• Calendrier

    juillet 2017
    L Ma Me J V S D
    « juin    
     12
    3456789
    10111213141516
    17181920212223
    24252627282930
    31  
  • Catégories d’Articles

  • Archives

Sortie de l’euro : dissonnances stratégiques entre Marine Le Pen et Florian Philippot

Posté par Les Blogueurs Associés le 7 juillet 2017

Florian Philippot

Le FN est-il en passe de retirer la sortie de l’euro de son programme économique ? La question agite le parti dans un contexte de «transformation profonde» du mouvement, après son échec à la présidentielle.

Enjoints à répondre aux voix contre cette proposition qui s’élèvent en interne, dont Le Figaro se fait l’écho ce jeudi, Marine Le Pen et son bras-droit ont réaffirmé défendre le même principe de «souveraineté monétaire». Mais s’ils partagent la même conviction, les deux dirigeants ne défendent pas la même stratégie pour le parti.

Florian Philippot est catégorique: «La sortie de l’euro ne sera pas abandonnée», a-t-il estimé ce jeudi sur LCI.

«On ne le fera pas, car cela a été rappelé par Marine Le Pen lors de notre dernier bureau politique, il y a une semaine. Elle a rappelé que nous étions tous favorables à la souveraineté monétaire, tous contre l’euro et tous pour une monnaie nationale, je la cite précisément», a-t-il déclaré.

Marine Le Pen attend «que les adhérents du FN aient pris position»

Une heure après, sur Europe 1, Marine Le Pen s’est pourtant montrée prête à renoncer à cette proposition si les adhérents le décident. Moins inflexible que son bras-droit, la présidente du FN attend «que les adhérents du FN aient pris position». Leur consultation est prévue «probablement en septembre», sur un questionnaire établi par les dirigeants du FN réunis en séminaire les 21 et 22 juillet.

Marine Le Pen a déjà mis en cause, ce mardi, le «caractère anxiogène» de la sortie de l’euro pour les électeurs. «C’est un obstacle auquel nous devons réfléchir», a-t-elle estimé sur France Info.

«On peut réfléchir à la manière d’être mieux compris sur le sujet», abonde dans ce sens Florian Philippot, sans s’épancher. Le vice-président du Front national considère en effet que cette mesure est la pierre angulaire du programme du parti, à tel point qu’il s’est déjà dit prêt à quitter le parti qu’il a rejoint en 2009 si la mesure est abandonnée.

«Les choses ne se découpent pas (…). Si nous abandonnons la souveraineté monétaire, nous abandonnons la souveraineté nationale», juge-t-il, plaidant pour un travail de pédagogie de son parti auprès des Français. L’ancien chevènementiste ne veut cependant pas mettre ce sujet au centre des débats du parti.«

Notre refondation doit être beaucoup large que cela… Nous devons être entendus sur les questions de santé, de services publics [...] Sur la question de l’image du mouvement, du nom du parti. Si on se limite à la seule question de la sortie de l’euro, on passera à côté du sujet», explique-t-il.

Philippot minimise les contestations des économistes du FN

Les critiques sur l’euro viennent pourtant des artisans du programme du FN en personne, à l’instar de Bernard Monot.

«Deux Français sur trois n’ont pas validé nos solutions, ni en 2012, ni en 2017. C’est une impasse politique. Même si nous avions raison économiquement, nous devons mettre ce projet dans un carton et proposer autre chose», explique le responsable de la cellule économique du Front national dans les colonnes duFigaro.

Même son de cloche du côté de l’économiste frontiste Jean-Richard Sulzer: «La sortie de l’euro et le Frexit ont donné une vision trop angoissante. Il faut penser à l’ADN du Front avant de penser aux cellules périphériques». «Le FN ne se résume pas à trois ou quatre responsables qui sont interrogés partout», réplique Florian Philippot.

«Je suis toujours assez amusé d’entendre des gens qui défendaient strictement l’inverse avec une grande fougue et une grande conviction, et qui disent l’inverse juste après», ironise-t-il. Marine Le Pen, elle, cherche l’équilibre: «Nous allons essayer de concilier cette nécessité d’être libre chez nous, souverains chez nous, nous Français, et rassurer les Français sur cette question monétaire», indique-t-elle.

«Ça va être un petit peu, certes, la quadrature du cercle, mais je suis convaincue que nous allons y arriver». Les différences de stratégie entre la patronne du FN et son bras-droit, qui le conseille depuis 2009, s’ajoutent au sentiment de disgrâce qui s’empare de l’entourage de Florian Philippot, après l’éviction de Sophie Montel, principale lieutenante du vice-président du FN.

Frontiste historique et députée européenne, Sophie Montel a été destituée vendredi 30 juin de la présidence du groupe FN en région Bourgogne-Franche-Comté, quelques jours après avoir déclaré vouloir revoir le discours du FN sur l’immigration.

«J’attends que Marine redevienne elle-même, elle a besoin de vacances. Qu’est-ce que c’est que cette histoire de se couper de son aile la plus moderne ?» s’est interrogé Florian Philippot récemment en privé, quelques jours après un coup de fil qu’il a qualifié de «rude» avec la présidente du FN, selon des informations de l’AFP. «Quadrature du cercle» ou équation difficile, la refondation qui s’ouvre pour le FN devra réconcilier les lignes mais aussi les hommes.

Les Blogueurs associés

Publié dans Europe | Commentaires fermés

Les chantiers du G20 sur les flux financiers illégaux ou douteux

Posté par Les Blogueurs Associés le 4 juillet 2017

Les chantiers du G20

Une des attributions du G20, qui tiendra sommet vendredi et samedi à Hambourg, est de lutter contre les flux financiers illégaux ou douteux. Liste noire des paradis fiscaux, obstacles à l’optimisation fiscale des multinationales, transparence des trusts, combat contre le financement du terrorisme.

Voici un point sur les chantiers en cours du G20 sur ce dossier.

La liste noire des paradis fiscaux

A Hambourg, l’OCDE remet sa copie au G20 qui lui avait demandé une liste noire des pays non coopératifs dans la lutte contre l’évasion fiscale lors de son précédent sommet en Chine. Les dirigeants des principales économies mondiales n’y découvriront qu’un seul nom, celui de Trinidad-et-Tobago, un petit pays caribéen.

Plusieurs ONG crient déjà au scandale. « Cette liste vide est ridicule », a affirmé à l’AFP Manon Aubry, porte-parole d’Oxfam en France. « Qui peut croire qu’il n’y a pas de paradis fiscaux dans le monde quand un scandale éclate presque toutes les semaines », s’est-elle indignée.

Pour le directeur du Centre de politique et d’administration fiscale de l’OCDE, Pascal Saint-Amans, il ne s’agit que d’un premier pas. « C’est le problème des listes qui fonctionnent », a-t-il expliqué à l’AFP. Menacés d’être mis à l’index par la communauté internationale, les pays concernés ont tout fait pour éviter de se retrouver sur la liste.

« Ca confirme que la méthode de la pression était la bonne, l’objectif était d’agiter la menace », a abondé une autre source proche des négociations en cours au G20, sous couvert d’anonymat.

A Bruxelles, le travail de l’OCDE est certes jugé « utile », mais la Commission européenne souhaite aller plus loin en élaborant elle-même sa propre liste des paradis fiscaux. « Elle sera prête cet automne et elle sera, je l’espère, assortie de sanctions », a assuré le commissaire Pierre Moscovici à l’AFP. 

Echange automatique d’informations fiscales

« La vraie prochaine étape c’est l’échange automatique de renseignements qui s’appliquera dès 2018″, affirme M. Saint-Amans.

« Nous saurons dès la fin de cette année si les Etats sont en mesure appliquer leurs engagements », a-t-il ajouté, en réponse aux ONG qui dénoncent les critères insuffisants pour l’établissement de la liste.

Concrètement, l’objectif est que les pays échangent de manière automatique les données fiscales de leurs contribuables, et non plus à la demande expresse d’un autre pays.

Menacés de nouveau d’apparaître sur la liste noire, les Etats devront s’y plier pour éviter de figurer aux côtés de Trinidad-et-Tobago l’année prochaine.

L’optimisation fiscale

Les membres du G20 ont signé fin 2015 un accord contre l’érosion des bases fiscales et les transferts de bénéfices (BEPS en anglais). En d’autres termes, afin d’empêcher les multinationales de transférer leurs bénéfices d’un pays à un autre pour contourner l’impôt grâce à des stratégies comptables sophistiquées.

L’OCDE va vérifier que les pays appliquent bien quatre standards inclus dans BEPS: la fin des pratiques fiscales dommageables, le reporting pays par pays, l’amélioration des procédures amiables et le chalandage fiscal (« treaty shopping »). « Nous pourrons informer le G20 pour éventuellement dénoncer ceux qui ne l’appliquent pas », assure M. Saint-Amans.

Le G20 a pris ce dossier en main après le scandale « LuxLeaks », qui avait éclaté fin 2014 et mis en lumière un système d’évasion fiscale à grande échelle et particulièrement le rôle joué par le Luxembourg.

Les trusts

Pour l’élaboration de ses prochaines listes, l’OCDE va également se pencher sur les trusts qui permettent de dissimuler les noms de leurs propriétaires. Le scandale des Panama Papers avait révélé l’an dernier que ces structures financières anonymes permettaient à des individus ou des sociétés de passer entre les mailles des filets.

« Le standard s’est un peu durci sur les bénéficiaires effectifs. Pour que les pays restent au niveau, il va falloir qu’ils progressent », a indiqué M. Saint-Amans. L’OCDE présentera un rapport sur ce sujet lors du sommet du G20 de 2018.

Le financement du terrorisme

Le G20 s’est également fixé l’objectif de lutter contre le financement du terrorisme.

« Ce sera un des sujets importants » à Hambourg, a indiqué une source proche du dossier. A l’automne, la France avait notamment appelé la communauté internationale à s’attaquer au trafic d’oeuvres d’art stockées en toute opacité dans des zones spéciales baptisées « ports francs ».

Les Blogueurs associés

Publié dans Europe, Finance, Fiscalité, Industrie | Commentaires fermés

Le hard Brexit cherche une voie de sortie

Posté par Les Blogueurs Associés le 2 juillet 2017

Theresa May

Parce qu’elle voulait une majorité «forte et stable», Theresa May a cru bon d’organiser des législatives anticipées. Elle s’en mord les doigts. Le 8 juin, les électeurs lui ont retiré sa majorité. Résultat: la Première ministre britannique se retrouve sur un siège éjectable.

Un an après le référendum, le séisme du Brexit n’en finit pas de provoquer des répliques. Le fiasco électoral de Theresa May pourrait cependant fournir au Royaume-Uni et à l’Union européenne l’occasion de parvenir à un meilleur accord que celui envisagé il y a encore peu. Il s’agit de définir ce qui pourrait remplacer le Brexit dur voulu par Theresa May et refusé par les électeurs.

Certains conservateurs modérés commencent à évoquer une sortie qui préserverait l’ouverture du Royaume-Uni au commerce et à l’immigration. Le Democratic Unionist Party nord-irlandais, avec lequel la Première ministre a trouvé un accord pour gouverner, demandera sans doute que la frontière avec la République d’Irlande reste ouverte.

Ce qui impliquerait de rester dans l’union douanière européenne. Le monde des affaires réclame, lui aussi, un Brexit moins brutal. Les négociations avec l’Union européenne seront de toute façon gênées par la précarité du gouvernement britannique. Elles devraient durer jusqu’à la fin de 2018. D’ici là, Theresa May aura peut-être dépassé sa date de péremption.

La Grande-Bretagne doit donc dégager un accord transpartisan sur les principes fondamentaux du Brexit et trouver le moyen de maintenir cet accord, quelle que soit la majorité au pouvoir.

Une issue raisonnable ?

Plusieurs responsables conservateurs, ainsi que les libéraux démocrates, ont proposé la mise en place d’une commission chargée d’élaborer un mandat de négociation. Le principal obstacle est le Labour, qui n’entend pas faciliter la tâche des Torys. L’Union européenne, de son côté, peut favoriser une issue raisonnable.

Pour ne pas donner des idées aux eurosceptiques d’autres pays, Bruxelles ne veut pas que Londres obtienne un meilleur statut que lorsqu’il était membre. Mais les Européens doivent tout faire pour éviter une sortie sans accord, qui reste un risque réel. Ce serait catastrophique pour le Royaume-Uni, et très mauvais pour tous les autres.

Parvenir à un bon accord prendra du temps. Les deux parties devraient donc convenir d’une longue période de transition durant laquelle la Grande-Bretagne continuera de bénéficier des conditions actuelles en attendant la conclusion d’un accord commercial.

Il faudra aussi faire preuve de souplesse. Le point le plus susceptible d’empêcher une issue mutuellement bénéfique est celui de la libre circulation. Proposer à Londres un régime similaire à celui dont bénéficient la Norvège et la Suisse ouvrirait la voie à un accord sur le marché unique qui serait meilleur pour les uns comme pour les autres.

Reste que la position de la Grande-Bretagne est extrêmement faible. Les négociations risquent de capoter avant même d’avoir commencé. Mais le chaos qui règne à Westminster offre une occasion rare de changer le cours du Brexit. Les deux parties devraient la saisir.

Les Blogueurs associés

Publié dans Europe, Royaume-Uni | Commentaires fermés

En Suède, l’afflux de migrants met l’Etat providence sous pression

Posté par Les Blogueurs Associés le 2 juillet 2017

La Suède

Moins de prestations pour les immigrants, plus de travailleurs non qualifiés…Le modèle social suédois, réputé pour sa générosité, est remis en cause. Pendant longtemps, la Suède a été admirée pour sa prospérité et sa cohésion sociale.

Son modèle conjugue impôts élevés, allocations sociales généreuses, négociation collective, critères éducatifs de qualité et une économie qui, pour l’essentiel, relève de l’économie de marché. En Suède, les plus bas salaires sont beaucoup plus élevés qu’ailleurs en Europe.

Pourtant, certains aspects de l’Etat providence sont jugés insoutenables comme le vieillissement de la main d’oeuvre et l’augmentation du nombre de congés maladie. Mais c’est surtout l’afflux, depuis 2015, de plusieurs centaines de milliers de réfugiés venus de Syrie, d’Afghanistan et d’ailleurs qui pèse fortement sur le système.

Pour faire face, la Suède doit réformer son système d’allocations sociales, construire plus de logements et accroître le nombre de médecins et d’enseignants en dehors des grandes villes. Sans cela, le pays aura du mal à absorber ces immigrants culturellement différents et l’hostilité à leur égard pourrait se généraliser.

Rigidité du marché du travail

Le gouvernement social-démocrate a procédé à certains ajustements. Jusqu’ici, les demandeurs d’asile déboutés bénéficiaient d’une allocation mensuelle (120 euros) et d’un logement. Ce n’est plus le cas depuis l’an dernier. Le congé parental pour les immigrants a aussi été revu à la baisse.

Jusqu’à la fin mai 2017, ceux-ci bénéficiaient de 480 jours de congés payés par enfant de moins de huit ans. Aujourd’hui, ils n’y ont droit que si l’enfant a moins d’un an. Mais ces aménagements ne résolvent en rien le problème de la rigidité du marché du travail qui exclut les travailleurs non qualifiés.

Par conséquent, seule la moitié des immigrants ont un emploi. Or s’ils ne travaillent pas, ils ne paient pas d’impôts. Ce qui sape l’Etat providence de manière directe (puisqu’ils ne le financent pas). Pour les intégrer, la Suède se voit donc dans l’obligation de rétablir des emplois non qualifiés qu’elle s’était efforcée d’éliminer depuis des années.

Appel aux valeurs suédoises

En mai 2017, plusieurs syndicats ouvriers se sont dits prêts à accepter une baisse temporaire des salaires pour les emplois non qualifiés à condition que les travailleurs bénéficient de l’équivalent d’une éducation secondaire. Pour l’instant, la proposition n’a pas eu d’écho officiel.

Mais des initiatives locales voient le jour. La petite ville de Landskrona, dans le sud du pays, a ouvert une blanchisserie pour employer des travailleurs non qualifiés. Jusqu’alors, le linge sale était envoyé à Copenhague. Sur l’immigration, les Suédois sont réputés plus ouverts que d’autres Européens.

Mais une étude de l’université de Göteborg montre que le sujet est devenu plus polémique. Les recherches du think tank britannique Demos indiquent une hausse du nombre de fois où sont évoquées les « valeurs suédoises » dans les journaux et les blogs du royaume.

Celles-ci l’ont été 1 600 fois l’an dernier contre 286 fois seulement en 2012. D’après un sondage récent, 24% des électeurs approuvent le Parti populiste anti-immigrés démocrate de Suède, soit quasiment deux fois plus qu’en 2014.

Le regard fixé sur les élections de l’an prochain, les partis libéraux et du centre droit proposent de plafonner les allocations sociales et de les accompagner de programmes promouvant l’intégration. Cela suffira-t-il ? Faute de changements profonds, le système de l’Etat providence pourrait capoter, et avec lui, la généreuse culture suédoise.

Les Blogueurs associés

Publié dans Europe, Immigration | Commentaires fermés

1234
 

Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus