de son arrivée à Bercy, à l’automne 2014, il avait annoncé la cession de 10 milliards d’euros d’actifs publics. Il a notamment privatisé les aéroports de Toulouse, Lyon et Nice pour 2 milliards et vendu ses 13% dans Peugeot à la Banque publique d’investissement (BPI) pour près de 2 milliards.

Enfin, il a vendu pour 2 milliards d’euros d’actions Safran et s’est également allégé dans Engie et Orange.

Mais surtout, Emmanuel Macron a validé les investissements de 7,5 milliards d’euros pour recapitaliser EDF et Areva. Il avait aussi investi 1 milliard d’euros pour monter au capital de Renault. Une participation de 4,9% qu’il avait promis de revendre, ce qui n’a toujours pas été fait.

Les privatisations

Des privatisations, il y a en aura peu car l’État contrôle peu d’entreprises publiques. Exit les tabous comme La Poste, SNCF, la RATP, EDF ou Areva. En revanche, après avoir privatisé les aéroports de province, nul doute que le président de la République engagera la privatisation de Paris Aéroport dont l’État détient 51%.

Selon plusieurs sources, il avait déjà étudié ce projet en 2015. Il avait tenté de l’introduire dans la « loi Macron » car l’opération nécessite un changement d’ordre législatif. Finalement, le Premier ministre Manuel Valls s’y était opposé. Au sein du groupe qui gère Roissy et Orly, on s’attend sans nul doute à ce que cette opération soit menée durant le quinquennat.

Autre sujet qui arrivera vite : DCNS. L’État contrôle 63% du constructeur naval aux côtés de Thales. Son patron Hervé Guillou milite depuis un an pour un rapprochement avec l’italien Fincantieri, avec qui il vient d’entrer au capital des chantiers de Saint-Nazaire.

Selon nos informations, Emmanuel Macron était favorable à cette opération qui pourrait permettre à l’État de descendre au capital, peut-être sous le seuil majoritaire de 50%. Bercy avait d’ailleurs étudié cette option en fin d’année dernière. Le patron de DCNS remettra le sujet sur la table dans les prochains mois.

Enfin, la privatisation de la FDJ (Française des Jeux) est un serpent de mer qui reviendra nécessairement. Cette opération est régulièrement évoquée depuis près de dix ans ! Emmanuel Macron et son administration, l’Agence des participations de l’État (APE) l’avaient envisagée fin 2014, lorsqu’il était ministre de l’Économie. Mais il s’était heurté à un blocage sévère de Christian Eckert, le secrétaire d’État au Budget. En tant que percepteur de taxes, la FDJ est en effet sous sa tutelle.

Ventes de participations

Ministre, Emmanuel Macron prévoyait aussi d’utiliser la loi Florange pour vendre des participations de l’État tout en maintenant son influence dans les entreprises grâce aux droits de vote double. C’est notamment le cas chez Engie dont l’État détient 29%. Il pourrait descendre jusqu’à 20% du capital tout en conservant ses pouvoirs actuels.

Emmanuel Macron a toujours déclaré qu’il considérait que l’État était trop investi dans le secteur de l’énergie, d’autant plus depuis les sauvetages d’EDF et d’Areva. La participation dans Engie diminuera donc inévitablement durant le quinquennat.

Il envisageait aussi de le faire chez Orange où l’État et la Banque Publique d’Investissement (BPI) détiennent ensemble 23%. Il pourrait vendre jusqu’à 3% du capital sans perdre la minorité de blocage en assemblée générale. La perspective d’un rapprochement avec Bouygues, envisagé à deux reprises en deux ans, pourrait le pousser à attendre.

Même si Emmanuel Macron a toujours compté sur le rôle de l’État en tant que régulateur pour peser sur le secteur des télécoms. Ce qui pourrait lui permettre de vendre encore un peu plus d’actions détenu par l’État.

Dans les secteurs réglementés comme l’énergie, les télécoms, ou dans les infrastructures, la doctrine « macronienne » est claire : l’État n’a pas besoin de conserver d’importantes participations dans les entreprises. Il peut y exercer son influence à travers la régulation et la règlementation. C’était notamment dans cette optique qu’il avait mis en place l’autorité de régulation des activités ferroviaires et routières (Arafer).

Arbitrages politiques

Alstom est le premier dossier industriel qu’Emmanuel Macron devra trancher. Suite au rachat par General Electric de la division énergie en 2014, l’État a emprunté 20% du capital d’Alstom détenu par Bouygues. En octobre prochain, il devra décider s’il rachète ses titres ou s’il les rend à son actionnaire historique.

Lorsqu’il était à Bercy, Emmanuel Macron ne faisait pas mystère que cette situation avait été décidée par son prédécesseur Arnaud Montebourg et qu’il n’y était pas favorable. Peu de chance qu’il choisisse de dépenser 1,3 milliard d’euros pour rester dans une entreprise qui se porte bien.

Pas sûr pour autant qu’il acte d’une sortie totale d’un fleuron industriel qui risquerait d’être racheté par un groupe étranger. Peut-être mettra-t-il en œuvre sa doctrine favorite, la loi Florange ? Elle permet l’attribution de droits de vote double pour les actionnaires de long terme, donc l’État. Emmanuel Macron avait imposé au groupe Bouygues d’appliquer cette disposition chez Alstom.

Surement pour en profiter plus tard. L’État pourrait ainsi racheter seulement 10% du groupe pour maintenir son représentant au conseil d’administration. Si ses promesses de ministre l’engagent à l’Élysée, Emmanuel Macron devrait aussi revendre La participation de l’État dans Renault.

Bercy promet que ce sera fait comme il l’a promis à Nissan, l’autre grand actionnaire du constructeur français. Pourtant, cela traîne depuis un an et demi. Seul problème : les titres ont été acquis à un cours élevé, en avril 2015: autour de 90 euros. « Nous avons eu trois fois l’occasion de revendre avec une plus-value, nous confiait récemment une source à Bercy ».

« Mais comme l’État siège au conseil d’administration, nous ne pouvons pas vendre quand nous le souhaitons. C’est très réglementé ». Ces trois « fenêtres » correspondaient à des périodes précédant des conseil d’administration pendant lesquelles l’État ne pouvaient pas vendre ses titres. Et quand il le pouvait, le cours de Bourse de Renault avait à nouveau baissé.

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Quand le drapeau noir flotte sur la marmite

Posté par Les Blogueurs Associés le 1 janvier 2017

Saint Tropez

Ah, Saint-Trop ! Ses milliardaires russes en goguette, ses peoples à paillettes, ses yachts opulents qui gâchent la vue, ses bimbos en microshort insolent, ses soirées au luxe indécent…La crise ? Ici, on ne connaît pas !

Qu’y a-t-il de si merveilleux à étouffer sur une terrasse que le store rouge écarlate transforme en véritable étuve quand le soleil tape ? Attablé au fameux café Sénéquier, c’est bien la question que le néophyte peut se poser.

Dans le village le plus célèbre de France, le va-et-vient des Ferrari et des 4 x 4 aux vitres teintées rend l’atmosphère difficilement respirable, et le prix des consommations (16 € le demi de bière) n’est pas un réconfort. 

Il paraît que le paysage est charmant, qu’il a inspiré le peintre Paul Signac et bien d’autres artistes à sa suite. Simone Duckstein, la patronne de l’Hôtel de la Ponche, un quatre-étoiles qui était autrefois un bar de pêcheurs, l’affirme sans ciller : « Le village est toujours le même. »

« Les gens sont en quête de la même beauté et du même bonheur, et ils le trouvent. Karl Lagerfeld vous dirait la même chose que moi. » Si Karl Lagerfeld le dit, c’est que cela doit être vrai. Seulement voilà : en été, on n’y voit plus rien.

Les yachts qui dépensent entre 2 500 et 3 400 € par jour pour mouiller à Saint-Trop érigent un mur d’opulence clinquante entre le quidam et la mer. Ils n’ont le droit de rester que trois nuits, mais il faut croire qu’ils sont nombreux, car le roulement est assuré sans problème.

Le soir venu, ils offrent au bas peuple le spectacle de quelques bimbos siliconées qui se trémoussent sur le pont au rythme d’une soupe dance que l’on croyait disparue avec les années 90. 

Sur le port, la mode est au microshort pour les femmes, quel que soit l’âge des jambes qu’elle dévoile, et au microchien, qui ne foule jamais le sol de ses pattes. Il se porte sous le bras de Monsieur ou de Madame ; s’il souffre trop de la chaleur, on peut aussi trimbaler Toutou à l’ombre d’une poussette spécialement conçue pour lui.

Chez les hommes, la nuque longue blond décoloré est très prisée, et les lunettes fumées font fureur. Déception de taille : aucune célébrité pour venir satisfaire la curiosité des clients assis en rang d’oignons face au quai. Var-Matin annonce bien la présence de quelques footballeurs, dont le Brésilien Ronaldo, mais il batifole à l’abri des regards. 

Les grands patrons, Bernard Arnault, Vincent Bolloré, Martin Bouygues ou encore François Pinault, restent perchés dans leurs villas, tout comme le producteur de télévision Stéphane Courbit ou le couturier Daniel Hechter.

Ce n’est pas demain la veille qu’on verra les têtes couronnées habituées du coin, comme la famille Casiraghi, prendre un café sur le port. «On n’a plus les grandes stars, affirme une commerçante née à Saint-Tropez; Il peut y avoir quelques mannequins, des sportifs, des gens de la télé-réalité, mais les vrais talents, c’est terminé.»

Saint-Tropez

Pour se consoler, on peut s’adonner au jeu des «presque people» : ici, cela pourrait être Miou-Miou avec dix ans de plus. Un peu plus loin, Gilbert Montagné, en plus grand et sans piano, et, à côté, Patti Smith qui se serait endormie sur la plage. Et là-bas, le présentateur Arthur, en un peu plus empâté qu’à la télé. Ah non, lui, c’est le vrai ! C’est ça, Saint-Tropez ? Vraiment ?

Le menu posé sur la table se charge de remettre les points sur les i : «Sénéquier a 128 ans», lit-on sur la couverture. Cent vingt-huit ans au cours desquels nous ont précédés Colette, Juliette Gréco, Marcello Mastroianni, Johnny Hallyday, Romy Schneider, et même Carlos !

Seize euros et du gaz d’échappement pour un morceau de légende, ce n’est pas si cher payé. Inutile de se fatiguer à se faire une opinion : Saint-Tropez, c’est un «mythe», un point, c’est tout.

A chaque instant, la ville multiplie les signes qui rappellent son prestige d’antan. Les mots «légendaire» et «historique» reviennent sans arrêt, comme pour forcer le respect du visiteur circonspect. 

Impossible de faire dix pas dans Saint-Tropez sans croiser l’icône des icônes : Brigitte Bardot.

Ou plutôt son image figée sur des photos datant de l’époque où la bombe anatomique était la plus belle femme du monde. Les bars, restaurants et échoppes en tous genres qui affichent sa moue boudeuse pour attirer le chaland doivent être reconnaissants que la version 2015 ait décidé de vivre recluse dans sa maison.

Une quasi-octogénaire amie des bêtes autant que du Front national risquerait de brouiller le souvenir consciencieusement entretenu de la femme-enfant déambulant pieds nus dans les ruelles.

«Mon Saint-Tropez est mort, et moi, je ne vais pas tarder, confiait-elle à Paris Match il y a cinq ans. Cette ville que j’ai aimée est devenue une gigantesque boutique de luxe pour milliardaires.»

Peu importe que la vraie Bardot porte aujourd’hui un regard très sévère sur le village : les images ont l’avantage d’être muettes, et BB continue malgré elle à façonner celle de Saint-Tropez.

Même l’office de tourisme s’est laissé aller à mettre un portrait d’elle datant de janvier 1968 en couverture de son magazine.

Parfum des années yé-yé 

Le peintre local, le bien nommé Sasha de Saint-Tropez, en a tout simplement fait son fonds de commerce. Il vend des toiles où s’étale le visage de Brigitte sous tous les angles : Brigitte regarde à gauche, à droite, Brigitte avec une cigarette aux lèvres et une mèche de cheveux qui lui vole dans les yeux, Brigitte avec un chapeau…(…)

Elle se décline dans toutes les couleurs et dans tous les formats, pour un résultat à mi-chemin entre Roy Lichtenstein et Andy Warhol (mais encore très loin de l’un comme de l’autre).

C’est aussi un ersatz de Bardot que l’on retrouve dans la dernière publicité Dior. Avec pour toile de fond un Saint-Tropez idéalisé au parfum des années yé-yé, une jeune femme à la longue chevelure blonde ensorcelle les hommes en dansant sur les tables.

Aucun doute, la nostalgie fonctionne à plein tube. Le problème, c’est que toutes ces images d’Epinal commencent à dater. Même Eddie Barclay, qui chaque année organisait une fastueuse «soirée blanche» dans sa villa du Cap, est mort il y a déjà dix ans.

Du coup, on arrange un tournoi de pétanque sur la place des Lices en hommage au producteur de musique, on habille quelques filles à la mode sixties, avec fichus dans les cheveux et jupes aux genoux.

L’humoriste Stéphane Collaro et le présentateur télé Patrice Laffont ont fait le déplacement pour l’occasion, et l’organisatrice du concours a promis de faire un don à la Maison des platanes, la maison de retraite où résident désormais pas mal des anciens boulistes qui jouaient avec Eddie.

Partout, on trouve des références au bon vieux temps

Un joyeux drille grimé en Louis de Funès dans le Flic de Saint-Tropez amuse les passants en les interpellant avec son sifflet. Ceux qui se souviennent du film expliquent la référence à leurs enfants dubitatifs, occupés à s’étaler de la crème glacée du front au menton.

Même les photos de Daniel Angeli, le paparazzi qui restait en planque pendant des heures pour voler quelques clichés de Bardot barbotant devant chez elle, sont aujourd’hui adoubées par l’office de tourisme qui a inauguré début juillet une exposition gratuite dans l’enceinte de l’hôtel Byblos.

Le photographe lui-même ne vient plus à Saint-Tropez depuis au moins neuf ans, mais il s’est tout de même déplacé pour le vernissage. L’objectif est clair, il s’agit de rappeler que le village a une histoire, qu’il a attiré de grands noms de la littérature, du cinéma et de la musique.

Bref : Saint-Tropez, ce n’est pas seulement «ça», comme le souffle une Tropézienne en désignant avec dédain les yachts, les frimeurs et la foule, qui peut atteindre 100 000 personnes par jour en haute saison. «Ça» ?

Le changement auquel les habitants assistent, impuissants, depuis que le petit port est victime de son succès. Les enseignes de luxe ont colonisé les rues du village : en sortant du Monoprix, on tombe désormais sur Chanel.

La célèbre maison de macarons Ladurée vient de terminer ses travaux. Gucci, Fendi, Dolce & Gabbana, Mauboussin, Breitling : la liste des boutiques faisant désormais partie du paysage est aussi longue que l’embouteillage à l’entrée de la ville.

Une vitrine pour les marques 

Un peu plus loin, c’est Dior qui a investi une maison de plusieurs étages et son jardin, où se tiennent de somptueux dîners réservés aux meilleurs clients. «LVMH est en train de faire du village une vitrine de ses marques», accuse un commerçant.

En dehors de l’incontournable Louis Vuitton, Sephora vient en effet d’ouvrir une boutique, de même que la marque de maquillage Make Up For Ever, qui appartient également au groupe. Depuis quelque temps, LVMH est aussi l’heureux propriétaire de l’hôtel White 1921, situé place des Lices.

«Le problème, c’est qu’il y a de moins en moins de commerces de bouche, explique un médecin vivant à Saint-Tropez depuis trente-cinq ans. La dernière droguerie est en passe d’être vendue. L’année prochaine, il ne restera plus qu’une seule boucherie.»

«Si Bernard Arnault rachète tout, comment va-t-on faire ?» Manger du cuir tanné, peut-être ?

Une esthéticienne dans un hôtel de luxe à Saint-Tropez empoche en tout 3 000 € par mois, deux fois et demie le salaire d’une consoeur «de la ville». Il faut parfois avoir le coeur bien accroché, comme le raconte une jeune masseuse.

«L’année dernière, je travaillais au Spa d’un grand hôtel. Il y a des clients qui demandent facilement une petite turlute à la fin du massage. Le problème, c’est quand une fille accepte de le faire et que le management ferme les yeux…»

Dans les vrais hôtels de luxe, normalement, on veille à la bienséance.

Un saisonnier raconte par exemple comment un animateur vedette du service public a été «blacklisté» pour avoir joué au petit bonhomme en mousse avec sa compagne sur le balcon de sa chambre, offrant une vue imprenable à un autre public : les clients installés au bord de la piscine.

Pour ce genre de frasques, c’est sur les plages de Pampelonne qu’il faut aller

Là-bas, à peine 5 km plus loin que le centre de Saint-Tropez, pas de problème, tous les excès sont tolérés. S’y retrouvent ceux qui aiment étaler leur réussite financière… jusqu’à l’outrance.

Tout le monde a encore en tête cette fameuse soirée de 2009, soit un an après le début de la crise, où 1,2 million d’euros ont été dépensés dans la boîte de nuit de Jean Roch, le VIP. Il s’agissait d’une «battle» entre deux milliardaires, l’un pakistanais, l’autre malaisien.

On entend par là le concours de celui qui paiera la facture de champagne la plus lourde : le jeu est très répandu à Saint-Tropez, et il se pratique à toute heure. La nuit, aux Caves du roy et au VIP, et le jour, sur la côte, les pieds dans le sable.

Les jet-setters

La Voile rouge n’a pas ouvert cette année (lire l’encadré ci-dessous), mais les riches peuvent se consoler au Nikki Beach ou à la plage des Palmiers. A 13 heures, les clients sont encore sagement assis autour des tables.

Mais déjà la musique assourdissante rend les conversations superflues ; c’est plutôt l’alcool qui crée du lien, les bouteilles défilent les unes après les autres. Une jeune brindille aux cheveux blonds passe entre les tables en tenue très légère, souriante : elle présente les vêtements qui sont vendus à la boutique de la plage.

De temps en temps, la musique s’interrompt pour laisser retentir celle du film Star Wars : des serveurs accourent vers une table en brandissant une bouteille, des feux de Bengale crépitent pour attirer l’attention de tous.

Cela signifie qu’un client vient de dépenser 20 000 € en champagne. Quand la bouteille est remise à l’heureux commanditaire, les habituées protègent leur Brushing en s’éloignant de quelques mètres, au cas où il déciderait de doucher ses invités.

Au cours d’un après-midi banal, le cérémonial intervient une dizaine de fois.

Mais le déjeuner n’est vraiment réussi que lorsqu’une femme en short à paillettes, bien faite de préférence, monte sur la table, dégageant d’un coup de talon aiguille les plats de homards auxquels personne n’a touché, et se met à danser comme si sa vie en dépendait.

Luxe et bienséance 

En ce jour de juillet 2015, le client le plus riche «pèse» 20 milliards d’euros : un autre monde. Un monde dans lequel on n’aime ni la presse ni les Français ; la clientèle vient surtout des pays de l’Est, Russes et Bulgares en tête. Il paraît qu’ils sont moins pinailleurs et plus dépensiers.

« J’ai essayé l’Espagne, la Sardaigne, chaque fois c’est ici que j’ai envie de revenir, explique une ancienne mannequin bulgare, marié à un nabab industriel. Les meilleurs vins sont ici, les plus beaux paysages aussi, la gastronomie est la meilleure au monde… Pourquoi voulez-vous qu’on aille ailleurs ? »

Cet engouement de la clientèle de l’Est pour Saint-Tropez n’est pas sans déclencher quelques élans discriminatoires. «Dès qu’il y a plus de dix Russes autour de la piscine, les autres clients commencent à râler», confirme un plagiste.

«Nous, on vient tous les ans, dit un garçon de 12 ans croisé sur le port. Mais, maintenant, il y a vraiment trop de Russes.»

Certains restaurants se permettent aussi quelques fantaisies. Un couple flamand raconte par exemple qu’un serveur leur a apporté une carte aux prix outrageusement élevés, avant de s’excuser en s’apercevant de sa méprise : «J’ai cru que vous étiez russes ! Je vous ai apporté leur menu !»

Les intéressés commencent à comprendre qu’ils sont pris pour des pigeons un peu plus souvent que les autres. «C’est agaçant de payer 250 000 € par mois pour une villa, et de s’apercevoir en arrivant que la clim est cassée».

«J’ai dû la réparer à mes frais», raconte l’un d’eux, chemise blanche ouverte sur un torse glabre, barreau de chaise dans la bouche. Même s’il s’inquiète de «l’arrivée au pouvoir des socialistes en France», ces broutilles ne l’ont pas découragé : il cherche désormais à acquérir une propriété dans la région.

Car la force et la faiblesse de Saint-Tropez, c’est qu’il reste, malgré tout, l’un des plus beaux lieux au monde ; il suffit de s’éloigner un peu du tumulte du port pour se retrouver dans des ruelles encore pittoresques.

Un petit effort de plus, une marche d’une trentaine de minutes sur le sentier littoral : le paysage est à couper le souffle et les odeurs de pins chauffés par le soleil sont enivrantes.

Le défi de Saint-Tropez, c’est évidemment de préserver ces instants-là. Le maire, Jean-Pierre Tuveri, s’est donné pour mission de soigner les infrastructures et de revoir l’événementiel.

Deux musée ouvert en 2013, dont l’un dans la citadelle offre une vue imprenable sur le golfe. Une autre initiative, Les Nuits du château de la Moutte, propose des concerts de musique classique et de jazz sur la plage à des tarifs accessibles à un très large public.

Ironie symptomatique de l’air du temps : les habitués appellent ce festival où les spectateurs sont assis côte à côte sur la même plage «l’anti-Saint-Tropez».

Inexorablement, le quotidien des Tropéziens se complique

Les infrastructures dédiées aux enfants sont rares, et une classe de maternelle sautera encore à la rentrée. Résultat, le village peine à retenir ses habitants.

Ceux qui héritent d’un toit n’ont pas toujours les moyens de s’acquitter des droits de succession, d’autres succombent à des petits mots laissés dans leur boîte aux lettres leur proposant 30 millions d’euros pour leur appartement.

Le dernier recensement décomptait 5 400 habitants. Un chiffre qui n’est pas crédible, selon Alain Spada, conseiller général du Var et ancien maire de Saint-Tropez : «Tous ceux qui n’ont pas envie de faire de la figuration quand le village est mort vont travailler ailleurs. Il ne doit pas y avoir plus de 2 500 personnes en hiver.»

«Dès le lendemain de la braderie [qui a lieu en octobre et qui permet aux commerçants d'écouler leurs stocks], toutes les boutiques ferment, sauf Hermès ! explique une locale. C’est un peu triste, on peut être huit en tout et pour tout aux terrasses des cafés qui sont bondées en été.»

Charlotte Angeli tient l’une des dernières boutiques originales de Saint-Tropez, où l’on trouve notamment des grenouillères pour adultes et des chaussures en carton. «Quand j’étais petite, on pouvait rapporter de Saint-Tropez des créations qu’on ne trouvait nulle part ailleurs, c’est pour ça que j’ai voulu faire ce concept-store un peu fou-fou, explique la jeune femme.

Mais c’est comme ça désormais, il n’y a plus que le luxe qui marche ! On est à un changement d’époque, Il n’y a plus de classes moyennes.» Plus de classes moyennes en effet, mais des très riches d’un côté et, de l’autre, des pas riches du tout qui viennent passer l’après-midi à les reluquer.

Et il y a de quoi faire, entre le défilé hallucinant de Maserati, de Porsche et de Lamborghini, le ballet des hélicoptères au-dessus de la baie des Canebiers et les yachts à plusieurs millions d’euros.

Des navettes proposent pour 14 € en moyenne une sortie en mer pour apercevoir de loin les villas des célébrités. On y va en famille : on tartine papy de crème solaire avant le départ, on recommande à la petite Chanel (si, si) qui court sur le pont d’être prudente, et la joyeuse excursion voyeuriste peut commencer.

On admire la villa de Mohamed al-Fayed «où Lady Di a passé ses dernières vacances». Celle de l’homme d’affaires Tony Murray, qui a fait fortune dans les extincteurs. La voix du haut-parleur commente : il possède 21 villas comme celle-là, et pas moins de cinq yachts.

On passe devant la résidence de la famille Opel, puis devant la bicoque de 2 000 m2 d’Olivier Mitterrand, neveu de François. On explique qu’il a dû détruire une extension de 600 m2 qu’il avait fait construire sans permis : les passagers du bateau se marrent, tout en réglant le zoom de leur appareil photo au maximum.

Viennent ensuite les lieux des tournages avec Alain Delon et l’éternelle Brigitte, dont on aperçoit la maison. Et enfin les studios de «Sous le soleil», la série française la plus vendue à l’étranger, dont la découverte provoque quelques piaillements d’adolescentes à l’arrière, suivis d’une interprétation très personnelle du générique.

Si c’est le film de Roger Vadim, Et Dieu… créa la femme, qui a fait exploser la notoriété du lieu en 1956, il faut imaginer qu’aujourd’hui la ville accueille entre 190 et 240 équipes de production par an. Forcément, ça attire du monde.

Les salaires y passent

Mais une chose est sûre : chacun reste à sa place. Les fêtes brassant toutes les catégories sociales qui avaient fait la réputation de Saint-Trop sont bel et bien révolues. Pour Simone Duckstein, de l’Hôtel de la Ponche, elles n’ont même jamais existé.

« Mais ce n’est pas vrai ! C’est un mythe ! dit-elle, en tapant ses bagues en or sur la table avec vigueur. »

« On ne rentrait pas comme ça dans les soirées privées ! On disait même que les dîners de Barclay étaient payants. C’est du délire ! Autour du piano mécanique chez Palmyre, c’est vrai qu’il y avait des pêcheurs, mais enfin il y avait déjà des soirées privées auxquelles ils n’allaient pas ! »

Un habitué des lieux, propriétaire d’une magnifique villa sur les hauteurs de Ramatuelle depuis une trentaine d’années, reconnaît volontiers que ses fastueuses réceptions étaient beaucoup plus accessibles il y a une quinzaine d’années.

« J’invitais tout le monde, des gens rencontrés il y a cinq minutes, des riches, des pas riches…(…) Plus personne ne fait ça maintenant, on a peur…Du jugement, des vols…» Pourtant, vingt-quatre caméras surveillent le centre-ville depuis cinq ans, et les incidents sont rares.

Si les propriétaires des villas des collines alentour ont tendance au repli, c’est sans doute parce qu’ils sentent que leur opulence attise des jalousies, surtout à une époque où, ont-ils entendu dire, sévit une crise économique d’une certaine ampleur.

L’ambiance s’est tendue, et, du côté des saisonniers, le mélange des populations est un lointain souvenir. « Les riches restent entre eux, dans leurs villas ou dans des endroits très sélect, explique Célia, qui travaille dans un grand hôtel. »

« On peut y aller, aux Caves du roy, mais il faut se déguiser en riches ! Une fois j’ai essayé de rentrer en jupe, en jean, c’est impossible. Il m’arrive de croiser des clients, mais la différence, c’est qu’ils paient 7 000 € pour une table, alors qu’on ne peut se payer qu’un ou deux verres, maximum. »

« Ceux qui veulent flamber avec eux dépensent tout leur argent en trois jours, c’est super dangereux. » « Avant, les saisonniers étaient invités dans les fiestas, c’était bon enfant », se souvient le concierge d’un palace.

« Ensuite, ils se sont mis à dépenser leurs pourboires. Maintenant, ce sont leurs salaires qui y passent. » Car un plagiste gagne environ 1 400 € par mois, soit moins de un dixième du prix de la bouteille de Cristal de Roederer qui fait fureur à l’hôtel Byblos.

«Il ne faut pas y penser, sinon tu deviens fou», dit un serveur. Avec les pourboires, et le black parfois, les saisons restent très lucratives pour ceux qui gardent la tête sur les épaules.

Saint Tropez(1)

LES COMMANDEMENTS POUR SURVIVRE À SAINT-TROPEZ

Aux alentours, tu t’échapperas

La star, c’est elle, mais ses voisines Ramatuelle et Gassin – plus cachées – ont des atours tout aussi beaux. Parmi les pépites de ces villages, le Festival de Ramatuelle (du 31 juillet au 11 août), shoot de culture dans un océan de superficialité, vaut le détour.

D’erreur d’achat, tu ne feras pas

Le touriste doit se méfier. Comme la blonde, la tropézienne peut être vraie ou fausse. Cette sandale de cuir réalisée à la main devra s’acheter impérativement chez Rondini, un artisan installé depuis 1927, et non chez K Jacques. Idem pour la tarte qui a reçu son brevet d’authenticité en 1953 : on la goûte à la Tarte tropézienne, et pas ailleurs.

La baie de Pampelonne, tu délaisseras

Véritable alignement de plages privées lancées dans une surenchère du transat le plus onéreux, la «mythique» baie est à fuir par tout amoureux de la plage. On lui préférera les Salins ou l’Escalet en passant par quelque sentier littoral. Les espaces préservés se méritent.

Les commerçants locaux, tu enrichiras

Chaque année, le tissu de commerces locaux se réduit comme peau de chagrin. L’artère centrale – dénommée place de la Garonne – est devenue la petite soeur de la parisienne avenue Montaigne. En dehors de la saison estivale, ces boutiques de luxe ferment et le village ressemble rapidement à un cimetière de vitrines.

Par militantisme (ou par goût), on peut donc s’échapper chez les petits commerçants de la place aux Herbes, un îlot de résistance. Jusqu’à quand ?

Ta voiture, tu abandonneras

Files interminables, parking au prix de l’or…Même en voiture française, Saint-Tropez peut rapidement devenir un enfer.

Aux mois de juillet et d’août, tu n’iras pas

Si l’on ne devait suivre qu’un seul commandement, ce serait celui-là. Afin d’éviter de voir un si joli lieu abîmé. Saint-Tropez ne se supporte qu’à «l’envers» des autres.

LA FÊTE EST FINIE POUR LA VOILE ROUGE

Depuis plus de quarante ans, c’était l’un des piliers de Saint-Trop ; La Voile rouge n’accueillera plus les adeptes des douches au champagne.

La paillote était devenue le symbole des débauches estivales des milliardaires en virée, comme ces richissimes princes saoudiens, dont un habitué des lieux se souvient : «Ils sont difficiles à rater, car ils arrivent avec trois gros bateaux, un service de sécurité, il n’y a pas une seule femme, et en fin d’après-midi ils embarquent des groupies prostituées qui ne demandent pas mieux.»

Visée depuis 2000 par une longue procédure judiciaire, La Voile rouge avait continué, depuis dix ans, d’ouvrir chaque année durant la saison touristique, en dehors de tout cadre légal.

Près de 72 actions en justice ont été engagées entre la ville de Ramatuelle et le clan Tomaselli, qui gère l’endroit depuis 1960. En 2011, la préfecture du Var a mis fin à l’aventure en rasant les lieux.

Musique techno et riches braillards indisposent fortement le voisinage, qui ne peut guère goûter au calme de la plage de Pampelonne, l’un des plus beaux paysages de France – techniquement préservé depuis son classement comme «espace naturel d’exception» en 2002.

C’est officiellement la raison pour laquelle le conseil municipal de Ramatuelle, qui gère l’utilisation privée de la plage, avait décidé de retirer sa licence à La Voile rouge.

La décision serait moins surprenante si les plaintes n’avaient pas mystérieusement épargné les 27 établissements concurrents de la plage – dont le Nikki Beach ou Les Palmiers – qui ne sont pas connus pour être des havres de calme.

Du côté de la famille Tomaselli, on incrimine une vieille histoire entre Paul, le fondateur de La Voile, et Albert Raphaël, maire socialiste de Ramatuelle pendant trente ans.

Bruno Quivy, responsable de la communication à la mairie, dément : «Cette histoire est montée en épingle par La Voile, c’est de bonne guerre ; mais il ne faut pas exagérer : La Voile rouge est loin d’être le seul établissement à avoir dû fermer ses portes.»

En 1990, on avait déjà eu La Havana, et deux ou trois autres dans le même genre. Paul se croyait trop grand, trop important, avec toutes ses stars, pour tomber.

Raté…En revanche, pas de problème pour les autres établissements, qui peuvent dégager jusqu’à 40 millions d’euros de bénéfices en une seule saison. Une aubaine pour l’économie locale que la mairie entend bien préserver…(…)

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Publié dans Article D'opinion, Economie, Emploi, Finance, Industrie | Commentaires fermés

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