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La cigarette, ennemie numéro 1 d’Agnès Buzyn

Posté par Les Blogueurs Associés le 21 novembre 2017

Agnès Buzyn

Après avoir annoncé l’objectif du paquet de tabac à 10 euros en 2020, la ministre de la Santé a évoqué « une action ferme » pour limiter la place de la cigarette dans le cinéma français. C’est peut-être à son tour de prendre la lumière.

Dans le gouvernement, Agnès Buzyn fait partie des ministres issus de la société civile, dont beaucoup sont relativement méconnus des Français. Fin décembre, un sondage révélait que 38% d’entre eux ne connaissaient pas Edouard Philippe. Début novembre, une nouvelle étude a montré que la ministre de la Santé n’était pas du tout ou pas suffisamment connue de 64% des sondés pour qu’ils expriment une opinion à son sujet.

Mais cela pourrait bientôt changer. Avant la rentrée scolaire, sa décision de rendre onze vaccins obligatoires et d’interdire l’accès à l’école aux enfants qui ne seraient pas à jour a déjà fait parler d’elle. Mais la semaine dernière, ce n’est pas une proposition en tant que telle mais une phrase de la ministre qui a fait des remous.

La ministre de la Santé était interpellée par une sénatrice socialiste à propos du cinéma qui selon cette dernière « valorise » et « banalise » le tabac. « La Ligue contre le cancer démontre dans une étude que 70% des nouveaux films français mettent à l’image au moins une fois une personne en train de fumer ».

« Ça participe peu ou prou à banaliser l’usage, si ce n’est à le promouvoir, auprès des enfants et des adolescents, qui sont les premiers consommateurs de séries et de films, sur internet notamment », s’est indignée Nathalie Grelet-Certenais » lors de l’examen du budget de la Sécurité sociale, comme l’a rapporté Public Sénat. 

Un point de vue partagé « totalement » par Agnès Buzyn. « Je veux qu’on ait une action ferme là-dessus. Je ne comprends pas l’importance de la cigarette dans le cinéma français. J’en ai parlé au conseil des ministres ce matin à Françoise Nyssen (la ministre de la Culture, ndlr) pour l’alerter. Il y aura des mesures en ce sens », a-t-elle répondu.

Une figure du cinéma français réagit 

L’idée fait déjà réagir dans le cinéma français. Ce lundi, Serge Toubiana, président d’UniFrance, une organisation chargée de la promotion du cinéma français dans le monde, réunissant 1.000 acteurs du secteur, a réagi auprès de France Info.

Il dit voir dans cette possibilité « un aveu de l’échec public de toutes les politiques de santé depuis des décennies ». Il a fait observer: « Interdire n’a jamais aidé à quoi que ce soit. Au contraire, cela crée une société de la peur, une société sur la défensive, une société qui n’a pas confiance en ses lois, en ses règles. Je suis absolument terrifié à cette idée. »

Scandalisé, il s’est aussi interrogé sur le sort qu’on réserverait au cinéma français élaboré avant ce type de législation, ou même à la représentation de certains grands personnages historiques, grands fumeurs devant l’éternel:

« Il faudrait brûler tous les films de Claude Sautet, les interdire à tous les publics. Il ne faudrait plus jamais regarder un film avec Humphrey Bogart, c’est dangereux. Il ne faudrait plus jamais montrer Winston Churchill en train de fumer le cigare, ou le général de Gaulle, sans parler de Georges Pompidou. »

« Bloquée par des choix très peu courageux »

Cette proposition controversée correspond chez cette médecin, ancienne directrice de l’Institut national du cancer, à une conviction personnelle. Parmi ses premières victoires au ministère, l’objectif du paquet de tabac à 10 euros en 2020, qui sera atteint après six hausses de prix consécutives.

« Cela permet aux gens de se préparer, de trouver les moyens d’arrêter de fumer, c’est un calendrier qui permet à chacun de se mettre dans la perspective de l’arrêt », justifiait alors la ministre.

« Aux responsabilités que j’ai occupées, j’ai été bloquée par des choix très peu courageux. J’ai milité pour une hausse du prix du tabac, j’ai obtenu péniblement dix centimes… », déplorait-elle en octobre au Monde, quelques semaines avant cette annonce. « Voir des jeunes fumeuses me rend malade physiquement », ajoutait-elle. Comme le précise le quotidien, il lui arrivait même d’aborder de jeunes fumeurs dans la rue, et d’être moquée par ses fils pour cette raison. 

« Génération sans tabac »

Dans sa feuille de route adressée le 15 juin au Premier ministre, Agnès Buzyn affichait des ambitions claires: « mon objectif est que la génération qui naît aujourd’hui soit la première génération sans tabac », écrivait-elle dans ce document qui devait faire l’objet d’arbitrages avant le discours de politique générale d’Edouard Philippe.

Pendant la campagne, Emmanuel Macron s’était dit favorable au paquet à 10 euros. Sur une éventuelle limitation de la cigarette sur les écrans, aucune proposition précise n’est pour le moment formulée. Mais rien ne permet de dire à ce stade si l’exécutif suivra la ministre dans cette direction.

En 2015, alors qu’elle dirigeait l’Institut national du cancer et qu’Emmanuel Macron était au ministère de l’Economie, ils s’étaient retrouvés en désaccord sur un assouplissement de la loi Evin sur l’alcool, accusé de favoriser in fine la promotion des boissons alcooliques. « Une augmentation de 1% des investissements dans les publicités pour l’alcool, c’est 0,15% d’alcool consommé en plus », avait dénoncé Agnès Buzyn. 

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Publié dans Industrie, Politique, Santé | Commentaires fermés

Et si les pesticides se révélaient pires que l’amiante ?

Posté par Les Blogueurs Associés le 8 novembre 2017

Les pesticides

Un film choc pointe les étranges similitudes entre ces deux batailles sanitaires et judiciaires, alors que l’Europe se prononce sur l’utilisation du glyphosate, l’herbicide le plus utilisé dans le monde.

Paul François était un « agriculteur manager » qui gagnait bien sa vie. A la tête de ses 500 hectares de céréales dans le Poitou-Charentes, il employait jusqu’à 50 saisonniers, en appliquant les préceptes de l’agriculture intensive: mécanisation et pesticides. En avril 2004, sa vie a basculé.

En inspectant l’une de ses cuves, il inhale du Lasso, un herbicide vendu par la firme américaine Monsanto, qui a depuis été interdit. Il va passer plusieurs jours dans le coma et près d’un an à l’hôpital. Les analyses sont formelles: il est intoxiqué aux pesticides, avec des séquelles encore importantes aujourd’hui.

Paul François s’est alors lancé à l’assaut du géant de l’agrochimie, qu’il a traîné devant les tribunaux. Le 10 septembre 2015, Monsanto a été reconnu responsable par la Cour d’appel de Lyon, en ayant failli à ses obligations d’information. Une première. Mais la bataille judiciaire n’est pas terminée.

La Cour de cassation ayant cassé le jugement, l’affaire va à nouveau être jugée en appel. « C’est épuisant. J’ai eu envie de tout abandonner. Mais ce n’est plus seulement mon combat, nous confie Paul François. C’est celui de tous les agriculteurs empoisonnés par les pesticides. »

Ce paysan charentais est l’un des personnages clés du documentaire Les Sentinelles de Pierre Pézerat, en salles le 8 novembre. Sans artifice, par une succession de témoignages édifiants des victimes, le réalisateur fait le parallèle entre les dégâts des pesticides et ceux de l’amiante, un scandale sanitaire responsable de « 61.000 à 118.000 morts » entre 1995 et 2009, selon l’Institut de veille sanitaire, qui ne prévoit pas moins de 100 000 décès supplémentaires d’ici à 2050 !

Des études camouflées

Son fil rouge, c’est Henri Pézerat, son père, directeur de recherche au CNRS : dès les années 1970, ce toxicologue s’est battu contre l’amiante dont il avait démontré la nocivité, jusqu’à son interdiction en 1997. Chercheur militant, allant sur le terrain à la rencontre des victimes, Henri Pézerat va, jusqu’à son décès en 2009, sonner l’alerte sur « le » prochain scandale sanitaire.

« Il m’avait confié que les pesticides seraient pires que l’amiante, témoigne Paul François. Car ils ne touchent pas seulement les agriculteurs, mais toute la chaîne alimentaire et donc tous les consommateurs. » Un diagnostic à méditer, alors que la Commission européenne doit décider de la prolongation de l’utilisation du très controversé glyphosate, l’herbicide le plus vendu dans le monde.

« On n’y voyait pas à un mètre. C’était comme de la neige », se souvient Josette Roudaire, l’une des Sentinelles. Ouvrière à l’usine de filage d’amiante Amisol de Clermont-Ferrand, elle raconte, dans le film, les conditions de travail épouvantables de l’époque. De son côté, Jean-Marie Birbès, de l’usine Eternit, dans le Tarn, qui produisait de l’amiante-ciment, se souvient des assurances données par ses employeurs malgré les alertes sur la dangerosité du produit.

« Des experts et des médecins nous avaient présenté une nouvelle façon de travailler, avec un système d’aspiration. Pour eux, il n’y avait plus de danger. » C’était au début des années 1980, la période de « l’usage contrôlé de l’amiante », une vaste supercherie qui n’empêchera pas de nombreux ouvriers d’Eternit de mourir. « Je ne leur pardonnerai jamais », lâche la veuve de Raymond Cabrit, un ouvrier décédé d’un cancer.

Et pourtant. Les preuves des ravages de l’amiante sur la santé existaient depuis bien longtemps. « Dans les années 1930, les industriels ont commandé des études qui ont révélé l’impact très négatif sur la santé, déplore Annie Thébaud-Mony, sociologue, spécialiste de la santé au travail, autre personnage important du documentaire.

Mais ils ont ordonné aux scientifiques, qui avaient réalisé les enquêtes, de se taire. » Au début des années 1980, les entreprises du secteur, rassemblées dans le « Comité permanent amiante », vont tout faire pour dénigrer les études alertant sur la nocivité du produit et les projets d’interdiction, notamment aux Etats-Unis.

Une étrange similitude. Ce lobbying, puissant et efficace, des industriels de l’amiante ressemble beaucoup à celui des fabricants de pesticides. Dès les années 1960, des scientifiques, comme la biologiste américaine Rachel Carson, dans son livre Le Printemps silencieux, ont mis en garde contre les dégâts des produits phytosanitaires.

Mais les industriels ont réagi vivement : « L’histoire se répète. Comme pour l’amiante, ils ont multiplié les attaques contre les scientifiques qui dénonçaient la dangerosité des pesticides, critique Annie Thébaud-Mony. Et ils ont réalisé de pseudo-études scientifiques qui visaient uniquement à semer le doute chez les décideurs. »

A la tête de ce lobbying agressif, Monsanto a notamment fait pression sur les experts du Centre international de recherche sur le Cancer, une instance reconnue de l’OMS, qui a classé le glyphosate dans les substances « probablement cancérogènes » pour l’homme.

De la junk science (science pourrie) a dénoncé le groupe, racheté récemment par l’allemand Bayer. Surtout, des documents internes, révélés par la justice américaine, montrent comment la firme a téléguidé les experts d’agences européennes qui, elles, jugent le glyphosate inoffensif.

Patrons et ouvriers ensemble

Certes, les industriels mettent en avant le faible nombre de victimes répertoriées des pesticides. C’est vrai. « Mais c’est la partie immergée de l’iceberg, assène l’agriculteur Paul François. Chez les agriculteurs entre 50 et 60 ans, c’est l’hécatombe. Et il n’y a aucune étude sérieuse sur ces décès. »

En 2011, François a créé une association de défense des paysans, « Phyto Victimes », qui a déjà reçu 400 dossiers : « Beaucoup hésitent à aller en justice mais, peu à peu, la parole se libère, constate l’avocat François Lafforgue, spécialisé dans ces dossiers. Toutefois, il est très difficile de prouver le lien entre la maladie et les nombreux produits chimiques auxquels les agriculteurs ont été exposés. »

D’ailleurs, la reconnaissance de cette pollution aux pesticides comme maladie professionnelle est, la plupart du temps, une galère de plusieurs années de procédures, devant le tribunal des affaires de Sécurité sociale. C’est la « convergence des luttes ».

Le côté un peu cocasse du film Les Sentinelles, c’est la rencontre de victimes venues de deux mondes totalement différents : d’un côté, les ouvriers cégétistes des usines d’amiante et, de l’autre, l’agriculteur, gros employeur, qui militent ensemble, aujourd’hui, dans l’association « Henri Pézerat ».

« Au début, j’étais mal à l’aise avec ces cégétistes qui cassaient du patron toute la journée, confie Paul François. Moi aussi je suis un entrepreneur. Mais on a appris à se connaître et on s’est retrouvés. Car, en tant que patron, j’ai subi les mêmes méfaits qu’eux. » Les ouvriers de l’amiante ont obtenu d’importantes indemnisations, avec 5,2 milliards d’euros versés, en France, par le fonds d’indemnisation des victimes depuis 2002 mais aucun responsable (employeur ou politique) n’a été con­damné pénalement.

Pour le monde agricole, la (longue) bagarre ne fait que commencer.

Le casse-tête explosif du glyphosate

« Ma conviction profonde, c’est que ce produit est dangereux pour la santé. » Brune Poirson, la jeune secrétaire d’Etat à la Transition écologique, ne mâche pas ses mots sur le glyphosate, le pesticide le plus utilisé. Pour elle, la France a pris le leadership des pays les plus écolos d’Europe en poussant la Commission de Bruxelles, qui devait se prononcer le 9 novembre, à prolonger son autorisation de quatre ans maximum.

« Il faut une date butoir rapprochée et mettre la pression sur les industriels pour qu’ils trouvent une alternative. » Pour le gouvernement, le glyphosate est un dossier empoisonné. Il doit faire face à la pression des ONG écologistes, qui veulent une interdiction immédiate. Et à celle des syndicats agricoles, qui dénoncent « une réponse idéologique ».

« Ce produit est extrêmement efficace. Et il n’a pas d’équivalent », avance Eric Thirouin, le secrétaire général de la FNSEA. Les industriels des pesticides ont quant à eux créé une plateforme européenne exposant les « raisons pour renouveler l’autorisation » d’un pesticide qui « ne pose pas de problème pour la santé humaine ».

Ils mettent en avant les avis récents des agences européennes de sécurité des aliments (EFSA) et des produits chimiques (ECHA), concluant que le glyphosate n’est pas cancérogène, à l’inverse du Centre international de recherche sur le cancer, une agence créée par l’OMS.

Mais l’angle d’attaque des industriels est affaibli depuis les Monsanto Papers, ces nombreuses communications internes du géant de l’agrochimie révélées par la justice américaine. Elles montrent une stratégie d’influence très efficace sur les experts internationaux, dont les articles sont souvent co-écrits, en secret, par des salariés de Monsanto, comme l’a détaillé le journal Le Monde.

Et avec les agences européennes, c’est un expert très lié à la firme, l’Américain Jess Rowland, qui aurait eu un rôle déterminant pour écarter une étude sur les rats, révélant des effets nocifs du glyphosate sur leur santé.

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Des pharmaciens livrent avec la Poste des médicaments prescrits

Posté par Les Blogueurs Associés le 6 mars 2017

Les pharmaciens

Le réseau d’officines Pharmabest se lance avec la Poste dans le portage à domicile de médicaments prescrits. Ce service payant pour le patient sera étendu dans les 60 pharmacies du réseau en France. La Poste a déjà testé ce portage à Bordeaux et prévoit d’autres partenariats.

Alors que la vente sur Internet de médicaments soumis à prescription obligatoire reste interdite, des pharmaciens s’allient à la Poste pour leur portage à domicile. Ils utilisent une plateforme pour la mise en relation sans acte d’achat en ligne. Cette initiative qui n’est pas la première du genre pour l’entreprise publique concerne Pharmabest un groupement de 60 officines en France.

Le service débute à Marseille en ce début juillet où il est assuré par une pharmacie membre du groupement.

Il vise 50 à 100 livraisons par jour d’ici à la fin de l’été. Puis d’autres pharmacies membres du réseau se lanceront à Avignon, Bordeaux, Lille, Lyon, Nantes, Nice, Pau, Saint-Étienne, Tours…L’ensemble des 60 pharmacies le proposeront d’ici à la fin de 2017.

La plateforme internet intervient pour fluidifier les relations entre le patient, le pharmacien et le facteur concerné. Avant de partir en tournée, le facteur sera informé via son smartphone qu’il a une collecte d’ordonnance ou une livraison de médicaments à effectuer sur sa tournée.

Préalablement, le patient devra lui-même être passé par Internet, soit depuis le site web de la pharmacie, soit via l’appli mobile, ce qui exigera une maîtrise minimale de la technologie. Il scannera ou photographiera son ordonnance et l’enverra via la plateforme à la pharmacie.

Le pharmacien vérifiera l’ordonnance, préparera les médicaments et les mettra dans un emballage opaque et scellé que devra récupérer le facteur ayant reçu une notification qui ajoute cette livraison à sa tournée. À Marseille, Pharmabest s’engage à ce que les commandes effectuées avant midi soient livrées dans l’après-midi et que celles effectuées l’après-midi jusqu’à 19h30, soient livrées le lendemain matin.

En revanche, la livraison est payante pour le patient qui doit s’acquitter d’un forfait de 7,90 euros, ce qui paraîtra onéreux à certains patients en dépit du service rendu. Pour la Poste, le portage à domicile de médicaments n’est pas une véritable nouveauté.

Il fait partie de sa stratégie d’extension de son activité vers les services de proximité comme « Veiller sur mes parents », consistant en la visite régulière de familiers isolés à domicile par ses facteurs. Depuis l’automne 2016, à Bordeaux, l’entreprise publique, en partenariat avec MeSoigner.fr et le groupe médical Medissimo, propose déjà aux patients la livraison par ses facteurs à domicile de leurs médicaments prescrits sur ordonnance.

D’autres initiatives du même genre sont à l’étude à Nantes (avec le groupement de pharmaciens Giphar) et dans le Limousin et le Poitou (avec la Caisse d’assurance retraite et de la santé au travail-Carsat).

Les Blogueurs associés

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