Lunettes: l’UFC-Que Choisir pointe des écarts de prix « faramineux »

Posté par Les Blogueurs Associés le 18 janvier 2018

UFC-Que Choisir

L’association de consommateurs UFC-Que Choisir a pointé jeudi des écarts « faramineux » entre les tarifs dans l’optique en France, qui peuvent varier « du simple au double » dans les verres en fonction des opticiens, pour une correction identique.

Une même paire de verres simples pour un enfant peut ainsi coûter « de 126 à 257 euros » hors montures, et de 399 à 711 euros pour des verres progressifs haut de gamme pour un adulte, toujours à correction similaire, selon l’étude de l’UFC, basée sur 215.000 devis optiques entre 2016 et 2017 auprès de 34 organismes de complémentaires santé.

« Malgré l’apparition de la vente en ligne ou de chaînes d’optique réputées à bas coûts, le budget lunettes des Français reste le plus élevé des pays riches, avec un prix moyen de 316 euros pour une monture équipée de verres simples, et de 613 euros avec des verres progressifs », note l’association dans un communiqué.

D’où un reste à charge pour « 90% des consommateurs », malgré les remboursements des complémentaires santé, ajoute l’UFC.
Pendant la campagne présidentielle l’an dernier, Emmanuel Macron avait promis, d’ici à 2022, un reste à charge zéro pour les lunettes, les audioprothèses et les prothèses dentaires, mal pris en charge par la sécurité sociale.

Le reste à charge zéro ne concernera pas tous les produits de ces trois segments, mais seulement certains paniers de soins, a précisé par la suite le gouvernement, qui travaille avec les assureurs santé au sens large, la sécurité sociale et les fabricants pour y parvenir.

Cet objectif est « naturellement louable », mais ne doit « pas pour autant conduire à une augmentation des primes de complémentaire santé, déjà en hausse de 43% depuis 2006″, a rappelé jeudi l’UFC-Que Choisir, espérant aussi que les offres remboursées à 100% seront « de qualité » et largement proposées par les professionnels, « sans quoi la mesure serait vidée de son sens ».

L’association juge aussi « urgent » de favoriser en parallèle une politique de « réelle concurrence » sur le marché de l’optique, et a déploré le report d’un an de l’entrée en vigueur du nouveau devis normalisé. L’UFC vient de lancer en ligne son nouveau comparateur de devis dans l’optique.

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Calais: les associations saluent la prise en charge des repas aux migrants par l’État

Posté par Les Blogueurs Associés le 17 janvier 2018

Emmanuel Macron

Les acteurs de terrain approuvaient l’annonce faite par le président de la République à Calais, mais les trois associations qui avaient annoncé boycotter la rencontre avec le chef d’Etat ont maintenu leur décision mardi.

C’était une demande de longue date des acteurs associatifs: Lors de son déplacement de ce mardi à Calais, Emmanuel Macron a annoncé que l’État prendrait en charge la distribution des repas aux migrants sur place. Ce service, jusqu’ici assuré par les associations, sera géré par l’État «de manière organisée, avec des points mobiles, sans tolérer aucune installation de campements illicites», a déclaré le président de la République dans son discours devant les forces de sécurité.

«C’est une très bonne chose que l’État prenne en charge la distribution de repas», a salué le docteur Françoise Sivignon, présidente de Médecins de Monde. «Au même titre que l’accès aux soins et à un abris, l’accès à la nourriture est un besoin vital.»

Mais les associations attendaient plus de détails sur la mise en oeuvre de ce dispositif. Emmanuel Macron a dit qu’il serait déployé «en incitant tous ceux qui sont prêts à financer cette prestation dans le cadre organisé par l’Etat et avec l’Etat», sans donner plus de précision.

Boycott maintenu

«C’est une très bonne chose», abonde Gaël Manzi, cofondateur et coordinateur d’Utopia 56. «Mais nous resterons vigilant sur leur façon de faire: il serait inacceptable que les distributions de repas se transforment en piège à migrants avec contrôle d’identité et enfermement à la clé.»

Les associations veulent aussi que les distributions se fassent dans des conditions dignes: «Il est question de mettre en place des dispositifs mobiles», note François Guennoc, vice-président de l’Auberge des migrants. «Ce n’est pas l’idéal, car cela signifie qu’on continuera à les faire dehors, dans le froid et sous la pluie.»

Actuellement, Refugee Comunity Kitchen, Utopia 56 et l’Auberge des migrants estiment préparer environ 1200 repas pour deux distributions par jour. Malgré l’annonce du président, les trois associations qui avaient annoncé lundi le boycott de la rencontre organisée avec Emmanuel Macron -Médecins du Monde, Auberge des Migrants et Utopia 56-, ont maintenu leur décision mardi.

Le chef d’Etat a par ailleurs tenu des propos assez ferme à l’adresse de toutes les associations. Il les a appelées à la «responsabilité», déplorant les «mensonges» diffusés «par de trop nombreux» acteurs et «qui nuisent à notre efficacité collective».

Pêle-mêle, Emmanuel Macron vise les associations qui «encouragent» les migrants «à s’installer dans l’illégalité, voire à passer» en Grande-Bretagne. Mais il se réfère aussi aux associations qui dénoncent des «violences policières» commises à l’encontre des migrants. «Les maltraitances quotidiennes commises par les forces de l’ordre sur les exilés ne sont pas des mensonges», rétorque Didier Degremont, président du Secours Catholique à Calais.

«C’est une réalité qui a été constaté par les journalistes, le défenseur des droits, Human Rights Watch…» L’association a annoncé lundi avoir déposé une plainte contre X pour «dégradation de biens», après l’enlèvement et la destruction de couvertures, bâches ou tentes abandonnées par les migrants lors de démantèlements.

D’autres associations regrettent le ton employé par le chef de l’Etat pour parler de leur action sur place. «Nous appeler à prendre nos responsabilités, c’est une vaste blague. Si les migrants ont quelque chose à manger jusqu’à maintenant malgré les carences de l’Etat, c’est grâce à nous.» À mesure que la date d’examen du projet de loi immigration approche, les relations se tendent entre les associations et l’Etat.

Le conflit se cristallise autour d’une circulaire permettant aux services de l’Etat d’examiner les «situations administratives» dans les hébergements d’urgence pour mieux orienter les étrangers selon leur situation.

Mais les associations dénoncent un «fichage» et invoquent un principe «d’inconditionnalité de l’accueil» que ce texte remettrait en cause selon elles. Des associations ont saisi le Conseil d’Etat en référé pour demandé le retrait de cette circulaire.

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Mais qui est donc Emmanuel Besnier, l’invisible patron de Lactalis ?

Posté par Les Blogueurs Associés le 14 janvier 2018

Emmanuel Besnier

Une nouvelle tempête médiatique secoue Lactalis, le géant français des produits laitiers. Si l’entreprise a procédé, dès décembre 2017, au rappel de ses laits et autres produits infantiles contaminés aux salmonelles, certaines enseignes de distribution reconnaissent aujourd’hui avoir continué à les commercialiser. Une épine de plus pour Emmanuel Besnier, le patron très discret de Lactalis.

En décembre dernier, la contamination par des salmonelles de jeunes enfants ayant consommé des produits du géant laitier Lactalis mettait sous le feu des projecteurs cette entreprise familiale adepte de la discrétion. Depuis, malgré l’annonce du rappel de tous les produits infantiles et nutritionnels fabriqués ou conditionnés sur l’usine de Craon, le feu des critiques ne faiblit pas.

Le patron de Lactalis, Emmanuel Besnier, reste invisible. Depuis la mort de son père en juin 2000, Emmanuel Besnier dirige ce groupe présent dans plus de quarante pays, avec un chiffre d’affaires de l’ordre de 17 milliards d’euros…mais des comptes jamais rendus publics.

« Il faut peut-être saluer celui qui résiste aux emportements médiatiques » de l’époque, considère le député européen Jean Arthuis. « Quand on n’a plus prise sur la réalité, on communique. Il y a un vieil adage mayennais qui dit : le bruit ne fait pas de bien et le bien ne fait pas de bruit », tente-t-il en guise d’explication. Un adage que ce patron né en 1970 illustre avec brio.

Emmanuel Besnier, 12ème fortune de France selon notre classement, vivait encore il y a quelques années dans une commune proche de la préfecture de la Mayenne, à Entrammes, où sa famille dispose d’un château dans la forêt. À Laval, cet homme de haute taille, aux yeux clairs derrière ses verres de lunettes, n’apparaît guère dans la vie publique, et fuit les médias.

Quant à ses employés et ses fournisseurs, ils sont rares à l’avoir rencontré. Coup de projecteur sur cet homme (d’affaires) invisible qui se cache derrière les marques Lactel, Président, Galbani. « Wanted Emmanuel Besnier PDG de Lactalis ». En août 2016, l’affiche façon western (photo ci-dessus) placardée par les producteurs en lutte contre le géant mondial du lait résumait bien la position atypique de ce grand patron qui a fait d’une absolue discrétion sa marque de fabrique.

« Il est dans la tradition de son père, c’est à dire, on ne communique pas, on conduit sa barque », analyse l’ancien ministre Jean Arthuis (Alliance centriste), qui a déjà rencontré le dirigeant. Si, en 1998, Emmanuel Besnier racontait à Capital qu’il était “né dans un bidon de lait” avant de grandir dans une usine de yaourts, sa première interview est aussi la dernière.

Depuis, ce gaillard de 1,90 mètre fuit les curieux. Le président de la chambre d’agriculture d’Ille-et-Vilaine, Marcel Denieul, livre son lait à Lactalis mais affirme ne l’avoir jamais rencontré, de même que « très peu de personnes de la filière laitière l’ont rencontré », dit-il à propos d’Emmanuel Besnier. De ce dernier, les rares photos dans les médias datent d’il y a une dizaine d’années.

« Rester discret n’est pas nécessairement louche. Ça peut être un choix de vie (…) La notoriété implique un mode de vie plus contraignant et on a le droit de ne pas avoir envie de ça », considère Denieul. « Le jour où il y a eu la décision de faire du groupe Besnier le groupe Lactalis, c’était aussi une volonté de protéger la famille (…) », indique-t-il.

Sa scolarité sans esbroufe. Au collège Sainte-Thérèse puis au lycée d’Avesnières, deux institutions privées de Laval, le petit Emmanuel ne la ramenait pas. Dans ce chef-lieu de la Mayenne, tout le monde connaissait ses illustres parents : le grand-père André, fondateur de la fromagerie Besnier, et, surtout, Michel, le père, développeur du géant Lactalis. “Mais il n’en jouait pas, se souvient Thérèse Deneuve, directrice de son collège. C’était un gentil garçon qui ne se faisait jamais remarquer.”

L’enfant sage a attendu d’intégrer une école de commerce, l’Institut supérieur de gestion de Paris, pour se lâcher. “Pendant notre stage à New York, il n’était pas le dernier à s’amuser, confirme un copain de promo. Il partageait une maison avec une bande de copains, disons… exubérants, pour parler sobrement.”

Son éducation de P-DG. Son diplôme en poche, Emmanuel a aussitôt rejoint l’entreprise familiale. Sur le terrain. Dans des usines américaines de Californie et du Wisconsin, l’héritier s’est initié à la production. “Il n’a pas retourné les camemberts, mais pas loin”, jure un ancien cadre. Dans la filiale espagnole de Madrid, il s’est familiarisé avec les questions logistiques et commerciales, avant de rejoindre le siège de Laval en 1995. Promu directeur du développement, il a appris le métier de grand patron dans un bureau voisin de celui de son père.

Son self-control à toute épreuve. Dimanche 11 juin 2000, Michel Besnier décédait brutalement d’une crise cardiaque. “Malgré ses 29 ans à peine, Emmanuel n’a rien laissé paraître de son chagrin, raconte un haut dirigeant de l’époque, encore impressionné. Dès le lendemain, il était prêt à reprendre les rênes de l’entreprise.”

Un sang-froid que le fils cadet conserve en toutes circonstances. “Contrairement à son père, il ne pratique pas le management du décibel, il ne s’énerve jamais, s’amuse un ancien. En revanche, il s’exprime avec une telle fermeté qu’il faudrait être stupide pour ne pas entendre son mécontentement.” Un dirigeant engagé mais exigeant. « Il n’est absolument pas dans les organisations patronales », relève Guillaume Garot, député (PS), maire de Laval de 2008 à 2014, et ancien ministre délégué en charge de l’Agroalimentaire.

« À chaque fois que je l’ai rencontré, ça a toujours été dans le cadre de relations professionnelles, en lien avec son entreprise (…) C’est quelqu’un de très concentré sur ses dossiers. Avec une équipe de cadres très soudée. Il dirige son entreprise, c’est tout ».

Et d’ajouter: « Lui, il a une vision d’entreprise de niveau mondial. On est donc dans une perspective très différente. Lui considère que le monde est dur, que la compétition est dure, que la France doit s’adapter et que son entreprise doit être au niveau ». Son deal fiscal avec Bercy. Au décès de leur père, les trois enfants Besnier, l’aîné, Jean-Michel (exploitant forestier), Emmanuel et Marie (designer), ont hérité de la totalité du capital de Lactalis.

Problème : la famille aux 200 fromages ne voulait pas vendre une partie de ses titres pour s’acquitter des droits de succession et perdre ainsi le contrôle absolu du groupe. Finalement, les Besnier ont convaincu le ministère des Finances d’accepter un étalement de l’impôt sur dix ans.

Impossible de savoir si cette faveur a été négociée avec Laurent Fabius, alors hôte de Bercy, ou si elle l’avait été, du vivant de Michel Besnier, avec le précédent ministre, Dominique Strauss-Kahn. Seule contrepartie exigée par l’administration : pas de vente d’actions durant toute cette période.

Sa discrétion maladive. Pas de Rolex au poignet, pas de vacances à Saint-Trop, pas de soirées mondaines…Emmanuel Besnier n’a rien d’un m’as-tu-vu. “Dans la famille, la discrétion est une religion”, explique un proche. Son look est sobre : costumes sombres et cravates sans chichis.

Ses loisirs sont ceux d’un BCBG : l’été, il se détend avec ses trois enfants dans sa maison de l’île de Ré, l’hiver, il skie à Courchevel. Son refus de s’afficher frise l’obsession. Sa loge au stade de Laval, dont Lactalis est actionnaire, est la seule à vitres teintées et à double serrure. Et, quand le patron signe un édito dans le journal du groupe, il n’y associe pas sa photo. “Comme, en plus, il ne se montre jamais dans les usines, la plupart des salariés ne savent pas à quoi il ressemble”, raconte un syndicaliste.

Sa dureté en affaires. En 2011, les producteurs de lait n’avaient pas digéré le contrat que Besnier leur avait soumis quelques mois plus tôt. “Ce document regorge de clauses inacceptables : il nous impose un droit d’exclusivité et nous interdit toute forme de manifestation ou de grève”, fulminait alors un agriculteur.

Chez Leclerc, on confirme la dureté en affaires de monsieur Lactalis. Lors de précédentes négociations, le fromager, mécontent des faibles augmentations tarifaires consenties par l’enseigne, avait tout bonnement cessé de livrer ses produits. “Sur ce coup-là, on n’a pas compris ce qu’ils nous faisaient”, reconnaissait Michel-Edouard Leclerc, pas habitué à tant de répondant.

Les concur­rents savent très bien de quel bois Em­manuel Besnier se chauffe. “Quand il a décidé de vous mettre à ­genoux, il vous le dit calmement, droit dans les yeux”, raconte un industriel. En 2016, la tension avait été vive avec les agriculteurs mécontents du prix d’achat du lait proposé par Lacatlis.

Ses rachats coups de poing. Comme son père, Emmanuel enchaîne les acquisitions avec un appétit d’ogre : le français Celia (Chaussée aux moines, Le Marin…) en 2006, le croate Dukat un an plus tard, l’espagnol Puleva en 2010…Sa technique : frapper vite et fort. Prenez le rachat de Galbani en 2006.

Quand le fond BC Partners a fait savoir qu’il voulait vendre Galbani, il a suffi de quelques jours au P-DG pour convaincre son frère et sa sœur d’aligner pas loin de 2 milliards d’euros. Un mois après, l’affaire était réglée. Parmi ses derniers faits d’arme : le géant italien Parmalat en 2011 et Stoneyfield, leader américain des yaourts bio qui est tombé dans son escarcelle l’année dernière.

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