Après leur triomphe électoral, les nationalistes corses attendent Paris de pied ferme

Posté par Les Blogueurs Associés le 11 décembre 2017

Jean-Guy Talamoni

Forts de leur triomphe dimanche aux élections territoriales, les nationalistes corses attendent désormais l’ouverture rapide de négociations avec Paris en vue d’une plus grande autonomie politique, l’indépendantiste Jean-Guy Talamoni brandissant la menace de manifestations dans le cas contraire.

« Paris a aujourd’hui à prendre la mesure de ce qui se passe en Corse », a appelé de ses voeux la tête de liste Pè a Corsica, l’autonomiste Gilles Simeoni, à l’annonce du score historique des nationalistes qui ont remporté l’élection territoriale avec 56,5% des suffrages exprimés.

Ils disposeront de 41 des 63 sièges à l’Assemblée de Corse ainsi que des 11 sièges du conseil exécutif, le mini-gouvernement de l’île de Beauté. Seul bémol, un électeur sur deux seulement s’est déplacé, avec une participation de 52,6%.

L’allié de M. Simeoni au sein de Pè a Corsica, l’indépendantiste Jean-Guy Talamoni, a d’emblée mis en garde le gouvernement : « si Paris manifeste à nouveau un véritable déni de démocratie, nous serons contraints de susciter des manifestations populaires en Corse bien sûr mais également de faire le tour des capitales européennes pour dire que la France, qui donne des leçons de droits de l’homme au monde entier, a cette attitude anti-démocratique en traitant par le mépris le suffrage universel ».

Deux lignes qui illustrent la « répartition des rôles entre les deux figures du nationalisme », estime à l’AFP Jérôme Fourquet, directeur du département opinion à l’IFOP et auteur de « La nouvelle question corse ».

- ‘Félicitations républicaines’ -

« Le modéré Simeoni avance dans la gestion et la négociation avec Paris en essayant de rassurer (…) et dans le même temps, il faut aussi inscrire le rapport de force et mettre un peu la pression sur Paris, ce à quoi s’emploie Talamoni », explique M. Fourquet, ajoutant que la « deuxième fonction » de l’élu est de « s’adresser à la frange la plus dure du mouvement -natio- ».

Le Premier ministre Édouard Philippe a adressé à Gilles Simeoni des « félicitations républicaines » et s’est dit prêt à le recevoir à Paris « dès l’installation de la nouvelle collectivité », le 1er janvier prochain, a indiqué l’entourage du chef du gouvernement à l’AFP.

Une réponse « appréciée » par l’homme fort de l’Île de Beauté mais jugée insuffisante, a ensuite précisé M. Simeoni : « Je lui ai dit qu’au-delà de la politesse protocolaire, nous attendions et espérions un véritable dialogue avec l’État et que jamais les conditions n’avaient été aussi favorables pour que la question corse (…) se règle de façon apaisée et durable ».

Les nationalistes préconisent l’obtention d’un statut d’autonomie sous trois ans et sa mise en oeuvre en dix ans, se traduisant par la « dévolution d’un véritable pouvoir législatif et fiscal, reconnu aussi bien par l’Etat que par l’Union européenne ».

Leurs attentes portent également sur trois dossiers prioritaires : la co-officialité de la langue corse, la création d’un statut de résident et l’amnistie pour les « prisonniers politiques » et les recherchés. « Ces trois dossiers impliquent des ruptures totales ou entrent en contradiction flagrante avec les grands principes constitutionnels et institutionnels français », souligne M. Fourquet.

« Pour la co-officialité de la langue corse, il faudrait changer la constitution française », note-t-il. Sur la question des prisonniers politiques, on touche à « l’indépendance de la justice » et sur le statut de résident, il s’agirait d’une « entorse à l’égalité des citoyens ».

Mais il « est peut-être envisageable que Paris fasse un geste ou aille dans le sens des requêtes sans leur accorder une pleine et entière satisfaction », avance l’expert, citant l’octroi possible de davantage de moyens pour l’apprentissage de la langue corse. Sur la question des prisonniers politiques, « l’étape intermédiaire est le rapprochement » des détenus à la maison d’arrêt de Borgo en Corse.

« Sans que cela soit très coûteux symboliquement, ça peut être envisagé pour un certain nombre d’entre eux pour montrer la bonne volonté du gouvernement français », estime M. Fourquet.

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Mélenchon à l’offensive dans les hôpitaux

Posté par Les Blogueurs Associés le 11 décembre 2017

Jean-Luc Mélenchon

« L’hôpital est malade », affirme Jean-Luc Mélenchon, qui a souvent dénoncé « la logique d’entreprise » qui prévaut désormais et appelle à une réorganisation du maillage sanitaire du pays ». Plusieurs dirigeants syndicaux ont averti le gouvernement.

« Cela devient explosif dans les hôpitaux ». Et d’ajouter : « il faut d’autant plus y prendre garde que les Insoumis qui ont échoué à mobiliser les facs et les lycées ont reporté une partie de leurs forces sur les établissements hospitaliers, où ils rencontrent plus d’échos ».

Ce qui n’a pas échappé à Agnès Buzyn, la ministre de la Santé qui reconnaît que la « situation est désastreuse dans ces établissements hospitaliers, où elle a travaillé plus de trente ans, et où depuis dix ans ça s’est dégradé de manière accélérée ».

Face à cette dégradation, les syndicats avaient déjà multiplié les alertes sous la gouvernance Hollande. Certes, il demeurait une qualité des soins remarquable comparée à la déliquescence du système de santé anglais. Mais les économies réalisées brutalement, et sans beaucoup d’autre logique que comptable en apparence, ont laissé des personnels hospitaliers « au bord du burn-out », comme s’en est alarmé à plusieurs reprises Laurent Berger.

« À chaque fois que je me rends dans un hôpital, confiait-il encore récemment je rencontre des infirmières, des aides-soignantes, des médecins qui se sentent méprisés, qui sont au bord de l’explosion parce qu’on a trop tiré sur la corde, et qu’on ne considère pas ceux qui se dévouent pourtant de manière incroyable ».

Même constat alarmiste à la CGT, où l’on relevait aussi que « ces dernières années, le vote pour le FN n’a cessé de monter ». Et maintenant c’est la France Insoumise qui marque des points. « L’hôpital est malade », a répété Jean-Luc Mélenchon, qui a souvent dénoncé « la logique d’entreprise » qui prévaut désormais et en a appelé à une réorganisation du maillage sanitaire du pays ».

En s’attaquant à ce secteur sensible, le chef des Insoumis, mal en point depuis ses échecs manifestes contre la Loi travail, peut tenter de se refaire une… santé. Agnès Buzyn, qui travaille à sa réforme hospitalière, est parfaitement informée de ce qui se joue. On dit qu’une femme avertie en vaut deux ! Au moins.

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Joie au QG de Wauquiez : « On ira tous au paradis »

Posté par Les Blogueurs Associés le 11 décembre 2017

Laurent Wauquiez

Avec l’élection de Laurent Wauquiez à la tête des Républicains, la droite a passé l’une de ses meilleures soirées depuis longtemps. « Tu as pu bénir son corps ? » Ce dimanche soir, juste avant la proclamation des résultats pour la présidence de LR, Nadine Morano ne parle pas du héros de la soirée, Laurent Wauquiez, mais de son idole Johnny Hallyday.

Une élue des Républicains lui raconte qu’elle était hier dans l’église de la Madeleine, la députée européenne a, elle, regardé l’hommage au chanteur en pleurant devant sa télé. Des pleurs, il n’y a pas beaucoup au QG de Laurent Wauquiez ce 10 décembre. Ce qui se comprend aisément : la droite passe l’une de ses meilleures soirées depuis le 27 novembre 2016, le soir du triomphe de Fillon à la primaire !

À 20h30, lorsque le score écrasant du nouveau président des Républicains (74,6% des 99.597 votants) est annoncé, des applaudissements et des hourras se font entendre. Pour les soutiens de Wauquiez, ces résultats sont une bonne nouvelle à double titre;

Non seulement leur champion dispose désormais d’une forte légitimité, mais surtout la participation a été bien plus forte qu’annoncée. Près de 100.000 votants par internet, plus du double des pronostics les plus pessimistes.

« Noyau dur »

« Le noyau dur tient », se félicite Ange Sitbon, un très proche de Wauquiez et spécialiste de la carte électorale, qui tablait sur une participation un peu plus faible. « C’est la preuve que le parti est vivant. Ce résultat montre que rien ne peut se faire à droite à l’extérieur du parti politique », se réjouit Damien Abad, député de l’Ain, l’un de ceux qui comptera auprès du nouvel homme fort de la droite.

« Oui ce soir nous pouvons dire que la droite est de retour », peut scander Laurent Wauquiez à la tribune. Tout sourire, sans cravate, le nouveau président s’adresse sans les nommer à ses adversaires Valérie Pécresse et Xavier Bertrand.

« Ils ont du talent, il faut les mettre au service de notre famille. » Puis il attaque sans nuances Emmanuel Macron, « laxiste sur la délinquance, complaisant avec le communautarisme », manquant de « fermeté sur l’islamisme radical »… La tonalité de son opposition dans les mois à venir ?

Au pied de la tribune, se pressent les survivants de la droite – Éric Woerth, Éric Ciotti, Christian Jacob, Renaud Muselier – et la jeune garde – Damien Abad, Guillaume Peltier ou Madeleine Bazin de Jessey de Sens Commun.

La juppéiste et future vice-présidente du mouvement, Virginie Calmels, assure que les républicains marcheront sur deux jambes : l’une (la sienne) libérale, l’autre (celle de Wauquiez) conservatrice.

« Il est proche des gens »

Dans la salle, les militants se tiennent plutôt sur la jambe de Laurent Wauquiez. « Nan mais Wauquiez, il me rappelle Séguin. Il s’énerve. Il est proche des gens », estime Daniel Vançon, adhérant du Val-de-Marne. Un verre de rouge à la main, il fête l’avènement du wauquiézisme, cette droite « qui s’assume », et se réjouit de voir Éric Ciotti au premier rang.

« Lui, c’est notre prochain ministre de l’Intérieur. C’est notre nouveau Charles Pasqua. Il nous fait des hommes comme lui, qui frappent du poing et font respecter la République. » Interrogée par une des nombreuses chaînes d’info, une vieille dame, bien coiffée, très guindée, dégaine.

« Wauquiez l’a toujours dit, il est n’est pas d’extrême droite, il est de droite. » Précision utile tant le nouveau président des Républicains a été accusé de flirter avec les idées du Front national. Dans cette salle du 15e arrondissement, qui fût aussi celle qui accueillit la douche froide de Juppé au premier tour de la primaire, il y a un peu plus d’un an – un autre monde !-

Laurent Wauquiez ne s’attarde pas avec les militants. Il monte fêter son triomphe avec quelques élus et appeler ses deux concurrents : Florence Portelli, qui avec ses 16%, obtient un score très honorable pour une campagne menée au nom du fillonisme mais sans le soutien de François Fillon.

La fin du juppéisme ?

Maël de Calan, lui, est le perdant de la soirée : à partir du 10% on pèse, disait-il encore il y a quelques jours. L’élu finistérien ne franchit pas la barre (9,25%), malgré le soutien apporté par le maire de Bordeaux. Aux Républicains, le juppéisme serait-il une espèce en voie d’extinction ?

Le wauquiezisme en tout cas se sent pousser des ailes. Aurane Reihanian, le « bébé wauquiez » autoproclamé qui animait le mouvement Jeunes du candidat, monte à la tribune, un verre à la main. Comme pour fêter à l’avance sa future élection à la tête des Jeunes avec LR ? « Des Aurane président » retentissent déjà.

À 21h30, le QG s’est déjà bien vidé. La soirée, qui avait commencé au son de Johnny – « Qu’on me donne l’envie », une référence à l’ambitieux Wauquiez ? – se termine sur une note enfin optimiste pour les Républicains. Titre de la bande-son ? « On ira tous au paradis. »

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Les Républicains : le plan de Laurent Wauquiez pour transformer le parti

Posté par Les Blogueurs Associés le 10 décembre 2017

Laurent Wauquiez

Laurent Wauquiez, qui espère être élu dimanche soir à la tête des Républicains, s’attellera dès lundi à la composition de sa nouvelle équipe. Laurent Wauquiez n’est pas superstitieux : il a choisi la salle parisienne du Tripot Régnier pour sa soirée électorale, là où Alain Juppé avait organisé la sienne le soir de la Bérézina du premier tour de la primaire.

Comme le maire de Bordeaux à l’époque, le patron de la région Auvergne-Rhône Alpes est donné archi-favori, pour le poste de président des Républicains que lui disputent Florence Portelli et Maël de Calan. À l’image du député LR Damien Abad, ses soutiens l’assument ouvertement.

« L’objectif, c’est de gagner au premier tour ». La seule incertitude réside selon eux dans le niveau de participation des 234.556 adhérents. Un proche de Wauquiez évoque une fourchette de « 40.000 à 60.000″ votants. Un chiffre tellement bas qu’il ne peut réserver que de bonnes surprises.

Pour désamorcer les critiques prévisibles sur le manque de légitimité du vainqueur, l’ancien ministre Brice Hortefeux rappelle « qu‘Alain Juppé a été élu avec 37.000 voix en 2002″ à la présidence de l’UMP. Un élément de langage qui tourne en boucle depuis quelques jours dans l’entourage du candidat.

Porte ouverte pour Calan, moins pour Portelli

Après avoir voté au Puy-en-Velay (Haute-Loire), Laurent Wauquiez attendra les résultats du premier tour depuis son QG parisien. Le candidat juppéiste Maël de Calan a quant à lui prévu de voter dans la matinée au siège parisien des Républicains, et la filloniste Florence Portelli à la mairie d’Andilly (Val d’Oise).

Le vote est uniquement électronique mais 251 bureaux ont été ouverts en métropole et outre-mer pour ceux qui n’ont pas accès à un ordinateur. Le scrutin sera piloté depuis une « war room » situé au dixième étage du siège de LR, où seront réunis les membres de la Haute autorité, l’équipe du prestataire qui assure le vote électronique et les représentants des trois candidats.

Après la proclamation des résultats par la présidente de la Haute autorité Anne Levade, vers 20h30, Wauquiez se rendra devant ses partisans, pour un discours « rapide » selon son équipe. Car c’est lundi que les choses sérieuses commencent : une passation de pouvoir symbolique avec l’actuel secrétaire général Bernard Accoyer, puis le 20 Heures de TF1, avant de s’atteler à la composition de sa nouvelle équipe.

À l’exception de la juppéiste Virginie Calmels qui sera sa vice-présidente, « je n’ai promis aucun poste. Je suis totalement libre », répète Laurent Wauquiez. De fait, il garde un secret jaloux sur ses intentions pour les postes clés du parti : secrétaire général, président de la commission nationale d’investiture (CNI) ou porte-parolat.

Il devrait nommer avant Noël une garde rapprochée d’une douzaine de personnes, dont de nombreux jeunes afin de marquer l’arrivée d’une nouvelle génération à droite. Parmi les noms qui circulent : Virginie Duby-Muller et Damien Abad – cités pour le poste de secrétaire général -, mais aussi les députés Aurélien Pradié, Guillaume Peltier, Guillaume Larrivé, Olivier Marleix, ou les maires Gilles Platret et Gil Avérous.

En fonction de son score ce soir, le juppéiste Maël de Calan pourrait aussi y avoir sa place. Le sort de Florence Portelli, qui a eu la dent dure à l’égard de Wauquiez pendant sa campagne, semble en revanche scellé. « Il nous observe beaucoup. Il essaie de détecter des talents », explique Aurélien Pradié, qui juge le renouvellement à droite « capital » : « on ne peut pas être des conservateurs de musée. Il faut des idées nouvelles », plaide-t-il.

« Sa stratégie, c’est de mettre une dizaine de jeunes en garde rapprochée, mais sans qu’un dépasse plus que l’autre », explique un député LR, qui y voit une « méthode de management. Il dit : ‘vous êtes sur sur la même ligne, maintenant faites vos preuves’ ». « Il ne veut pas de contrepoids dans l’équipe », interprète plus crûment un cadre LR.

Distribution de postes thématiques – les « secrétaires nationaux » d’hier, rebaptisés « shadow cabinet » (« gouvernement fantôme », NDLR) -, composition du bureau politique et de la CNI, attribution de « missions » à des élus…d’ici le conseil national (CN) du 27 janvier, « il a différentes cartes à abattre », énumère un proche.

Après le conseil national, il procédera en février au renouvellement des secrétaires départementaux – sorte de préfets du parti qui sont nommés par le président de LR -, en attendant l’élection des présidents de fédération, probablement en octobre.

La main tendue à Pécresse ?

Ces leviers, Laurent Wauquiez les utilisera pour promouvoir une nouvelle génération mais aussi pour tenter de rassembler son camp, alors que de nombreux poids lourds, de Xavier Bertrand à Alain Juppé, l’attendent de pied ferme. « Il faut que tu proposes la présidence du CN à Valérie Pécresse », lui a soufflé Nicolas Sarkozy il y a deux mois. 

Message entendu : « Si elle veut, c’est possible », assure un proche de Wauquiez. Interrogé, un proche de la présidente de la région Ile-de-France s’étrangle en rappelant que les deux responsables n’ont eu aucun contact direct depuis… juin dernier.

« Valérie a toujours eu à cœur l’unité de sa famille politique. Cela ne passe pas par un poste pour elle-même mais par la place faite à tous ceux qui partagent ses idées, souligne-t-il. Il n’y a pas d’unité sans une juste reconnaissance de la diversité ». Voilà Wauquiez prévenu.

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