Le plan de Castaner pour relancer En Marche

Posté par Les Blogueurs Associés le 12 décembre 2017

Christophe Castaner

À chaque fois qu’il dit « parti » au lieu de « mouvement », Christophe Castaner met 5 euros dans une cagnotte. « Les mots incarnent des choses, on avait eu le même débat pendant la campagne présidentielle à propos de la “réforme” remplacée par la “transformation” », rappelle-t-il.

À la tête de LREM depuis le 18 novembre, le secrétaire d’État aux Relations avec le Parlement poursuit son travail de « diagnostic » d’un mouvement qui peine à s’organiser et à se mettre en ordre de marche. Contrairement à d’autres proches du chef de l’État très impliqués dans la création du parti macroniste, Castaner s’en était jusqu’à présent tenu assez éloigné.

« Je n’étais pas dans le système, admet-il. Je n’ai pas recruté les salariés ni les référents locaux. » Il commence donc par « prendre la température ». Mardi soir, il a réuni pour la troisième fois le bureau exécutif et désigné les dix personnalités qu’il avait personnellement choisies pour compléter cette équipe qui se réunira désormais tous les lundis.

A charge pour lui maintenant de répartir les tâches. Il a déjà listé les différentes thématiques, en prenant soin de ne pas reprendre les intitulés des ministères « pour ne pas faire un doublon du gouvernement ». Christophe Castaner a annoncé aussi que les seize ministres adhérents à LREM seraient associés au bureau exécutif. Un moyen d’élargir la structure. Et surtout de permettre aux nouveaux entrants, le ministre Gérald Darmanin et le secrétaire d’Etat Sébastien Lecornu, de trouver leur place.

« C’est une première façon de les mettre dans la boucle, concède-t-il. Mais j’avais déjà anticipé en ayant autour de moi des hommes et des femmes représentant leurs sensibilités. » Castaner veut « faire vivre la diversité politique » du mouvement. Et parce que les images comptent aussi, il a prévu de leur faire visiter le siège très bientôt.

L’autre grand dossier de 2018 sera la préparation des municipales de 2020

Son premier chantier pour 2018 : la « grande marche européenne ». Calquée sur l’opération de porte-à-porte imaginée par Macron à l’été 2016, elle devrait durer deux mois et débuter au printemps. « Dès janvier on va former les cadres », annonce le patron du mouvement. Une manière de préparer les esprits aux Européennes de 2019.

« L’Europe, c’est notre identité, même si vous me sortez des sondages disant que 80 % des Français sont contre, je la défendrai », lance-t-il. Il prévoit de créer « une “task force”, composée d’une quinzaine de personnalités – élues ou non – qui deviendront les ambassadeurs du projet européen de LREM ».

Ce groupe sera notamment chargé de former des ponts avec de futurs potentiels partenaires dans les pays voisins. Sa feuille de route européenne est déjà définie : Emmanuel Macron a tracé les grandes lignes de la refondation de l’Europe qu’il appelait de ses vœux dans son discours de la Sorbonne de septembre dernier.

L’autre grand dossier de 2018 sera la préparation des municipales de 2020. Castaner veut commencer par élaborer « une cartographie des maires », c’est-à-dire « identifier ceux avec lesquels on pourra travailler ». Pour cela seront évalués leur bilan et leur projet ainsi que leur envie de se rapprocher de la majorité.

« Ceux qui ne le souhaiteront pas auront à affronter un candidat LREM, prévient-il. Cela vaudra partout, y compris à Lille et à Paris. » Les 300 principales collectivités feront l’objet de toutes les attentions. « La double appartenance politique sera acceptée », indique le délégué général qui assume de « tendre la main ».

Il compte d’ailleurs sur les nouvelles recrues issues des rangs de la droite pour approcher certains grands élus LR comme Arnaud Robinet à Reims ou Jean-Luc Moudenc à Toulouse. « La dimension locale du projet est essentielle aux municipales », insiste-t-il.

Et de conclure : « Tous ceux qui viennent fonder un comité local dans l’espoir d’être candidats vont être déçus. » Et contrairement aux législatives où LREM n’avait investi personne dans 51 circonscriptions, le mouvement est décidé à être présent partout.

« Mais on n’est pas rancunier », lâche Castaner dans un éclat de rire. Quant à la rumeur qui l’annonce à Marseille, le ministre dément : « C’est complètement infondé, mais c’est bien que les gens aient des envies de moi. »

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Les vraies raisons de la démission de Xavier Bertrand

Posté par Les Blogueurs Associés le 12 décembre 2017

 Xavier Bertrand

Le président des Hauts-de-France a démissionné du parti Les Républicains en raison du positionnement trop droitier du nouveau président Laurent Wauquiez. Héros ? Résistant face au durcissement de la droite ? Pas seulement !

Les raisons avancées par Xavier Bertrand pour expliquer sa décision de quitter Les Républicains sont nobles. Du registre de la conviction. Au soir du premier tour de l’élection présidentielle, alors que se retrouvaient face à face pour le second tour la représente de l’extrême droite, Marine Le Pen et l’ancien ministre de François Hollande, Emmanuel Macron, Laurent Wauquiez, alors président par intérim de LR, a refusé d’appeler à voter en faveur de Macron.

La majorité des leaders de LR s’étaient en revanche prononcés en faveur du candidat d’En marche, à l’image de Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, François Baroin, NKM ou Christian Estrosi. Laurent Wauquiez a juste donné comme consigne « de ne pas voter pour Marine Le Pen. »

Laissant donc le choix aux électeurs de droite de voter blanc ou Macron…En réalité près de la moitié des électeurs de François Fillon ont voté pour Marine Le Pen. Cela fait un moment que Les Républicains se chamaillent sur l’attitude à adopter en cas de second tour FN-PS.

Une majorité des électeurs de droite adhérant aux idées promues par le FN -sur l’Europe, la sécurité, l’immigration- la famille néo gaulliste a eu du mal à adopter une doctrine. Elle s’est contorsionnée, au gré des échéances, selon qu’il s’agissait d’une élection locale ou nationale !

François Fillon avait même fait preuve de beaucoup de créativité en appelant à voter pour le candidat le moins sectaire ! » Au fil des ans, c’est le ni ni qui s’est imposé lors des scrutins locaux : « Ni Front républicain, ni Front national». Mais pas à la présidentielle.

Ambitions présidentielles

Le malaise n’est donc pas nouveau. Et Xavier Bertrand -qui a été élu président de région grâce au soutien de la gauche face à Marine Le Pen- ne payait plus ses cotisations à LR depuis belle lurette, en raison avait-il dit, de ces ambiguïtés.

S’il a choisi symboliquement de quitter LR, au lendemain de l’élection de Laurent Wauquiez, c’est certes pour bien marquer son opposition à la ligne politique du nouveau patron de LR. Mais c’est aussi pour donner un nouveau coup de boutoir dans la faille tectonique qui est en train de diviser la droite.

Tout en se donnant une stature d’opposant à Wauquiez. Car le président des Hauts-de-France a aussi des ambitions et une stratégie. Ou plutôt une ambition. Xavier Bertrand ne s’en cache pas : il se voit bien président de la République. Et il a choisi sa stratégie : passer par la case terrain.

Il pense que les partis sont morts. Que ce n’est plus là que cela se passe. Que la vie démocratique fonctionne différemment. Qu’une aura de gestionnaire locale a plus de poids que la tête d’un parti. C’est une des raisons pour laquelle il n’a pas été candidat à la présidence du parti (outre le fait qu’il risquait une cuisante défaite).

Et face à Emmanuel Macron, qui incarne l’élite mondialisée, il pense que lui, l’homme des territoires, l’homme du concret, lui l’agent d’assurance franc-maçon a ses chances.

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La finance peut-elle se racheter une conduite en étant verte et durable ?

Posté par Les Blogueurs Associés le 12 décembre 2017

La finance

Conviés au Climate Finance Day, à Bercy, les ténors de la finance ont fait feu de tout bois en multipliant les annonces et engagements en faveur de la lutte contre le réchauffement climatique. Payant en termes d’image ? Cécilia de Pierrebourg, vice-présidente de Reputation Institute France, cabinet expert en marque et réputation des entreprises, livre son analyse.

Branle-bas le combat ! Alors que le gratin de la finance mondiale s’est réuni lundi 11 décembre pour le Climate Finance Day, troisième du genre, à Bercy, les grands acteurs multiplient les initiatives pour une industrie financière plus verte: 100 milliards d’euros de contribution sur quatre ans pour la transition énergétique annoncée par la Société Générale.

Abandon des investissements dans les sables bitumineux dans le monde et du pétrole dans l’Arctique par Natixis, fonds dédié chez Amundi…Emmanuel Macron le répète à l’envi : il veut faire de Paris « la capitale de la finance verte et durable ».

L’occasion rêvée pour la finance mondiale de faire feu de tout bois et redorer (enfin) son blason aux yeux du grand public ? Pas gagné, si l’on en croit l’analyse de Cecilia de Pierrebourg, vice-présidente et directrice du conseil au sein de Reputation Institute France. Expert en image et des marques, le cabinet publie chaque année le palmarès Reptrack des meilleures réputations du Cac 40.

L’environnement, la transition énergétique, le climat…Euréka, la finance mondiale a trouvé une nouvelle martingale pour se racheter une conduite auprès de l’opinion ? Evidemment, pour la finance, comme pour tous les secteurs, le climat c’est la bonne affaire pour l’image.

Donc oui, il y a forcément un brin d’opportunisme chez ces acteurs qui se raccrochent aujourd’hui à ce thème. Mais il y a aussi de vraies démarches et c’est plutôt une bonne chose que les ténors de l’industrie financière endossent enfin leur responsabilité en dirigeant leurs investissements vers la finance durable.

Ils ont compris qu’ils devaient être des acteurs, un moteur du changement. Reste à savoir si, en termes d’image, cette industrie est vraiment attendue sur le sujet et si leurs engagements sont un élément porteur pour leur réputation. Vous voulez dire que l’opinion n’attend pas forcément la finance sur le terrain de l’engagement climatique ?

Pas autant qu’on pourrait le croire. On le constate dans notre étude : sur près de 25 critères pour jauger les acteurs de la finance, l’engagement et un comportement responsable en matière d’environnement n’arrivent qu’en douzième position, bien loin derrière la qualité des produits et des services, et le fait de répondre aux besoins du consommateur !

Il en va de même aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, où le comportement environnemental se perd aussi dans les limbes des critères (respectivement dans les 14ème et en 16ème rangs). Sans doute la facture du passé et de la crise financière : dans la finance, c’est encore et toujours les sujets d’éthique et de gouvernance qui priment dans la réputation.

Quand les éléments qui composent l’image citoyenne – l’engagement pour le climat, le soutien aux grandes causes ou encore l’influence positive sur la société – arrivent en dernier dans l’esprit des gens. On attend d’abord des banques et des assureurs qu’ils aient un comportement éthique. Dans la finance, comme dans toute l’économie, l’éthique prend d’ailleurs une part croissante dans l’image des entreprises.

Alors, beaucoup de bruit… pour rien ?

Non car, encore une fois, la finance est tenue de donner le tempo. Si ces acteurs ne revoient pas leurs investissements, comment voulez-vous que les choses bougent dans les autres industries ? Et, même si on ne les attend pas forcément sur ce terrain, l’opinion publique est tout de même de plus en plus exigeante sur le sujet.

Pour leur image sur le long terme, ils ne peuvent pas passer à côté. Pour l’instant d’ailleurs, aucune marque financière en France ne se distingue réellement en la matière. BNP Paribas, Société Générale, BPCE…elles sont toutes dans un mouchoir de poche dans notre palmarès et relativement mal classées, au regard de secteurs comme l’énergie ou l’industrie lourde très BtoB, réputés polluants.

En somme, leur image est tellement faible sur le sujet – moins d’une personne interrogée sur cinq estime que les acteurs de la finance ont un rôle à jouer sur les sujets environnementaux – que ces marques ne peuvent que s’améliorer !

Et la moindre initiative aura un effet booster. Il sera d’ailleurs intéressant, après la ribambelle d’initiatives annoncées ces jours-ci, de constater dans le palmarès des réputations du Cac 40 de l’an prochain, si la réputation de la finance progresse sur ce terrain. Ou pas.

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Le marché Français du Bio face à quatre défis majeurs

Posté par Les Blogueurs Associés le 12 décembre 2017

La Coface

Troisième marché mondial du bio, la France dispose d’une filière en pleine expansion et dont les entreprises se portent bien. Mais ce secteur va tout de même devoir entamer sa mue pour répondre à la consommation toujours croissante selon la Coface. Au point de devoir revenir sur quelques-uns de ses principes ?

De la fourche à la fourchette, le secteur du bio se porte bien en France. Croissance à deux chiffres depuis 2014, troisième marché mondial derrière les Etats-Unis et l’Allemagne, chiffre d’affaires qui devrait atteindre 8 milliards d’euros en 2017 selon les estimations de la Coface…les faits parlent d’eux-mêmes.

D’autant que les entreprises bio sont solides. « Une hausse de 10% de la part du bio dans une filière conduirait à une baisse de 11% des défaillances d’entreprises de cette filière » selon Bruno de Moura Fernandes, économiste de cette société d’assurance-crédit et co-auteur, avec Sarah N’Sonde, d’une étude sur la filière du bio en France.

Les filières comme la vigne ou les fruits, qui ont une part importante de bio, ont ainsi vu leur nombre de défaillances baisser en moyenne entre 2012 et 2016.

Ce marché du bio est porté par une demande toujours plus forte: 69% des Français en ont consommé au moins une fois par an en 2016 selon les chiffres de l’Agence Bio et la part de ceux en consommant quotidiennement ou chaque semaine n’a pas cessé d’augmenter depuis 2012. Une consommation forte, un marché florissant, alors pourquoi donc la Coface estime-t-elle que « la mutation du secteur bio semble inévitable »?

La réponse est simple: l’offre française peine à répondre à cette demande. Malgré la hausse des surfaces engagées en agriculture biologique, avec un pic de conversion après la mise en place d’aides par les pouvoirs publics notamment, la part des surfaces bio reste faible en comparaison des autres pays européens.

Et pour répondre à la demande française, 29% des produits bio sont désormais importés. Une importation qui pourrait encore progresser si la filière bio n’évolue pas.

4 facteurs de mutation

« Si le secteur du bio va bien, il doit faire face à des défis » estime Bruno de Moura Fernandes qui pointe quatre facteurs de mutation. Et tout d’abord, la capacité à innover: l’utilisation de nouvelles technologies comme des capteurs (utilisé pour connaître par exemple le taux d’hydratation des plantes) qui permettrait de « compenser certaines vulnérabilités » du bio.

La Coface rappelle que les rendements des surfaces en bio sont inférieurs d’environ 20% aux autres. Deuxième point important selon l’assureur-crédit: la capacité à augmenter les rendements d’échelle : « il y a un besoin d’accroître la taille de la production malgré les craintes des producteurs d’une industrialisation des surfaces » indique notamment l’économiste de la Coface.

Le financement de la filière fait aussi partie des enjeux de mutation du bio: le poids des aides publiques est encore important, bien que l’arrêt des aides au maintien était discuté ces dernières semaines, mais « un financement par le marché nécessite une filière mature » explique Bruno de Moura Fernandes.

Les deux hypothèses pour compenser la perte des financements publics seraient d’augmenter les rendements ou d’augmenter les prix. Mais combien les consommateurs seraient-ils prêts à payer en plus ? Enfin, la structure de la distribution a aussi son importance dans le développement de la filière bio.

La grande distribution, très puissante en France, détient 45% des parts de marché du bio contre 30% pour la distribution spécialisée. Va-t-on vers un équilibre ou vers une concentration de la grande distribution? Difficile à dire. « Le risque, ce serait une dépendance vis-à-vis de la grande distribution mais la grande distribution permet aussi de démocratiser le bio » auprès des consommateurs décrit l’économiste de la Coface.

Autant de défis qui attendent la filière et qu’il ne sera pas forcément aisé de concilier avec les principes liés au bio. La Coface qui estime d’ailleurs qu’une « mutation de la filière (…) sera tantôt interprétée comme une adaptation tantôt comme un renoncement à ses principes originels », proximité, faible empreinte carbone, répartition de la valeur entre autres. Une évolution pas si simple.

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