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Quand, soudain, le FMI plaide pour taxer davantage les riches

Posté par Les Blogueurs Associés le 9 octobre 2017

Christine Lagarde

Le Fonds monétaire International (FMI) devrait publier une étude qui va faire date: elle promeut une hausse des impôts pour les plus riches. Cette hausse, disent les économistes du Fonds, ne remettra pas en cause la croissance.

Au contraire même, c’est l’inégalité excessive qui la pénalise, a expliqué Christine Lagarde, directrice générale dans un discours à Harvard. La croissance mondiale s’enracine, dit-elle, tous les pays se trouvent tirés vers le haut, c’est le bon moment «pour réparer le toit». L’économie a besoin d’être plus «inclusive» c’est-à-dire de se préoccuper des inégalités et des laissés-pour-compte.

Thomas Piketty n’est pas devenu le chief economist du Fonds mais ce qu’il réclame depuis des lustres commence à trouver un écho de plus en plus favorable, y compris donc au FMI. On l’aura compris, le pikettyisme ne touche pas les gouvernements.

Donald Trump s’apprête à faire le contraire: abaisser les taux d’imposition, ce qui ne va profiter, selon les calculs des Démocrates, qu’aux 1% les plus aisés. En Europe, Theresa May veut abaisser les impôts des entreprises; en France, Emmanuel Macron veut faire de même pour les aligner sur les niveaux des pays concurrents et il réduit en parallèle les taxes sur les gains de capitaux. Partout, la concurrence fiscale entre pays joue encore à plein pour tirer vers le bas les impositions les plus élevées.

Il devient urgent de changer de cap

Mais l’idée que cette descente généralisée est devenue mauvaise se répand. Les économistes, comme ceux du FMI, rappellent que les taux d’imposition très élevés dans les années 1950 ou 1960 n’ont pas bridé une croissance alors deux fois supérieure. Les inégalités excessives, en revanche, menacent les fondements des pays et entravent leur dynamisme.

La baisse des impôts aux États-Unis ne conduira pas à une création massive d’emplois, écrit Lawrence Summers, ancien conseiller de Bill Clinton dans le Financial Times. Il admet que des taux fiscaux peuvent être parfois punitifs pour les investissements.

Mais il ajoute que les grandes firmes ont déjà les caisses remplies, elles ne savent que faire de leur argent, et que les taux d’intérêt sous les 2% offrent déjà du capital pas cher à n’en plus pouvoir. En outre, ajoute Summers, la baisse des impôts de Trump va creuser les déficits publics et ternir l’avenir, ce qui va contre l’objectif d’accroître les investissements.

Il note enfin que la Bourse est déjà très haute et que l’argent supplémentaire ne servira qu’à surrémunérer des dirigeants injustement. Bref, conclut le professeur Summers, il est temps «d’aller dans l’autre sens».

«Réparer le toit», précise Christine Lagarde, c’est investir dans les écoles, dans les transitions énergétiques, dans les crèches pour inclure les femmes dans le monde du travail: autant de politiques qui sont nécessaires pour consolider la croissance future et mieux la répartir.

«Si les femmes avaient un taux d’activité égal à celui des hommes, la croissance serait plus élevée de 5% aux États-Unis, 27% en Inde et 34% en Egypte», a fait calculer Mme Lagarde. Mais pour tout cela il faut que les États aient de l’argent.

Beaucoup de moyens sont possibles pour atteindre ce but, comme la lutte contre la corruption et de meilleures gestions publiques, mais une prise de conscience s’opère pour que cesse la course mondiale à la baisse des impôts les plus hauts, une spirale vers le bas devenue néfaste à l’économie.

La France doit (encore) rattraper son retard

En France, l’étude du FMI va tomber pile au moment de la discussion budgétaire: les opposants aux projets fiscaux d’Emmanuel Macron n’attendaient sûrement pas un tel renfort de choix et de poids qu’est le FMI. Le gouvernement déjà en peine aura bien du mal à expliquer qu’en France, il ne s’agit que d’un rapprochement vers les autres pays et que les impôts resteront encore bien plus élevés qu’ailleurs.

La difficulté est générale pour Emmanuel Macron qui arrive au pouvoir dans un pays où les réformes auraient dû être faites il y a des décennies. Lui doit faire un travail de politique de l’offre, de regain de la compétitivité, à un moment mondial où le vent tourne à gauche contre le capitalisme trop inégal et peu efficace en croissance.

Le message: la France doit rattraper son retard dans un sens –celui favorable au capital– quand les organismes internationaux et les économistes commencent à tirer «dans l’autre sens», relève de la pensée complexe. Macron a raison mais l’expliquer n’est décidemment pas facile.

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Publié dans Economie, Finance, Fiscalité | Commentaires fermés

Goldman Sachs, la banque des puissants, en plein trou d’air

Posté par Les Blogueurs Associés le 10 septembre 2017

Goldman Sachs

Goldman Sachs, icône de la finance américaine, connaît un trou d’air marqué par la plus mauvaise performance trimestrielle de l’histoire de ses traders, soulevant des interrogations sur sa puissance au moment où les algorithmes bouleversent la finance.

Elle est « à bout de souffle », estime Richard Bove, expert chez Vertical Research. « Elle a besoin d’inspiration, d’une nouvelle équipe dirigeante, de nouvelles activités », tandis que Gregori Volokhine chez Meeschaert estime que la firme « doit se réinventer ».

Signe des difficultés actuelles, l’unité regroupant le courtage du pétrole, du gaz naturel, des devises, des métaux et autres matières premières (FICC) a accusé un plongeon de 40% de ses recettes au deuxième trimestre, du jamais-vu en 148 ans d’existence.

Cette division a été, pendant de nombreuses années, la locomotive des bénéfices et pourvoyeuse des futurs dirigeants. Le PDG Lloyd Blankfein, le numéro 2 Harvey Schwartz et le directeur financier Martin Chavez y ont fait leurs classes.

Mais depuis la crise financière le rôle des intermédiaires financiers n’a cessé de diminuer face à l’explosion des fonds de placement cotés (ETF) permettant de minimiser les risques et aussi des algorithmes permettant de passer des milliers d’ordres de ventes et d’achats en millièmes de secondes.

Environ 70% des volumes d’échanges sur le New York Stock-Exchange (NYSE) sont automatisés, d’après Gregori Volokhine.
A ceci se sont ajoutés un durcissement de la règlementation, notamment la règle Volcker limitant la capacité des banques à spéculer pour leur compte propre, et le fait que de plus en plus d’entreprises vont directement voir des fonds d’investissement pour financer leur développement.

- « Quelque chose à prouver » -

Dans ce contexte, l’intervention prévue mardi 12 septembre de M. Schwartz, lors d’un grand raout de la finance, sera suivie de près par les milieux d’affaires. D’après une source proche du dossier, le numéro 2 de l’établissement pourrait lever les doutes naissants. Contactée par l’AFP, Goldman Sachs n’a pas souhaité commenter.

Simple coïncidence ou signal avant-coureur ? Gregory Agran, patron des matières premières, quittera la firme fin novembre après 26 ans, selon un document interne consulté vendredi par l’AFP. « Goldman Sachs a quelque chose à prouver », indique Gregori Volokhine.

Banque des nantis et des puissants, Goldman Sachs a bâti sa réputation sur des paris audacieux mais payants et en concevant des produits financiers complexes souvent controversés. Elle a l’un des réseaux les plus influents au monde avec des anciens salariés quasiment dans toutes les sphères du pouvoir à travers le globe.

Deux de ses anciens dirigeants, Gary Cohn, actuellement conseiller économique à la Maison Blanche, et Steven Mnuchin, le secrétaire au Trésor, pilotent la très attendue réforme fiscale promise par Donald Trump.

« Je ne peux pas dire que nous avons raison tout le temps parce qu’évidemment ce n’est pas le cas mais je peux dire que nous avons la réputation d’être résilient et d’avoir une bonne capacité d’adaptation », a déclaré récemment Lloyd Blankfein à l’agence financière Bloomberg.

Goldman Sachs est persuadée que le courtage a encore de beaux jours et que ses difficultés conjoncturelles vont se dissiper avec le retour de la volatilité sur les marchés financiers et la dérégulation promise par l’administration Trump.

- Prêts -

En attendant, l’établissement va démarcher les grandes entreprises, qui souhaitent, d’après lui, se couvrir contre les fluctuations des devises et des prix des matières premières.

Le modèle économique de Goldman Sachs « n’est pas cassé », veut croire Kian Abouhossein, analyste chez JPMorgan, alors que d’autres font valoir que Morgan Stanley, une rivale, a, elle, réduit de 25% la taille de sa salle de marchés réservée aux matières premières, en y supprimant 1.200 emplois fin 2015.

Ce faisant Morgan Stanley s’est consacrée à la gestion de grosses fortunes, activité moins risquée. Conséquence: la rentabilité a suivi car le +ROE+ — ce que gagne un actionnaire pour chaque dollar investi — est passé de 6,2% début 2016 à 9,1% fin juillet.

S’il ne conseille pas à Goldman Sachs d’emprunter le même chemin, M. Bove estime que l’avenir passe par un développement dans l’activité classique de prêts. La firme a lancé il y a peu GS Bank, qui permet d’ouvrir en ligne un compte d’épargne, et Marcus, une plateforme de crédits.

Elle ne dispose toutefois d’aucune agence et ne propose ni comptes courants ni prêts étudiants.

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Assurance vie : pourquoi il ne faut pas s’affoler du seuil des 150.000 euros

Posté par Les Blogueurs Associés le 11 juillet 2017

Assurance vie

Pour les épargnants qui détiennent plus de 150.000 euros en assurance vie, la fiscalité devrait s’alourdir. Pourtant ce placement conserve d’énormes avantages quand on le compare aux autres solutions d’épargne.

Depuis le printemps, c’est un chiffre qui fâche les assureurs et surtout les détenteurs de contrats d’assurance vie : 150.000 euros. Il est question, après la réforme sur la fiscalité de l’épargne (qui devrait être votée dans la loi de finances pour 2018), que les intérêts tirés des contrats d’assurance vie soient soumis à la flat tax de 30% au-delà de ce seuil d’épargne.

Les intérêts produits par la tranche des contrats inférieure à ce seuil continueraient de bénéficier d’une fiscalité plus favorable. Pour mémoire, actuellement, si aucun rachat (ou retrait) n’est effectué pendant les huit premières années du contrat, car l’assurance vie a vocation à favoriser l’épargne longue, seuls les prélèvements sociaux sont dus, actuellement 15,5%.

(Ce chiffre devrait passer à 17,2% l’an prochain en raison de l’augmentation de la CSG). Après huit ans, si la part de plus-value comprise dans le rachat est inférieure à 4.600 euros par an pour une personne seule ou 9.200 euros pour un couple, il n’y a aucun impôt.

Au-delà de ce montant d’intérêts, ils sont taxés à 7,5% et subissent les 15,5% de prélèvements sociaux, soit un total de 23% (qui devrait, encore une fois, être augmenté en janvier avec l’augmentation de la CSG, à 24,7%).

En clair, actuellement, même les contribuables fortement taxés (par exemple à la tranche marginale à 45%) profitent de cette fiscalité nettement plus douce sur les intérêts de leurs contrats d’assurance vie.

A partir de janvier, s’ils possèdent plus de 150.000 euros d’encours en assurance vie (tous contrats confondus), ils profiteront de la fiscalité allégée pour les intérêts produits par la tranche en-dessous de 150.000 euros, et pour les intérêts issus de la tranche supérieure d’encours, ils seront soumis à la flat tax de 30%. C’est, en tout cas, ce que l’on sait aujourd’hui, et qui inquiète grandement les assureurs et certains gros épargnants.

150.000 euros, c’est quoi ?

Déjà, c’est un chiffre assez proche du patrimoine brut médian des Français, tous actifs confondus (immobilier, financier et professionnel). Selon l’INSEE, ce patrimoine médian, dette comprise, se situe à 158.000 euros. Ainsi, la moitié des Français a un patrimoine inférieur, et l’autre moitié possède davantage.

Le patrimoine brut moyen des Français, lui, est de 269.100 euros, et le patrimoine net moyen de 235.900 euros. C’est aussi un chiffre largement supérieur au patrimoine financier, médian ET moyen, des ménages. Les Français plébiscitent la pierre, et lorsqu’ils ont un patrimoine, celui-ci est essentiellement composé d’immobilier.

Ainsi, toujours selon l’INSEE, leur patrimoine moyen immobilier vaut 164.200 euros, quand leur patrimoine moyen financier s’élève à 55.300 euros. Le patrimoine financier médian se situe bien en-deçà de ce seuil, à 11.600 euros. 150.000 euros, c’est aussi bien plus que l’épargne financière de 90% des foyers. Selon l’Insee, 10% de la population possède une épargne financière supérieure à 109.000 euros.

150.000 euros, c’est encore le plafond des versements sur un PEA pour une personne seule. (Le seuil est deux fois plus élevé pour un couple). Pour mémoire, les dividendes et plus-values du plan d’épargne en actions sont exonérés d’impôt au-delà de 5 ans de détention.

150.000 euros, c’est ce que peut déposer un couple sur un PEA-PME. Cette enveloppe, créée en 2014 pour favoriser l’investissement dans les petites et moyennes entreprises. Pour une personne seule, le plafond des versements est de 75.000 euros. Ainsi, un couple qui cumule PEA et PEA-PME peut verser jusqu’à 450.000 euros, et ses gains ne seront pas taxés (ils supporteront les seuls prélèvements sociaux, 15,5% actuellement, 17,2% à partir de janvier 2018).

Avantage énorme en terme de succession

Faut-il, avec ce nouveau seuil de 150.000 euros d’encours pour profiter d’une fiscalité favorable, que les assureurs redoutent une fuite massive des encours de l’assurance vie vers le PEA ou d’autres produits d’épargne ? Probablement pas. Car 150.000 euros, c’est aussi très proche d’un autre chiffre bien connu des assureurs.

152.500 euros. Ce chiffre, c’est la somme d’argent qu’un assuré peut transmettre à sa mort, PAR BENEFICIAIRE, en totale franchise d’impôt. Si ces sommes ont été déposées sur ses contrats avant ses 70 ans, il peut donc les céder à qui bon lui semble, sans que cette personne doive un centime d’impôt au fisc.

Et comme les contrats d’assurance vie sont considérés comme ne faisant pas partie de la succession, il est possible de gratifier, avec la même fiscalité zéro, ses héritiers en ligne directe, un arrière-cousin éloigné, ou un tiers totalement étranger à la famille. Hors assurance vie, ce dernier aurait à supporter une fiscalité infiniment plus lourde, de 60% du montant transmis.

Un épargnant à la tête d’un contrat d’assurance vie de 610.000 euros peut ainsi céder (par exemple) 152.500 euros à chacun de ses trois enfants et à un ami très cher, sans un centime d’impôt pour qui que ce soit.

L’assurance vie, comparée aux autres produits d’épargne, conserve donc un avantage énorme en terme de succession. En outre, elle devrait, tout comme les autres placements financiers, sortir de l’assiette de l’impôt sur la fortune. Même avec cette nouvelle fiscalité des revenus, elle devrait donc conserver les faveurs de beaucoup d’épargnants bien lotis.

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