Le sénateur Franken démissionne en plein scandale sexuel

Posté par Les Blogueurs Associés le 8 décembre 2017

Al Franken

Accusé de «comportements inappropriés» par au moins huit femmes, le sénateur démocrate du Minnesota, Al Franken, 66 ans, a annoncé ce jeudi sa démission de la Haute assemblée, effective «dans les prochaines semaines».

Cet ancien humoriste et comédien de l’émission Saturday Night Live était passé à la politique en se faisant élire au Sénat de justesse en 2008, avec 312 voix d’avance. En 2014, il avait été réélu avec une nette majorité de 53.2%. Ces dernières semaines, l’ex-saltimbanque s’est retrouvé pris dans le tourbillon des accusations de harcèlement ou d’agressions sexuelles qui ont secoué les milieux américains du cinéma, des médias et de la politique.

Leeann Tweeden, une animatrice de radio californienne, a accusé Franken de l’avoir embrassée de force en 2006 lors d’une tournée en Afghanistan pour soutenir le moral des soldats puis, photo à l’appui, d’avoir touché sa poitrine pendant son sommeil. Dans la foulée, plusieurs autres accusatrices se sont manifestées – quatre d’entre elles anonymement – lui reprochant des gestes déplacés ou des baisers forcés.

Franken s’est défendu, ce jeudi, devant ses collègues, affirmant que «certaines allégations ne sont tout simplement pas vraies» et qu’il a «un souvenir différent de certaines autres. Je suis fier d’avoir utilisé mon pouvoir au Sénat pour défendre la cause des femmes. Je sais qui je suis vraiment. Servir au Sénat a été le plus grand honneur de ma vie, et rien de ce que j’ai fait n’a jeté le déshonneur sur cette assemblée».

S’il démissionne néanmoins, après s’être soumis à une enquête du Comité d’éthique, c’est parce que son parti l’a lâché. Au moins une quarantaine de sénateurs démocrates l’avaient appelé à renoncer à son fauteuil depuis qu’une huitième accusatrice s’était manifestée mercredi.

En première ligne, les sénatrices Kirsten Gillibrand de New York, Mazie Hirono de Hawaï, Kamala Harris de Californie et d’autres, qui suivaient de près le dossier et ont coordonné leurs appels à ce qu’il rende les armes. «Ça suffit, a lancé Kirsten Gillibrand sur Facebook. Les femmes qui ont témoigné sont courageuses et je les crois.»

Le président du Parti démocrate, Tom Perez, et le chef de la minorité à la chambre haute, Chuck Schumer, ont suivi. «Je considère le sénateur Franken comme un ami cher et je respecte beaucoup son travail, mais il a une obligation supérieure envers ses électeurs et le Sénat, et il doit se retirer immédiatement», a déclaré Schumer.

«Changement culturel»

Dans cet épisode, le Parti démocrate espère prendre l’ascendant moral sur les républicains avec, à la clef, un avantage décisif sur l’électorat féminin (52% des votants) lors des prochaines élections – législatives en 2018 et présidentielles en 2020. Selon un sondage Quinnipiac University paru mercredi, 77% des démocrates pensent qu’un élu accusé de harcèlement sexuel doit démissionner, contre seulement 51% des républicains.

Le Sénat ne compte que 21 femmes, 16 démocrates pour 5 républicaines. À la chambre, le ratio est d’une pour trois: 62 démocrates pour 21 républicaines, soit 83 élues sur 435. Lors d’un précédent scandale sexuel – les accusations portées contre le juge suprême Clarence Thomas en 1991 -, une «déferlante» de femmes avaient été élues l’année suivante à travers le pays.

La démission d’Al Franken suit d’un jour celle du doyen de la Chambre des représentants, le démocrate du Michigan John Conyers, 88 ans, vétéran de la lutte pour les droits civiques, qui avait dédommagé avec l’argent des contribuables plusieurs femmes se plaignant d’agressions de sa part.

Une «purge» qui vise à souligner le contraste avec les républicains: le président Donald Trump, lui-même accusé d’agressions par une douzaine de femmes en 2016, soutient officiellement un candidat au Sénat dans l’Alabama, Roy Moore, qu’une dizaine de femmes ont désigné comme leur agresseur lorsqu’elles étaient mineures.

Dans ces deux cas, les commentateurs conservateurs s’abritent derrière les dénégations des intéressés. Mais, alors que le magazine Time vient de désigner les femmes «ayant brisé le silence» comme personnalités de l’année, le «changement culturel» qui traverse la société américaine pourrait avoir un prix électoral pour le Parti républicain.

«C’est le problème lorsqu’on passe un pacte avec le diable, le diable en change toujours les termes, commente le stratège républicain Rick Tyler dans le Washington Post. Maintenant le parti soutient un violeur d’enfants, le dommage risque d’être irréparable.»

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Jérusalem : Trump déclenche une onde de choc mondiale

Posté par Les Blogueurs Associés le 7 décembre 2017

La Palestine

La reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël par le président américain a suscité une vague de condamnations à travers toute la planète, alors que l’on redoute des violences lors de la prière du vendredi.

Donald Trump a fait – une nouvelle fois – une quasi-unanimité contre lui en annonçant, mercredi soir, sa décision de reconnaître Jérusalem comme capitale de l’État d’Israël. Cette initiative a même déclenché une levée de boucliers en Cisjordanie et à Gaza. Des heurts entre l’armée israélienne et des manifestants palestiniens ont éclaté, le Hamas appelant à une nouvelle intifada.

Dans la communauté internationale, les réactions ont témoigné d’une très large réprobation teintée d’inquiétude face aux conséquences potentiellement explosives de l’annonce du président américain. Pour la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, le risque est un «retour à des temps encore plus sombres que ceux que nous vivons aujourd’hui».

La Russie, qui entretient avec Israël des relations diplomatiques actives, s’est dite «très inquiète». Ce même écho négatif a été propagé par nombre de capitales européennes: une décision «regrettable», selon Emmanuel Macron, tandis qu’Angela Merkel faisait savoir, avec un tweet de son porte-parole, que l’Allemagne «ne soutient pas la position» du président américain.

La Britannique Theresa May a témoigné de la dégradation de la «relation spéciale» du Royaume-Uni avec Washington, en déclarant tout net ne pas «être d’accord avec la décision américaine». Pour le Canada, le premier ministre Justin Trudeau, en visite en Chine, a affirmé que son pays ne déménagerait pas son ambassade à Jérusalem et la maintiendrait à Tel-Aviv, marquant ainsi clairement son désaccord avec M. Trump.

L’ONU a rappelé son hostilité à «toute mesure unilatérale». Car l’initiative solitaire de Donald Trump a pris de biais une communauté internationale ayant toujours refusé de reconnaître en Jérusalem la capitale de l’État hébreu. «Il n’y a pas d’alternative à la solution de deux États», avec «Jérusalem comme capitale d’Israël et de la Palestine», a déclaré le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres.

Critiques unanimes dans le monde musulman

Significativement, cette vague de réactions critiques a atteint le monde musulman. Traduisant l’embarras des alliés arabes de Washington, l’Arabie saoudite a exprimé ses «profonds regrets», via un communiqué officiel, rappelant que Riyad «a déjà mis en garde contre les graves conséquences que peut avoir cette décision injustifiée et irresponsable».

L’Arabie saoudite, principal partenaire des États-Unis dans le Golfe, dit espérer «voir l’Administration américaine revenir sur cette décision» qui «va à l’encontre des droits historiques des Palestiniens à Jérusalem (…) et va compliquer le conflit entre Israël et les Palestiniens».

Selon le président turc, Recep Tayyip Erdogan, dont le pays est membre de l’Otan, la décision américaine inscrit la région dans «un cercle de feu». «Ô Trump, que fais-tu? Quelle est cette approche? Les responsables politiques doivent œuvrer pour la réconciliation et non pas pour le chaos», a dit le chef d’État turc avec force effets oratoires.

L’effervescence est sensible dans le monde musulman où des rassemblements ont eu lieu dans plusieurs pays, du Pakistan à la Turquie en passant par la Jordanie et la Tunisie. De nombreux appels à manifester ont été lancés pour les prochains jours, par exemple en Algérie. À Amman, plusieurs centaines de manifestants ont scandé «Mort à Israël» et brûlé des portraits de Donald Trump.

Des vagues jusqu’en Chine

Au premier rang des détracteurs des États-Unis et d’Israël au Moyen-Orient, l’Iran a prédit une «nouvelle intifada». Le ministère iranien des Affaires étrangères a dénoncé une «provocation et une décision insensée de la part des États-Unis (…) qui va provoquer une nouvelle Intifada et pousser à des comportements plus radicaux et à davantage de colère et de violence».

Les répercussions de l’annonce américaine ont été sensibles jusqu’en Chine où la préoccupation était palpable jeudi, conduisant le gouvernement à rappeler ses «tables de la loi» diplomatiques. Le statut de Jérusalem est une question «compliquée et sensible», qui doit être résolue «par le dialogue», a estimé le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères Geng Shuang.

L’Afrique n’a pas été en reste. Moussa Faki Mahamat, le président de la Commission de l’Union africaine, a ainsi souligné, dans un communiqué, que celle-ci «regrette cette décision qui ne fera qu’accroître les tensions dans la région et au-delà et compliquer davantage la recherche d’une solution au conflit israélo-palestinien».

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Goldman Sachs, la banque des puissants, en plein trou d’air

Posté par Les Blogueurs Associés le 10 septembre 2017

Goldman Sachs

Goldman Sachs, icône de la finance américaine, connaît un trou d’air marqué par la plus mauvaise performance trimestrielle de l’histoire de ses traders, soulevant des interrogations sur sa puissance au moment où les algorithmes bouleversent la finance.

Elle est « à bout de souffle », estime Richard Bove, expert chez Vertical Research. « Elle a besoin d’inspiration, d’une nouvelle équipe dirigeante, de nouvelles activités », tandis que Gregori Volokhine chez Meeschaert estime que la firme « doit se réinventer ».

Signe des difficultés actuelles, l’unité regroupant le courtage du pétrole, du gaz naturel, des devises, des métaux et autres matières premières (FICC) a accusé un plongeon de 40% de ses recettes au deuxième trimestre, du jamais-vu en 148 ans d’existence.

Cette division a été, pendant de nombreuses années, la locomotive des bénéfices et pourvoyeuse des futurs dirigeants. Le PDG Lloyd Blankfein, le numéro 2 Harvey Schwartz et le directeur financier Martin Chavez y ont fait leurs classes.

Mais depuis la crise financière le rôle des intermédiaires financiers n’a cessé de diminuer face à l’explosion des fonds de placement cotés (ETF) permettant de minimiser les risques et aussi des algorithmes permettant de passer des milliers d’ordres de ventes et d’achats en millièmes de secondes.

Environ 70% des volumes d’échanges sur le New York Stock-Exchange (NYSE) sont automatisés, d’après Gregori Volokhine.
A ceci se sont ajoutés un durcissement de la règlementation, notamment la règle Volcker limitant la capacité des banques à spéculer pour leur compte propre, et le fait que de plus en plus d’entreprises vont directement voir des fonds d’investissement pour financer leur développement.

- « Quelque chose à prouver » -

Dans ce contexte, l’intervention prévue mardi 12 septembre de M. Schwartz, lors d’un grand raout de la finance, sera suivie de près par les milieux d’affaires. D’après une source proche du dossier, le numéro 2 de l’établissement pourrait lever les doutes naissants. Contactée par l’AFP, Goldman Sachs n’a pas souhaité commenter.

Simple coïncidence ou signal avant-coureur ? Gregory Agran, patron des matières premières, quittera la firme fin novembre après 26 ans, selon un document interne consulté vendredi par l’AFP. « Goldman Sachs a quelque chose à prouver », indique Gregori Volokhine.

Banque des nantis et des puissants, Goldman Sachs a bâti sa réputation sur des paris audacieux mais payants et en concevant des produits financiers complexes souvent controversés. Elle a l’un des réseaux les plus influents au monde avec des anciens salariés quasiment dans toutes les sphères du pouvoir à travers le globe.

Deux de ses anciens dirigeants, Gary Cohn, actuellement conseiller économique à la Maison Blanche, et Steven Mnuchin, le secrétaire au Trésor, pilotent la très attendue réforme fiscale promise par Donald Trump.

« Je ne peux pas dire que nous avons raison tout le temps parce qu’évidemment ce n’est pas le cas mais je peux dire que nous avons la réputation d’être résilient et d’avoir une bonne capacité d’adaptation », a déclaré récemment Lloyd Blankfein à l’agence financière Bloomberg.

Goldman Sachs est persuadée que le courtage a encore de beaux jours et que ses difficultés conjoncturelles vont se dissiper avec le retour de la volatilité sur les marchés financiers et la dérégulation promise par l’administration Trump.

- Prêts -

En attendant, l’établissement va démarcher les grandes entreprises, qui souhaitent, d’après lui, se couvrir contre les fluctuations des devises et des prix des matières premières.

Le modèle économique de Goldman Sachs « n’est pas cassé », veut croire Kian Abouhossein, analyste chez JPMorgan, alors que d’autres font valoir que Morgan Stanley, une rivale, a, elle, réduit de 25% la taille de sa salle de marchés réservée aux matières premières, en y supprimant 1.200 emplois fin 2015.

Ce faisant Morgan Stanley s’est consacrée à la gestion de grosses fortunes, activité moins risquée. Conséquence: la rentabilité a suivi car le +ROE+ — ce que gagne un actionnaire pour chaque dollar investi — est passé de 6,2% début 2016 à 9,1% fin juillet.

S’il ne conseille pas à Goldman Sachs d’emprunter le même chemin, M. Bove estime que l’avenir passe par un développement dans l’activité classique de prêts. La firme a lancé il y a peu GS Bank, qui permet d’ouvrir en ligne un compte d’épargne, et Marcus, une plateforme de crédits.

Elle ne dispose toutefois d’aucune agence et ne propose ni comptes courants ni prêts étudiants.

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