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Assemblée nationale : Les Républicains éparpillés, façon puzzle

Posté par Les Blogueurs Associés le 20 juin 2017

Thierry Solère

Les 135 députés de droite pourraient se répartir en deux ou trois groupes parlementaires autonomes. Le groupe Les Républicains à l’Assemblée nationale va-t-il exploser ? Et en combien de morceaux ?

Alors que la droite a plutôt bien résisté à la vague Macron – environ 135 députés, ce qui reste son pire score sous la Ve République – LR aborde la nouvelle législature en ordre dispersé. Si bien que le groupe parlementaire va se diviser en deux ou trois, en fonction de la « macroncompatibilité » de chacun.

D’un côté, à l’instar d’Eric Ciotti, les députés les plus hostiles à la majorité présidentielle, vont refuser de voter la confiance au gouvernement et souhaitent préserver leur rôle d’opposants clairs à l’exécutif. A l’opposé du spectre, emmené par Thierry Solère, un groupe d’une vingtaine de députés « constructifs » va faire bande à part et proclamer son autonomie.

Enfin, une troisième option serait à l’étude, a révélé « Le Point », avec à la barre notamment Hervé Morin, Valérie Pécresse et Xavier Bertrand. Leur credo : voter ponctuellement les réformes…tout en s’abstenant au moment de voter la confiance.

Vers un schisme des « constructifs »

Les grandes manoeuvres battent leur plein et les différents courants LR comptent leurs troupes, détaille « Le Monde ». Chez les « constructifs », de « très nombreux » élus se sont rencontrés lundi, il y a « d’autres rencontres aujourd’hui [mardi]« , a expliqué Thierry Solère.

Un schisme qui devrait être acté ce mercredi, au moment où les députés LR se réuniront pour élire leur(s) président(s) de groupe(s). « Il y aura un groupe de députés constructifs qui va rassembler des députés issus de la droite et du centre qui veulent travailler avec le Premier ministre », a confirmé la députée Laure de la Raudière ce mardi en arrivant à l’Assemblée nationale.

« On est un groupe de droite, mais nos électeurs nous ont demandé de travailler de manière constructive dans l’intérêt du pays », a ajouté cette proche du ministre de l’Economie Bruno Le Maire. Laquelle estime à 25 le nombre de députés « constructifs », avec un objectif de 40. Pourtant, les anciens partisans d’un plan B – comme Alain Juppé – ont dû revoir leurs ambitions à la baisse.

Pour les habitués du restaurant Bellota-Bellota à Paris, où les conjurés ont préparé leur coup durant tout le quinquennat de Hollande, détaillait récemment le « JDD », le grand soir n’est pas arrivé ce dimanche. Le constat est amer : les « constructifs » de la droite restent minoritaires. Et déjà, les couteaux s’affûtent rue de Vaugirard pour punir les traîtres.

Irréconciliables

Ce qui a déjà commencé. « Si certains veulent diviser, essayer de créer des groupes politiques [...] ils porteront la responsabilité d’affaiblir leur propre famille politique, celle qui leur a tout donné », a taclé le secrétaire général LR Bernard Accoyer ce mardi matin sur LCI.

« Il faudra clarifier les choses sur la place de chacun au sein de notre famille politique. Est-ce que tous ceux qui nous ont fait tellement de dégâts pendant ces élections législatives ont toujours leur place chez nous ? », avait également jugé Eric Ciotti, dès dimanche soir. Et comme lui, de nombreux députés LR n’ont pas l’intention d’abandonner leurs habits d’opposants farouches à la République en marche.

D’autant que, rappelle « Le Monde », les survivants LR des législatives ont pour beaucoup gardé en travers de la gorge les passe-droits accordés aux élus LR les plus macronphiles – qui ne s’étaient pas vu opposer de candidat La République en marche. Pas question en somme de faire comme si tout le monde avaient vécu la même campagne : « Ils énervent tout le monde », confie un député au « Monde ».

Un troisième groupe « moderne » ?

Mais si du côté « constructif », la présidence du groupe semble tendre les bras à Thierry Solère, le leadership du groupe LR « canal historique » – dixit « Le Parisien » – serait sujet à débats. Il s’agirait de mettre un peu d’eau dans le vin du groupe pour ne pas fait fuir les troupes.

Candidat à sa propre succession et réélu en Seine-et-Marne, Christian Jacob ne fait plus l’unanimité et l’option Damien Abad, élu de l’Ain, serait en bonne voie, indique « Le Monde ». Une solution toute trouvée pour faire le lien entre les élus tentés par la collaboration avec la majorité présidentielle et les opposants plus classiques. Un entre-deux, qui pourrait l’emporter à terme afin de préserver l’unité de la droite.

Car déjà, un troisième groupe est en passe d’être constitué. Et une trentaine de députés UDI et LR, se seraient déjà placés dans le sillage de Valérie Pécresse, Hervé Morin et Xavier Bertrand, tous les trois présidents de région. Un groupe parlementaire des « modernes », selon Hervé Morin, contacté par « l’Obs ».

« Il s’agit d’être dans une démarche intelligente et de prendre les propositions de lois les unes après les autres. Pas d’opposition systématique mais pas de vote de confiance non plus », indique le patron du Nouveau Centre (devenu « Les Centristes »),ajoutant que les députés UDI pourraient renoncer à un groupe autonome et se fondre entre « constructifs » et « modernes ».

Contacté par « l’Obs », un ténor LR estime la situation « pathétique ». « Ça va être brutal », prophétise-t-il également à la veille de la réunion, ce mercredi à l’Assemblée nationale, des députés LR.

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Législatives : au PS, on danse sur des ruines

Posté par Les Blogueurs Associés le 20 juin 2017

Luc Carvounas

Sidérants, les socialistes. Ils devraient être au 36e dessous après la pire raclée de l’histoire du vieux parti d’Epinay. En sauvant à peine 29 députés élus sur les 264 du cru 2012, le PS fait presque deux fois moins que lors de la grande débâcle de 1993 où seuls 57 socialistes avaient survécu.

Et pourtant, à les entendre, ils ont évité la catastrophe et ont même, selon l’un d’eux, fait preuve de «résilience». Et ils affichent en plus un motif de satisfaction : «On a plus d’élus que la France insoumise de Mélenchon», se réjouit l’un d’eux. Preuve supplémentaire qu’ils ne sont pas si abattus ?

Ils se chicanent à 29 comme ils le faisaient à presque 300 ! L’enjeu : le groupe à l’Assemblée, sa ligne politique, et qui pour le présider. L’ancien vallsiste Luc Carvounas, auréolé de sa victoire arrachée dans le Val-de-Marne, est catégorique.

«Pas question de voter la confiance à un Premier ministre de droite dont le premier acte sera de demander à son Parlement l’habilitation pour casser le Code du travail, les 35 heures… Moi, je représente la gauche, assure l’ancien sénateur. Au PS, c’est clair, nous sommes un groupe d’opposition.» Lui aimerait attirer dans ses filets la gauche radicale. Les Insoumis, les communistes, quelques Verts.

Problème, face à cette démarche d’opposition, d’autres socialistes préconisent une «autonomie constructive» vis-à-vis du gouvernement. Sans compter ceux qui refusent de partager leurs rangs avec les quelques frondeurs rescapés des urnes. «Je ne veux pas être dans un groupe où les frondeurs auraient la moindre responsabilité», jure David Habib, réélu dans les Pyrénées-Atlantiques.

Pas encore formé, le groupe PS est donc déjà tiraillé. La ligne Carvounas d’un côté, et, de l’autre, celle de ses camarades tentés par le soutien au tandem Macron-Philippe. A commencer par Stéphane Le Foll et Manuel Valls, si tant est que l’ancien Premier ministre fasse encore partie de la famille.

Dès cet après-midi, les parlementaires vont tenter de se mettre d’accord sur l’attitude vis-à-vis du gouvernement lors d’une réunion à l’Assemblée. L’épineuse question de la présidence du groupe sera, elle, tranchée lors d’un huis clos jeudi, à 11 heures.

Multiplication des chapelles

Mais en coulisses, les tractations ont déjà commencé. «La compétition se joue entre Stéphane Le Foll et Olivier Faure (NDLR : le patron du groupe PS sortant)», raconte un élu. «Réussira-t-il à passer pour l’homme de la renaissance après avoir été l’un des syndics de la défaite ? C’est loin d’être gagné», persifle un autre.

Signe de la décomposition du parti, certaines voix suggèrent de retarder le congrès prévu à l’automne. «Aujourd’hui, nous n’avons ni stratégie ni leadeur. On ne ferait qu’étaler nos divergences au grand jour», déplore un battu qui recommande à Solferino de «prendre le temps».

Seulement voilà, d’autres ont des fourmis dans les jambes et créent leurs propres chapelles. A la floraison actuelle d’appels, entre ceux d’Aubry, Hidalgo, Taubira d’un côté, le mouvement «transpartisan» que Benoît Hamon compte lancer le 1er juillet, va s’ajouter dès demain celui de François Kalfon, proche d’Arnaud Montebourg (reconverti dans la production de miel), et Yann Galut avec pour objectif de «rénover la gauche».

Un appel de 400 à 500 élus locaux et cadres territoriaux pour faire émerger une génération à gauche toute. Au PS, même à 29 députés, il y a toujours mille moyens de se diviser…«Le problème, c’est que ces gens n’ont plus envie de vivre ensemble», constate l’historien du socialisme Gérard Grunberg.

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La déconfiture du clan Philippot

Posté par Les Blogueurs Associés le 19 juin 2017

Florian Philippot

Ni le vice-président du FN ni son frère Damien n’ont été élus. Fragilisé par des campagnes successives décevantes, Florian Philippot est fortement contesté au sein du FN, ce que la défaite ne devrait pas arranger.

Le ciel s’obscurcit un peu plus pour Florian Philippot et ses soutiens. Si le FN parvient à faire entrer huit élus qui lui sont favorables au Palais Bourbon, ses soutiens n’y seront pas bien représentés. Déjà fortement contesté en interne pour avoir porté la ligne sur le retour au franc et sur la sortie de l’Europe, le vice-président du FN espérait pouvoir compter sur l’élection d’un certain nombre de ses proches pour asseoir sa légitimité contestée.

Peine perdue, l’eurodéputé a lui-même été sèchement battu à Forbach, récoltant 42% des voix. La plupart de ses proches ont également échoué aux portes du Palais Bourbon. Interrogé sur BFM ce dimanche soir, le numéro 2 du FN concède: «On a été victimes, nous aussi, de la vague Macron».

Sophie Montel, la première vice-présidente de l’Association «Les Patriotes», objet d’une forte polémique interne depuis sa création, échoue, elle aussi, avec un score de 38%. Elle avait pourtant quasiment arraché le siège au PS lors d’une élection partielle en 2015.

«Ce que je note ce soir, c’est le très fort taux d’abstention. Et il y a une proportion d’électeurs du FN et ça me désole», a-t-elle relevé au micro de France 3 région, «nos électeurs ont été déçus». Autre défaite hautement symbolique, celle de Damien Philippot.

Ancien salarié d’un institut de sondage, il avait été catapulté dans les hautes sphères du parti à l’occasion de la présidentielle. Parachuté dans une circonscription à fort potentiel, il n’a récolté que 43,7% des voix. Jean Messiha, candidat dans l’Aisne, est lui aussi perdant.

Ce haut fonctionnaire, figure visible des Horaces, le groupe secret de soutiens «d’élite» de Marine Le Pen, avait coordonné le programme frontiste de la présidentielle, et reste un fervent défenseur de la ligne Philippot sur l’Euro.

«Ce soir, je tombe les armes à la main. Mais je reviendrai et je vaincrai. En attendant, je prie le Tout-Puissant pour qu’Il protège la France», écrit-il sur Twitter.

Les règlements de comptes en perspective

Proches fidèles de Florian Philippot, mais moins connus du grand public, Kevin Pfeiffer (43.76%) et Joffrey Bollée (31.11) ont eux aussi largement été distancés en Moselle et en Seine-et-Marne. Autre espoir des philippotistes, Thomas Laval. En duel face à l’UDI Charles de Courson, il n’a pas atteint la barre des 30%.

Un score moins écrasant, quoique toujours insuffisant pour Éric Richermoz, membre de l’entourage du stratège de Marine Le Pen, candidat dans la Somme, battu avec 42% des voix. Avant eux, plusieurs jeunes espoirs philippotistes n’avaient pas passé le premier tour, comme Amélie Dutheil-de-la-Rochère.

Il y a fort à parier qu’il soit exigé de Florian Philippot qu’il rende des comptes dans les jours qui viennent, alors que ses proches avaient été placés dans une bonne moitié des circonscriptions les plus faciles à gagner pour le Front national. Une première réunion qui promet d’être explosive doit avoir lieu ce mardi pour tirer le bilan des défaites successives.

Jean-Marie Le Pen lui-même a promis de venir jouer les perturbateurs. Les représentants de l’aile droite s’impatientent depuis le second tour de la présidentielle, avides de règlements de comptes. Élu de justesse Gilbert Collard, a donné la couleur.

«Ce n’est pas concevable que j’ai eu tant de difficulté dans un coin comme le Gard avec une dynamique qui s’est arrêtée en plein vol», s’est énervé l’avocat. «Les difficultés dues au débat, au départ de Marion et au comportement de certains membres dans l’entre-deux tours».

«Je ne vais pas les laisser passer ! La déception des gens, je ne vais pas la laisser passer. J’espère que je serai entendu, sinon je suis un homme libre», a-t-il d’ores et déjà menacé.

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Laurent Wauquiez, l’anti-Macron affûte ses armes

Posté par Les Blogueurs Associés le 19 juin 2017

Laurent Wauquiez

Le vice-président du parti, Laurent Wauquiez, est déjà dans les starting-blocks. Objectif : conquérir ce qu’il reste de LR pour devenir l’opposant numéro un à Macron.

Lui n’est ni « En marche ! » ni « constructif », et il le revendique. Trois jours après la victoire d’Emmanuel Macron, Laurent Wauquiez se vantait devant des militants Républicains du Val d’Oise d’avoir refusé d’appeler à voter pour lui entre les deux tours de la présidentielle.

« Parce que je sais où je suis : je suis de droite, je suis fier des valeurs de droite, et je ne fais pas le porteur d’eau pour un candidat issu de la gauche. » Quand certains de ses « amis politiques » veulent tendre la main au nouveau pouvoir, le vice-président de LR fait le choix inverse : incarner l’opposition à Macron.

Et à l’heure où beaucoup annoncent la mort des partis, lui veut s’emparer de ce qui reste du sien lors du congrès prévu à l’automne. Voilà des années qu’il s’y prépare minutieusement. « Laurent, c’est quelqu’un qui construit un parcours. Il réfléchit à très long terme », souligne son ami Camille Pascal, ex-plume de Nicolas Sarkozy.

C’est pour cela qu’il s’est lancé fin 2015 dans la bataille des régionales. Deux mois avant le scrutin, il détaillait ses motivations : se doter d’un fief – et quel fief, Auvergne-Rhône Alpes, une région dotée d’un budget de 3,7 milliards d’euros –, gagner son « autonomie » politique, et appliquer ses idées pour « revenir dans quelques années avec des résultats concrets » devant les Français.

Et aussi, ajoutait-il, « casser mon image de chien fou qui se précipite sur toutes les balles ». Contrairement à Bruno Le Maire et Nathalie Kosciusko-Morizet, il a renoncé à se présenter à la primaire de 2016, pour jouer la fidélité à un Nicolas Sarkozy pas dupe alors de ses arrière-pensées.

« Laurent a une bonne stratégie. Il se met dans mon sillage, c’est tout bénéfice. » L’ancien chef de l’État lui avait aussi promis le parti en cas de victoire en 2017. À lui l’appareil, à François Baroin Matignon. Et que le meilleur gagne en 2022. La victoire de François Fillon à la primaire a ruiné ce beau scénario. Mais l’objectif de Wauquiez n’a pas varié : commencer par prendre le parti.

François Baroin ayant choisi de s’effacer, Xavier Bertrand est l’un des rares à envisager de lui disputer la direction des Républicains. « Où sont ses troupes ? » balaie un proche de Wauquiez. Lequel peut compter sur une petite armée, avec peu de généraux, mais des bataillons de militants.

Or ce sont eux, les adhérents du parti, qui doivent élire le nouveau président du mouvement. Ils restent très majoritairement sarkozystes et Wauquiez est à leurs yeux celui qui porte l’héritage de l’ancien président. N’a-t-il pas à ses côtés Brice Hortefeux, le fidèle entre les fidèles de Sarkozy ?

« Wauquiez est seul sur le créneau de la droite décomplexée et c’est le créneau majoritaire auprès des militants », constate un ténor du parti qui ne le porte pas dans son cœur. Côté parlementaires, Wauquiez réunit deux fois par mois, depuis plus de deux ans, un groupe d’élus, dont beaucoup sont de sa région.

Outre Hortefeux y figurent les députés Philippe Meunier, Philippe Cochet, Arnaud Viala, Jean-Pierre Vigier, Stéphanie Pernod-Beaudon, Françoise Guégot et Dino Cinieri, les sénateurs Mathieu Darnaud et Alain Marc, et le député européen Philippe Juvin, par ailleurs président de la fédération LR des Hauts-de-Seine.

Son cercle d’amis englobe aussi Éric Ciotti, Rachida Dati, Pierre Charon, Jérôme Chartier, Guillaume Peltier ou le patron du groupe LR Christian Jacob. Wauquiez étend par ailleurs ses réseaux au sein des parlementaires comme de la droite « hors les murs » en organisant tous les deux mois un déjeuner autour d’une personnalité, auquel il convie une poignée d’élus.

Parmi les invités d’honneur de ce think tank informel : la démographe Michèle Tribalat, l’avocat Thibault de Montbrial, le directeur de l’Institut Montaigne Laurent Bigorgne, le professeur de philosophie François-Xavier Bellamy et, dernièrement, le philosophe et historien Marcel Gauchet.

Ces derniers mois, l’homme a aussi soigné ses relations avec Sens commun, émanation de La Manif pour tous, qui a prouvé avec le meeting de Fillon au Trocadéro sa capacité de mobilisation. Si le mouvement associé à LR n’a encore pas officiellement pris parti, on voit mal comment son soutien pourrait échapper à celui qui affirmait encore en janvier.

« Il faudra avoir le courage de revenir sur […] la loi Taubira » sur le mariage pour tous. D’ailleurs, Wauquiez a été convié à participer aux « journées de la France silencieuse » que Sens commun organise les 14 et 15 octobre à Asnières (Hauts-de-Seine).

Il sillonne par ailleurs les fédérations pour asseoir sa popularité auprès des cadres, majoritairement sarkozystes depuis les élections internes de 2015. « Depuis 2012, il a fait des déplacements dans 80 départements sur 100″, évalue un de ses proches. Toujours sous le même format : une rencontre avec les cadres locaux, suivie d’une réunion militante.

Depuis février, il a nettement accéléré sa campagne silencieuse, avec une trentaine de fédérations visitées sous couvert de soutien aux candidats aux législatives. L’occasion de défendre ses idées devant des assemblées de quelques centaines de sympathisants, et de récupérer des adresses mail.

Son équipe revendique une base de 450.000 contacts. Son ancien attaché parlementaire, Aurane Reihanian, organise quant à lui un réseau de « jeunes avec Wauquiez ». Ce sont eux qui devraient donner le top départ de sa campagne en lançant un appel à sa candidature, après les législatives.

« Il a déjà tout verrouillé », se désole un élu de la droite parisienne. Lui en est tellement convaincu qu’il se prépare à…quitter le parti. Il ne devrait pas être le seul, tant l’homme à la parka rouge fait figure de repoussoir pour une partie de son camp.

« Certains d’entre nous préféreraient casser le parti que le lui donner », prévenait il y a quelques mois un ancien ministre de Sarkozy. De fait, la naissance du courant « constructif » doit autant à l’attraction exercée par Macron qu’au rejet de Wauquiez.

Un député sarkozyste s’attend donc à d’autres départs demain. « Mais Wauquiez s’en fout, ajoute-t-il. Il préfère un parti plus petit mais cohérent, plutôt qu’un truc ramasse-tout. Il veut faire un parti pour lui. » Et après, cap sur 2022.

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