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Inégalités : le casse-tête des allocations de rentrée scolaire

Posté par Les Blogueurs Associés le 17 août 2017

La rentrée

Ce jeudi, près de 3 millions de famille reçoivent des aides pour faire face aux dépenses de la rentrée. Mais des disparités régionales et scolaires complexifient la donne. Pour les familles qui ont des enfants scolarisés, avec la fin du mois d’août revient une vieille rengaine.

Combien la rentrée scolaire va-t-elle coûter cette année ? Fournitures scolaires, assurances, tenue et tennis de gym, frais de licence pour le sport et autres activités extrascolaires, éventuelle carte de transport… Les deniers à dépenser peuvent vite peser lourd sur le budget.

Selon la Confédération syndicale des familles (CSF), qui publie tous les ans une enquête sur le coût de la rentrée où elle étudie les dépenses de 201 familles, un enfant scolarisé en élémentaire «coûte» 150 euros, un élève de collège 350 euros et un lycéen en filière générale 420 euros.

Pour les écoliers et les collégiens, la rentrée 2017 est moins chère de 2,8% et 2,29% que la rentrée 2016, mais pour les lycéens, elle est de 2,62% plus chère, note encore l’enquête. En moyenne, la rentrée 2017 sera donc 0,83% plus chère que l’an dernier, selon la CSF.

Une autre étude, émanant de Familles de France et qui se base sur les prix relevés dans 263 supermarchés, estime, elle, qu’au collège, une famille dépense 191,73 euros par enfant, soit 0,78% de plus qu’en 2016. Un chiffre à peu près raccord avec l’inflation générale.

Les différences entre ces chiffres s’explique par ce que les associations incluent ou non dans leur calcul – certaines comptent large, en ajoutant par exemple le coût de la photo de classe, d’autres s’en tiennent au minimum.

Familles aux revenus modestes

Pour faire face à ces dépenses, la Caisse d’allocations familiales verse à 2,8 millions de familles une aide, prévue à l’article L543-1 du code de la Sécurité sociale : «Une allocation de rentrée scolaire est attribuée au ménage ou à la personne dont les ressources ne dépassent pas un plafond variable en fonction du nombre des enfants à charge, pour chaque enfant inscrit en exécution de l’obligation scolaire dans un établissement ou organisme d’enseignement public ou privé. […] Son montant est fixé par décret et revalorisé par arrêté conjoint des ministres chargés de la sécurité sociale, du budget et de l’agriculture.»

Cette année, elle se monte à 364,09 euros par enfant de 6 à 10 ans, 384,17 euros pour ceux ayant entre 11 et 14 ans et 397,49 euros pour les 15-18 ans. C’est 0,3% de plus que l’an dernier, un effort insuffisant pour rattraper l’inflation (0,7%) s’inquiète toutefois la CSF.

Elle est versée automatiquement, sauf pour les enfants qui entrent au CP à 5 ans, par exemple parce qu’ils sont nés entre septembre et décembre ou qu’ils ont sauté une classe, et à ceux de 16 à 18 ans. Dans les deux cas, les parents doivent préalablement faire une déclaration de scolarisation en ligne.

Pour la toucher, il ne faut pas dépasser un plafond de ressources, calculé sur l’année 2015 : 24 404 euros pour un enfant à charge, 30 036 euros pour deux enfants, 35 668 euros pour trois, auxquels s’ajoutent 5 632 euros par enfant supplémentaire.

Pour éviter les effets de seuil et que des ménages ne perçoivent pas l’aide pour 40 euros au-dessus du plafond, une allocation complémentaire, appelée l’allocation différentielle, existe. Il faut que les revenus des parents ne dépassent pas l’allocation de rentrée scolaire (ARS) cumulée au plafond pour être éligible.

Prenons un parent ou un couple avec deux enfants de 9 et 12 ans, qui a gagné 30 100 euros en 2015, soit 64 euros «de trop» par rapport au plafond. Mais le plafond (30 036 euros), additionné aux allocations de 364,09 euros et 384,17 euros (soit 30 898,26 euros) qu’aurait touché le ménage s’il n’était ces 64 euros, dépasse les ressources du ménage.

Il touchera donc 708,26 euros, soit la différence entre ces 30 898,26 euros et ses 30 100 euros de revenus.

Des disparités régionales assez importantes

Mais cette aide nationale ne traduit pas totalement la réalité du coût d’une rentrée pour les familles et leur disparité. Selon la région dans laquelle elles résident, elles ne perçoivent pas les mêmes subsides, par exemple pour les transports.

En Ile-de-France, la Seine-Saint-Denis et le conseil régional se sont ainsi récemment écharpés sur la répartition entre le département et la région de la prise en charge d’une allocation d’aide aux transports pour les lycéens boursiers, qui payeront plus cher leur carte Imagine R (pour emprunter les bus et le RER) que leurs camarades du Val-de-Marne ou du Val-d’Oise.

D’autres collectivités ont décidé de prendre en charge la totalité du coût du transport pour les élèves, indépendamment des revenus de leurs parents : l’Ain, l’Aisne, l’Isère, une partie de la Réunion, le Lot, la Haute-Garonne, entre autres, appliquent la gratuité, note Johan Jousseaume, chargé de l’éducation à la CSF.

Les politiques des conseils régionaux, dont dépendent les lycées et départementaux, qui gèrent les collèges, influent également sur le porte-monnaie des familles, selon que ces conseils décident de prendre en charge tous les manuels scolaires ou non par exemple.

Les mairies ont également leur mot à dire concernant la restauration scolaire, dont la tarification est variable d’une ville à l’autre et le plus souvent selon le quotient familial. A Paris, un repas coûte entre 13 centimes et 7 euros. A Lyon, un simulateur de quotient familial municipal permet de savoir combien coûtera la cantine scolaire : 4,42 euros par repas pour un ménage ayant 2 parts et gagnant 21 563 euros annuels, tandis qu’une famille gagnant 58 000 euros annuels et ayant trois parts fiscales payera le déjeuner de ses enfants 5,90 euros.

Inégalités scolaires

Au-delà des disparités régionales, les inégalités face au coût de la rentrée se creusent encore selon que le cursus suivi par l’élève, dans le secondaire, est général et technologique ou professionnel. Tous les lycéens dont les revenus des parents entrent dans les cases pour percevoir l’ARS reçoivent le même montant.

Or, l’achat du matériel est généralement plus cher dans les filières professionnelles. «Au niveau du lycée, en [filière] générale ça va coûter autour de 420 euros la rentrée, alors qu’en filière pro on est souvent autour de 650 euros.

Cela dépend évidemment des filières : les métiers manuels sont plus chers que les filières industrielles», explique Johan Jousseaume. Une prime d’équipement de 341,71 euros existe bien, mais elle n’est versée aux boursiers que la première année en bac pro. Là encore, le complément apporté par les aides régionales est très variable d’une collectivité à l’autre.

Autre difficulté, relevée par Mediapart, les élèves majeurs (qui ont donc redoublé plus tôt dans leur scolarité) ne peuvent recevoir l’ARS, quand bien même ils sont scolarisés.

Résultat, dans les lycées pros, où environ la moitié des élèves a déjà redoublé, selon une étude des chercheuses Elodie Alet et Liliane Bonnal citée par le journal en ligne, les élèves de terminale peuvent être nombreux à ne pas la percevoir, quand bien même ils rentreraient dans les critères financiers.

Pour eux, la rentrée, c’est donc plein pot.

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Contrats aidés: une nouvelle attaque qui préfigure un coup de rabot

Posté par Les Blogueurs Associés le 17 août 2017

Aurore Bergé

Après Muriel Pénicaud, c’est au tour de la porte-parole des députés LREM de laisser entendre que leur nombre doit être réduit drastiquement. Force Ouvrière s’inquiète. Muriel Pénicaud avait exprimé sans ménagement ses doutes sur l’intérêt des « contrats aidés », début août.

S’appuyant sur des chiffres de la Dares, la ministre du Travail les avait alors qualifiés d’ « extrêmement coûteux pour la nation » et d’ »inefficaces dans la lutte contre le chômage ». Elle estimait par ailleurs qu’ils ne constituaient pas « un tremplin pour l’insertion professionnelle ».

Ce 17 août, Aurore Bergé, porte-parole des députés LREM, a défendu une révision du nombre de ces contrats aidés, estimant que le rôle de l’État était davantage « d’accompagner la formation professionnelle », plutôt que de « subventionner l’emploi ».

« Il faut avoir une vision politique de ce qu’on veut: est-ce que vraiment les contrats aidés, ça permet d’acquérir des compétences, d’acquérir une formation ? Vraisemblablement non« , a déclaré la députée des Yvelines sur RMC.

Parmi « ceux qui embauchent en contrat aidé, les deux tiers d’entre-eux disent qu’ils l’auraient fait sans contrats aidés. Est-ce que c’est du coup le rôle de l’État de continuer à subventionner de l’emploi ? Je n’en suis pas certaine« , a-t-elle renchéri.

« C’est une manière aussi surtout de dire (…) que l’État, plutôt que de subventionner l’emploi, devrait accompagner la formation. On doit lancer un grand plan sur la formation professionnelle », a-t-elle lancé.

« Un véritable tremplin »

« On voit bien que le gouvernement a fait le choix d’abord de câliner la finance, et dans le même temps, de s’en prendre et aux collectivités territoriales avec les treize milliards d’économies sur le dos des communes sur cinq ans (…) et de s’en prendre à la vie associative qui va subir la double peine avec cette remise en cause de ces contrats aidés », a regretté pour sa part le député communiste Sébastien Jumel sur RTL.

« Je fais partie de ceux qui pensent qu’il vaut mieux soutenir l’économie réelle, favoriser le renouveau industriel, structurer des filières pour que les emplois soient durables », a-t-il assuré.

« Mais il est un fait que pour la vie associative et pour les publics les plus fragilisés, les plus loin de l’emploi, ces emplois aidés étaient un véritable tremplin », a-t-il défendu.

Des financements « gelés », selon FO

Force ouvrière a réclamé hier le maintien des contrats aidés, qui ont « des effets favorables sur l’emploi et le chômage », jugeant « inquiétante » la volonté du gouvernement de réduire ses effectifs au profit de la formation.

« En période de crise, (les contrats aidés sont) une nécessité pour l’insertion dans l’emploi de qualité », a écrit le syndicat dans un communiqué, tout en demandant « une pleine mobilisation des crédits alloués pour (leur) financement ».

« Ces contrats doivent être maintenus, et d’une durée suffisamment longue avec une accentuation de l’accompagnement individuel renforcé des bénéficiaires », réclame FO. La centrale s’inquiète que « plusieurs directions d’agence Pôle emploi ont déjà reçu des instructions pour geler leur financement ».

« FO n’oppose pas formation et aide à l’insertion dans l’emploi, qui recouvrent des dispositifs et objectifs complémentaires », ajoute le syndicat. Selon lui, « accroître le nombre de contrats aidés en période de ralentissement économique a des effets favorables sur l’emploi et le chômage ».

Le budget 2017 prévoyait 280 000 nouveaux contrats aidés, mais le gouvernement de Bernard Cazeneuve en avait déjà programmé les deux tiers au seul premier semestre. Une rallonge de 13 000 contrats aidés supplémentaires a donc été annoncée mi-juillet, portant le total pour l’année à 293 000 contrats.

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Des dizaines de millions d’euros de perte

Posté par Les Blogueurs Associés le 15 août 2017

Oeufs contaminés

Le secteur avicole batave redoute des pertes importantes à cause du scandeale de contamination au fipronil.

Les éleveurs de volaille et détaillants néerlandais ont estimé à des dizaines de millions d’euros lundi les pertes dûes au scandale des oeufs contaminés qui s’est largement répandu en Europe, alors que des suspects étaient attendus devant le juge mardi.

« Les dommages s’établissent aux alentours de 150 millions d’euros pour le moment », a rapporté Mark de Jong, porte-parole de l’association des agriculteurs et maraîchers du sud des Pays-Bas ZLTO, soulignant que ce chiffre pouvait « encore augmenter. »

« Pour les chaînes de supermarchés, les pertes ont atteint des dizaines de millions d’euros », a ajouté René Roorda, directeur de la fédération de détaillants CBL, qui compte parmi ses membres les géants de la distibution alimentaire Albert Heijn, Aldi, Lidl et Jumbo.

« Nous avons dû retirer des oeufs des rayons de 4.000 supermarchés. Des millions ont dû être détruits », a rapporté René Roorda auprès de l’agence de presse nationale ANP. Tandis que des oeufs non contaminés étaient de retour dans les rayons de nombreux magasins à travers le pays, des dizaines d’élevages de volailles restaient fermés depuis la révélation au grand public le 1er août de la contamination des oeufs par le fipronil, dangereux pour la santé humaine.

Le syndicat néerlandais des aviculteurs n’avait pas encore estimé le montant total du préjudice, a fait savoir sa trésorière Iris Odink-Schrijver à l’AFP. « A ce stade, nous sommes toujours en train de désinfecter nos poulaillers, en espérant enfin se débarasser du fipronil », a-t-elle dit.

Pendant ce temps, deux hommes âgés de 31 et 24 ans devaient comparaître mardi pour la première fois dans le cadre de cette affaire devant un juge du tribunal de Zwolle (centre). Il s’agirait des propriétaires de Chickfriend, une entreprise néerlandaise démarchée par des agriculteurs pour éradiquer le pou rouge, un parasite, dans leurs poulaillers.

« Ils comparaîtront à huis clos devant un juge qui décidera s’ils doivent rester en détention ou pas », a fait savoir à l’AFP Marieke van der Molen, porte-parole du parquet. Des oeufs contaminés par le fipronil ont été signalés dans 17 pays européens, l’affaire ayant même atteint Hong Kong.

Le fipronil est un insecticide courant utilisé pour les animaux de compagnie contre les poux, les tiques et les acariens. Son utilisation est interdite sur les animaux destinés à la chaîne alimentaire dans l’Union européenne.

L’affaire a provoqué des affrontements entre les trois pays au centre de la crise, la Belgique, les Pays-Bas et l’Allemagne, chacun s’accusant de ne pas avoir agi plus tôt.

Les Blogueurs associés

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