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Levothyrox : la ministre annonce le retour de l’ancienne formule

Posté par Les Blogueurs Associés le 15 septembre 2017

Levothyrox

Rétropédalage complet. Les autorités sanitaires prennent enfin la mesure des effets de ce médicament pour la thyroïde. Et ouvrent la porte au retour de l’ancienne formule et à d’autres médicaments.

Agnès Buzyn, la ministre de la Santé, avait-elle le choix ? En tout cas, elle a dû faire preuve de bon sens clinique et de pragmatisme politique, quitte à se dédire, et surtout à désavouer fortement son administration qui s’est révélée incapable de gérer l’affaire du changement de formule du Levothyrox, ce médicament soignant la thyroïde et qui s’est révélé avoir des effets secondaires indésirables pour certains patients.

Ce vendredi matin, elle a en effet annoncé que l’ancienne formule du Levothyrox serait «accessible» dans quinze jours et que des «alternatives» à ce médicament seraient disponibles «dans un mois». «Nous avons fait en sorte que l’ancien Levothyrox soit accessible de façon à ce que ceux qui le réclament puissent le prendre, et ce sera disponible en quinze jours», a-t-elle déclaré sur France Inter.

«Et dans un mois, nous aurons des alternatives, c’est-à-dire d’autres marques, d’autres médicaments, qui permettront progressivement aux patients de pouvoir choisir le médicament qui leur convient le mieux.» Mais la ministre a précisé qu’à terme, «l’ancien Levothyrox devrait normalement disparaître puisque le laboratoire Merck ne devrait plus le produire dans les années qui viennent».

De fait, il y avait urgence. Et la ministre se devait d’arrêter l’emballement, tant les erreurs initiales dans la gestion de ce dossier la mettaient en porte à faux. Plus de 9 000 patients avaient ainsi signalé des effets indésirables – crampes, maux de tête… – avec cette nouvelle formule du Levothyrox.

Une pétition réclamait le retour à l’ancienne formule, et surtout 12 plaintes ont été déposées au Parquet de Paris et une cinquantaine de nouvelles plaintes contre X, dont celle de l’actrice Anny Duperey, devaient être lancées, avait promis l’avocate et ancienne magistrate Marie-Odile Bertella-Geffroy.

Les nouvelles plaintes, qui doivent être déposées auprès du pôle santé publique, reposent sur quatre motifs : «non-assistance à personne en danger, mise en danger de la vie d’autrui, atteinte à l’intégrité de la personne et tromperie sur les qualités substantielles du médicament aggravée par une atteinte à la santé».

Bref, cela partait dans tous les sens, et les propos bien légers de l’Agence du médicament ne faisaient qu’accélérer la crise. Pour autant, si la décision de la ministre va permettre de faire baisser la température dans ce dossier, deux types de questions dans cette affaire «qui n’est pas un scandale, juste une crise d’information» selon les mots de la ministre, restent. Et laissent dubitatifs.

Que diable s’est-il passé en 2009 avec l’arrivée d’un générique du Levothyrox ?

C’est fin 2009 qu’arrive en effet, de chez Servier, un générique du Levothyrox. Selon plusieurs experts, ce générique est de grande qualité, avec un bon dosage, et cela est d’autant plus important que ce médicament agissant sur la thyroïde est très sensible, classé dans le jargon administratif comme produit «à marge thérapeutique étroite», c’est-à-dire que le dosage doit être on ne peut plus précis.

Mais à cette occasion, les autorités sanitaires découvrent peu après que le produit de Merck a un léger défaut : il est peu stable dans le temps, et son dosage peut donc évoluer. Les autorités demandent à Merck d’y remédier. Le labo s’exécute en apportant des changements à ce que l’on appelle les excipients.

Des ajouts chimiques qui servent à renforcer et stabiliser le produit central. On passe ainsi du lactose au mannitol, avec un ajout d’acide citrique, qui vont optimiser la stabilité du médicament dans le temps. Pourquoi pas, puisqu’on reste dans les bonnes pratiques ? Et en mars 2017, après accord avec l’ANSM, il est décidé d’arrêter l’ancienne formule et de ne plus vendre que la nouvelle.

Et quid du générique ? Il a entre-temps peu à peu disparu, son prix était faiblement inférieur à celui du médicament premier. Servier a décidé de le retirer du marché. Pourquoi ? Les ventes sont-elles trop faibles ? Pourquoi cette disparition alors qu’il avait été jugé «meilleur» que le produit de Merck ? Pas de réponse.

Rétrospectivement, on découvre que quatre ans plus tôt, il y avait eu déjà des problèmes d’approvisionnement avec le Levothyrox. La ministre de la Santé d’alors, Marisol Touraine, avait annoncé que le Levothyrox pourrait être remplacé en pharmacie par un médicament italien semblable, tout en assurant qu’«aucune rupture d’approvisionnement» n’avait été observée concernant le Levothyrox. Bizarre tous ces pas de deux.

Que font les autorités sanitaires au printemps 2017 avec l’arrivée du nouveau Levothyrox ?

En mars 2017, l’Agence nationale de sécurité sanitaire des médicaments (ANSM) fait le service minimum. Et c’est manifestement une forte erreur d’appréciation. Trois millions de patients prennent pourtant du Levothyrox en France pour soigner l’hypothyroïdie ou après une opération de cancer de la thyroïde, cela fait donc beaucoup de monde.

Et quelles que soient les circonstances, dans la vraie vie, tout changement de cette nature allait provoquer des remous. Une simple lettre aux médecins et aux pharmaciens pour signaler ledit changement n’était pas à la hauteur. D’autant que les médecins reçoivent quantité de courriers administratifs, les patients n’étant pas en plus directement informés.

Et ce n’est pas tout. L’ANSM aurait pu, avec l’énorme base de données de l’Assurance maladie, surveiller en direct l’arrivée de cette nouvelle prescription, et même monter des études-échantillons pour l’observer. Rien de tout cela n’a été fait. Des rapports récents, comme celui du professeur Bernard Begaud et de Dominique Costaglia, avaient pourtant suggéré des propositions simples d’alerte.

Tout est resté dans les tiroirs. Et il a fallu attendre que les malades se signalent, qu’ils fassent nombre, puis qu’ils alertent les médias pour réveiller les autorités. La France connaît par cœur ce type d’emballement, et comme toujours les autorités, au début, minimisent le problème, assurant qu’il n’y aura pas le retour de la première formule du Levothyrox, pour au final se dédire. Et comme à chaque fois, cela laisse des traces, en particulier une méfiance accrue vis-à-vis des labos ou des médicaments.

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Hongkong se noie sous les déchets électroniques

Posté par Les Blogueurs Associés le 11 juin 2017

Hongkong

Territoire asiatique qui génère le plus de rebuts technologiques, la région est aussi submergée par des tonnes d’équipements venus de l’étranger. Les centres de recyclage illégaux s’y multiplient, véritables décharges à ciel ouvert.

«Levez les yeux de vos téléphones». La consigne tourne en boucle dans les escalators du métro, sans grands effets. Hongkong est à l’image de ses passants accaparés par leurs écrans : électrisée par les technologies, ultra-connectées. Mais la modernité pèse lourd.

En 2015, l’ex-colonie britannique est le territoire d’Asie qui, per capita, a généré le plus de déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE) : 21,7 kg par habitant, selon l’université des Nations unies.

Au regard des 6,7 millions de tonnes de DEEE produites par la Chine, Hongkong et ses 156 000 tonnes pourraient sembler anecdotiques. Sauf que la ville croule sous les déchets. Faute d’infrastructures adaptées, elle se débarrasse à l’étranger d’une grande partie de ses vieux équipements électriques alors que 40 tonnes sont tout de même déversées chaque jour dans ses propres décharges, quasi saturées.

Plus inquiétant encore, Hongkong, devenu «centre mondial d’importation des DEEE» selon l’ONG américaine Basel Action Network (BAN), étouffe aussi sous les rebuts des autres. L’ONG estime qu’environ 830 conteneurs d’équipements usagers entrent chaque mois à Hongkong.

Ils sont souvent transportés illégalement depuis les États-Unis, sous le couvert d’appareils d’occasion. Longtemps, Hongkong et son port franc ont incarné une simple station de transit vers la Chine. Mais Pékin a récemment fermé ses frontières aux transporteurs de rebuts électroniques dangereux, et le rôle de dépotoir a donc incombé à Hongkong, devenue le «nouveau paradis des pollueurs», selon les termes de l’ONG.

Négocier des disques durs

BAN a placé des traceurs sur plusieurs centaines d’ordinateurs aux États-Unis. Et plus de la moitié ont terminé leur parcours dans le nord de Hongkong, à une heure de route de la «Manhattan asiatique». Là, plus de 1 000 hectares d’anciens terrains industriels abandonnés émaillent la partie continentale de Hongkong, frontalière avec la Chine.

Cette zone est appelée les «nouveaux territoires». C’est un «no man’s land qui abrite en gros tout ce qui se fait d’illégal à Hongkong. Le problème des déchets se conjugue avec celui de l’urbanisme et de la législation complexe de cette zone», résume Benita Chick de l’Earthwatch Institute, une ONG américaine.

Les autorités dénombrent 150 sites de recyclage de DEEE à ciel ouvert, souvent barricadés derrière de hautes tôles. «Leur nombre et leurs activités varient en fonction des cours du marché», nous explique-t-on. Rares sont ceux habilités à traiter des déchets toxiques.

«C’est peu cher de louer ces terrains vagues dans les nouveaux territoires, et les autorités sont plutôt laxistes aux frontières, ce qui facilite la venue de main-d’œuvre bon marché, explique l’élu local Paul Zimmerman. Ils font le gros du tri manuellement, en cachette dans des arrière-cours.»

«Puis c’est réexpédié en Chine. Quand j’y suis allé, des personnes négociaient des unités centrales, des disques durs, des câbles. La plupart parlaient mandarin.» L’ONG BAN décrit des centaines de tubes cathodiques jonchant le sol, des imprimantes éventrées, des circuits électriques désossés.

Quant aux effets du mercure, phosphore, cuivre, métaux lourds ou autres substances dangereuses libérées lors de ces opérations sauvages, «les torts pour l’environnement et la population ont déjà commencé», comme l’affirme BAN sur la base d’analyses menées par une université locale. L’eau est «toxique».

Faire le ménage

La chasse aux recycleurs clandestins est lancée : contrôles et mesures coercitives vont s’intensifier, assurent les autorités qui, en 2016, ont mené trente-trois poursuites judiciaires assorties de faibles amendes (36 600 euros au total).

L’ouverture officielle à la rentrée d’un centre de traitement financé par l’État devrait aussi permettre au gouvernement de faire le ménage à grande échelle – alors que jusqu’à présent la gestion des DEEE reposait plus sur des initiatives ponctuelles que sur la législation.

L’opérateur allemand Alba IWS collecte déjà des déchets électroniques et a commencé au printemps à démonter ordinateurs, réfrigérateurs, imprimantes et téléviseurs. Les composants chimiques doivent être traités à Hongkong, les circuits imprimés envoyés entre autres au Japon, les batteries de lithium en Belgique, le cuivre en Allemagne.

Aluminium, inox, plastique et verre seront vendus comme matière première. Plus de 80% de matériaux seront recyclés en «toute transparence», garantit son directeur, Nigel Mattravers. Mais le processus sera lent au démarrage, admet-il. Cinq ans pour atteindre les 30 000 tonnes traitées par an.

Le temps de la montée en puissance d’une nouvelle législation plus contraignante pour les producteurs, distributeurs et recycleurs d’équipements électriques. Le temps aussi d’éduquer la population. «Le souci à Hongkong est qu’il n’y a pas d’incitation au recyclage.

Il n’y a que des micros systèmes où les gens reçoivent des nouilles en échange d’un vieux frigo ou des fringues», remarque Benita Chick. Alors, même le jour où la nouvelle usine tournera à plein régime (56 000 tonnes prévues par an), Hongkong restera encombrée par des montagnes d’appareils usagers.

En particulier les petits équipements et les millions de smartphones trop légers pour les gros industriels du recyclage, qui négocient les prix au tonnage. Les téléphones alimenteront donc encore longtemps les circuits parallèles, toujours très opaques.

On les retrouve aujourd’hui vendus à même le trottoir parmi des ordinateurs ou des enceintes, ou dans les chariots débordants de ces femmes de ménage qui les monnaient avec des entreprises souvent peu scrupuleuses des normes environnementales.

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Des pharmaciens livrent avec la Poste des médicaments prescrits

Posté par Les Blogueurs Associés le 6 mars 2017

Les pharmaciens

Le réseau d’officines Pharmabest se lance avec la Poste dans le portage à domicile de médicaments prescrits. Ce service payant pour le patient sera étendu dans les 60 pharmacies du réseau en France. La Poste a déjà testé ce portage à Bordeaux et prévoit d’autres partenariats.

Alors que la vente sur Internet de médicaments soumis à prescription obligatoire reste interdite, des pharmaciens s’allient à la Poste pour leur portage à domicile. Ils utilisent une plateforme pour la mise en relation sans acte d’achat en ligne. Cette initiative qui n’est pas la première du genre pour l’entreprise publique concerne Pharmabest un groupement de 60 officines en France.

Le service débute à Marseille en ce début juillet où il est assuré par une pharmacie membre du groupement.

Il vise 50 à 100 livraisons par jour d’ici à la fin de l’été. Puis d’autres pharmacies membres du réseau se lanceront à Avignon, Bordeaux, Lille, Lyon, Nantes, Nice, Pau, Saint-Étienne, Tours…L’ensemble des 60 pharmacies le proposeront d’ici à la fin de 2017.

La plateforme internet intervient pour fluidifier les relations entre le patient, le pharmacien et le facteur concerné. Avant de partir en tournée, le facteur sera informé via son smartphone qu’il a une collecte d’ordonnance ou une livraison de médicaments à effectuer sur sa tournée.

Préalablement, le patient devra lui-même être passé par Internet, soit depuis le site web de la pharmacie, soit via l’appli mobile, ce qui exigera une maîtrise minimale de la technologie. Il scannera ou photographiera son ordonnance et l’enverra via la plateforme à la pharmacie.

Le pharmacien vérifiera l’ordonnance, préparera les médicaments et les mettra dans un emballage opaque et scellé que devra récupérer le facteur ayant reçu une notification qui ajoute cette livraison à sa tournée. À Marseille, Pharmabest s’engage à ce que les commandes effectuées avant midi soient livrées dans l’après-midi et que celles effectuées l’après-midi jusqu’à 19h30, soient livrées le lendemain matin.

En revanche, la livraison est payante pour le patient qui doit s’acquitter d’un forfait de 7,90 euros, ce qui paraîtra onéreux à certains patients en dépit du service rendu. Pour la Poste, le portage à domicile de médicaments n’est pas une véritable nouveauté.

Il fait partie de sa stratégie d’extension de son activité vers les services de proximité comme « Veiller sur mes parents », consistant en la visite régulière de familiers isolés à domicile par ses facteurs. Depuis l’automne 2016, à Bordeaux, l’entreprise publique, en partenariat avec MeSoigner.fr et le groupe médical Medissimo, propose déjà aux patients la livraison par ses facteurs à domicile de leurs médicaments prescrits sur ordonnance.

D’autres initiatives du même genre sont à l’étude à Nantes (avec le groupement de pharmaciens Giphar) et dans le Limousin et le Poitou (avec la Caisse d’assurance retraite et de la santé au travail-Carsat).

Les Blogueurs associés

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