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La Silicon Valley durcit le ton contre l’extrême droite

Posté par Les Blogueurs Associés le 18 août 2017

La Silicon Valley

Airbnb, Twitter, Facebook, Google, Apple, Paypal ont adopté des sanctions « en ligne » à l’encontre des suprémacistes blancs, après les violences racistes qui ont secoué la ville américaine de Charlottesville.

Les géants du Web renoncent à leur neutralité. Après le rassemblement d’extrême droite dans la ville américaine de Charlottesville en Virginie, les grands noms de la Silicon Valley ont rapidement pris une série de mesures pour endiguer l’activité des suprémacistes blancs en ligne.

La plateforme d’hébergement californienne Airbnb a lancé le mouvement en supprimant, quelques heures après l’incident, une centaine de comptes liés à l’alt-right, une mouvance américaine proche de l’extrême droite.

Le site néonazi The Daily Stormer, qui avait formulé des insultes à l’encontre de la femme tuée par un automobiliste lors du rassemblement, a lui été banni de Twitter et Facebook.

Le gestionnaire de noms de domaine GoDaddy l’a sommé de trouver un nouveau prestataire sous vingt-quatre heures, alors que Google ne le référence plus. L’adresse «dailystormer. com» est inaccessible. PayPal, la société de paiement en ligne fondée par Elon Musk, a annoncé ne plus tolérer les transactions mises à profit pour «promouvoir la haine, la violence et l’intolérance raciale».

Enfin, Apple a déclaré la désactivation d’Apple Pay sur les sites marchands de produits liés aux suprémacistes blancs, dont des T-shirts floqués de symboles nazis. Tim Cook, le patron de l’entreprise, a, par ailleurs, dénoncé les propos de Donald Trump qui amalgament les groupuscules à l’origine du rassemblement de Charlottesville et les militants antiracistes.

Une violation des conditions d’utilisation

Sous l’Administration Trump, la Silicon Valley a bien du mal à trouver ses marques. Les grandes entreprises technologiques sont partagées entre le respect de la liberté d’expression et la modération des contenus jugés nauséabonds. Pour légitimer leur action, elles se réfugient derrière la violation de leurs conditions d’utilisation, qui prohibent la promotion de la violence.

Le fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg, justifie notamment la suppression d’une douzaine de groupes néonazis sur sa plateforme par le respect des principes de modération. Il promet que le réseau social «regarde la situation de près» et supprimera à l’avenir toute «menace de violence».

Les réactions en série des entreprises de la Silicon Valley génèrent leur lot de critiques. Depuis le licenciement, la semaine dernière, d’un ingénieur de Google auteur d’une note interne perçue comme sexiste, la question de la liberté d’expression est devenue épineuse.

Ravivé, le débat divise un peu plus la société américaine.

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Publié dans Etats-Unis, Industrie, Numérique, Racisme | Commentaires fermés

Et si Trump se séparait de son conseiller ultraconservateur ?

Posté par Les Blogueurs Associés le 16 août 2017

Steve Bannon

Steve Bannon rase les murs. Il se fait oublier. La fois précédente, cela lui avait réussi : Donald Trump, très énervé par une couverture de Time Magazine donnant le rôle de Machiavel à son conseiller, avait renoncé à s’en séparer. Cette fois ? Il est sur un siège éjectable.

Tous les personnages qui comptent à la Maison Blanche – Jared Kushner, le gendre, John Kelly, le chef d’état-major, H. R. McMaster, le conseiller à la Sécurité nationale – font pression sur le président pour qu’il se débarrasse de son Raspoutine. Le sort de Bannon est « incertain », indique le « New York Times », tandis que la chaîne CBS estime qu’il pourrait être viré d’ici à la fin de la semaine.

Un de plus, après Michael Flynn, Sean Spicer, Anthony Scaramucci, Reince Priebus ?

Steve Bannon n’est pas un conseiller comme un autre. L’ex-PDG du très influent site de droite Breitbart a volé au secours de la campagne chancelante de Trump en août 2016, devenant son bras droit et l’avocat d’un nationalisme et d’un chauvinisme flirtant avec l’extrême-droite.  Il fut l’architecte de la victoire de 2016, comme l’a récemment détaillé un livre qui, au passage, a redoublé l’agacement de Trump de se voir voler la vedette.

Un tournant, vraiment ?

C’est Bannon qui a tenu la plume du discours hyper-agressif de la prestation de serment de Trump, Bannon qui partage avec lui son obsession de l’immigration (légale et illégale), Bannon qui lui rappelle que sa base blanche « dure » est le plus enthousiaste de ses soutiens et joue un rôle crucial dans les primaires du parti républicain.

Son départ, entend-on un peu partout, serait donc un vrai tournant dans la présidence Trump – la victoire d’une discipline insufflée par le général Kelly, la consécration des « généraux raisonnables » et des conseillers « normaux » qui l’entourent, et l’abandon d’un flirt trop poussé avec les suprémacistes blancs.

En somme, un Trump 2.0 moins idéologue, plus pragmatique et moins porté à la confrontation serait sur le point d’être dévoilé au pays. 
Un tournant, vraiment ? On peut en douter. D’abord, le sort de Bannon n’est pas tout à fait scellé. Il compte de nombreux soutiens chez les conservateurs, donc certains volent à sa rescousse.

Mark Meadows, le leader du groupe conservateur Freedom Caucus à la Chambre des Représentants, est intervenu en personne auprès de Trump pour sauver sa tête. Steve King, un Républicain de l’Iowa enragé contre l’immigration et influent à droite, a également pris sa défense.

Chez les riches donateurs qui ont soutenu Trump, Bannon est soutenu par le très influent milliardaire des casinos, Sheldon Adelson, et par une autre famille milliardaire, celle de Robert Mercer et sa fille Rebekah. Ce n’est pas la fidélité qui retient Trump, il n’a jamais hésité à jeter ses alliés comme de vieux Kleenex quand ils dépassaient leur date de péremption.

C’est plutôt la colère de la droite militante qui, sans s’identifier aux néo-nazis de Charlottesville, voit en Bannon le rempart de Trump contre l’establishment détesté. « Je suis absolument convaincue que ce serait une énorme erreur, de la part du président, de virer Bannon.

Il tournerait le dos aux gens qui l’ont élu et cela provoquerait une rébellion au sein de sa base », estime par exemple Debbie Dooley, activiste de longue date du Tea Party.

Trump, seul aux commandes

Vu l’émotion suscitée par les incidents de Charlottesville, et la réaction tragiquement inadéquate de Trump, Bannon risque tout de même d’avoir du mal à sauver sa peau. Mais cela marque-t-il pour autant l’avènement d’un Trump nouveau ?

Donald Trump n’a pas attendu l’irruption de Bannon, dans sa campagne, pour jouer le carte d’un ressentiment blanc dérapant souvent dans le racisme décomplexé. Depuis des décennies, il insiste sur la culpabilité des « Cinq de Central Park », quatre ados noirs et un hispanique accusés du meurtre d’une joggeuse en 1989 puis formellement innocentés.

Il a embrassé la thèse nauséabonde des « birthers » mettant en doute la citoyenneté américaine de Barack Obama à sa naissance, et cela des années avant de s’allier avec Bannon. Et il a ouvert sa campagne avec une charge tonitruante contre les « Mexicains racistes », deux mois avant que Steve Bannon ne le rejoigne.

Trump n’a cessé de cajoler l’extrême-droite, refusant de condamner David Duke, l’ex-leader du Ku Klux Klan et restant silencieux quand la victime d’un attentat était musulmane. Et son refus, 48 heures durant, de condamner explicitement les néo-nazis de Charlottesville, a obligé les médias à de curieuses contorsions au sujet de Steve Bannon.

Il serait au purgatoire et ne rencontrerait plus qu’occasionnellement le président, mais cela ne l’aurait pas empêché de l’influencer au téléphone après les événements de Charlotesville… Il faudrait savoir ! La réalité, aussi dérangeante qu’elle soit, est que l’histoire d’amour entre Trump et Bannon est celle de deux personnages partageant les mêmes obsessions.

Le flirt peut s’éteindre mais les obsessions restent intactes. Et Trump peut répudier son coup de cœur sans se priver de ses idées : il peut par exemple se débarrasser de Bannon (et probablement de Sebastian Gorka, le conseiller en politique étrangère surnommé le « pitbull de Trump ») mais garder auprès de lui Stephen Miller, un conseiller politique tout aussi xénophobe mais plus prudent que son ex-mentor Steve Bannon.

L’autre illusion, récurrente lorsque l’on évoque un « Trump nouveau », est de voir dans le 45e président des Etats-Unis un personnage sans principes ni convictions, capable d’adopter la politique ou les idées qui lui conviendront à tel ou tel moment. On a encore vu cette illusion refleurir il y a quelques semaines, quand l’élévation du général Kelly au rôle de chef d’orchestre de la Maison Blanche devait « discipliner » la Maison Blanche et son patron.

Depuis, on a eu droit à l’escalade verbale sur la Corée du Nord, aux insultes contre le leader du Sénat Mitch McConnell (pourtant allié indispensable) et au long silence à propos de Charlottesville.

« Je sais que c’est difficile à croire, mais on va encore trouver un reporter ou un analyste pour nous dire qu’il s’agit d’une « remise à zéro » ou d’un moment « pivotal ». Pitié, épargnez-nous cela », tweete John Weaver, un stratège républicain qui a son franc-parler.

A chaque fois, l’illusion d’un Trump possible se fracasse sur la réalité d’un Trump erratique, impulsif et incompétent perdant un à un tous ses appuis, dans l’opinion et au Congrès. Avec ou sans Steve Bannon, Donald Trump est un homme seul.

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États-Unis: la Chine met en garde contre une «guerre commerciale»

Posté par Les Blogueurs Associés le 14 août 2017

Robert Lighthizer

Pékin a averti lundi que personne ne sortirait vainqueur d’une « guerre commerciale » avec les États-Unis, alors que le président américain Donald Trump devait lancer ce même jour une procédure sur les pratiques chinoises en matière de propriété intellectuelle.

M. Trump va demander dans un mémorandum au représentant pour le commerce américain (USTR) Robert Lighthizer d’étudier s’il y a lieu d’ouvrir une enquête sur les transferts de propriété intellectuelle imposés par les autorités chinoises aux entreprises américaines, ont indiqué samedi des responsables de l’administration américaine, sous couvert d’anonymat.

Une telle enquête pourrait prendre jusqu’à un an et déboucher sur des sanctions ou des mesures de rétorsion prises dans le cadre de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Interrogée au sujet de cette initiative, la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères Hua Chunying a déclaré que tout membre de l’OMC se devait de respecter les règles de l’organisation.

« Il n’y a pas d’avenir possible dans le déclenchement d’une guerre commerciale. Personne n’en sortirait vainqueur, elle ne ferait que des perdants », a souligné Mme Hua lors d’une conférence de presse régulière. Les États-Unis constituent le deuxième partenaire commercial de la Chine après l’Union européenne (UE), mais les frictions se multiplient entre les deux puissances.

La nouvelle procédure vient ainsi s’ajouter aux nombreuses enquêtes déjà ouvertes contre la Chine dans le domaine commercial, notamment sur l’acier. Washington a également pris des sanctions préliminaires mardi dernier contre les importations de feuilles d’aluminium chinoises, soupçonnées de bénéficier de subventions étatiques.

« Je crois que Chine et États-Unis doivent continuer de travailler ensemble pour le développement stable et solide des relations économiques et commerciales bilatérales (…), sur la base du respect mutuel », a souligné Hua Chunying. Selon les responsables de l’administration américaine, « la politique commerciale de la Chine a pour but principal d’acquérir et d’absorber la propriété intellectuelle des États-Unis et d’autres pays autour du monde ».

« La Chine force les entreprises américaines qui ont des activités en Chine à transférer cette propriété intellectuelle », ajoutait-on de même source. Washington vise notamment les coentreprises que les firmes américaines se voient contraintes d’établir en Chine avec des partenaires locaux.

Elles seraient obligées de partager avec ces derniers une partie de leur savoir-faire technologique. Le lancement de cette procédure intervient en pleine escalade verbale entre les États-Unis et la Corée du Nord, et alors que Donald Trump exhorte la Chine à agir davantage pour faire pression sur Pyongyang.

Mais les responsables américains interrogés par l’AFP ont pris soin de souligner samedi que le dossier concernant la propriété intellectuelle et celui de la Corée du Nord n’étaient pas liés. « Le problème de la péninsule coréenne et le commerce sino-américain n’ont absolument rien à voir, et il ne serait pas approprié d’utiliser l’un de ces sujets pour exercer une pression sur le second », a réagi Hua Chunying.

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Aléna: le bras de fer commence!

Posté par Les Blogueurs Associés le 14 août 2017

Donald Trump

C’était une promesse électorale de Donald Trump. La renégociation de l’accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA) s’ouvre mercredi à Washington. Les débats s’annoncent épineux entre les trois pays signataires.

Longtemps l’administration Trump aura fait planer le spectre de la rétractation pure et simple de l’accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA). Finalement, c’est la voie des négociations qui a été privilégiée. Les représentants des signataires, le Canada, les États-Unis et le Mexique, se réuniront dans la capitale américaine de mercredi à dimanche pour un premier round de discussions à Washington. Les débats promettent d’être houleux.

Qu’est-ce que l’ALÉNA ?

L’ALÉNA est une vaste zone de libre-échange qui réunit les 478 millions d’habitants des États-Unis, du Canada et du Mexique. Créée en 1994, l’entente est controversée. Elle a progressivement éliminé la plupart des barrières douanières et financières entre les trois pays.

Les flux commerciaux sont facilités, de même que la mobilité des entreprises et des capitaux au sein de la zone. Ce n’est qu’en 2008 que les derniers droits de douane sont tombés, même si des exceptions, comme celle du bois de construction, subsistent.

Pourquoi le renégocier ?

Malgré cette coopération apparente, de nombreux conflits demeurent. Les détracteurs du traité lui reprochent de détruire des emplois et d’être inéquitable, chacun prétendant que son voisin ne joue pas selon les règles de la concurrence. Ses défenseurs, quant à eux, mettent en avant l’augmentation du volume des échanges et l’accélération de croissance qui en découle.

Donald Trump en avait fait une de ses cibles favorites lorsqu’il était candidat à la présidence des États-Unis. Il avait qualifié l’accord de «désastre» et tapé à bras raccourcis sur ses partenaires. Selon lui, l’ALÉNA détruit des milliers d’emplois américains au profit du Mexique, et le Canada use de pratiques commerciales «injustes».

À l’heure où le président américain peine à tenir ses promesses électorales, cette renégociation est l’occasion pour son administration d’envoyer un signal politique fort.

Combien d’échanges, combien d’emplois ?

L’ALÉNA aurait créé près de 40 millions d’emplois en tout, dont 25 millions aux États-Unis seuls. Comme prévu, la suppression des tarifs douaniers a fait exploser le volume des échanges commerciaux. Ils ont, par exemple, doublé entre les États-Unis et le Canada, atteignant aujourd’hui 635 milliards de dollars par an.

Les Canadiens consomment massivement les biens américains et, en retour, les entreprises américaines investissement massivement au Canada (50% des investissements en 2015). Selon une étude, près de 9 millions d’emplois américains dépendraient des relations commerciales et financières avec Ottawa.

Un autre chiffre irrite cependant le gouvernement américain: le solde commercial avec le Mexique. En quinze ans, il est passé d’un excédent de 1,6 milliard de dollars à un déficit de plus de 64 milliards de dollars, selon les données officielles. Aujourd’hui 80% des exportations mexicaines sont destinés au marché américain. D’où l’importance de cette renégociation pour le Mexique.

Quelles sont les revendications des États-Unis ?

Le principal objectif de l’administration Trump est clair: réduire le déficit commercial en améliorant l’accès des produits américains aux marchés de ses voisins. Un document envoyé aux représentants dans le courant du mois de juillet estimait qu’«avec le Canada, il y a des problèmes sur les produits laitiers, le vin, les céréales et d’autres produits».

De plus le gouvernement américain compte bien s’attaquer à ce qu’il dénonce comme des pratiques déloyales, comme la manipulation de devises (une première pour un traité américain), ou les subventions.

Enfin, Donald Trump aimerait mettre en avant son slogan, «America First», sur lequel il s’est fait élire en «incitant» à consommer Américain. Un son de cloche qui risque de fortement déplaire à ses partenaires.

Que veut le Canada ?

Chrystia Freeland, la ministre canadienne des Affaires Étrangères, donne un discours ce lundi afin de préciser les priorités de son pays. Les revendications les plus fortes du Canada tourneront autour de clauses sur le travail et sur l’environnement.

Le gouvernement juge nécessaire d’augmenter les salaires des travailleurs mexicains, afin de réduire les écarts de revenus et de rendre l’investissement dans les usines canadiennes comparativement plus attractif.

La ministre compte aussi souligner lors des négociations la pertinence de certains éléments de l’accord européano-canadien, récemment signé.

Que peut le Mexique ?

De toutes les parties, c’est le Mexique qui semble le plus faible. Avec une économie fortement dépendante au traité et après les déclarations agressives de Donald Trump, les négociations s’annoncent serrées. Pourtant, le Mexique possède quelques atouts.

En effet, le marché mexicain est devenu essentiel pour certains secteurs américains, comme l’agriculture. Sans compter que la taxation brusque des nombreux produits mexicains entrainerait probablement une hausse des prix à court et moyen terme pour les Américains.

Dans un communiqué, le ministère mexicain de l’Économie avait annoncé sa volonté de «consolider la coopération et l’intégration économique en vue de renforcer la compétitivité nord-américaine». Mais le traité fait débat au sein du pays: 5000 agriculteurs mexicains ont ainsi manifesté la semaine dernière pour demander la sortie pure et simple de la zone de libre-échange, alors même que le gouvernement avait cité l’agriculture comme un secteur «exemple» des bienfaits de l’ALÉNA.

Quels débouchés pour la réunion de mercredi ?

Malgré les velléités américaines, les spécialistes ne s’attendent pas à une issue rapide de la renégociation. Ce premier round de discussions devrait simplement faire un large tour d’horizon avant le second déjà annoncé pour le 5 septembre au Mexique.

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