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Le programme du FN: rendre les pauvres plus pauvres

Posté par Les Blogueurs Associés le 6 mai 2017

Le Front national

Le parti d’extrême droite, autoproclamé proche du peuple, ne cherche en aucun cas à réduire les inégalités. Son projet, en matière d’éducation, de fiscalité, de politique familiale, etc. aura pour conséquence de favoriser les classes aisées.

Alors que, depuis sa fondation, la stigmatisation de l’étranger constitue le principal ressort du Front national, le parti d’extrême droite cherche désormais à se présenter comme «la voix du peuple» et le défenseur des plus faibles en investissant les questions économiques et sociales.

L’incapacité des gouvernements successifs à apporter des réponses convaincantes à la montée des inégalités, à l’absence de mobilité sociale et aux effets de la mondialisation sur l’emploi et les qualifications a indéniablement contribué à faire progresser le vote frontiste parmi les classes populaires.

Pourtant, le programme de Marine Le Pen ne défend pas les plus défavorisés. Un grand nombre de ses propositions économiques et sociales vont même directement à l’encontre de leurs intérêts. La légèreté de ses propositions, voire son silence presque total, sur plusieurs sujets incontournables dans la lutte contre les inégalités…

…notamment l’éducation et la formation, la fiscalité, les questions environnementales, les droits des femmes, l’accès à la santé ou encore les conséquences de la sortie de l’euro, fait douter sérieusement de sa réelle volonté et de sa capacité à agir en faveur des plus démunis.

Suppression du collège unique

La sortie de l’euro et de l’Union européenne, pierre angulaire du projet du FN, aurait, on le sait, des effets très défavorables sur le pouvoir d’achat des classes populaires. Tant l’inflation que l’augmentation des taxes et droits de douane pénaliseraient le pouvoir d’achat des revenus modestes.

Une part importante est consacrée à l’achat de produits importés de première nécessité (énergie, produits alimentaires, vêtements). La mise en avant par les médias de la sortie de l’euro occulte, en outre, d’autres points essentiels de son programme qu’il nous semble important de souligner ici.

Ainsi d’autres propositions du FN ou le quasi-vide programmatique sur des sujets majeurs révèlent que la réduction des inégalités n’est pas réellement sa priorité. L’éducation en est un bon exemple.

Sur ce sujet, le programme du Front national est réduit à la portion congrue, et les seules mesures précises envisagées, comme la suppression du collège unique et le rétablissement de l’apprentissage à 14 ans, auront tendance à renforcer la reproduction sociale en faveur des familles dont le capital culturel et financier est plus élevé.

Une politique ambitieuse supposerait au contraire un investissement massif dès la petite enfance pour réduire les inégalités sociales.

Défiscalisation de la donation

Sa position sur la défiscalisation de la donation en est un autre exemple : le FN propose d’augmenter le montant des donations non imposées de 50 000 à 100 000 euros tous les cinq ans par parent et par enfant, mesure qui ne profite pas aux plus démunis.

Le rehaussement du plafond du quotient familial inscrit dans le programme va dans le même sens, puisque cette mesure accorde une réduction fiscale d’autant plus grande que les familles sont nombreuses et disposent d’un revenu élevé.

S’agissant de la santé, de la famille et des droits des femmes, les propositions du FN ne sont pas plus favorables aux plus modestes. Le FN prétend lutter contre les déserts médicaux, mais la hausse du numerus clausus envisagée ne règle en rien ce problème, car même en plus grand nombre, les médecins pourront toujours s’installer dans la région de leur choix (et donc dans les régions les plus attractives).

Si le FN a mis en sourdine pendant la campagne ses positions habituelles sur la famille et les droits des femmes, il demeure un parti extrêmement conservateur et les mesures qu’il défend (salaire maternel, aucun développement des politiques de garde, suppression du partage du congé parental entre les deux parents) impliquent un retour des femmes à la maison et seraient particulièrement préjudiciables aux femmes des milieux modestes.

Quant à l’IVG, même si Marine Le Pen défend maintenant son maintien, les divergences au sein du parti laissent supposer que la question de son déremboursement, qui induirait une terrible inégalité d’accès selon le milieu social, peut resurgir. Quelle serait donc la politique effective du FN si celui-ci accédait à la présidence de la République ?

Recettes miraculeuses

Autant de sujets disparates, donc, qui illustrent à quel point le FN recourt à des arguments populistes en proposant des mesures qui contribueront à renforcer la reproduction sociale. En outre, un point d’inquiétude supplémentaire vient du prétendu chiffrage du programme du FN.

Si le parti frontiste vantait sans vraiment l’assumer en 2012 les mérites des budgets équilibrés (via la très critiquable règle d’or), le programme de 2017 n’a aucun bouclage budgétaire clair.

Il ne fait qu’invoquer des recettes miraculeuses comme par exemple celle liée au coût supposé de l’immigration pour les finances publiques, qu’il estime à des dizaines de milliards d’euros, montant totalement décorrélé de tous les chiffrages sérieux existants.

D’autres recettes, tout aussi fantasques, seraient tirées de la mise en place de droits de douanes, de la sortie de l’euro et de l’Europe, de l’exclusion de l’accès à la santé, à l’éducation et aux minima sociaux des étrangers résidents en France, et à une lutte contre une fraude «sociale» d’une ampleur très largement fantasmée.

Comment peut-on encore croire, à la lecture de ce qui précède, que le parti de Marine Le Pen serait comme elle le prétend au service des plus démunis ?

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Le Billet de Charline

Posté par Les Blogueurs Associés le 3 mai 2017

             Voter par internet pour dire qu’on ira pas voter, ça devient compliqué

Abstention (2)

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Jean-François Jalkh, un négationniste pour remplacer Marine Le Pen ?

Posté par Les Blogueurs Associés le 26 avril 2017

Jean-François Jalkh

Cet historique du Front national, vice-président du parti, est censé remplacer la présidente durant son retrait provisoire. Problème : l’homme est rattrapé par des propos qu’il aurait tenus en 2000.

La bonne idée est-elle en train de se transformer en boulet ? Deux jours après l’annonce par Marine Le Pen de sa «mise en congé» de la présidence du Front national, son remplaçant présumé, Jean-François Jalkh, fait l’objet de vives critiques.

En cause : des propos jugés négationnistes qu’aurait tenus en 2000 ce vice-président du FN. Recueillis par la chercheuse Magali Boumaza, ils ont été publiés cinq ans plus tard par la revue le Temps des Savoirs.

Evoquant les chambres à gaz, l’homme juge que «l’on doit pouvoir discuter de ce problème». Expliquant avoir «été amené à lire des ouvrages de gens qui sont des négationnistes et des révisionnistes», il dit avoir été «énormément surpris [par] le sérieux et la rigueur» de certains textes. Au sujet de Robert Faurisson, principale figure du négationnisme français, il juge que celui-ci n’a «pas du tout la volonté délibérée de nuire à qui que ce soit».

Enfin, dans une phrase dont on ne sait si elle reflète sa pensée ou résume celle d’un autre, il conclut «sur l’utilisation d’un gaz, par exemple, qu’on appelle le Zykon B [sic], moi je considère que d’un point de vue technique, il est impossible […] je dis bien impossible de l’utiliser dans des […] exterminations de masse».

Interrogé mercredi matin sur RMC-BFM TV, le directeur de campagne de Marine Le Pen, David Rachline, a lui aussi contesté ces accusations : «[Jean-François Jalkh] a démenti évidemment les propos qu’on lui prête, il le conteste, il a déposé une plainte parce que cette affaire est montée de toutes pièces.»

David Rachline a également démenti que Jean-François Jalkh ait été présent, en 1991, à une messe en mémoire du maréchal Pétain célébrée en l’église Saint-Nicolas du Chardonnet à Paris. Une présence dont fait pourtant état un article du Monde publié à l’époque.

Escroquerie présumée

Inconnu du grand public, Jean-François Jalkh est pourtant un membre historique du Front national, qu’il a rejoint dès les années 70. L’homme est le dernier des 35 députés FN élus en 1986 à toujours exercer des fonctions de premier plan au sein du parti.

C’est son titre de premier vice-président qui lui vaudrait, selon l’article 16 des statuts du FN, de remplacer Marine Le Pen si celle-ci se retirait provisoirement de la direction du parti. Réputé discret et consensuel, Jalkh affiche un profil plus technicien que politique.

Chargé des affaires juridiques, il travaille à la défense du parti dans l’inquiétant dossier «Jeanne» : une affaire d’escroquerie présumée au détriment de l’Etat, où il a lui-même été renvoyé en correctionnelle, comme d’autres cadres et prestataires du FN.

Les propos qui lui sont prêtés s’ajoutent à d’autres polémiques récentes, confrontant le FN à l’antisémitisme ou au négationnisme supposés de certains de ses membres.

En mars, le frontiste niçois Benoît Loeuillet a été suspendu du parti après avoir jugé, devant une caméra cachée, qu’il «n’y a pas eu [dans les camps nazis] de morts de masse comme cela a été dit».

Des soupçons d’antisémitisme entourent également deux proches de Marine Le Pen, le prestataire Frédéric Chatillon et l’élu FN Axel Loustau. Selon Mediapart et Marianne, ce dernier aurait notamment posé sur Facebook, sous pseudonyme, la photo d’un plat de riz modelé pour prendre la forme d’une croix gammée.

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FN : Louis Aliot, un pilier si discret

Posté par Les Blogueurs Associés le 14 avril 2017

Louis Aliot

Vice-président du FN, compagnon de Marine Le Pen, l’eurodéputé accueille la candidate dans sa ville de Perpignan samedi. Mais se tient désormais loin de la scène nationale. Louis Aliot, lundi soir, on l’a entendu avant de le voir.

«Ce sont des cons !» s’exclamait devant quelques journalistes l’eurodéputé et vice-président du Front national, en marge d’une intervention de Marine Le Pen. Cibles de ce courroux : tous ceux qui voudraient assimiler l’oratrice à son diable de père, après qu’elle eut jugé la France «pas responsable» de la rafle du Vél d’Hiv.

Ce style énergique a ses amateurs : ils seront samedi au Palais des congrès de Perpignan, où Marine Le Pen tient l’un de ses derniers meetings avant le premier tour. Élu de la ville et compagnon de la candidate, Aliot introduira le discours de celle-ci.

Occasion pas si fréquente d’entendre cette figure historique du FN, que son concubinage et ses ambitions perpignanaises tiennent désormais éloignée des affaires nationales.

«Une histoire française», est-il coutume de sous-titrer certaines sagas. «Une histoire frontiste», faudrait-il dire au sujet de Louis Aliot, 47 ans. Né à Toulouse d’un père ariégeois et d’une mère rapatriée d’Algérie, l’homme rejoint le parti à la fin des années 80, séduit par la verve lepéniste. Lors la scission mégrétiste, dix ans plus tard, sa loyauté lui vaut d’être promu directeur de cabinet du vieux chef.

Puis secrétaire général du FN entre 2005 et 2010, avant d’en devenir l’un des vice-présidents suite au couronnement de Marine Le Pen. Il est entre-temps devenu le compagnon de celle-ci, contribuant à cette confusion entre l’intime et le politique si caractéristique du Front national.

Pendant et après la présidentielle de 2002, Aliot fait aussi partie des premiers apôtres de la dédiabolisation mariniste. Comme d’autres, le jeune cadre sort traumatisé de l’immense mobilisation anti-FN de l’entre-deux-tours, suivie d’une lourde défaite de Jean-Marie Le Pen. Pour lui et ses proches, normaliser l’image du parti devient un impératif catégorique, auquel Aliot fixe toutefois un cadre précis.

«Il faut être clair sur la dédiabolisation, expliquera-t-il quelques années plus tard. Celle-ci ne concerne que notre présomption d’antisémitisme. Pas l’islam, pas l’immigration : là-dessus, à la limite, il n’est pas forcément mauvais d’être diabolisé.»

Lancer le processus, mais en fixer d’entrée la limite : ce funambulisme va bien au personnage, sorte de pont lancé entre l’ancien et le nouveau FN. «Nous sommes une génération intermédiaire, ce n’est pas facile à vivre, reconnaît-il. On sera peut-être la génération sacrifiée, d’ailleurs.»

«Un notable de province»

Au sein du parti, Aliot aura incarné le renouveau mariniste autant que la permanence d’une ligne poujadiste, fidèle au souvenir colonial et à l’ancrage à droite du Front national. Condamnant les propos polémiques de Jean-Marie Le Pen, il s’est pourtant opposé à l’exclusion de celui-ci.

«Neuf fois sur dix, lui et moi tombons d’accord, témoigne le très droitier maire de Béziers Robert Ménard, soutien d’un FN à qui il reproche pourtant sa mollesse identitaire et sa tentation étatiste. Aliot est une incarnation de ce FN qui ne se retrouve guère dans le « ni droite ni gauche ».

Ce n’est pas un apparatchik, mais un notable de province, dans le bon sens du terme. Contrairement à d’autres, il est à l’aise avec les gens et peut se rendre à une féria ou à un match de rugby sans que cela fasse chiqué.» Profil aligné, semble-t-il, avec les attentes de la base frontiste, qui a placé Aliot en deuxième position lors de l’élection du Comité central frontiste en 2014 – derrière Marion Maréchal-Le Pen seulement.

Fort de ses responsabilités et de ce soutien, l’homme aurait pu se faire le porte-parole de la tendance droitière du mouvement, parfois désarçonnée par les orientations de sa présidente.

Un rôle dont le Perpignanais ne veut pas plus que la députée du Vaucluse : malgré ses titres, Louis Aliot se tient désormais éloigné de la scène nationale et, le plus souvent, des interventions médiatiques.

Des dispositions que certains regrettent au sein du parti : «Le courant ultra-majoritaire du Front est incarné par des personnes qui, pour des raisons personnelles, refusent d’aller à la confrontation», déplore un élu. «Louis a déçu beaucoup de gens, renchérit un autre. C’était une grande gueule qui représentait un vrai courant et n’avait aucune affinité avec Florian Philippot, mais il s’est complètement refermé sur son pré carré.»

«Les états d’âme, on s’en fout»

Ce retrait, Aliot l’explique par ses projets locaux : après deux échecs, il retentera en 2020 de devenir maire de Perpignan. «Les responsabilités nationales, ce n’est pas une fin en soi, évacue-t-il. Si demain on me dit que je suis remplacé par quelqu’un d’autre à la direction du parti, je n’y verrai aucun inconvénient.

Mieux : ça m’arrangera.» Bien sûr, il y a autre chose : «Il ne peut pas être au premier plan maintenant que sa compagne dirige le parti, explique le directeur de cabinet de Marine Le Pen, Nicolas Lesage, un ami de Louis Aliot. Le destin des sensibilités, c’est de s’affronter, d’influer sur la présidente, de la faire revenir sur certaines décisions.

Il est évident que ni Louis, ni Marion ne peuvent le faire sans dénaturer leur relation avec Marine Le Pen. Louis se concentre sur ce qu’il aime : sa région, les relations avec l’Afrique, l’Outre-mer.» Une analyse que confirme l’intéressé : «En raison de ma relation avec Marine, nos adversaires se servent de moi pour l’attaquer, et en interne des idiots imaginent pouvoir lui dire un certain nombre de choses à travers moi.

Donc il est beaucoup plus confortable et efficace pour moi de ne m’occuper que du local. Quant aux sensibilités internes, aujourd’hui on l’est combat : les états d’âme, on s’en fout. Si les gens ne sont pas contents, ils s’en vont.» Ces dispositions n’empêchent pas l’élu d’intervenir par petites touches dans l’actualité nationale.

Ou d’être rattrapé par elle : au Parlement européen, l’un de ses anciens assistants est soupçonné, comme d’autres, de s’être consacré à des fonctions internes au FN. Tout en étant payé sur les fonds publics : 31 000 euros pour huit mois de travail. Sur cette période, l’homme et son employeur n’auront échangé…qu’un SMS, ont découvert les enquêteurs.

Des «bêtises», a réagi Aliot dans la presse, jugeant qu’on ne mesure pas la relation entre un député et son assistant que les relations entre un élu et son assistant «au nombre de SMS». De l’élu, c’est aussi le compte Twitter qu’il faut surveiller : pourtant méfiant vis-à-vis des réseaux sociaux, le vice-président du FN s’y autorise de nettes prises de position.

«Les caméléons qui se cachent dans nos rangs et profitent de la réussite du FN en ayant des idées parfaitement détestables doivent dégager», a-t-il posté le 15 mars, suite aux propos négationnistes tenus par un frontiste niçois.

L’avertissement, ont soupçonné certains, s’adressait aussi à certains proches de Marine Le Pen, prestataires du FN et soupçonnés d’affinités antisémites. «Ces gens-là n’ont pas de responsabilités au Front, ne sont pas au bureau politique, évacue Aliot. Mais s’ils y étaient, alors je me poserais la question d’y rester ou pas…».

Que faut-il retenir : la nuance de défi, ou la tentation du retrait ?

Les Blogueurs associés

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