• Le principe de la liberté d’information doit s’opposer à toute censure. Elle est libre quand elle ne dépend des puissances d’argent, mais de la seule conscience des journalistes et des lecteurs. Ils peuvent aussi penser que s’ils veulent remplir leur mission, qui est de rendre intelligible le présent pour maîtriser l’avenir, il leur faut bien visiter les coulisses du spectacle. Sinon ils ne seront plus que les portes voix des apparences, otages d’une communication qui est l’ennemie de l’information.

  • Calendrier

    juin 2017
    L Ma Me J V S D
    « mai    
     1234
    567891011
    12131415161718
    19202122232425
    2627282930  
  • Catégories d’Articles

  • Archives

Pas de groupe pour le FN ? «Un problème démocratique» selon Le Pen

Posté par Les Blogueurs Associés le 9 juin 2017

Le Front national

La présidente du Front national tenait meeting jeudi à Calais. Elle a dénoncé le «système inique» qui pourrait priver son parti de groupe à l’Assemblée. Le Front national a certes renoncé à produire un discours intelligible en matière européenne.

Il lui reste heureusement une autre ressource : la question migratoire, principal sujet du meeting tenu jeudi soir par Marine Le Pen à Calais — le seul de sa part avant le premier tour des législatives. Dans une petite salle à l’étage d’un bowling, la présidente du FN est venue soutenir Philippe Olivier, son beau-frère et conseiller.

Un candidat bien placé, dans ce territoire où la crise migratoire s’ajoute aux difficultés sociales, et qui a accordé 55% des voix à Marine Le Pen au second tour de la présidentielle.

«Comment voulez-vous qu’un chef d’entreprise veuille s’installer sur un territoire dont la notoriété médiatique vient de l’attaque de camions sur les routes ?», a questionné Philippe Olivier devant 200 personnes.

Une tonalité reprise par Marine Le Pen qui a évoqué des «statistiques tenues secrètes», une situation «bien plus grave que ce que les dirigeants admettent», ces «neuf à dix millions de migrants qui attendent de traverser la Méditerranée», ou encore ceux qui, déjà là, «errent dans vos rues, vos champs, vos jardins».

L’eurodéputée a aussi dénoncé la réforme du travail promise par Emmanuel Macron, et après laquelle, juge-t-elle, «votre contrat de travail ne vaudra pas plus qu’un Kleenex.»

Querelles

Marine Le Pen conclut ainsi une drôle de campagne, sans grande dynamique, rythmée seulement par les rodomontades des porte-paroles frontistes présentant leur mouvement comme «la seule opposition» à Emmanuel Macron.

Campagne conforme à l’état général du mouvement, mal remis de sa large défaite à la présidentielle et où, malgré les lénifiantes déclarations des mêmes orateurs, beaucoup anticipent un règlement de comptes dans les prochains mois.

«Plutôt que de chercher des poux à Florian [Philippot], certains feraient mieux de se concentrer sur l’organisation de la campagne, a grincé auprès de Marianne la candidate Sophie Montel, une proche du contesté vice-président. Ici [dans le Doubs], j’attends toujours les affiches des candidats, la direction ne s’est pas très bien organisée».

Une pique dirigée vers le secrétaire général Nicolas Bay, directeur de la campagne et critique de Florian Philippot. L’ampleur de la querelle dépendra certes du résultat des législatives. Les dernières enquêtes d’opinion attribuent au FN un peu moins de 20% des voix au niveau national.

Score honorable, mais bien inférieur à celui de Marine Le Pen le 7 mai dernier. Surtout, la plus grande incertitude entoure le nombre des futurs députés frontistes. Les traditionnelles difficultés du FN au second tour et la qualification massive de candidats En Marche se prêtant à tous les reports de voix pourraient compliquer la tâche du parti d’extrême droite.

En interne, ils sont fort peu à partager l’avis du candidat et porte-parole Jérôme Rivière, qui a récemment dit attendre «entre une trentaine et une quarantaine de parlementaires». Pour beaucoup, faire élire les quinze députés nécessaires à la constitution d’un groupe serait déjà satisfaisant — et il s’en trouve même certains pour douter de ce résultat.

Jeudi soir, Marine Le Pen elle-même a évoqué cette hypothèse : «Si nous n’avions pas de groupe parlementaire, par le jeu d’un système électoral, ce ne serait pas le problème du Front national. Cela posera le problème de la représentativité des députés, de la démocratie dans notre pays.»

Le Pen députée ?

La voie personnelle de Marine Le Pen peut sembler plus dégagée. Un sondage Ifop publiée mercredi par la Voix du Nord place la candidate largement en tête dans la 11ème circonscription du Pas-de-Calais, qui comprend notamment la commune FN d’Hénin-Beaumont.

Elle y obtiendrait 44% des voix dès le premier tour, très loin devant la candidate de la République en Marche Anne Roquet, créditée de 15,5%, ou le sortant socialiste Philippe Kemel, 14,5% seulement. Aucun résultat n’a toutefois été publié concernant le second tour.

En 2012, Marine Le Pen avait obtenu 42,4% des bulletins au premier round, avant d’échouer d’une centaine de voix face à Philippe Kemel. Mercredi soir, la frontiste s’est attiré les critiques de ses adversaires en s’invitant au dernier moment dans un débat télévisé sur France 3, qu’elle avait d’abord décidé de boycotter.

De quoi prêter le flanc à un nouveau procès en désinvolture ; mais aussi laisser penser que la candidate n’est pas forcément aussi sereine qu’on l’imagine.

Les Blogueurs associés

Publié dans Législatives, Politique | Commentaires fermés

Législatives : le PS dans l’angoisse d’une raclée historique

Posté par Les Blogueurs Associés le 8 juin 2017

Benoît Hamon

Déboussolés par leur score à la présidentielle, les socialistes se souviennent avec effroi de leur défaite record aux législatives de 1993. Mais redoutent une défaite plus cuisante encore.

Il y a encore quelques mois, les socialistes pensaient pouvoir éviter le pire. Le pire, c’était 1993, ces législatives en forme d’hécatombe et ce groupe réduit comme peau de chagrin à 57 députés. A une semaine du premier tour, pour le même résultat, les socialistes signeraient des deux mains.

Les sondages leur promettent entre 20 et 30 unités, soit dix fois moins que sous le quinquennat Hollande. Avec un sens prononcé de ­l’euphémisme, Benoît Hamon, qui doit lutter pour sauver son siège, parle d’une « configuration compliquée » quand Bernard Cazeneuve, lui, se démultiplie au chevet des candidats moribonds comme pour leur administrer l’extrême-onction.

« Le score de 1993, ce serait une divine surprise pour le PS, souligne Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l’Ifop. Il est fort probable que le PS ait un nombre de députés bien inférieur. Il y a un phénomène massif : les électeurs PS de 2012 se reportent sur le candidat En marche!. On assiste à un remplacement plutôt qu’à une alternance. » Côté PS, un dirigeant l’admet : on ne se prépare pas à une simple vague Macron, mais bien à un « tsunami ».

Une longue descente aux enfers

« On baigne dans une ambiance de béatitude complète vis-à-vis de Macron, mais on risque d’avoir une assemblée de néophytes, le petit doigt sur la couture du pantalon », alerte Luc Carvounas, candidat dans le Val-de-Marne.

« Les Français sortent de dix années de profonde déception, reconnaît cet ancien proche de Valls. L’électorat de droite a reproché à Nicolas Sarkozy d’avoir flirté avec la ligne Buisson et, sur le terrain, l’électorat de gauche nous reproche encore la déchéance de nationalité et la réforme du Code du travail. »

Faire pire qu’en 1993, le challenge paraissait élevé. A l’époque, l’usure du pouvoir et la montée du chômage avaient plombé la fin du règne de François Mitterrand. « La défaite de 1993 est une défaite morale, ajoute Julien Dray, alors candidat et désormais porte-parole de la campagne de 2017. »

« Ce fut une longue descente aux enfers, émaillée de beaucoup d’affaires. Il y avait de l’hostilité. Là, ce n’est pas pareil, même si les gens ne comprennent plus rien à notre histoire et qu’il y a de la déception et de l’indifférence. »

L’hostilité, Christian Bataille, réélu en 1993 et actuellement candidat s’en souvient : « J’avais pris un taxi, j’ai cru que le chauffeur allait me faire descendre quand il a su que j’étais au PS… Il y avait une rancœur contre une politique qui avait lâché la bride au milieu financier, comme sous Hollande. J’entendais dire que le PS était mort, ce n’était pas mon avis. Aujourd’hui, je doute. »

Trois stratégies en même temps

Les socialistes déboussolés pouvaient tout de même se raccrocher à quelques figures tutélaires. Certes, les « résistants » du Palais-Bourbon se rappellent le Premier ministre sortant Pierre Bérégovoy, blême, isolé dans l’hémicycle et errant dans les couloirs comme s’il portait seul le poids de la défaite. Mais il restait Mitterrand, la statue du commandeur, toujours à l’Elysée. Et Rocard, inventif et populaire, reprenait les rênes du PS.

Aujourd’hui, à qui se rattacher ? A quelle ligne politique ? Beaucoup s’interrogent. Les uns font valoir que l’option sociale-libérale a été invalidée avec ce quinquennat au bout duquel Hollande n’a même pas été en mesure de se représenter. Les autres pointent du doigt la ligne écolo-socialiste de Hamon et son score catastrophique de 6,35%.

Depuis cette raclée électorale, le PS erre comme un canard sans tête. En quelques mois, Valls est passé d’ancien chef de la majorité socialiste à franc-tireur menacé dans sa circonscription. Il incarne une ligne pro-Macron, quand le trio Cazeneuve-Cambadélis-Le Foll campe sur l’autonomie et que Hamon tente d’empoigner le drapeau de l’opposition.

« Il y a un manque total de stratégie du PS ou plutôt il y a trois stratégies en même temps », s’inquiète Guillaume Balas, chargé de lancer le 1er juillet le mouvement transpartisan de Hamon pour « reconstruire une gauche sociale et écologique ».

Pour couronner le tout, les socialistes semblent, contrairement à 1993, avoir perdu le leadership de la gauche au profit d’un Jean-Luc Mélenchon qui veut « remplacer » le PS. Mais sa dynamique est un peu retombée et vu le mode de scrutin, le PS peut encore espérer envoyer plus de députés à l’Assemblée que La France insoumise.

Les sondeurs promettent surtout à Macron de rafler la mise. « En 1993, où on était toujours dans l’alternance classique gauche-droite, note Michel Destot, de nouveau candidat à Grenoble. Là, les partis de gouvernement n’ont pas répondu aux attentes et sont un peu renvoyés dos à dos. »

Peu de temps après les législatives, François Mitterrand avait invité à sa table quelques députés socialistes. Destot raconte : « Ils nous avaient accueillis comme des survivants et, avec son humour grinçant, il avait fait un tour de table pour comprendre comment nous nous en étions tirés. »

Puis Mitterrand avait décrit la situation tendue entre son premier ministre ­Balladur et Jacques Chirac, déjà candidat pour l’Elysée. « Contrairement à ce que vous pensez, vous reviendrez plus tôt que prévu », avait-il lancé à la stupeur des convives. Une phrase que les socialistes voudraient encore croire vraie.

Les Blogueurs associés

Publié dans Législatives, Politique | Commentaires fermés

Législatives: Marine Le Pen pourrait ne pas être candidate

Posté par Les Blogueurs Associés le 15 mai 2017

Florian Philippot

Après le retrait de Marion Maréchal-Le Pen et les menaces de départ de Florian Philippot, c’est Marine Le Pen qui hésite à se présenter aux législatives. Marine Le Pen ne pouvait imaginer pire scénario pour lancer la campagne des législatives.

Son numéro 2, Florian Philippot, menace de rendre son tablier et sa nièce Marion Maréchal-Le Pen, icône du parti, renonce à son siège de députée du Vaucluse. La présidente du FN, à qui ses près de 11 millions d’électeurs et l’explosion de la droite laissaient espérer un rôle de première opposante, est muette. Depuis vendredi, elle est même injoignable.

Sa campagne s’est achevée par un rock endiablé sur le dance floor du Chalet du lac, dans le bois de Vincennes. Une image, échappée à la vigilance du service d’ordre, qui la renvoie à sa réputation de night-clubbeuse.

La presse avait été cantonnée dans une salle annexe mais les techniciens avaient oublié d’éteindre les caméras installées pour le discours…Les journalistes n’ont eu qu’à filmer les écrans.

Et si Marine Le Pen n’était pas candidate dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais, à Hénin-Beaumont ? Trois adjoints du maire, Steeve Briois, pourraient la remplacer au pied levé dont Bruno Bilde, conseiller spécial de la présidente. Epuisée par la campagne, Marine Le Pen n’est guère tentée par cette nouvelle épreuve.

Les ambitions du FN à l’Assemblée se sont réduites. « On espère encore un groupe, c’est-à-dire aux moins 15 sièges, raconte un eurodéputé, entre cinq et huit dans le Sud, quatre à cinq dans le Nord, et deux ou trois dans le reste de la France. »

Il y a quelques semaines, le FN se rêvait à la tête de 80 à 100 députés…Les éléments de langage préparent un éventuel changement de braquet. « A Hénin-Beaumont, elle n’a aucun risque sauf d’être élue au premier tour », affirme un de ses plus ardents supporters. « Mais elle a peut-être un peu dépassé ce niveau, non ? », poursuit-il.

Marion Maréchal-Le Pen aurait six propositions d’emplois

La perspective de voir sa nièce présider cette petite armée et prendre la tête de l’opposition gouvernementale la poussait à relever le défi. Mais cette menace s’est – au moins momentanément – évaporée. Ce départ déstabilise le parti. Officiellement, Marion Maréchal-Le Pen veut changer de vie et s’occuper de sa fille.

Sa décision est le fruit d’une mûre réflexion. Elle aurait déjà, selon son entourage, six propositions, dont celle d’un grand groupe et devrait privilégier l’offre d’une PME. Depuis des mois, elle prend des cours d’anglais pour se mettre à niveau.

Pourtant, elle ne cache pas que c’est la ligne politique anti-euro qui a précipité son départ. « Elle a pris sa décision le soir du débat, qu’elle a trouvé catastrophique. Elle n’a pas été consultée pour le préparer, ni aucun des tenants de la ligne identitaire. Philippe Olivier qui avait écrit le discours de Lyon a été tenu à l’écart », déclare un de ses proches.

Des appels de soutien à la jeune femme affluent à sa permanence du Vaucluse et au siège du parti. « Ils regrettent son départ, explique un militant, mais la comprennent. » Jean-Marie Le Pen, qui l’avait d’abord accusée de désertion, a vite fait marche arrière et annulé la conférence de presse envisagée vendredi après-midi.

« Florian Philippot a senti le danger »

Le retrait de cette opposante désignée à la ligne Philippot a délié les langues. Pour la première fois, les cadres contestent l’obsession de la sortie de l’euro de la présidente et de son vice-président. « D’habitude, Marine fait taire la moindre critique, remarque un élu, cette fois elle ne dit rien. »

« Florian a senti le danger. C’est pour cela qu’il a menacé de quitter le parti, lui aussi, en cas de revirement politique. Mais il n’y a guère que Jean Messiha, le chef des Horaces, et l’eurodéputée Sophie Montel, qui s’en soient émus… »

Pour beaucoup, « Marion » apparaît déjà comme un recours. Son interview accordée mercredi à TV Libertés.com a été décryptée par ses fans et certains ténors de la droite avec attention. Ils n’ont retenu qu’une phrase : « Je quitte mes responsabilités au sein du Front mais je reste adhérente. Je pense que je referai de la politique car j’aime cela. »

Les Blogueurs associés

Publié dans Législatives, Politique | Commentaires fermés

1234
 

Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus