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Quand, soudain, le FMI plaide pour taxer davantage les riches

Posté par Les Blogueurs Associés le 9 octobre 2017

Christine Lagarde

Le Fonds monétaire International (FMI) devrait publier une étude qui va faire date: elle promeut une hausse des impôts pour les plus riches. Cette hausse, disent les économistes du Fonds, ne remettra pas en cause la croissance.

Au contraire même, c’est l’inégalité excessive qui la pénalise, a expliqué Christine Lagarde, directrice générale dans un discours à Harvard. La croissance mondiale s’enracine, dit-elle, tous les pays se trouvent tirés vers le haut, c’est le bon moment «pour réparer le toit». L’économie a besoin d’être plus «inclusive» c’est-à-dire de se préoccuper des inégalités et des laissés-pour-compte.

Thomas Piketty n’est pas devenu le chief economist du Fonds mais ce qu’il réclame depuis des lustres commence à trouver un écho de plus en plus favorable, y compris donc au FMI. On l’aura compris, le pikettyisme ne touche pas les gouvernements.

Donald Trump s’apprête à faire le contraire: abaisser les taux d’imposition, ce qui ne va profiter, selon les calculs des Démocrates, qu’aux 1% les plus aisés. En Europe, Theresa May veut abaisser les impôts des entreprises; en France, Emmanuel Macron veut faire de même pour les aligner sur les niveaux des pays concurrents et il réduit en parallèle les taxes sur les gains de capitaux. Partout, la concurrence fiscale entre pays joue encore à plein pour tirer vers le bas les impositions les plus élevées.

Il devient urgent de changer de cap

Mais l’idée que cette descente généralisée est devenue mauvaise se répand. Les économistes, comme ceux du FMI, rappellent que les taux d’imposition très élevés dans les années 1950 ou 1960 n’ont pas bridé une croissance alors deux fois supérieure. Les inégalités excessives, en revanche, menacent les fondements des pays et entravent leur dynamisme.

La baisse des impôts aux États-Unis ne conduira pas à une création massive d’emplois, écrit Lawrence Summers, ancien conseiller de Bill Clinton dans le Financial Times. Il admet que des taux fiscaux peuvent être parfois punitifs pour les investissements.

Mais il ajoute que les grandes firmes ont déjà les caisses remplies, elles ne savent que faire de leur argent, et que les taux d’intérêt sous les 2% offrent déjà du capital pas cher à n’en plus pouvoir. En outre, ajoute Summers, la baisse des impôts de Trump va creuser les déficits publics et ternir l’avenir, ce qui va contre l’objectif d’accroître les investissements.

Il note enfin que la Bourse est déjà très haute et que l’argent supplémentaire ne servira qu’à surrémunérer des dirigeants injustement. Bref, conclut le professeur Summers, il est temps «d’aller dans l’autre sens».

«Réparer le toit», précise Christine Lagarde, c’est investir dans les écoles, dans les transitions énergétiques, dans les crèches pour inclure les femmes dans le monde du travail: autant de politiques qui sont nécessaires pour consolider la croissance future et mieux la répartir.

«Si les femmes avaient un taux d’activité égal à celui des hommes, la croissance serait plus élevée de 5% aux États-Unis, 27% en Inde et 34% en Egypte», a fait calculer Mme Lagarde. Mais pour tout cela il faut que les États aient de l’argent.

Beaucoup de moyens sont possibles pour atteindre ce but, comme la lutte contre la corruption et de meilleures gestions publiques, mais une prise de conscience s’opère pour que cesse la course mondiale à la baisse des impôts les plus hauts, une spirale vers le bas devenue néfaste à l’économie.

La France doit (encore) rattraper son retard

En France, l’étude du FMI va tomber pile au moment de la discussion budgétaire: les opposants aux projets fiscaux d’Emmanuel Macron n’attendaient sûrement pas un tel renfort de choix et de poids qu’est le FMI. Le gouvernement déjà en peine aura bien du mal à expliquer qu’en France, il ne s’agit que d’un rapprochement vers les autres pays et que les impôts resteront encore bien plus élevés qu’ailleurs.

La difficulté est générale pour Emmanuel Macron qui arrive au pouvoir dans un pays où les réformes auraient dû être faites il y a des décennies. Lui doit faire un travail de politique de l’offre, de regain de la compétitivité, à un moment mondial où le vent tourne à gauche contre le capitalisme trop inégal et peu efficace en croissance.

Le message: la France doit rattraper son retard dans un sens –celui favorable au capital– quand les organismes internationaux et les économistes commencent à tirer «dans l’autre sens», relève de la pensée complexe. Macron a raison mais l’expliquer n’est décidemment pas facile.

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Publié dans Economie, Finance, Fiscalité | Commentaires fermés

Pourquoi la France ne sauvera pas son industrie

Posté par Les Blogueurs Associés le 9 octobre 2017

L'Industrie

Mais d’où vient cet amour soudain pour l’industrie ? La classe politique toute entière, de Le Pen à Mélenchon, se dresse poitrine en avant contre la perte des chantiers navals STX et celle des constructions ferroviaires Alstom.

Est-ce en souvenir du goût enfantin des petits bateaux et des petits trains ? On se le demande. Contre les Italiens, contre les Allemands, nos voisins, nos amis, il n’est pas de mots assez durs pour dénoncer «un bradage d’intérêts stratégiques». Et tous de regretter le décrochage industriel de la France.

Voilà pourtant un bon demi-siècle que la France industrielle «décroche». La part de l’industrie est tombée à 12%, pire qu’en Grande-Bretagne, la moitié de l’Allemagne. Les effectifs ont été réduits de 1,5 million depuis vingt-cinq ans.

La France toute entière complice du meurtre

Et la France a été en vérité toute entière complice du meurtre. En dehors des périodes électorales où les candidats foncent au chevet d’Arcelor ou de Whirlpool toutes télévisions devant, ou bien encore les cris des élus locaux quand une de «leurs» usines ferment, l’industrie n’attire personne.

Travailler sur les chaines de Renault, ça tente qui ? L’industrie, vous iriezb ? Sérieux…Trop dur comme boulot, le salaire est trop petiot, les horaires pas rigolos, l’industrie trop polluante pour l’esprit écolo, trop rétro pour l’esprit bobo.

L’industrie était rangée avec l’agriculture au rang des vieilleries avilissantes et salissantes. L’avenir cool, c’est le tertiaire, les bureaux, les services et le quaternaire, labos et R&D. Les usines sont faites pour fermer. Et les jeunes refusent d’y entrer.

Dans l’administration, depuis le rattachement du ministère de l’Industrie à Bercy et du ministère de l’Énergie à l’Environnement, plus personne ne défend l’industrie. Parce que pour créer de l’emploi, et faire baisser les statistiques du chômage, l’industrie est nulle.

Mieux vaut les services forts employeurs de non-qualifiés que l’Éducation nationale s’évertue à produire par centaines de milliers.
Parce qu’elle pollue ensuite, parce qu’elle présente des risques. Horreur les explosions de la chimie, horreur les «effets secondaires» de la pharmacie, horreur la bouffe «industrielle».

L’amour tout neuf auquel on assiste par intermittence depuis…disons depuis Sarkozy, est bien suspect. Il sonne creux et, surtout, il fait planer trois illusions.

Première illusion: «sauver l’emploi»

Nationaliser STX «pour préserver les emplois», négocier pied à pied avec Siemens pour «sauvegarder les salariés» est une comédie triste. On sait depuis Mitterrand et 1983 que la nationalisation n’empêche nullement les licenciements. Ce fut le drame de la sidérurgie lorraine, et ce fut la cause de la rupture avec les communistes.

Non, on ne peut pas «sauver les emplois». Si le marché se replie, si les commandes se rétractent, il faut adapter les effectifs. Sinon, c’est créer des gouffres financiers à la charge des contribuables. Si la technologie évolue, c’est tout comme. On ne peut pas rouvrir les mines, le charbon est une horreur en CO2.

Bref, propriété publique ou propriété privée ne fait rien à l’affaire. L’emploi industriel ira comme peau de chagrin. Et toute promesse de garder les emplois à Saint-Nazaire ou Belfort est une utopie à laquelle les employés ne devraient surtout pas croire. Une fusion avec un concurrent est utile pour mettre le groupe dans une meilleure compétitivité face aux Américains ou aux Chinois.

C’est la raison pour laquelle il faut soutenir les opérations concernant STX et Alstom. L’emploi global dans ces joint-ventures sera plus solide. Mais ne jamais espérer que cela se décline au niveau de toutes les usines et de tous les ateliers.

Deuxième illusion: «réindustrialiser»

La deuxième illusion est de penser qu’on pourra remonter la pente: «réindustrialiser». Non. D’abord parce que le calcul des effectifs évolue: des emplois comme la comptabilité ou la livraison, faites hier en interne, sont externalisées. En amont, les fournisseurs ont de plus en plus de choses à faire (les sièges de voitures par exemple). Les groupes ne conservent que le cœur de plus en plus serré de leur métier.

L’industrie doit être redéfinie dans son périmètre. Ensuite et surtout parce que la concurrence mondiale ne peut que se renforcer. Espérer garder isolé Alstom face à l’ambition des Chinois est mal connaître la férocité du monde qui vient. Et penser qu’on va le «protéger» par des tarifs aux frontières ou des normes est autant illusoire.

La lutte sera frontale et l’industrie française qui reste a certes beaucoup d’atouts dont il faut être fier, mais aussi beaucoup de faiblesses qu’il faut admettre: pas assez de robots, un parc de machines vieilli (âge moyen: 19 ans), un positionnement «milieu de gamme» qui est très fragile. Il y aura encore des fermetures et des drames, les «sauver» sera un mauvais combat.

Troisième illusion: se reposer sur le volontarisme politique

La troisième illusion est de croire qu’il suffit d’un volontarisme au sommet. Il suffit que l’État intervienne. C’est du Montebourgisme sans effet autre que médiatique. Nicolas Sarkozy n’a pas «sauvé» Alstom. François Hollande a forcé la SNCF à commander des locomotives, cela n’est pas de la bonne politique.

À une politique industrielle est à redéfinir non pas au cas par cas, mais globalement. Il faut inverser tous les comportements français depuis trente ans: le désintérêt politique, le détournement de l’administration, l’aveuglement de l’Éducation nationale, le principe de précaution et, in fine, le dédain des Français eux-mêmes.

Peut-on retrouver le goût de venir chez Renault et PSA? Après tout, nos constructeurs, après avoir frôlé l’abîme, ont effectué un rétablissement spectaculaire sous la direction de deux PDG étrangers, les Carlos –Ghosn et Tavares–, et affrontent des défis passionnants: les nouveaux outils de la mobilité.

«Il n’y a pas d’avenir sans industrie», disent nos politiques. C’est court. Y parvenir impose en vérité un complet retournement culturel: regarder devant plutôt que derrière, découvrir les vertus du risque, voir international, aimer les groupes italiens et allemands autant que français et se prendre d’amour pour l’avenir. Pas gagné.

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Les partisans de Navalny se mobilisent « pour une vraie élection présidentielle »

Posté par Les Blogueurs Associés le 8 octobre 2017

Saint-Pétersbourg

Du fond de sa cellule où il a été placé vingt jours en détention pour organisation de rassemblements non autorisés, l’opposant Alexeï Navalny avait maintenu son appel à sortir dans la rue, partout en Russie, le jour anniversaire de Vladimir Poutine. Ce dernier fêtait, samedi 7 octobre, ses 65 ans.

Et c’est dans la ville natale du président russe que les partisans de M. Navalny ont été les plus nombreux à y répondre : plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées à Saint-Pétersbourg au cri de « Poutine, voleur ! » ou « la Russie sans Poutine ! »

« C’est l’anniversaire de notre président et on voudrait lui dire qu’on en a marre ; on veut du changement dans ce pays », témoigne Yvan, un grand gaillard emmitouflé dans sa parka. Comme ses camarades autour de lui, il est étudiant, et, comme une majorité des manifestants, il est jeune, à peine 20 ans. « Je n’ai pas peur, crâne son ami Alexandre, 19 ans, car je suis sorti pour mon futur et demain, ce monde sera à nous ! »

C’est ici, dans la deuxième ville de Russie, qu’Alexeï Navalny, avait prévu ce samedi d’organiser un meeting de campagne, après ceux qu’il a tenus dans une demi-douzaine d’autres villes. Mais le couperet a fini par tomber. Le 2 octobre, alors qu’il s’apprêtait à se rendre à Nijny-Novgorod, il a été interpellé, puis condamné par la suite à vingt jours de détention, pour la troisième fois en moins d’un an.

Consignes de modération

L’opposant mène campagne en tentant de faire pression sur le Kremlin, bien que ses chances de concourir à l’élection présidentielle en mars 2018 sont quasi nulles du fait de sa condamnation à trois ans et demi de prison avec sursis, dans une affaire de détournement de fonds qu’il nie.

Tout porte à croire en revanche que M. Poutine, bien que n’ayant pas encore fait officiellement acte de candidature, briguera un nouveau mandat, le quatrième. A Saint-Pétersbourg, au milieu des sirènes hurlantes des fourgons de police, Boris, planté sur le trottoir, triture avec nervosité sa pancarte Navalny.

« J’ai vu les flics embarquer une femme, elle saignait de la tête », bégaie le jeune homme. Malgré plusieurs interpellations parfois musclées, les forces de sécurité semblent cependant avoir reçu des consignes de modération par rapport aux défilés pro-Navalny qui avaient été organisés au printemps.

Pour la première fois surtout, les manifestants ne se sont pas dispersés rapidement ; ils étaient encore une bonne centaine à rester groupés après 21 heures sur la place de l’Insurrection, au cœur de la ville, sans en être empêchés. Toutefois, au moins 270 personnes ont été arrêtées.

« Défendre nos droits »

Parti du Champs de Mars, le cortège a accueilli avec un éclat de rire général cette drôle d’annonce proférée par haut-parleur, proposant une séance gratuite de cinéma pour aller voir Crimée – un film de propagande sur l’annexion de la péninsule ukrainienne, diffusé en ce moment sur les écrans russes.

« Des provocateurs », s’amuse Daria, 17 ans, les joues peintes, comme celles de sa copine, en rouge aux couleurs de la campagne de Navalny. Redevenue grave, elle ajoute : « Nous sommes ici pour défendre nos droits, et que ce gouvernement respecte notre Constitution. »

« Je ne suis pas spécialement pour Navalny, mais je veux une vraie compétition, une vraie élection, comme partout ailleurs », insiste Anton, 20 ans. « Il nous faut un autre candidat, pas seulement Vladimir [Poutine], renchérit Valery, 18 ans. Je ne suis pas d’accord sur tout avec Navalny, mais c’est le principal opposant démocrate et il nous en faut un. »

A Moscou, à Ekaterinbourg, à Samara, et dans quelque 80 villes, d’autres manifestations ont eu lieu. Ces rassemblements, toutefois, n’ont pas atteint l’ampleur des précédents appels lancés par M. Navalny au printemps.

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Macron et ceux « qui foutent le bordel »: « mépris social » et propos « irrespectueux »

Posté par Les Blogueurs Associés le 5 octobre 2017

Emmanuel Macron

Les réactions n’ont pas tardé à fuser, à gauche comme à droite, pour fustiger la petite phrase du président, mercredi en Corrèze. La grogne enfle chez les salariés de GM&S, qui se sentent directement visés par une petite phrase lâchée mercredi par Emmanuel Macron.

Lors d’une visite dans le campus d’Egletons en Corrèze, le président a considéré -au cours d’un aparté avec Alain Rousset, le président de la région Nouvelle Aquitaine, mais devant certains journalistes- que « certains, au lieu de foutre le bordel, feraient mieux d’aller regarder s’ils ne peuvent pas avoir des postes là-bas ».

Il se trouvait alors à quelques centaines de mètres de dizaines de salariés (dont certains futurs ex) de l’équipementier GM&S, venus tenter de l’interpeller -mais bloqués par un cordon de CRS-, pour dénoncer la reprise partielle des effectifs après la liquidation de la firme.

« Il y en a qui ont les qualifications pour le faire, et c’est pas loin de chez eux », a ajouté le chef de l’État, faisant référence à la fonderie voisine Constellium d’Ussel. Les salariés de GM&S y ont vu une ultime provocation de la part d’Emmanuel Macron, qui n’avait pas souhaité les rencontrer en dépit de leur déplacement en bus, arguant d’un « emploi du temps incompressible ».

« Les petites phrases à deux balles n’ont rien à voir avec la réalité de ce que traversent les salariés »

« Nous on a appris la politesse et le respect, ce que visiblement le président de la République a oublié », s’énerve Vincent Labrousse, syndicaliste CGT de l’équipementier sur LCI. « C’est indigne et irrespectueux des salariés, d’autant qu’il ferait bien de se renseigner puisqu’on n’a pas reçu nos soldes de tout compte et les salariés ne sont pas encore dans le processus de recherche d’emploi. Donc les petites phrases à deux balles, pour faire plaisir aux uns ou aux autres, n’ont rien à voir avec la réalité de ce que traversent les salariés », commente-t-il.

Très vite, le porte-parole de l’Elysée Bruno Roger-Petit a tenté d’éteindre cette polémique croissante en déplorant une « citation tronquée sortie de son contexte », puis en assurant qu’Emmanuel Macron avait également rappelé « que la recherche de solutions en matière d’emploi dépend de la responsabilité de tous les acteurs ». Une vaine tentative d’apaisement pour le PS et plusieurs élus de l’opposition, qui ont dénoncé dès mercredi soir les propos d’Emmanuel Macron.

« Après ‘les gens qui ne sont rien’ et ‘les fainéants’, E. Macron récidive avec ‘y’en a certains qui au lieu de foutre le bordel…’ », s’est emporté le Parti socialiste sur Twitter, en appelant « le président de la République à rester maître de son langage et à respecter les Français ». « Macron en Corrèze, chez Chirac et Hollande, pour insulter les ouvriers. Le vrai bordel ce sont ses ordonnances #PresidentDesRiches », a également déploré le député PS Luc Carvounas.

« Chercher du boulot, Macron ne sait pas ce que c’est »

Oliver Faure, chef de file des députés socialistes à l’Assemblée nationale, a de son côté déploré « le mépris social pour les ‘illettrées’, les ‘fainéants’ et les ‘riens’, et en même temps la compassion fiscale pour les grandes fortunes ». Pour Rachid Temal, porte-parole du PS et sénateur, la petite phrase passe aussi très mal: « C’est quoi le problème de Macron avec les gens qui ne paient pas l’ISF? », s’est-il interrogé.

Les réactions n’ont pas tardé à pleuvoir du côté, aussi du côté de la France insoumise. Le député du Nord Adrien Quatennens a ironisé: « ‘Chercher du boulot’, Macron ne sait pas ce que c’est. Le ‘bordel’, c’est lui! ». « Certain, au lieu de foutre le bordel dans le pays, ferait mieux de démissionner », a lancé son collègue Eric Coquerel.

Valérie Boyer, porte-parole des Républicains et députée des Bouches-du-Rhône, a également dénoncé le « mépris » du chef de l’État « pour les Français ». « Des salariés qui manifestent pour sauver leurs emplois ne « foutent » pas le « bordel’. »

« C’est votre politique industrielle qui condamne ces salariés au chômage. Les Français en ont assez de vos insultes à leur égard », a aussi réagi le député de Debout la France Nicolas Dupont-Aignan.

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Raquel Garrido, l’Insoumise qui accumule les casseroles

Posté par Les Blogueurs Associés le 4 octobre 2017

Raquel Garrido

Tweet polémique, déclarations anticipées, cotisations sociales impayées, la porte-parole de La France insoumise est de plus en plus exposée… et de plus en plus épinglée pour ses maladresses.

Raquel Garrido, la porte-parole de La France insoumise, par ailleurs compagne du député LFI Alexis Corbière, accumule les maladresses depuis la rentrée. Entre des révélations étonnantes, des déclarations fracassantes et des tweets hasardeux, L’Express fait le point.

Raquel Garrido est-elle en train de devenir un boulet pour La France insoumise ? Depuis la rentrée, la porte-parole du mouvement de Jean-Luc Mélenchon est sous le feu des projecteurs, et pas vraiment à son avantage.

L’Insoumise aux cotisations sociales

C’est le pavé dans la mare jeté, ce mercredi, par Le Canard enchaîné. L’hebdomadaire satirique assure que Raquel Garrido, avocate de profession, n’aurait pas payé ses cotisations sociales à la caisse de retraite des avocats depuis six ans. Pas plus qu’elle n’aurait payé ses cotisations à l’Ordre des avocats depuis un an.

Selon le palmipède, le montant de l’ardoise auprès de la caisse de retraite des avocats s’élèverait à plus de 32 000 euros. Contactée par l’AFP, « l’Insoumise » pourtant toujours prompte a dénoncer les cadeaux fiscaux faits aux plus riches, n’a pas souhaité s’exprimer.

Du côté de Raquel Garrido, c’est silence radio. Pas même un tweet. Etonnant quand on sait sa capacité à se défendre – ou à tenter de le faire – sur le réseau social, lorsqu’elle est mise en cause. Son compte nous apprend tout de même qu’elle se présente toujours d’abord comme «avocate à Paris», son rôle chez les insoumis arrivant plus tard.

L’Insoumise à la sobriété

La règle est pourtant simple: après un drame, il faut être sobre sur Twitter. Surtout dans les premières heures. De la sympathie et de la compassion. Point. Au risque de voir les portes des enfers s’ouvrir sous vos pieds.

Une règle dont s’est largement affranchie Raquel Garrido samedi soir. Moins d’une heure après la chute d’une barrière lors de la rencontre de Ligue 1 entre Amiens et Lille, qui a fait une trentaine de blessés, la porte-parole de la France insoumise a dénoncé dans un tweet l’inégalité financière entre les clubs de football.

Un tweet rapidement dénoncé puisqu’au moment de sa publication, les éléments du drame étaient encore très flous, et que Raquel Garrido a été contrainte de supprimer. Ce qu’elle ne fait que rarement.

L’Insoumise au temps

Quelques jours après la manifestation parisienne de La France insoumise contre la réforme du travail, le 23 septembre, Raquel Garrido devient la risée du web. La raison ? S’être félicitée à plusieurs reprises, dès le lendemain sur C8, de l’immense succès du rassemblement.

Problème: la chronique de Raquel Garrido dans Les Terriens du dimanche n’est pas diffusée en direct mais a été enregistrée deux jours avant la manifestation. Matériellement, celle-ci n’avait donc pas la possibilité de prédire si la manifestation, qui a rassemblé entre 30 000 et 100 000 personnes, allait être un succès ou non.

L’Insoumise au protocole

D’ordinaire, les conférences de presse sont réservées, comme leur nom l’indique, à la presse. Mais surprise, ce 31 août: Raquel Garrido herself est présente à celle du Premier ministre qui présente les ordonnances qui vont réformer le code du travail.

La porte-parole de La France insoumise, par ailleurs avocate de Jean-Luc Mélenchon, jongle avec les casquettes pour interroger directement Edouard Philippe en tant que chroniqueuse pour l’émission de Thierry Ardisson Les Terriens du dimanche.

Une émission qu’elle a annoncé rejoindre au cours de l’été. Un mélange des genres parfaitement assumé par Matignon, mais aussi par l’intéressée. A Libération, elle déclarait d’ailleurs fin août, alors qu’elle s’apprêtait à devenir chroniqueuse dans l’émission de Thierry Ardisson sur C8 :

«Je suis avocate et je le reste. Je ne veux pas me faire passer pour ce que je ne suis pas.»

La moins insoumise au capitalisme

Surprise ce 14 juillet. L’émission de Thierry Ardisson Salut les Terriens révèle que Raquel Garrido sera une des chroniqueuses de Terriens du dimanche, la petite soeur de SLT. Une émission diffusée sur C8, chaîne de la TNT appartenant à Vincent Bolloré. L’annonce fait immédiatement jaser et Raquel Garrido est accusée de compromission avec Bolloré, maintes fois dénoncé comme le chantre d’un capitalisme ardemment combattu.

Mais malgré les critiques, elle reste droite dans ses bottes: « Mon interlocuteur, c’est Stéphane Simon [le producteur de l'émission]. Je n’ai aucun rapport avec les gens de C8, ni avec Bolloré, rétorque-t-elle à Libération. »

« L’alternative, c’est quoi ? Qu’on ne soit présent nulle part ?, s’interroge-t-elle. [Je suis rémunérée], et alors ? C’est pire quand je ne suis pas payée puisque je leur ramène de la pub gratuite ! »

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Goldman Sachs, la banque des puissants, en plein trou d’air

Posté par Les Blogueurs Associés le 10 septembre 2017

Goldman Sachs

Goldman Sachs, icône de la finance américaine, connaît un trou d’air marqué par la plus mauvaise performance trimestrielle de l’histoire de ses traders, soulevant des interrogations sur sa puissance au moment où les algorithmes bouleversent la finance.

Elle est « à bout de souffle », estime Richard Bove, expert chez Vertical Research. « Elle a besoin d’inspiration, d’une nouvelle équipe dirigeante, de nouvelles activités », tandis que Gregori Volokhine chez Meeschaert estime que la firme « doit se réinventer ».

Signe des difficultés actuelles, l’unité regroupant le courtage du pétrole, du gaz naturel, des devises, des métaux et autres matières premières (FICC) a accusé un plongeon de 40% de ses recettes au deuxième trimestre, du jamais-vu en 148 ans d’existence.

Cette division a été, pendant de nombreuses années, la locomotive des bénéfices et pourvoyeuse des futurs dirigeants. Le PDG Lloyd Blankfein, le numéro 2 Harvey Schwartz et le directeur financier Martin Chavez y ont fait leurs classes.

Mais depuis la crise financière le rôle des intermédiaires financiers n’a cessé de diminuer face à l’explosion des fonds de placement cotés (ETF) permettant de minimiser les risques et aussi des algorithmes permettant de passer des milliers d’ordres de ventes et d’achats en millièmes de secondes.

Environ 70% des volumes d’échanges sur le New York Stock-Exchange (NYSE) sont automatisés, d’après Gregori Volokhine.
A ceci se sont ajoutés un durcissement de la règlementation, notamment la règle Volcker limitant la capacité des banques à spéculer pour leur compte propre, et le fait que de plus en plus d’entreprises vont directement voir des fonds d’investissement pour financer leur développement.

- « Quelque chose à prouver » -

Dans ce contexte, l’intervention prévue mardi 12 septembre de M. Schwartz, lors d’un grand raout de la finance, sera suivie de près par les milieux d’affaires. D’après une source proche du dossier, le numéro 2 de l’établissement pourrait lever les doutes naissants. Contactée par l’AFP, Goldman Sachs n’a pas souhaité commenter.

Simple coïncidence ou signal avant-coureur ? Gregory Agran, patron des matières premières, quittera la firme fin novembre après 26 ans, selon un document interne consulté vendredi par l’AFP. « Goldman Sachs a quelque chose à prouver », indique Gregori Volokhine.

Banque des nantis et des puissants, Goldman Sachs a bâti sa réputation sur des paris audacieux mais payants et en concevant des produits financiers complexes souvent controversés. Elle a l’un des réseaux les plus influents au monde avec des anciens salariés quasiment dans toutes les sphères du pouvoir à travers le globe.

Deux de ses anciens dirigeants, Gary Cohn, actuellement conseiller économique à la Maison Blanche, et Steven Mnuchin, le secrétaire au Trésor, pilotent la très attendue réforme fiscale promise par Donald Trump.

« Je ne peux pas dire que nous avons raison tout le temps parce qu’évidemment ce n’est pas le cas mais je peux dire que nous avons la réputation d’être résilient et d’avoir une bonne capacité d’adaptation », a déclaré récemment Lloyd Blankfein à l’agence financière Bloomberg.

Goldman Sachs est persuadée que le courtage a encore de beaux jours et que ses difficultés conjoncturelles vont se dissiper avec le retour de la volatilité sur les marchés financiers et la dérégulation promise par l’administration Trump.

- Prêts -

En attendant, l’établissement va démarcher les grandes entreprises, qui souhaitent, d’après lui, se couvrir contre les fluctuations des devises et des prix des matières premières.

Le modèle économique de Goldman Sachs « n’est pas cassé », veut croire Kian Abouhossein, analyste chez JPMorgan, alors que d’autres font valoir que Morgan Stanley, une rivale, a, elle, réduit de 25% la taille de sa salle de marchés réservée aux matières premières, en y supprimant 1.200 emplois fin 2015.

Ce faisant Morgan Stanley s’est consacrée à la gestion de grosses fortunes, activité moins risquée. Conséquence: la rentabilité a suivi car le +ROE+ — ce que gagne un actionnaire pour chaque dollar investi — est passé de 6,2% début 2016 à 9,1% fin juillet.

S’il ne conseille pas à Goldman Sachs d’emprunter le même chemin, M. Bove estime que l’avenir passe par un développement dans l’activité classique de prêts. La firme a lancé il y a peu GS Bank, qui permet d’ouvrir en ligne un compte d’épargne, et Marcus, une plateforme de crédits.

Elle ne dispose toutefois d’aucune agence et ne propose ni comptes courants ni prêts étudiants.

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Bruno Roger-Petit, nouvelle cible des anti-Macron ?

Posté par Les Blogueurs Associés le 30 août 2017

Bruno Roger-Petit

Chroniqueur à Challenges, ancien présentateur du journal de la nuit d’Antenne 2, le journaliste devient porte-parole de l’Elysée et cristallise les critiques. Le journaliste Bruno Roger-Petit vient d’être nommé porte-parole de l’Élysée.

Il «aura pour mission de relayer la parole publique de l’Élysée et utilisera pour ce faire tous les moyens à sa disposition, notamment le compte Twitter de la présidence», précise le communiqué de l’Élysée. Quel tollé ! Twitter se déchaîne…BRP est traité de «lêche-botte», «lêche-cul», de «nouveau chien de Macron» au même titre que le labrador Nemo, de «médiocre, démago, opportuniste, flagorneur».

Le voilà «aboyeur officiel», «cireur de pompes»: tout y passe, du scolaire jeu de mots sur Roger Petit-Petit jusqu’au plus abject, qu’on vous épargne. Le jour de sa nomination, on a dénombré 5.000 tweets rageurs.

Ce n’est pas le premier journaliste à franchir la ligne du pouvoir pour rejoindre un ministère ou l’Élysée. Ce n’est d’ailleurs pas une exception française, si l’on songe à l’américain Pierre Salinger allant travailler comme porte-parole de la Maison-Blanche pour Kennedy.

Je n’ai pas non plus souvenir que les cas français précédents, Claude Sérillon et Nathalie Ianetta chez François Hollande, Catherine Pégard chez Nicolas Sarkozy, Myriam Lévy à Matignon avec François Fillon ou Françoise Degois auprès de Ségolène Royal aient à ce point engendré un tel déferlement, si on en juge par les réseaux sociaux et les articles alors publiés dans la presse.

Les dislikes comme les likes vivent comme les boules de neige. Si tant le détestent, il m’est permis de le détester moi aussi, et de le faire savoir, se dit l’internaute libéré. Détester est une chose, les commentaires haineux en sont une autre. On sait combien, dans un effet de meute, ils rebondissent d’écrans à écrans. On l’a vu aux États-Unis chez les partisans de Trump.

#Détestation

Car l’époque est à la violence. Y compris verbale. Le web sait se déchaîner, la politesse comme la retenue n’y réussissent pas toujours. Et donc les idées comme les commentaires se doivent pour certains d’être comme chez les Tontons Flingueurs: «du brutal».

L’intelligence n’est pas non plus toujours de mise. Il est reproché à BRP d’avoir effacé tous les tweets de son compte. Comme s’il pouvait laisser publiques toutes les remarques qu’il a pu faire sur Emmanuel Macron pendant sa campagne sans que cela serve d’arme boomerang contre le désormais porte-parole.

Il eut été sot de laisser tout cela ouvert. Et on a suffisamment reproché à d’autres de n’avoir pas fait le ménage. Il est simplement élémentaire de tout effacer. Mais évidemment cela prive de munitions.

BRP prend-il un paquet qui ne lui est pas destiné de la part de Twitter et des journalistes ? Macron est mal aimé. Cette détestation est en partie due à la campagne de la France Insoumise, qui canonne le président, ce banquier, cet illégitime si mal élu, ce libéral vendu au patronat.

Ces bombardements de Mélenchon portent effet dans la communauté journalistique par attrait commercial (Mélenchon fait vendre) et parce qu’il représente la seule opposition à laquelle se raccrocher. Macron a raison de fustiger la bêtise du journalisme politique, il est inquiétant qu’il ait imaginé la vaincre.

Mais l’essentiel ne vient-il pas de la faible estime que porte le Président à la confrérie des journalistes français ? Il estime qu’ils sont le miroir coupable de la vieille politique où l’immobilisme s’est caché derrière la bataille des petites phrases et des fausses querelles.

Sitôt élu il a fermé les portes de l’Élysée et choisit une parole rare même à l’heure du tout-info. Les médias sentent ce dédain présidentiel et lui en veulent, d’autant que ses prédécesseurs cajolaient la presse.L’arrivée du chroniqueur de Challenges est faite pour rompre cette barrière qui s’est élevée entre la presse et le jeune président. On ne sait s’il y arrivera.

C’est un choix de carrière que l’on peut légitimement discuter puisqu’il abandonne le journalisme et sa liberté. Mais lui, croyait en la Révolution de Macron, son choix est cohérent. Rien ne justifie en tout cas ces avalanches d’insultes.

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