Notre-Dame-des-Landes, une victoire pour Hulot? « Ce n’est pas le mot », répond le ministre

Posté par Les Blogueurs Associés le 18 janvier 2018

Nicolas Hulot

Il n’y aura pas d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes. Si pour certains observateurs, il s’agit là d’une victoire pour le ministre de la Transition écologique, l’intéressé ne voit pas les choses ainsi dans un entretien qu’il a accordé ce mercredi soir au Parisien.

Pour Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique écouté mais parfois aussi bousculé, l’abandon du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes annoncé mercredi est une bonne nouvelle. Figure de proue de la lutte environnementale, il était opposé de longue date à ce « projet du XXe siècle », « ruineux, inhumain et inutile ».

Et beaucoup avaient fait du sort du dossier, paralysé depuis 50 ans, un marqueur de son influence réelle au sein du gouvernement, à même de le pousser à claquer la porte. Pour autant, dans un entretien paru ce mercredi soir sur le site du Parisien, Nicolas Hulot ne veut pas parler d’une « victoire ».

« Ce n’est pas le mot. Je pense que ce n’est la victoire de personne aujourd’hui et comme tout le monde, j’aurais préféré qu’une solution qui fasse un large consensus se dégage d’elle-même », dit-il. « Je suis convaincu que c’est la moins mauvaise des solutions qui a été retenue. Je ressens du soulagement car il était temps pour tout le monde de décider, et de passer à autre chose », enchaîne-t-il.

Au fil des années, Nicolas Hulot s’est rendu sur place plusieurs fois, accueilli d’ailleurs en 2011 par un fameux jet d’épluchures de carottes venu d’un opposant énervé, en pleine campagne de primaires écologistes pour la présidentielle.

Notre-Dame-des-Landes, promesse de nouveaux sols bétonnés, est « un cas d’école de ce à quoi il va falloir renoncer », estimait-il dans un livre publié avant d’être ministre. Il questionnait aussi « la légitimité » du référendum de 2016 en faveur du nouvel aéroport, qui n’avait pas abordé les autres options.

« Il n’y a jamais eu de deal »

A-t-il pour autant posé le dossier sur la table avant d’accepter d’entrer au gouvernement en mai 2017 ? Début 2016, il avait décliné l’offre de ministère faite par François Hollande faute d’assurances sur un abandon du projet. L’intéressé assure qu’ »il n’y a jamais eu de deal »:

J’ai dit à Edouard Philippe et Emmanuel Macron quelles étaient mes convictions profondes. Mon opposition à ce nouvel aéroport était donc connue de tous ». Le candidat Macron s’était, dès février 2017, prononcé pour une médiation, se montrant plus ouvert qu’auparavant à une modernisation de l’actuel aéroport nantais.

Reste que cette décision est « évidemment une victoire pour » Nicolas Hulot, estime Pascal Canfin, directeur du WWF. « Sa présence a été un élément clé pour amener le gouvernement sur cette position, » juge-t-il. « Sa présence augmente le niveau d’exigence et d’ambition sur les sujets environnement, car il a le poids politique suffisant, même si ça ne veut pas dire qu’il gagne tout le temps ».

Depuis la publication mi-décembre du rapport jugeant « raisonnablement envisageables » les deux options (Notre-Dame-des-Landes ou extension de Nantes-Atlantique), il est revenu dans le jeu, discrètement, aux côtés d’autres ministres, recevant les élus avec Edouard Philippe chargé de conduire le dossier.

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L’exécutif choisit d’abandonner l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes

Posté par Les Blogueurs Associés le 17 janvier 2018

Edouard Philippe

Après six mois de médiation et une ultime consultation, l’exécutif a choisi d’abandonner le projet controversé d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, malgré des décisions de justice et un référendum local favorables.

Matignon a informé des élus locaux, peu avant une déclaration du Premier ministre Edouard Philippe à la sortie du Conseil des ministres à l’Élysée. « C’est officiel. C’est abandonné », a déclaré à l’AFP Philippe Grosvalet, président du syndicat mixte aéroportuaire du Grand Ouest et président du conseil départemental de Loire-Atlantique.

Prévenu par un conseiller de Matignon, il a fustigé « un véritable reniement » et « une très très mauvaise décision du président de la République ». L’alternative devrait être d’aménager l’actuel aéroport Nantes-Atlantique, comme l’envisageaient des médiateurs dans leur rapport remis le 13 décembre.

Malgré les multiples rejets des recours en justice des anti-aéroport, le soutien au projet d’une majorité des élus de Bretagne et des Pays-de-la-Loire, et un référendum consultatif local favorable (55,17%) en Loire-Atlantique en juin 2016, l’exécutif a préféré lâcher « NDDL ».

Né dans les années 60, relancé en 2000, attribué à Vinci par appel d’offres en 2010, l’aéroport « du Grand Ouest » a traversé un demi-siècle pour finalement devenir le symbole des atermoiements du quinquennat Hollande et le conflit environnemental le plus emblématique du pays.

Edouard Philippe, qui a rencontré plus de 100 élus de l’Ouest depuis début janvier et s’est rendu discrètement samedi à la mairie de Notre-Dame-des-Landes, avait reconnu mardi, devant les députés LREM, la difficulté de trancher. « Quelle que soit la réponse, elle sera mauvaise » car elle fera des mécontents, a-t-il admis. Malgré l’abandon, l’exécutif s’est engagé à évacuer la ZAD.

Des renforts de sept escadrons de gendarmerie mobile, soit plus de 500 hommes, sont attendus mercredi sur place, selon une source proche du dossier, avec pour objectif de quadriller la zone et procéder à des contrôles afin d’éviter l’arrivée de civils dans la Zad. Plusieurs compagnies de CRS seront elles à Nantes et Rennes afin d’assurer le maintien de l’ordre en cas de manifestations.

- « On repart pour dix ans » -

Le mouvement anti-aéroport, qui prévoit une conférence de presse deux heures après l’annonce de M. Philippe, s’est donné rendez-vous mercredi à 18H à « La Vache Rit », une grange servant de lieu de rassemblement en plein coeur de la ZAD.

Pour ses partisans, le nouvel aéroport devait permettre d’assurer le développement attendu du trafic aérien depuis Nantes, une des villes françaises à la plus forte croissance, face à la saturation attendue de Nantes-Atlantique dans sa version actuelle. Et ainsi améliorer la desserte de toute la Bretagne.

« Il faudra gérer la déception des partisans de l’aéroport, c’est une désillusion pour eux c’est certain », reconnaît un parlementaire. « Mais ce sont principalement des élus, il n’y a pas de mouvement citoyen de masse pour l’aéroport », juge le même.

Pour ses opposants, Notre-Dame-des-Landes était devenu un de ces « grands projets inutiles », condamnant un beau bout de bocage au nom du développement d’un mode de transport contradictoire avec les objectifs de la France de réduire ses émissions de gaz à effet de serre.

L’agrandissement de Nantes-Atlantique, une option longtemps écartée par les pouvoirs publics en raison notamment de la présence d’une zone naturelle protégée à proximité et de la problématique du survol de Nantes, reste toutefois entouré d’incertitudes.

« Il s’agit de rallonger la piste vers le sud, l’extension des terminaux, l’aménagement des pistes de circulation pour les avions et changer la pente de la piste pour réduire les nuisances sonores », explique un des élus partisans de cette option. « Rallonger la piste en tant que tel prendrait six semaines. Au total, je pense qu’en deux ans tout peut être réglé », juge le même.

Une version vivement contestée par les élus partisans de Notre-Dame-des-Landes, comme l’ex-président LR de la région Pays de la Loire, Bruno Retailleau ou la maire PS de Nantes Johanna Rolland, selon qui « on repart pour dix ans ». Un éventuel abandon du projet soulève aussi la question de l’indemnisation prévue pour Vinci qui, selon le rapport remis à Edouard Philippe, pourrait aller jusqu’à 350 millions d’euros.

Le PDG de Vinci Xavier Huillard a évoqué mardi un contrat « béton » après des rumeurs démenties de contestation de certaines clauses du contrat par l’État. Certains élus suggèrent une négociation avec le géant du BTP, également exploitant de Nantes-Atlantique et qui se place en vue de la possible privatisation d’Aéroports de Paris (ADP).

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« Le Média » : la gauche alternative a son journal télévisé

Posté par Les Blogueurs Associés le 16 janvier 2018

Aude Rossigneux

« Le Média », plate-forme soutenue notamment par des proches de Mélenchon, s’est lancé lundi avec son premier « 20 heures ». Un exercice classique, même si le choix des sujets tranche avec celui des grandes télévisions.

« C’est le grand soir ! », s’est enthousiasmé, lundi 15 janvier, un des « socios » (abonnés qui ont versé au moins 55 euros) du nouveau média alternatif de gauche Le Média, quelques minutes avant le premier journal télévisé de 20 heures, diffusé en accès libre.

Mais ce fut d’abord une déconvenue technique. Pour ceux qui étaient restés sagement sur le site lemediatv.fr, il fut impossible de visionner le programme. Trop de monde ? « Mauvais début. J’ai été incapable de me connecter ou de voir quoi que ce soit sur ce site. Et je ne dois pas être seul. Pas cool du tout », s’est ému un autre socio.

Pendant ce temps, sur TF1, Gilles Bouleau annonçait ses titres : « Adieu APB, bonjour Parcoursup », « Comment supprimer les passages à niveau dangereux ? », « Tout savoir sur l’intelligence artificielle », « La folie des repas livrés à domicile »… Sur France 2, Anne-Sophie Lapix promettait des sujets sur les ventes records du groupe Renault grâce à l’Asie, sur la taxe d’habitation en France et sur de nouveaux Calais en perspective.

Peu révolutionnaire

Pour profiter de ce Média, il a fallu migrer sur YouTube et Facebook. Après avoir déclaré « Nous sommes le 15 janvier 2018 ». « Le “20 heures” s’est échappé de la télé, vous regardez le tout premier journal du Média ».

Aude Rossigneux les a présentés : l’inégalité salariale, les récentes manifestations en Iran – « un presque printemps » – et les « exilés » en Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA), là où des militants aident les réfugiés dans la région de la Roya.

Outre le choix des titres, la deuxième différence marquante avec les autres chaînes est l’absence, faute de moyens, de reportages : pendant les trente minutes que dure le journal, on voit surtout des « têtes parlantes » en studio

Le discours est entrecoupé de deux interviews de militants, celle de Sophie Binet, dirigeante confédérale de la CGT chargée de l’égalité hommes-femmes, puis celle d’Henri Rossi, président de la Ligue des droits de l’homme en PACA.  A Beyrouth, le correspondant nous parle de l’Iran depuis son balcon.

Si le journal télé du Média a voulu s’échapper de la télévision classique, en revendiquant en particulier son engagement contre les politiques gouvernementales, il n’a pas pour autant inventé de nouveaux formats. Ce « 20 heures » reste peu révolutionnaire dans la forme et s’avère plutôt austère.

Il n’a néanmoins pas échappé à l’autopromotion avec l’interview en plateau d’un « socio », l’humoriste et scénariste Bruno Gaccio, qui s’était fait connaître avec « Les Guignols de l’info » : « J’attends que vous soyez en éveil et en explication du monde », a-t-il dit, après avoir remarqué : « Vous pourriez être ce qu’est Le Monde diplomatique par rapport à un gratuit. »

En tout cas, le tunnel de brèves du début, avec quelques illustrations vidéo et photos de l’Agence France-Presse (AFP), n’a pas été du goût de tous les spectateurs : « L’impression de voir un bulletin radio filmé », a tranché un socio. Les plus militants, eux, ont été comblés.

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Un dispositif exceptionnel se prépare pour évacuer la ZAD de Notre-Dame-des-Landes

Posté par Les Blogueurs Associés le 15 janvier 2018

Notre-Dame-des-Landes

Le gouvernement doit trancher très prochainement la question du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes. Avec elle se pose aussi l’épineux dossier de l’évacuation de la ZAD. Qui devrait impliquer un dispositif exceptionnel.

Vers la fin de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes ? Dans les jours qui viennent, Edouard Philippe devra rendre la décision du gouvernement sur l’avenir du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes. Quelle que soit la nature du choix du gouvernement, les forces de l’ordre se préparent à l’évacuation de la ZAD. Une opération délicate. Alors que la dernière tentative, en 2012, s’était révélée un échec cuisant, les pouvoirs publics redoutent des affrontements violents.

Quand aura lieu l’évacuation ?

« Ce sera très rapide. Surtout si l’aéroport se fait. Parce qu’il faudra éviter les renforts des zadistes de Bure ou même d’Allemagne. Si l’aéroport ne se faisait pas, ça prendrait peut être un peu plus de temps mais ce serait rapide aussi », assure un spécialiste du maintien de l’ordre proche du dossier.

Dans ce contexte délicat, après la remise du rapport des trois médiateurs, puis un dernier tour de table avec des élus locaux, Edouard Philippe a indiqué qu’une décision serait prise « avant la fin janvier ». Selon nos informations, le ministère de l’Intérieur travaille de son côté à différentes options, en fonction de la décision qui sera rendue. Mais il devra sans doute se passer de l’effet de surprise.

« La situation est connue depuis longtemps. La gendarmerie étudie le dossier depuis des années. On a de l’expérience sur le site, il n’y a pas d’inquiétude de la part de la gendarmerie sur la manière de faire », assure de son côté Frédéric Le Louette, président de l’Association professionnelle nationale des militaires de la gendarmerie du 21e siècle (APNM GendXXI).

Comment se déroulera-t-elle ?

La fourchette haute prévoit jusqu’à 3000 militaires et policiers mobilisés sur la ZAD, où vivent actuellement 300 personnes. Un chiffre en augmentation constante ces derniers jours, selon nos informations. En octobre 2016, après le « oui » au référendum local, entre 12.800 personnes selon la préfecture et 40.000 selon les organisateurs s’étaient réunies sur place, pour défendre le site.

« Sur le territoire métropolitain, c’est certainement la plus grande opération depuis longtemps pour la gendarmerie mobile et même la gendarmerie tout court », reprend Frédéric Le Louette. « Clairement, il faut une très forte présence sur place. Le site est vaste (plus de 1600 hectares) ».

« C’est du maintien de l’ordre rural. Avec des bois, un caractère accidenté, pas facile à appréhender ». La Croix indique également la présence d’engins du génie militaire, ainsi que d’une équipe de déminage et de drones. D’éventuels débordements dans les agglomérations voisines, à Nantes, voire à Rennes, sont également redoutés.

« Tout ce qui est sur Notre-Dame-des-Landes sera géré par la partie gendarmes mobiles et militaires. Ensuite, nous CRS, on va s’occuper de la partie centre de Nantes », assure Johann Cavallero, délégué national pour les CRS au syndicat Alliance.

Selon lui, « il faudra aussi savoir montrer sa force. Parfois, quand on montre sa force, cela permet de ne pas l’utiliser. Il faudra des instructions claires. On ne les a pas à chaque fois, parfois on attend que ce soit le chaos pour agir ».

Avec quels risques ?

C’est la grande peur du gouvernement: des affrontements violents qui causeraient des blessés, voire pire, et dans les deux camps. « On a tous encore en tête Rémi Fraisse », lâche Frédéric Le Louette. « On sait qu’on va avoir une opposition qui sera très forte. On sait qu’ils sont prêts depuis des années, qu’ils sont équipés, qu’ils se forment régulièrement à combattre les forces de l’ordre. On espère qu’il y aura le moins de blessés possible, même si on sait que du côté des forces de l’ordre, il y en aura ».

Selon lui, la présence de pièges à destination des forces de l’ordre sur la ZAD est bien réelle. « En l’état de nos informations, il y a des pièges, on les a vus. Il n’y a pas de fantasme. Les gendarmes ont des limitations dues à la loi, ce qui est tout à fait légitime, là où l’adversaire n’en aura pas ».

« Ils ne devraient pas se gêner pour employer des cocktails Molotov. Les gendarmes mobiles qui interviendront devront se limiter à la lacrymogène. On n’a plus de grenades offensives depuis Rémi Fraisse. En milieu rural, c’était important, parce que ça avait un effet de souffle qui permettait de gagner du terrain. Cette munition va nous manquer à ce moment-là ».

Pour combien de temps ?

C’est la grande inconnue. Cela dépend pour beaucoup de la décision du gouvernement: oui ou non un aéroport sera-t-il construit sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes ? « Si c’est oui, évidemment l’opposition sera plus forte », prévient notre source spécialiste du maintien de l’ordre.

« Il faudra à la fois évacuer, protéger des gens qu’on évacue, tout en se défendant contre les radicaux (une cinquantaine, selon nos informations, NDLR). Ensuite, ce sera parti pour quelques années. Il faudra protéger le site, le travail des gens qui construiront l’aéroport… »

Si la décision du gouvernement est finalement d’abandonner le projet d’aéroport, « on part déjà au minimum sur trois semaines dures ». Mais « qu’il y ait l’aéroport ou pas, certains ne vont pas vouloir partir », croit savoir Johann Cavallero. « Certains se sont rendus propriétaires des lieux, donc, quelle que soit la décision, ils ne voudront pas les quitter ».

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