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Le programme économique d’Édouard Philippe est suicidaire

Posté par Les Blogueurs Associés le 10 juillet 2017

Édouard Philippe

Le soufflé est retombé. Le programme économique d’Édouard Philippe est une immense déception. Dans ses grandes lignes, le contenu était connu depuis la campagne électorale. Ce que l’on attendait avec enthousiasme, c’était les détails.

Les ordres de grandeur et l’échéancier. Le moins que l’on puisse dire, c’est que la désillusion est intense. Rien, ou presque, sur les grandes réformes annoncées: marché du travail, sécurité sociale, retraites, allocations chômage et Pôle emploi.

On peut continuer à rêver et s’imaginer que ces questions seront prises en charge par l’Élysée. Il n’empêche, ce sont de grandes lois qui sont attendues et c’est le gouvernement qui devra les présenter au Parlement.

Le poids du secteur public maintenu

C’est sur le budget que la déception est la plus forte. Le Premier ministre entend terminer l’année avec un déficit de 3% du PIB: après le dérapage du premier semestre, le serrage de vis devra être fort au second semestre.

Ce retour de l’austérité a quelque chose de suicidaire dans la mesure où il annonce un ralentissement économique pour 2018, les effets de la politique budgétaire se faisant sentir avec un décalage d’au moins six mois.

Les ambitions budgétaires pour le quinquennat sont très en-deçà de ce que l’on pouvait escompter. La dépense publique devrait baisser de 3% du PIB d’ici 2022. Elle représente aujourd’hui 57% du PIB, contre 44% en Allemagne. Un objectif de baisse de 10% sur cinq ans n’avait rien d’impossible et aurait eu du sens. Et même ainsi, le Premier ministre n’a pas expliqué comment il allait s’y prendre.

On se souvient que Macron avait annoncé une baisse des effectifs de la fonction publique de 100.000 personnes, contre les 500.000 annoncés par Fillon, donc au bas de la fourchette. Philippe n’a fourni aucun détail sur les sources d’économie. Baisser les dépenses publiques est politiquement compliqué et l’expérience montre que les objectifs sont revus à la baisse dans le feu de l’action.

En partant d’un objectif aussi modeste et dénué de la moindre précision, le gouvernement annonce déjà qu’il accouchera d’une souris. Or, le poids du secteur public est, avec le marché du travail, la raison majeure de la faiblesse de l’économie française.

Réformes reportées

Ce manque d’ambition se retrouve tout naturellement pour ce qui concerne la baisse des prélèvements obligatoires de 1% du PIB d’ici 2022. Sarkozy et Hollande les avaient augmentés de 44% à 47% entre 2009 et 2017. On avait parlé de matraquage fiscal.

On attendait d’un gouvernement ambitieux qu’il efface le matraquage et même qu’il aille plus loin; rien de tel. En ce sens, on reste dans la continuité des erreurs d’un passé que l’on nous avait annoncé révolu.

La baisse de la fiscalité sur les entreprises, qui doit passer d’un taux de 33% aujourd’hui à 25% en 2022, est un bon ordre de grandeur. Il faut dire que cela nous est imposé par la concurrence internationale. En revanche, la réforme du CICE devra attendre 2019.

Cette réforme va dans le bon sens car le CICE est une usine à gaz qui bénéficie surtout aux grandes entreprises, les seules à disposer de la bureaucratie nécessaire pour dialoguer avec celle de l’État.

Dans la mesure où l’on en ferait bénéficier les entreprises plus modestes, le coût est faible. Alors pourquoi attendre deux ans? Philippe ne s’en est pas expliqué.

Un calcul électoral ?

Voilà, c’est tout pour le budget. Il y a quelques mesures de solidarité (pour les handicapés ou les petites retraites). Une revalorisation de la prime d’activité, une bonne idée si elle réduit la durée du chômage car intelligemment couplée avec la réforme du marché du travail.

Des gadgets concernant le logement et l’incontournable très haut débit pour tous. Et un programme d’investissement public de 50 milliards, relent du très dévalué État-stratège: on peut douter de son efficacité même s’il doit être piloté par Jean Pisani-Ferry. Mais rien de concret sur l’Europe, sinon qu’elle doit être protectrice pour être aimée.

Au début d’un quinquennat, on guette les petits signaux qui pourraient indiquer ce qui va se passer. Avec un programme économique qualitativement bien pensé, qui suggérait une remise en cause de la passivité économique de ses prédécesseurs, Emmanuel Macron a soulevé de très grands espoirs.

Jugé à l’aune de ces espoirs, le programme développé par Édouard Philippe apparaît prudent, voire étriqué. Une première interprétation est que l’on évite de secouer le bateau macroéconomique pour se concentrer sur les grandes réformes (marché du travail, fin du paritarisme de 1945, gestion dynamique de l’administration).

Une autre interprétation, déprimante, est que la prudence reste plus en vogue que les grandes ambitions. Une dernière possibilité est que Macron pense à deux quinquennats et remet au second la réduction du poids de l’État et les réformes associées.

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Publié dans Economie, Finance, Fiscalité | Commentaires fermés

Dix ans après la crise financière, craintes d’un nouveau choc

Posté par Les Blogueurs Associés le 10 juillet 2017

La Finance

Explosion de la dette, taux d’intérêt bas, créances douteuses : les excès de la finance ravivent, chez les experts réunis aux rencontres économiques d’Aix-en-Provence, les craintes d’un nouveau choc, dix ans après une crise qui a bouleversé la planète.

« Il y aura une nouvelle crise, je ne sais pas quand, mais ce dont je suis sûr c’est qu’elle pourrait être un évènement dramatique pour notre style de vie, pour la démocratie et les valeurs libérales », a mis en garde Paul Tucker, ancien vice-gouverneur de la Banque d’Angleterre (BoE).

La question d’un possible nouveau choc mondial, lié aux nouvelles menaces pesant sur le secteur financier, revient régulièrement sur le devant de la scène, bien que la reprise économique mondiale soit sur la bonne voie.

Encore mercredi, le Fonds monétaire international (FMI) a alerté sur les « risques négatifs » que peuvent représenter pour l’économie globale « l’incertitude sur les politiques dans les économies avancées » mais aussi « les vulnérabilités du secteur financier et un soudain durcissement des conditions financières ».

« Prise de risque excessive »

A l’été 2007, l’effondrement aux Etats-Unis du secteur immobilier et plus particulièrement des prêts immobiliers à risque « subprime », avait donné naissance à l’une des plus graves crises financières du siècle.

Mais dix ans après, « mis à part le fait qu’on ait plus de régulation aujourd’hui, la situation est pire d’un point de vue macroéconomique », a soutenu Alfonso Prat-Gay, ancien ministre argentin des Finances et du Budget.

« Les prix de l’immobilier aux Etats-Unis sont revenus à des pics », a-t-il poursuivi, tandis que « les niveaux d’endettement aussi bien dans le secteur public que privé » atteignent des sommets.

En France, l’endettement des sociétés françaises non financières est ainsi passé en 10 ans de l’équivalent de 50% à 70% du produit intérieur brut (PIB), a affirmé lundi l’Autorité des marchés financiers. « Une exception en Europe » qui pourrait se traduire par des « problèmes de solvabilité » en cas de remontée des taux ou de « choc sur l’économie ».

Parmi les autres ombres au tableau citées par les experts, « la décennie de taux d’intérêt quasiment nuls a conduit à une prise de risque excessive par certains acteurs, par une survalorisation de certains marchés boursiers », a commenté pour sa part Catherine Lubochinsky, du Cercle des économistes, groupe de réflexion organisant l’événement.

« Mais paradoxalement, on peut aussi s’inquiéter d’une remontée des taux d’intérêt et de son impact » sur la stabilité économique et politique de certains pays. Dans ce panorama pessimiste, les tentatives pour limiter les excès de la finance et se prémunir de prochaines crises ont toutefois permis quelques avancées, a rappelé Bruno Angles, président du Crédit Suisse pour la France et la Belgique.

Ainsi, « les exigences en fonds propres des banques ont été considérablement renforcées sur l’incitation des régulateurs », et « les mécanismes de résolution européens, comme par exemple le fonds de résolution unique (FRU) permettent d’apporter des éléments de réponse à la problématique des établissements +too big to fail+«  (« trop gros pour faire faillite ») dont la chute pourrait déstabiliser l’ensemble du système financier.

Croissance et inflation

Dans ce contexte d’incertitudes, seules la croissance et une dose d’inflation sont capables sur le long terme de prévenir de futures crises, a avancé Yves Perrier, le patron de la société de gestion d’actifs Amundi. « On ne résorbe pas un excès de dettes tel qu’on l’a aujourd’hui par des seules mesures d’austérité », prévient-il.

Si les prémices d’une nouvelle crise financière sont déjà apparentes pour certains, des spécialistes, comme Jean-Michel Charpin, du Cercle des économistes, ont dans le viseur d’autres sources d’instabilité. Si une crise doit éclater, « elle viendra d’ailleurs », a affirmé l’économiste français.

Selon lui, « les sources d’instabilité dans le monde sont multiples, aussi bien sur le plan géopolitique avec la tentation de fermeture de la part de certaines populations » qui peuvent donner naissance « à des tensions considérables », alors que l’Europe en particulier est traversée par une montée des populismes.

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Publié dans Economie, Finance, Fiscalité | Commentaires fermés

Il est possible de baisser à la fois les dépenses et les impôts selon Bruno Le Maire

Posté par Les Blogueurs Associés le 10 juillet 2017

Bruno Le Maire

« Je suis convaincu qu’on peut à la fois baisser les dépenses publiques et baisser les impôts pour les Français et pour les entreprises. Je pense qu’on peut faire les deux en même temps », a affirmé Bruno Le Maire en marge des rencontres économiques d’Aix-en-Provence, dimanche.

Le ministre de l’Economie et des Finances Bruno Le Maire a assuré dimanche 9 juillet que le calendrier des réformes fiscales promises par le gouvernement n’était pas encore « arrêté » et qu’il était possible de réduire simultanément les dépenses publiques et les impôts.

« Pour l’instant, aucune mesure définitive n’a été arrêtée en matière de calendrier », a déclaré le ministre interrogé en marge des rencontres économiques d’Aix-en-Provence sur les reports de réformes fiscales prévues par le gouvernement.

« Je suis convaincu qu’on peut à la fois baisser les dépenses publiques et baisser les impôts pour les Français et pour les entreprises. Je pense qu’on peut faire les deux en même temps », a-t-il poursuivi. Dans son discours de politique générale, le Premier ministre Édouard Philippe a annoncé mardi le report de plusieurs réformes fiscales ainsi qu’une baisse conséquente des dépenses publiques afin de contenir le déficit public à 3% du PIB en 2017 et en 2018.

La réforme de l’impôt sur la fortune (ISF), jusque-là attendue en 2018, n’interviendra ainsi qu’en 2019, tout comme la transformation du Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) en baisse de charge, reporté en raison de son coût lors de l’année de transition.

« Nous allons aller vite et loin »

Le gouvernement n’a en revanche pas précisé la date d’entrée en vigueur de sa « flat tax » sur les revenus du capital et est resté flou sur la suppression de la taxe d’habitation pour 80% des ménages, initialement prévue pour s’étaler entre 2018 et 2020.

Suite à ces annonces, plusieurs économistes, dont certains considérés comme proches d’Emmanuel Macron, à l’image de Philippe Aghion, ont fait part de leur inquiétude, estimant que la priorité devrait être donnée aux baisses d’impôts, de manière à stimuler la croissance.

« Attendez d’abord de voir quelles seront les décisions définitives sur le sujet », a assuré Bruno Le Maire, tout en disant comprendre « le sentiment d’urgence qui habite les Français ». « Nous allons aller vite » et « nous allons aller loin », a-t-il ajouté.

Prenant la défense des reports des réformes fiscales, au nom du respect des règles budgétaires européennes, le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau avait appelé un peu avant à ne pas se focaliser sur les seules baisses d’impôts.

« Nous sommes tous pour les baisses d’impôts mais ne résumons pas la réforme à l’attente de baisses d’impôts immédiates et non financées », a-t-il déclaré. « Il y aurait là peut-être un peu de paresse intellectuelle et beaucoup d’imprévoyance financière, nous avons dans le passé déjà beaucoup payé pour voir ce que donnait ce genre de traite sur l’avenir », a-t-il ajouté.

« Une des contraintes qui s’imposent aux gouvernements c’est de tenir les engagements notamment dans le domaine budgétaire avec les 3% qui est quelque chose dont nous nous félicitons », avait rappelé de son côté Benoît Coeuré, membre du directoire de la BCE, néanmoins circonspect sur la pertinence des réformes.

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Taxe d’habitation, ISF, CICE: les réformes fiscales retardées

Posté par Les Blogueurs Associés le 6 juillet 2017

Edouard Philippe

Alors qu’elle était annoncée pour 2018 par l’entourage d’Emmanuel Macron, la réforme de la taxe d’habitation pourrait mettre plus de temps que prévu à pointer le bout de son nez.

La réforme de la taxe d’habitation, qui doit permettre à 80 % des Français de ne plus la payer, aura certes bien lieu. Mais le calendrier de mise en oeuvre risque d’être modifié par le gouvernement. Jusqu’ici, l’entourage d’Emmanuel Macron martelait que la mesure entrerait en vigueur dès 2018.

Et que chaque année jusqu’en 2020, les Français concernés paieraient un peu moins de taxe d’habitation jusqu’à recevoir une facture de 0 €. Mais mardi, le Premier ministre est resté bien plus flou sur ce déroulé pourtant très précis jusqu’ici. La mesure phare de la campagne de Macron pour redonner du pouvoir d’achat aux ménages doit être mise en place «d’ici la fin du quinquennat», a simplement glissé Edouard Philippe.

La raison d’un tel changement ? A coup sûr la nécessité pour l’exécutif de faire rapidement des économies. Car le rapport de la Cour des comptes, dévoilé jeudi dernier, a pointé du doigt l’état des finances publiques. L’objectif prioritaire du gouvernement, c’est de trouver les quelque 5 Mds€ nécessaires pour arriver à 3 % de déficit public à la fin de l’année.

Pour y parvenir, le chef du gouvernement a donc annoncé la mise en place de la réforme de la taxe d’habitation sur cinq ans au lieu de trois. Surtout que la mesure coûtera cher : 10 Mds€ par an quand elle sera pleinement appliquée.

La réforme de l’ISF doit coûter 2 Mds€ à l’Etat

Ce n’est pas tout : la transformation du CICE en allégement de charges — pointée du doigt par la Commission européenne à cause de son coût colossal lors de l’année de transition — est reporté de 2018 à 2019. Même calendrier décalé pour la réforme de l’ISF qui doit coûter à l’Etat 2 Mds€.

La baisse des cotisations pour les salariés, compensée par une hausse de la CSG, est, elle, maintenue et entrera en vigueur le 1er janvier 2018. Quid du financement des mesures à venir ? Le gouvernement, qui refuse d’augmenter la dépense publique, effectuera des coupes budgétaires.

Pour le détail de la douloureuse, il faudra attendre jeudi les états généraux des Comptes publics, pilotés par le ministre de l’Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin. Mardi, le Premier ministre est resté assez vague. Mais la feuille de route comporte tout de même trois «leviers d’action». Philippe a promis de «stopper l’inflation de la masse salariale du secteur public», qui représente le quart des dépenses publiques.

Certaines politiques publiques «inefficaces», notamment en matière de logement, pourront aussi être repensées. «Aucun ministère, aucun opérateur, aucune niche fiscale ne sera sanctuarisé, a-t-il aussi dit. Partout, nous chasserons la dépense inefficace et le saupoudrage de crédits.»

Avec un mot d’ordre : «Mettre le paquet sur la numérisation», source juteuse d’économies. Philippe a ainsi annoncé la création d’un compte citoyen regroupant sur un site Internet toutes les informations administratives.

Les Blogueurs associés

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